P'tit Quinquin
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Denis Lecat
Denis Lecat

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Critique de la série
4,5
Publiée le 19 septembre 2014
Gé-nial ! Ché les Experts à Boulonne-sur-Mer, ça s'moque bin des séries d'ces monsters d'inglais, et c'est là d'où qu'on voit qu'les boubourses y sont pas toujours ceux qu'ont croient. Eul'timps il est comme dissous, alors on ar'garde ché beaux paysach' eud' not' belle région. Pis y'a des moyens ! Surtout en vach' ! ...

Anti star-system, ça n'empêche pas de comprendre une histoire simple mais drôle, et d'admirer des plans de cinéma d'une très grande beauté, qui rappelle des peintures, comme celles de Watteau par exemple (beauté formel, sujet quotidien). Personnellement je suis de là-bas, et je suis fier.
brunetol
brunetol

208 abonnés 179 critiques Suivre son activité

Critique de la série
1,0
Publiée le 20 septembre 2014
Bruno Dumont, cinéaste important, auteur de "La vie de Jésus" et de "L'humanité" (un de mes films fétiches) se lance donc dans la "comédie". Au début, un certain charme agit. La photographie y est pour beaucoup : c'est magnifiquement éclairé et cadré. Mais bien vite on va être tenté de couper le son. Le malaise s'installe quand les personnages commencent à se succéder, exhibés comme des monstres de foire, ou les animaux d'une ménagerie lourdement frappée de consanguinité. Ce qui bouleversait dans "L'humanité", dont "P'tit Quinquin" ressemble à un décalque grassement burlesque écrit par le Mocky déliquescent des dernières décennies, navre ici, jusqu'à la nausée. La séquence réputée "désopilante" de l'église dans le premier épisode est révoltante de bêtise, avec son organiste hystérique à la Charlie Oleg, sa caricature indécente de clergé lobotomisé, sa chanteuse de radio-crochet, ses majorettes dans le cimetière. On peut bouffer du curé autant qu'on veut sans se vautrer dans cette outrance, cette absurdité potache, qui ne masque pas la violence symbolique d'un regard "à charge" sur une humanité aliénée, dans le style abject de "Striptease". Rien ne fonctionne plus là-dedans à partir de ce moment pénible, et la série devient pathétique, puis carrément antipathique par son voyeurisme de classe, l'incessante répétition des mêmes "gags" idiots, dénotant un manque d'inspiration inquiétant. Dumont veut jouer avec les limites et c'est très bien sur le papier, les lignes sont faites pour être bousculées, mais en laissant ses comédiens improviser leur texte en roue libre, comme Justine Trier dans sa pitoyable "Bataille de Solférino", il ruine leur singularité, les expose à l'insignifiance et nous étourdit d'ennui. Le mariage contre-nature de "Mon curé chez les nudistes" avec le dénuement Bressonien d'"Au hasard Balthazar" était un naufrage prévisible, et on se pince qu'un réalisateur de son envergure ait voulu le tenter. Une très mauvaise blague, dont je ne m'infligerai pas la suite.
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
1,0
Publiée le 26 septembre 2014
Qu'y a-t-il dans PQ à part des gueules ? Pas grand chose. Chez Fellini aussi il y a des gueules, mais il y a aussi de la matière. Chez Carax pareil, il y a des gueules, mais également des pistes de réflexion, chez Terry Gillian encore, il y a des tronches pas possibles, mais avec une histoire...
Dans cette série il n'y a rien. Ca voudrait être drôle, mais tout tombe à plat, c'est une caricature très lourdingue, très appuyé d'un monde qui n'existe pas, où alors peuplé par des débiles profonds. Que vont penser les gens du Nord du portrait qu'on leur fait. Si encore on sentait de l'affection...on ne sent rien.
J'attendais beaucoup de cette série, j'ai été très indulgent concernant les 2 premiers épisodes, mais franchement hier soir, ce fut le bouquet.
chrischambers86
chrischambers86

16 142 abonnés 13 068 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,0
Publiée le 15 avril 2016
Avec "P'tit Quinquin", Bruno Dumont a fait une pierre deux coups! Au dèpart, le rèalisateur voulait faire une comèdie sans savoir exactement où, quand, comment et pourquoi ? Une opportunitè s'ouvre au metteur en scène de "La Vie de Jèsus" car Dumont attendait vraiment une occasion : Et pourquoi ne pas faire "P'tit Quinquin" à la tèlèvision car l'histoire ètait tout sauf un scènario de cinèma! il en sort une formidable mini-sèrie tragi-comique de 4 èpisodes de 52 min! La diffèrence entre un long-mètrage et un format sèrie, c'est l'envergure qu'il y a dans le rècit! Des personnages attachants, une enquête criminelle èpouvantable avec un beau ressort comique, deux drôles de gendarmes...mais aussi des couleurs, des oppositions, des contraires, des enfants, des adultes [...] C'est l'enfer ici sur terre! Pour les proches des Lebleu, c'est l'hècatombe! spoiler: Epouse, amant, maîtresse...tous tombent comme des mouches!
La grande force de Dumont, c'est qu'il ne montre jamais dans cette mini-sèrie les cadavres! spoiler: Pourtant aller mettre un cadavre dans le corps d'une vache, c'est assez saugrenu!
On joue quand même avec la conviction du spectateur qui y croit très vite! Le burlesque surgit mais c'est un surgissement au bord de quelque chose qui est à la fois vraisemblable et sèrieux! L'interprètation est parfaite (Alane Delhaye est un "P'tit Quinquin" irrèsistible, Bernard Pruvost, un sympathique enquêteur secouè par les tics...), la qualitè des dialogues est indiscutable et la chanson picarde est bien utilisèe, tout comme la chanson de la charmante Lisa Hartmann qui semble venir d'un autre monde! Cette mini-sèrie est un règal alliant le pur burlesque et le pur tragique, avec des dictons locaux, des pètards et beaucoup de tendresse! Le tout est filmè dans une règion Nord-Pas-de-Calais-Picardie absolument magnifique...
lionel deschamps
lionel deschamps

7 abonnés 53 critiques Suivre son activité

Critique de la série
0,5
Publiée le 4 octobre 2014
Après avoir écouté Bruno Dumont sur France Inter à propos de sa série, l'envie de regarder le chef d"oeuvre annoncé était forte, tant le propos du réalisateur était intelligent, subtil, concernant.
Dès les premières minutes, il m'a fallu m'obliger à ne pas zapper devant ce ratage impensable : l'accumulation de tous les défauts possibles et imaginables. Image hideuse, comédiens ineptes, scénario absent, réalisation infecte... La laideur, la bêtise et l'absence de la moindre trace d'humour du tout sont tout simplement historiques. J'ai tenu 30 valeureuses minutes avant d'éteindre avec une envie de casser le téléviseur.
Quand on lit les dithyrambes dont cette chose fait l'objet, on se dit qu'il y a vraiment quelque chose de pourri dans notre royaume républicain...
gimliamideselfes
gimliamideselfes

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Critique de la série
5,0
Publiée le 19 septembre 2014
P'tit Quinquin était un film (ou série) que je redoutais, je le redoutais parce que Dumont est mon réalisateur en activité préféré (si on excepte Godard, mais lui sa carrière est derrière lui malheureusement), il est au-dessus des Kechiche ou Bonello, mais le voir s'attaquer à une série pour Arte ça me faisait peur. Forcément j'étais intrigué, il fallait que je vois ce que ça allait donner, et puis cette intrigue a laissé place à une attente interminable lorsque j'ai lu les premiers retours... Parce que ça avait l'air excellent et ça l'est... Tout simplement.

P'tit Quinquin est sans doute la plus belle chose qui soit arrivée au cinéma depuis Hors Satan et à la télé depuis Fanny et Alexandre (allons n'ayons peur de rien). Parce que je vois surtout les gens parler du fait que ça soit drôle, oui c'est hilarant, sans doute le film le plus drôle depuis un moment, mais de toute façon c'est le film de tous les superlatifs, le plus drôle, le plus beau, le plus fort, le plus émouvant, le plus triste, on peut continuer la liste indéfiniment.

Mais ce qui compte c'est que Dumont arrive à faire la synthèse de tous ses films précédents, à faire un film somme, en gardant son propre style, bien à lui, les acteurs qui sont de véritables gueules de cinéma (on a notamment évoque James Cagney pour P'tit Quinquin et c'est exactement ça), ces paysages du nord qui sont magnifiques, ces personnages parfois à la limite de l'autisme, mais surtout cette tendresse hors norme.
On retrouve dans le film le racisme de la vie de Jésus, la côte d'Opale et le mal qui rôde d'Hors Satan, la religion (un peu) d'Hadewijch, l'enquête policière de l'Humanité et on mélange ça avec quelque chose de nouveau, le burlesque, la comédie.

Le duo de flic qui est encore plus drôle que celui de 21 jump street avec leur accent improbables, leurs déductions qui sont soient absurdes, soient qui sont en retard de 15 ans... Et pourtant ils sont attachants... Jamais Dumont ne va les mépriser, les regarde avec une bienveillance extrême, ils sont drôles malgré eux, ils synthétisent tous les clichés des séries policières (fan de voiture, volonté de rouler sur deux roues et tout un tas de petits trucs qui font que ça fonctionne parfaitement, des petits dialogues, des non-dit, des gestes, comme le fait de remettre un gyrophare sur la voiture alors qu'il y en a déjà un, et tout ça fait en sorte que ça fonctionne parfaitement).

Parce qu'au début, faut bien comprendre qu'on va voir un truc qui n'a nul pareil dans toute l'histoire du cinéma, on est dans le monde de Dumont, la logique de notre monde n'a plus cours et pourtant tout notre monde, toute notre vie, tout ce que l'on peut expérimenter dans la vie est présent dans ce film. C'est ça la beauté de Dumont, c'est le seul à pouvoir faire ça. Le type parvient à me faire hurler de rire sur une scène d'enterrement, sur un échange de dictons sur le beau temps pendant qu'un mec met un bordel monstre dans un restaurant et me faire chialer la scène d'après, le tout avec sa sobriété habituelle, parce que personne ne filme une étreinte comme lui, personne n'y parviendrait.

Rien n'est plus juste qu'une étreinte filmée par Dumont que ça soit dans Flandres, Hors Satan, Hadewijch et maintenant dans P'tit Quinquin. Ces deux enfants qui font les 400 coups, lorsqu'elle demande un câlin et qu'on voit ce morveux qui est insultant, insolant, vulgaire, le lui accorder, c'est la plus belle chose qui m'ait été donné de voir de ma vie. C'est la quintessence du cinéma, réussir à émouvoir avec quelque chose d'aussi beau, banal qu'une étreinte, mais une étreinte passionnée.

Je ne parle pas de l'intrigue policière, elle n'est qu'une trame de fond, ce qui compte c'est cet amour pur que se portent ces deux enfants et qui nous offre la plus belle fin possible.

C'est donc un film qui nous retourne depuis l'intérieur parce qu'il évoque des choses éminemment vraies et pures. Et comme le disait Boileau : "... Rien n'est beau que le vrai : le vrai seul est aimable".

C'est un film foisonnant, il y a plein de choses à dire, sur le racisme, sur cette façon de mettre en avant les décors sublimes du Nord de la France, sur ce mépris des règles de la série télé, cette volonté de non cliffhanger permanente, cette intelligence avec laquelle c'est fait. Il y a du génie là-dedans. C'est réellement sublime.

On peut chercher à intellectualiser tout ça, voir tout ce qu'il a détourné comme codes du genre de la série policière, tout ce qu'il dit sur la société avec la racisme, mais c'est avant tout un film à voir avec le coeur, quelque chose qui nous pénétrer, quelque chose de sensoriel, visiter la côte d'Opale avec Dumont comme guide qui nous fera rire et pleurer, mais surtout qui saura, sans trop en faire nous faire goûter à la tendresse.
annemasoeuranne
annemasoeuranne

5 abonnés 89 critiques Suivre son activité

Critique de la série
0,5
Publiée le 11 novembre 2014
C'est sensé faire rire ? être du burlesque ? le peu de dialogue vole au raz des pâquerettes, les acteurs, je les trouve mauvais, et que de gueules cassées ! je suis du Nord et cette série est un cliché de la région. Le réalisateur, je ne le connaissais pas et ça donne pas envie d'en connaître plus. Cette série est une mauvaise farce. Comment peut-on dire de ça "chef d’œuvre" !
Robert L.
Robert L.

4 abonnés 23 critiques Suivre son activité

Critique de la série
3,5
Publiée le 24 septembre 2014
P'tit Quinquin s'inscrit tout à fait dans l’œuvre de Bruno Dumont : même rigueur dans les cadres, même souci pictural dans la photographie, travail avec des interprètes non-professionnels... Présenter la série comme le virage du réalisateur dans la franche comédie est partiellement faux : s'il y a bien du burlesque dans ces inspecteurs de province parodiques, le rire que convoque Dumont est toujours sur le fil de l'inconvenance et de l'embarras. Le racisme ordinaire, l'homophobie, et la cruauté sont bien là, tout autant que la tendresse enfantine, celle des accolades bucoliques du p'tit Quinquin et d'Eve, et la dérision de la vie, partagée entre la ferme familiale, la fanfare municipale et la gargotte du bord de mer. La singularité de la série tient dans ce mélange tonitruant de satire burlesque et outrancière, avec une sorte de large portrait, humain et paysager, aux accents surréalistes. On peut ne pas goûter aux facéties étirées (ou répétitives) de Dumont, en déplorer la vulgarité ou le mauvais goût, voire suspecter un peu de condescendance, mais l'objet n'a rien d'anodin et vaut au moins pour sa photographie et ses interprètes...
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
1,0
Publiée le 20 septembre 2014
Quelle déception.
On en avait dit tant de bien de cet "ofni". Je m'étais mis en mode décalé et second degré, mais les petits moments de poésie du couple d'enfants ou des conneries des trois gamins ne rattrapent pas cette caricature. Servi par un casting d'amateurs qui jouent (j'espère pour eux) quasiment tous des attardés.

La scène de l'église est affligeante de bêtise et même pour un anti-clérical, elle ne fait même pas sourire, le duo de flics me navre et ne m'attendrit pas, le vétérinaire (censé avoir fait des études) est joué en mode "babache" (un amateur qui a le trac, sourit bêtement et ne sait pas dire une phrase de plus de 3 mots) et quand les personnages vous navrent de bêtise, on introduit l'oncle qui sort de l'hôpital psy pour nous faire croire que les autres sont normaux.
Je n'ai pas rit une seule fois sur les deux épisodes, l'histoire est mince et seuls les enfants sont des gens normaux capable de sortir une phrase sans bredouiller.

Reste les paysage du boulonnais qui ne compensent pas ce gâchis.
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
0,5
Publiée le 20 septembre 2014
Les 30 premières minutes sont longues, longues, longues et ennuyeuses à souhait ! Les acteurs sont fades et creux, les plans sont dix fois trop longs (comme dans "la Vie de Jésus", ou dans "Camille Claudel 1914"), et le scénario est plat, plat, plat, plat...

Le film est censé être burlesque... Je n'y vois (une fois encore, c'est une habitude chez Dumont) qu'une grosse caricature mal faite, qui se veut artistique simplement parce que la lumière et la photographie sont bien faites (faut au moins reconnaître ça).
Je suis pourtant originaire du Nord et certaines scènes auraient dû me "parler", eh bien non. Définitivement pas.

Dumont aurait-il cherché à faire du "Danyboon propre" ?
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
0,5
Publiée le 26 septembre 2014
Le burlesque est bien difficile à détecter, c'est plutôt totalement pathétique. Un fois vu les 30 premières minutes, les tics permanents des uns et des autres deviennent "lourdingues". Même avec beaucoup de mansuétudes, les zygomatiques restent bloqués. D'autre part, aucun récit aucune histoire ni narration. Le montage est totalement raté, les scènes s'enchainent sans aucune transition.
Aucun rythme, aucune profondeur de personnages, une mauvaise caricatures des gens du Nord.
Si la critique de Cannes encensent ce type de travail, c'est inquiétant...Il ne suffit de vouloir paraître "décalé" pour être de qualité.
Bref, au final, ce qui aurait voulu être une charge décalée et un révélateur outrancier d'une société tourne à l’agression et la calomnie.
A oublier
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
1,0
Publiée le 21 septembre 2014
Je trouve à titre personnel cette série d'une condescendance incroyable.Le côté burlesque de cette tragi-comédie est parfaitement maladroit et insultant envers les gens du nord.J'ai eu l'impression de voir une série faite pour l'intelligentsia parisienne se moquant ouvertement de la beaufitude de la province.Tout y passe,débilité, racisme, consanguinité.Je trouve aberrant que certains trouvent "tendre" la critique/caricature de cette série qui va renforcer sans aucun doute les poncifs et autres visions abjects de la région nord-pas de-calais.Déjà que l'on avait pas été gâté avec "bienvenue chez les cht'i mais alors là on a passé un stade.
riri2
riri2

29 abonnés 263 critiques Suivre son activité

Critique de la série
2,5
Publiée le 25 septembre 2014
Salué unanimement par l'ensemble des critiques de la presse (de l'Humanité à Télérama, de Politis au Monde, etc.), je n'ai pas été séduit par la série P'tit Quinquin de Bruno Dumont produit et diffusée par Arte. Je ne ferais pas le procès à Bruno Dumont d'un regard misérabiliste ou cruel sur la population locale du Nord car je me souvient de quoi le cinéaste fut capable avec son fabuleux premier film "La vie de Jésus" et surtout dans "L'Humanité". Il n'en reste pas moins que l'objectif de Dumont n'atteint pas sa cible. Non pas sur son détournement des codes policiers dans les séries télévisées qui se résume trop souvent à l'intrigue et non à dépeindre une atmosphère mais plutôt dans sa volonté de faire une "comédie". Certes, il y a des éléments burlesques qui pousse davantage le spectateur à sourire qu'à rire... Pour le reste, "P'tit Quinquin" reste bien trop démonstratif tant dans sa manière de filmer ses personnages que dans les dialogues... Tirant sur une vision naturaliste, la photographie et la lumière de la campagne du Nord sont certes belles mais dévie Dumont de son projet de comédie burlesque. De même, les dialogues sont trop souvent absurdes lorsqu'ils ne sont pas enfermés dans la platitude du quotidien. Enfin, les deux grandes scènes portant clairement le parti-pris du burlesque (la cérémonie d'enterrement virant au guignolesque, l'intervention d'un enfant-Spiderman dans la cour d'une ferme) s'étirent en longueur et ne peuvent que provoquer chez le spectateur un malaise certains. Bref, "P'tit Quinquin" me paraît certes bourré de bonnes intentions, le talent de Dumont est toujours là, mais la série ne parvient pas à rendre grâce aux intentions. Ni a mettre à jour un soubassement qui aurait pu être intéressant, celui du monde des enfants plus humain que celui des adultes...
araruama
araruama

2 abonnés 58 critiques Suivre son activité

Critique de la série
4,5
Publiée le 19 septembre 2014
La loufoquerie débridée des gens du Nord, c'est un peu "spécial" il est vrai. On accroche ou pas. J'en ai régulièrement un aperçu par ailleurs et j'adore !

Rien que pour la scène de l'église, je ne regrette pas.
Ptit Quinquin et sa copine sont excellents
Après, j'avoue m'être assoupi durant le 2ème épisode...
JimBo Lebowski
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 26 septembre 2014
Certainement une des séries les plus originales et singulières depuis "Twin Peaks" de David Lynch au début des années 90, c'est d'ailleurs une grande première pour le réalisateur français Bruno Dumont, qui s'attaque à la base à ce format sans trop de conviction, puis il s'en trouvera vite emballé, et le résultat est à la hauteur de son talent.

La base de l'intrigue est somme toute simple, une enquête policière dans un petit village du Nord Pas de Calais sur la Côte d'Opale, mais c'est bien l'univers qui se démarque, Dumont va créer une palette de personnages tout autant loufoques qu'atypiques, avec en tête le commandant van der Weyden chargé de résoudre l'affaire, sorte de Charlot aux mimiques hilarantes et à l'accent ch'ti à couper au couteau, il est assisté par le lieutenant Carpentier, un pilote adepte du deux roues et philosophe à ses heures perdues; puis il y a ce P'tit Quinquin chef d'un trio de sales gosses amoureux de la douce Eve Terrier musicienne de la fanfare. Les vacances d'été sont chamboulées par la découverte macabre de dépouilles de vaches fourrées avec des morceaux de corps humains, l'enquête ne fait que piétiner, et les cadavres vont s'entasser dans un périmètre réduis face à l'inefficacité incroyable des forces de l'ordre.

L'ambiance est en constant changement en ce qui concerne les ruptures de tons, on passe de situations poétiques et romantiques à des scènes d'un burlesque à se tordre de rire, le symbole étant cette cérémonie d'enterrement sublimée par la voix et la présence quasi iconique de la chanteuse puis hilarante et surréaliste avec ces prêtres à côté de la plaque. Dumont propose une mise en scène hors du commun et utilise ses acteurs amateurs avec beaucoup de subtilité, ils marmonnent, parlent avec un phrasé parfois quasi indéchiffrable, mais c'est le reflet de la vie, ça renforce en plus clairement le degré d'immersion et créé une véritable valeur ajoutée à cet univers décalé, les personnages sont autant le miroir des vrais gens qu'une caricature attachante que nous pouvons nous faire des ch'tis, mais Dumont n'a jamais cherché à se moquer d'eux puisqu'il est lui même originaire de la région, c'est déjà beaucoup moins vulgaire et cliché que le film de Boon ou qu'un certain programme récurrent sur W9.
J'ai trouvé que la série se divisait clairement en deux parties distinctes, les deux premiers épisodes sont plus axés sur l'étreinte du P'tit Quinquin et de Eve avec à côté de cela des situations très drôles, alors que les deux derniers sont d'avantage plus mélancoliques et poétiques où l'on s'intéresse à la psychologie nostalgique et émouvante du commandant van der Weyden, ce dernier tellement exubérant dans les premiers segments se retrouve confronté à des désirs ambiguës et à sa propre détresse intime (on a tout de même droit à une séquence absolument savoureuse dans le restaurant avec son supérieur hiérarchique).
À côté de ça il y a des thématiques sociales misent en exergue comme le racisme, le handicap ou les conflits religieux, exposées de manière nuancées sans tomber dans l'exagération ou l'extrapolation, tout est savamment dosé et au service de la narration. Cette atmosphère contrastée est presque mystifiée par divers éléments allégoriques, notamment cet hélicoptère paraissant comme une libellule volant au dessus de petits insectes que sont les enfants au début du premier épisode, ce bunker représenté comme un antre sombre et diabolique sorti d'un roman gothique moderne ou du fameux Ch'tiderman se bouffant les murs pour s'y agripper telle une véritable araignée, en quelques minutes le perso est déjà culte.
On pourrait voir cette enquête comme désuète, au final on ne sait quasiment rien, elle n'avance pas, le duo de flic est constamment à la ramasse, ce sont uniquement les dernières minutes de la série qui sont ouvertes à l'interprétation, ça m'a en quelque sorte rappelé cette apothéose des "Soprano", nous laissant à la fois déconcerté et fasciné par la brutalité de la coupure, personnellement je trouve cela extrêmement ingénieux comme procédé, rendant l'œuvre en quelque sorte immortelle, cela sera sûrement dur à accepter pour beaucoup ...

Que retenir donc de ce "P'tit Quinquin" ? Pour ma part une série à la fois belle, passionnante, intrigante, drôle et émouvante, complètement sacralisée par le talent de Bruno Dumont, on pourra la vénérer comme la détester mais il y aura au moins une chose où tout le monde pourra s'accorder, c'est qu'elle est ne laisse certainement pas indifférent.
Moi je dis un grand merci à Dumont pour ce moment inoubliable de télévision !