Je m'attendais à ce que P'tit Quinquin reçut une médiocre appréciation publique, en opposition avec celles dithyrambiques et justifiées de la critique. Bruno Dumont s'impose comme le plus grand cinéaste français actuel. De plus, il prend le risque de changer de registre tout en sondant sa quête mystique de la recherche du mal qu'il soit dans le crime, la guerre, l'intégrisme, la folie ou le racisme. Il aborde ainsi la comédie avec le plus grand des brios tout en n'oubliant pas sa propre grammaire cinématographique (long plans séquences, paysages magnifiés, picturalisme, personnages bizarres, mystère...). Certes, les épisodes 2 et 3 ont quelques longueurs, excusables pour une mini-série au récit somme toute simple (des meurtres, une enquête, des observateurs, un cadre). Tout en donnant l'impression de se moquer des gens du nord, des paysans, des gendarmes, des curés, des handicapés, il trouve une nouvelle approche pour faire passer ses thèmes habituels. Surtout, il ne méprise en aucun cas ses personnages, plus humains que nous les normaux citadins cultivés, beaux et équilibrés. Les scènes comiques, digne du muet renvoient à Tati ou Podalydès, l'intrigue à David Lynch (Twin peak ou Mulhuloland drive pour la chanteuse (cf Silencio) et aussi à Bresson, Pialat etc... Les personnages, fussent-ils moches, existent et émeuvent (belle façon de filmer les baisers préadolescents). Les scènes cultes en marqueront plus d'un (le chtiderman, la scène de l'église (je n'ai rien vu d'aussi dense), la scène au restaurant, la voiture des keufs etc...). Mais bon, on peut préférer les films dans l'air du temps tels le surfait Les combattants, mais l'art est difficilement perceptible.