Consacrée à Martin Scorsese, cette série se révèle passionnante par plusieurs aspects: le parcours imprévisible d'un jeune homme confronté dès son enfance aux gangsters et à leur domination urbaine; l'implication d'un cinéaste rappelant combien la mise en scène nécessite de réflexion, de préparation, d'ouverture d'esprit; le processus créatif d'un film avec ses désirs, ses problématiques, ses obstacles; le nombre de personnes interviewées permettant une pluralité de points de vue tant sur l'artiste que sur l'homme; les rouages de l'industrie entre dictature du succès, exigences des producteurs, crainte du public; la nécessité de se connaître en tant qu'homme, d'accepter ses faiblesses, de combattre ses démons; le lien étroit entre l'artiste et son oeuvre. Dommage que la forme ne soit pas au diapason, avec une absence totale d'inventivité narrative, de multiples redondances, des divergences excessives de traitement d'une période à l'autre, une linéarité assommante (notamment dans les deux premiers épisodes, bien moins intéressants que les trois suivants) et une indécence voyeuriste envers la dernière épouse du réalisateur. Riche, dense, intéressant par la documentation fournie, les intervenants, les caractéristiques du sujet.