À entendre ou lire certains, le cinéma français serait, de loin, le meilleur d’Europe en thrillers. Très discutable pour ce qui est du grand écran, ce point de vue est totalement à côté de la plaque concernant les séries. L'audimat mondial semble plutôt avoir préférer les thrillers scandinaves. L'audimat nous dit aussi que nos cousins Germains font aussi mieux que nous dans ce genre. « Vengeance » en est un bel exemple. Tout y est. Mise en scène dynamique, structure narrative originale et efficace, scénario inventif et bien ficelé, suspense palpitant, répliques bien ciselées, et interprétations excellentes. La cerise sur le gâteau est que le clergé progressiste ne trouvera rien à redire au travail en duo de Barbara Stepansky, et de Benito Mueller. Le multiculturalisme heureux est représenté par le personnage de l’assistant syrien, et le féminisme est confirmé par l’éblouissante Anna Maria Mühe. En traduisant le titre original de la série par « Woman Of The Dead », les Anglo-Saxons, montraient qu’ils avaient compris l’humour décalé de la situation de l’héroïne : sa relation professionnelle et personnelle avec les cadavres. Idée contenue dans le titre Allemand « Totenfrau ». L’équipe française, en choisissant « Vengeances », une fois n’est pas coutume, ne fait aucun effort linguistique. Les concepteurs de la série, peu rancuniers, ont sorti la saison 2, sans retard, en France. À noter à propos de cette saison 2, que l'action est encore plus trépidante, que la pile des cadavres augmente, et que le titre anglais sera peut-être amené à se pluraliser.