Je n'ai pas vraiment accroché, c'est superbe mais les officiers sont aussi compétents en diplomatie que Donald Trump (ils parviennent à déclencher une guerre en un temps record) et les dialogues entre les instances Klingones ou les Vulcains sont longs et ennuyeux à mon goût
Je suis moins fan de Star Trek que de plein d'autres séries de Space Opera (Galactica, the Expanse, Firefly, Babylon 5, Farscape...) mais je pense avoir tout vu dans l'ordre (et en avoir oublié beaucoup c'est certain). Je fais partie de ceux qui ont apprécié le côté plus sombre et plus grinçant de Deep Space Nine et de ses personnages torturés (qui fait rarement l'unanimité) et les entorses commises par Abrahms dans ses deux films qui profitent selon moi à la complexité et à l'aspect mature du scénar et du background très riche. Encore une fois les orthodoxes Trekkies ne me suivront pas ici.
Ceci étant dit, côté visuel, c'est bluffant, le budget semble colossal, les décors, costumes et images de synthèse sont de toute beauté. Seuls les masques en latex des Klingons et de l'officier alien Saru, font assez cheap et sont décevants. Dommage alors même qu'ils ont une place centrale. Il est clair que la série a voulu faire jeu égal, au moins sur le pilote, avec les films, d'une part, et certains jeux vidéo (je pense plus particulièrement à Mass Effect qui m'a semblé parfois servir d'inspiration ici.
Le personnage principal quoique charismatique et campé par une actrice très impliquée est une va-t'en guerre invétérée qui j'espère deviendra plus mature par la suite et se repentira de la somme de stupidités qu'elle a réussi à produire dans ce pilote même si la déclaration de guerre n'est pas de son seul fait mais bon, je suis inquiet de ce côté là.
Star Trek avait pour élément distinctif (de Star Wars) d'être une série où l'on réfléchit. ce paramètre semble avoir disparu ici et ça, ben ça fait un peu peur.
Quant aux scènes entre Klingons (en Klingon sous-titré) c'était une excellente idée sur le papier (je pense aux scènes de ce genre très réussies narrativement dans le jeu Halo 2 par exemple). Mais outre le fait qu'on est mais alors très en dessous d'une real politics à la Game of Thrones (plutôt le niveau des Mangalores dans le Cinquième Elément, voyez le niveau ?) on veut bien croire qu'ils serviront de support à des réflexions sur le colonialisme libéral américain, les conflts politiques au moyen orient ou en Corée du Nord mais on part de très loin donc je m'attends plutôt à des considérations du genre "la guerre, c'est mal parce que c'est méchant et donc c'est vraiment pas cool voilà". Nos aliens préférés (ou presque) scandent leur phrases de manière à la fois hachée et atonale comme un Jean Pierre Léaud qu'on regarderait en streaming via un modem 56k, En un mot c'est très vite insupportable auditivement et les scènes se prolongeant, la lecture des sous titres dans un environnement magnifique mais surchargé de détails vous assomme aussi sûrement qu'un Paris-Nice par l'autoroute dans une Xara Picasso par temps chaud.
Quand au charabia souvent totalement factice de termes pseudo-scientifiques appuyés par les signes de tête d'un Daft Punk au casque très soigné mais égaré sur ce plateau, vaut-il vraiment la peine de le signaler ?
Côté acteurs, Michelle Yeoh aurait pu emporter l'affaire (si vous n'avez pas vu Heroic Trio, il est encore temps) mais, en dépit d'une prestation convaincante, son personnage de capitaine de vaisseau est tellement velléitaire face à la fougue belliciste de l'actrice principale qu'on se demande si elle avait encore l'envie d'être capitaine de vaisseau ou si au fond, guerre ou pas guerre, elle s'en foutait finalement plus ou moins.
James Frain enfin qui campe le père de Spock se coltine un look vulcain abusé qui nuit sérieusement à sa crédibilité et c'est fort dommage quand on pense à ce qu'il a fait d'un Théo Galavan dans la série Gotham par exemple.
Enfin, j'espère qu'avec la baisse d'effets spéciaux à prévoir sur les épisodes suivants (exception du Season Finale et d'un éventuel double épisode central), j'espère donc que les scénaristes nous serviront une histoire plus travaillée et plus crédible et aussi que les Klingons amélioreront leur jeu et leurs maquillages. On verra mais je ne compte pas trop là dessus quand même hein ?
On sabre le champagne malgré tout, pour célébrer le retour de la série à la fois engagée et utopiste de Roddenberry et on se convainc qu'on aura beaucoup de plaisir à se détendre la tête devant chaque nouvel épisode, que de nouveaux standards visuels viennent d'être définis en matière de série de Space Opera mais on guette du coin de l'oeil la suite de The Expanse (à venir en 2018) qui place la barre beaucoup plus haut côté scénario adulte et on se dit aussi, en passant, qu'un reboot de Babylon 5 remis au goût du jour (mais sans perdre l'aspect essentiellement diplomatique) serait finalement assez bienvenu.