Même si la ruée vers l'or sur le continent américain date de plus de deux siècles, force est de constater que l'on peut encore trouver de bien belles pépites en 2025, non sous la forme minérale originelle mais sous celle, vous l'aurez compris, de l'audiovisuel.
"1883" est plus qu'une œuvre de fiction captivante: au-delà de la narration (parce que, scénaristiquement, c'est un sans faute), du casting (actrices et acteurs impeccables dans leurs rôles relativement fouillés) et des décors naturels, cette mini-série frappe fort, de ces coups qui vous envoient au tapis, sans prévenir et jusqu'au dernier acte.
Ici, nous suivons des pionniers, mais également des immigrants européens alors qu'ils débarquent fraîchement sur ce continent inconnu. S'étendant du Texas au Nord-Ouest, "1883" déconstruit clairement certains mythes sur cette conquête. Certes, il est question de bravoure face à la menace (ou plutôt la défense légitime) des peules autochtones, cependant il en existe d'autres, bien plus banales à première vue, mais "ravageusement" meurtrières: eau potable contaminée, climat extrême, bandits itinérants...
Bref, derrière ce périple -avouons-le- cruel, règne une poésie indéfinissable, propre au réalisateur.
Tout le récit s'appuie sur le destin d'une jeune fille, au regard empli d'émerveillement malgré le danger constant, au cœur débordant d'amour malgré les aberrations de la haine et à l'intellect fourmillant d'espoir malgré la peur.
Oui, si l'Amérique était une femme, ce serait elle. Et rien que pour ça, merci, Mr Sheridan!