Dans la lignée directe de « Viking » et dans la quasi même zone géographique, l’entame historique se sera faite avec sincérité et un jeu global sincère, servis par un premier récit alliant simplicité, religion (omniprésente) et héritage de territoire. Alexander Dreymon (Uhtred de Bebbanburg) met sur pied
ce fils nordique, orphelin et par la suite vengeur de ceux l’ayant coupé de ses terres natales. Percutant avec un script alliant avec plus ou moins de finesses, courant et familier, on est évidement loin d’un jeu noble et bourgeois. A moitié solitaire sur la première partie de saison mais fort d’un lien avec Brida (Emily Cox) dont je n’aurai pas facilement déterminé s’il s’agissait d’une sœur ou fiancée. Une chose est certaine, ces 2 là ont dès cette saison inaugurale montrer envers quel clan guerrier ils se tournaient. Puis vint la reine Iseult (Charlie Murphy) ou « reine adjointe » vu la présentation peu glorieuse de son roi. Jamais un personnage d’abords très secondaire n’aura eu une ascension si profonde et moralement prenante dans une 1ère saison. Mais les regards échangés lors de cette rencontre l’auront plus que confirmer. Toujours est-il que cette jeune reine aura non seulement atteint un « grade » rapidement, mais le cœur tout aussi rapidement de notre orphelin. Sa mort brutale et soudaine en fait l’un des personnages ayant vécu le moins longtemps en série historique mais à l’ascension si fulgurante. Autre rôle très prenant mais sur le plan moral, le roi Alfred (David Dawson) et son imprenable croyance chrétienne. Ne croyant qu’au tous puissant et rien, d’autres, comme tant de mécènes, prêtres, moines et autres figures d’église, tout n’est que l’œuvre du seigneur. Le long épisode centrer sur la mort annoncée de son bébé en est une preuve mordante, sa femme n’en est que plus convaincu et ce couple royal mais aux ouvertures d’esprit bien limitées reste la preuve n°1 que la modernité, l’avancée sociale (pour le peu qui avait) et surtout, la science (dans sa bien lente naissance), sont des vertus aussi inconnues qu’interdite. Iseult en est la preuve concrète avec les soins « miraculeux » qu’elle fera, la réponse du roi et surtout du prêtre Beocca (excellent Ian Hart (très présent pour un « guest » mais tant mieux) ) n’en sera que plus affirmée. La preuve est devant eux mais refuse encore et toujours d’en attribuer le mérite à la science. Le résultat qui fera naître ou plutôt, confirmer à notre jeune héritier, que combattre au nom de dieu n’est pas une option envisageable. Visuellement rien à dire, quant on s’attaque à un récit (fictif ou réel) historique, il faut être capable de s’en donner les moyens et la BBC là pleinement compris. Tous comme « Viking » la série ne possède (ou presque), aucun rajout numérique et cela se voit complètement, comme je le dirai toujours, mieux du vrai que du numérique laid en série. Pour la suite des personnages, tous le monde y à sa place, les échanges sont nourris et les affrontements sont percutant, les phrasés sont clash et nous donne réflexion sur la réalité vulgaire de ces derniers
, mais n’allons pas tomber dans le panneau, c’est purement pour le show. Dégouter donc que notre jeune reine ne soit plus mais très curieux de voir l’évolution de notre ancien duo et surtout, qui pourra remplacer cette dernière, l’aventure ne fait que commencée.