"In the end, that's all I want. To walk away from the sea and find some peace."
Quelque part entre Pirates des Caraïbes pour les décors, hélas pas pour les excentricités, et L'Île au Trésor dont elle est une sorte de préquelle, la série Black Sails a le bon goût de s'attacher à explorer les travers de ses nombreux personnages, chacun poursuivant ses chimères ou fuyant ses fantômes, parfois les deux. Mélageant personnages de fiction connus (le Capitaine Flint, John Silver le futur anti-héros du roman de Stevenson, Billy Bones), pirates historiques (Jack Rackham qui a inspiré et Jack Sparrow et le Rackham le Rouge d'Hergé, Charles Vane, Anne Bonny, Barbe Noire) et caractères propres à la série, le duo formé par Jonathan E. Steinberg et Robert Levine nous entraîne ainsi à la découverte de l'âge d'or de la piraterie sur fond de vols de carte, de luttes de pouvoir, de mutineries, de traîtrise et de vengeance, autant à terre, dans ce qui deviendra la ville de Nassau, qu'en haute mer.
C'est aussi un chemin initiatique pour les personnages plus jeunes, tentant de s'affranchir de leurs ombrageux aînés en gagnant respect, puissance ou richesse, le tout pavé d'obstacles comme autant d'enseignements, dans un univers à la fois brutal et nuancé où personne n'est complètement coupable ni complètement innocent.
Avec en outre des reconstitutions hallucinantes, une musique prenante et une interprétation convaincante, l'ensemble, filmé de manière conventionnelle mais efficace, tient la route et se dévore sans pépin narratif.