"We're all villains in Nassau. Don't think because you're new you're any different."
Dans un monde où le commerce maritime vers le Nouveau Monde demeure sous la coupe des grands empires, Espagne, France, Pays-Bas et, bien sûr, Angleterre, les personnages développés lors des deux saisons précédentes poursuivent leur évolution entre fantômes du passé, lointain ou récent, perpétuelles trahisons et alliances improbables, nouveaux défis et sombres obsessions. Aux Flint, Silver, Bones, Vane, Guthrie, Hornigold, Max, Rackham, Bonny, viennent s'en ajouter deux nouveaux, personnages historiques et non des moindres : Woodes Rogers, premier gouverneur royal des Bahamas, et Edward Teach, plus connu sous le nom de Barbe-Noire.
Avec une interprétation qui continue à s'affirmer dans des personnages toujours autant nuancés, malgré leur noirceur et leur violence, et sous la houlette de Jonathan E. Steinberg et Robert Levine, la narration plonge profondément dans les tourments intérieurs de chacun·e, égrenant parfois des dialogues enlevés, ce qui est plutôt rare pour une série à visée populaire.
Si le rythme est plus lent que les deux saisons précédentes, il est nécessaire pour exposer plus solidement ce qu'était aussi l'époque, outre l'âge d'or des pirates, le début du déclin des régimes absolutistes face aux premières velléités d'autonomie dans le Nouveau Monde, un avant-goût de l'esprit des Lumières. Cet équilibre entre scènes d'intériorité souvent sombres et scènes d'action permet aussi d'installer un crescendo jusqu'à l'épisode final d'une intensité totale.