Une série en deux temps.
L’histoire s'ouvre sur le tableau d’une communauté de croyants dévoués à leur religion manifestement chrétienne, vivant dans un monde fermé sur l’extérieur. Ils résident en vase clos dans l'espoir d'un monde meilleur, voire parfait, où personne ne manque de rien, portés par leur foi. Pourtant, sur la plupart des visages, on ne lit que tristesse et douleur. Les femmes, particulièrement, sont prisonnières de leur peur, privées de toute liberté d’expression. Le problème réside dans l'attitude des hommes de cette communauté, qui perpétuent un modèle patriarcal d’un autre temps et abusent de leur position et de leur force pour faire régner l’ordre, souvent par la terreur. La série ne juge pas, mais relate les faits tels qu’ils pourraient se dérouler au sein d'une secte.
Tout bascule le jour où un étranger au lourd passé s'introduit dans la communauté. Tel le ver dans le fruit, ce « mauvais garçon » va chambouler l’organisation par des méthodes répréhensibles aux conséquences tragiques. Dès son apparition, toute l’attention se focalise sur lui et le récit prend une autre tournure : il s'agit désormais d'un thriller mêlant chantage, intimidation et une violence d’un nouveau genre. C’est, selon moi, la partie la moins intéressante et la moins passionnante.
La série dépeint de nombreuses vies brisées, mais aussi le destin d’une jeune femme, Rosie, rêvant d’ailleurs. La pauvre est oppressée par tous les hommes qu’elle croise, comme toutes les femmes de son entourage d'ailleurs. Si l'ensemble est bien réalisé, le propos n'est pas très novateur. Ces récits de dérives sectaires sont connus et le profil de Sam, le repris de justice, manque de surprise. Au final, je reconnais que la série fonctionne bien. Mais elle ne suscite chez moi ni étonnement, ni réelle émotion, ni franche admiration.