Une occasion manquée, vraiment. Une série qui ne sait pas toujours ou elle va.
3 saisons de contenu, étalé sur 6 saisons, la rançon du succès. Du coup, BCS prend beaucoup son temps, beaucoup trop.
Que raconte la série ?
Deux frères, l'un d'une probité et d'une éthique sans pareille, l'autre crapuleux, en défaut d'amour-propre, qu'il ne comble qu'au gré de ses escroqueries géniales. L'un qui jouit de tous les privilèges, de la plus grande des reconnaissance sociale et d'une ample fortune, mais qui souffre d'un mal qui n'est pas vraiment reconnu par la communauté scientifique.
Une relation paternaliste entre l'un et l'autre, l'un rancunier du mal propagé par son frère et l'autre en quête de légitimation, le cocktail explosif d'un homme têtu et d'un homme qui joue hors du cadre légal
et qui finit par coûter la vie de l'un.
Pendant ce temps-là : les cartels font des trucs de cartels.
Un ancien flic, ravagé par le meurtre de son fils, lui aussi policier, par des flics ripoux, qui, pour d'insondables raisons, finit par compromettre tout sens moral en travaillant pour les cartels,
soi-disant pour assurer le confort financier de sa fille et de sa bru.
Des motivations peu claires et peu crédibles.
Une avocate, Kim Wexler, compagne de Saul, brillante et incorruptible, qui finit elle aussi par se compromettre pour d'obscures motivations : elle s'ennuie, elle comble son vide existentiel, avec son petit ami, Saul, ils vont passer leur temps à scier les branches sur lesquelles ils sont assis, difficile de comprendre pourquoi cet escroc kitsch de Saul trouve grâce à ses yeux, quoi qu'il en soit, leur intrigue n'a aucun sens, enfin si, elle en a, mais il est difficile de s'en soucier.
Kim et Saul sont des psychopathes, ils révèlent progressivement leur nature, convaincue d'être les petits contre les gros, ils finissent par mordre la main de ceux qui les nourrissent, au point de m'avoir complètement désintéressé de leur sort puisqu'en tant que spectateur, il devient impossible d'éprouver la moindre empathie pour eux.
Quand le collaborateur du défunt frère de Saul offre à Jimmy la reconnaissance qu'il recherche depuis toujours en lui proposant de rejoindre sa firme prestigieuse d'avocat, Jimmy devient fou, il fait un transfert, il n'a pas digéré le suicide de son frère dont il est responsable et décide donc de s'en prendre à cet homme assez vertueux, qui est, certes agaçant, dans ses maniérismes de businessman qui joue au golf, mais qui est probablement le personnage le plus droit et moral de la série.
Enfin, Ignacio, un mafieux qui veut s'extirper de ce milieu criminel, mais qui se retrouve pris dans l'engrenage,
jusqu'à reconquérir sa liberté par le plus radical des actes, le seul arc passionnant et dont la résolution m'a fortement impacté.
En somme, la série prendre énormément de temps, pour ne pas raconter grand-chose, même si les personnages, la mise en scène (beaucoup de scènes longues avec des plans de shoot et des performances d'acteurs incroyables) et le plaisir à poser des caméras n'importe, à démarrer les scènes par l'anecdotique qui nous font nous creuser le crâne pour comprendre ce qui se déroule sous nos yeux sont du grand art, on s'ennuie beaucoup et on est trop circonspect des motivations et des arcs narratifs des personnages qui ne m'ont pas semblé très cohérent.
Cela étant dit, BB et BCS sont des séries sur des personnages qu'il serait malsain d'aimer, à l'exception de Jessy et de la famille de Walter, malgré tout, ça manque d'excitation et la série semble parfois raconter des choses qui n'ont aucun lien les unes aux autres et qui sont rattachées artificiellement.
En tout cas, on m'a dit que la série était encore meilleur que Breaking Bad. Non, BCS n'a pas le 1/10ème de l'intensité, du génie et de la densité de BB.
PS : Le grain super saturé de la série est assez pénible, tous les visages brillent.