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Un visiteur
Critique de la série
5,0
Publiée le 7 août 2015
Superbe série française, trop souvent et injustement démolie. Cremer est excellent dans le rôle, il offre un personnage réconfortant, drôle, avec qui le spectateur entretient une sorte de complicité, quelque chose de rare dans le genre policier. Pour moi c'est la meilleure adaptation de Maigret, après L'Affaire St-Fiacre avec Gabin qui est le summum. De nombreux épisodes ont fait appel à de grands acteurs, chose qui se voit rarement dans les séries françaises. On a par exemple Michael Lonsdale en dentiste, Claude Piéplu en satyre, Bernadette Lafont en femme de ménage, Michel Bouquet en vieux juge, etc. Ces acteurs sont merveilleusement employés. Comme toute série, certains épisodes sont moins bons, mais cela reste globalement une très belle œuvre.
« Maigret et la fenêtre ouverte » est le 36ème épisode de la série consacrée à Jules Maigret qui de 1991 à 2006 se déroula sur 54 épisodes avant que Bruno Cremer gravement malade ne finisse par devoir renoncer à ce rôle taillé sur mesure grâce auquel il s’était placé juste à côté de Jean Gabin comme le plus célèbre Maigret de l’écran. Pierre Granier-Deferre spécialiste de Simenon réalise pour l’occasion son troisième épisode de cette luxueuse série qui tournée en partie en Tchécoslovaquie, en Finlande, au Portugal et même en Afrique du Sud restitue parfaitement l’ambiance des années 1950 ce qui convient parfaitement à la mise en scène de Granier-Deferre qui a souvent transporté sa caméra entre les années 1940 et 1960. Oscar Laget (Jacques Dacqmine)spoiler: est un homme d’affaires rompu à naviguer dans les méandres des règles judiciaires, n’ayant jamais hésité à en franchir subtilement les limites. L’étau se resserrant sur lui, il va tenter encore une fois de retomber sur ses pattes. Mais son état de stress évident alors qu’il rentre à son domicile accompagné de sa jeune épouse (Florence Darel) montre un homme dans la nasse. En réalité Oscar Laget a tout d’un escroc à en juger par le nombre de clients qui font le pied de grue dans la salle d’attente du bureau où Oscar les a précédemment emberlificotés, attendant nerveusement un rendez-vous qui ne vient presque jamais . Descharnaux (Jacques Boudet) homme de confiance de longue date d’Oscar use de toutes les ruses pour maintenir le couvercle sur une cocotte-minute sur le point d’exploser. Puis un coup de feu retentit en provenance de l’étage où Descharnaux et les clients se précipitent. spoiler: Oscar Laget est retrouvé mort dans son bureau une balle dans la tête. Suicide ou Assassinat ? Telle est la question qui se pose quand Maigret arrive sur le site. Réquisitionnant l’ensemble des personnes présentes, le commissaire mène l’enquête selon sa méthode habituelle basée sur l’observation des comportements afin de porter son attention sur ceux qui pourraient avoir un motif de se venger. Si Bruno Cremer ne défaille pas, toujours parfait dans ce costume qu’il endosse avec aisance depuis maintenant 15 ans, l’intrigue n’offre pas assez de pistes crédibles pour désorienter un téléspectateur qui peut deviner assez vite le fin mot de l’histoire. L’ensemble reste toutefois très distrayant en raison du professionnalisme de chacun mais habitué à se restaurer dans un quatre étoiles, le téléspectateur peut devenir un peu trop exigeant.
En 1997, Bruno Cremer est solidement installé dans le rôle de Jules Maigret. « Maigret et l’enfant de chœur » tiré d’une nouvelle de 1947 est la 25ème enquête de la série qui arrive à son mitan. Fortement apprécié par les téléspectateurs, scénaristes et réalisateurs ne doivent pas chômer. Bruno Cremer a de son côté fait le choix de mettre sa carrière cinématographique un peu de côté n’apparaissant que dans sept longs métrages de 1997 à 2005. Cette enquête au ton très particulière éclaire la personnalité de Maigret sous un jour nouveau. Un petit garçon vivant seul avec sa mère dans un quartier de Saint Etienne et réputé comme un garnement doublé d’un fieffé menteur aperçoit un matin sur le chemin de l’école un cadavre aussitôt disparu après que l’enfant s’est réfugié dans l’église toute proche. Maigret envoyé sur place procède comme il en a l’habitude à l’interrogatoire informel des gens du quartier. Mais cette fois-ci il se passe un évènement inattendu qui va modifier grandement la tonalité de l’enquête, Jules Maigret se reconnaissant une proximité presque immédiate avec le jeune Etienne (Stanislas Forlani) qui lui rappelle l’enfant qu’il était avec sa part de rêve et d’incompréhension ressentie face au monde des adultes. La jolie mère d’Etienne (Anne Roussel) qui lui fait croire que son père est parti travailler en Australie, apprécie particulièrement la présence rassurante de Maigret incarnant une autorité bienveillante notamment auprès de son fils, rappelle Bruno Cremer à ses jeunes années quand il incarnait à l’écran les séducteurs ténébreux. L’enquête n’en suit pas moins son cours même si Granier-Deferre qui réalise ici son deuxième téléfilm pour la série profite à plein de cette complicité que visiblement Cremer se délecte à interpréter. Vont défiler devant le commissaire, un juge acariâtre (Jean Martin) homosexuel enfermé dans une solitude qui lui pèse, un antiquaire assez mal embouché, deux sœurs âgées pittoresques nous donnant l’occasion de vérifier que Ginette Garcin était toujours juste n’ayant pas besoin de beaucoup de minutes à l’écran pour bien faire, un aristocrate (Roger Dumas) désabusé par les nombreuses passades occupant les journées et les nuits de sa jeune épouse (Sylvie Granotier) et enfin un bijoutier un peu mystérieux ( Philippe Duclos). Le dénouement de ce qui va se révéler être un assassinat est plutôt étonnant après une enquête menée avec doigté par un Maigret qui jusqu’au bout va déambuler dans sa propre enfance avec pour guide le petit Etienne. Pierre Granier-Deferre comme toujours a su trouver le ton juste avec la complicité d’un Bruno Cremer formidablement humain qui aura su exprimer toutes les nuances de la personnalité de Maigret qui devait avoir beaucoup de traits communs avec son prestigieux créateur.
Georges Simenon auteur belge prolifique de romans policiers à travers le personnage de Jules Maigret et d’autres plus généraux décrivant les mœurs de son temps à travers l’étude de différents milieux, est un des écrivains les plus adaptés au cinéma comme à la télévision. Pierre Granier-Deferre, réalisateur français principalement actif durant la seconde moitié du XXème siècle est sans doute celui qui a le mieux traduit en images l’univers du grand écrivain. « Le chat », « La veuve Couderc », « Le fils » et « L’étoile du Nord », quatre longs métrages suivis de trois téléfilms insérés dans la série consacrée aux enquêtes du commissaire Maigret (1995-2001) avec en sus la signature de dix adaptations pour la même série, témoignent de l’attachement du réalisateur à Simenon mais aussi de sa connaissance très approfondie de son œuvre. « Maigret et la vente à la bougie » diffusé en 1995 sur Antenne 2 voit Maigret séjourner dans le bocage vendéen pour tenter de recueillir d’un ancien malfrat (Etienne Chicot) reconverti en patron d’auberge un témoignage précieux dans le cadre d’un procès à venir concernant un chef de gang parisien. Le commissaire fait halte dans cette même auberge parmi d’autres clients locaux en attente de la vente à la bougie d’une maison réputée contenir un supposé trésor soigneusement caché par sa propriétaire. Maigret atteint d’un syndrome grippal est alité et c’est en pyjama qu’il va diriger l’enquête alors que l’un des participants à la fameuse vente est retrouvé mort poignardé (Henri Lambert) dans sa chambre. Bruno Cremer ronchon comme il savait si bien l’être un peu la manière d’un Jean Gabin interroge, parfois de son lit, chacun des clients et personnels de l’auberge. Ce déroule alors un rite parfaitement rodé où Cremer tout au long des 54 épisodes de la série mettra à jour minutieusement frustrations accumulées, rancœurs recuites, concupiscences et jalousies entretenues qui poussées à leur paroxysme ont pu mener au crime. Bruno Cremer qui a par ailleurs derrière lui une brillante carrière au cinéma arrive carrure lourde et imposante au sommet de son art passé la soixantaine, délivrant un savoureux mélange entre autorité naturelle, empathie, humour à froid et humeur pateline, le tout régulièrement arrosé des vins de terroir et liqueurs locales sans oublier l’éternelle pipe du commissaire. Pierre Granier-Deferre qui n’a pas eu la chance de pouvoir diriger Jean Gabin, trois fois Maigret entre 1958 et 1963, se rattrape joliment avec Bruno Cremer dont on peut penser qu’avec le grand acteur précité, il demeure le meilleur interprète du fameux commissaire. Une interprétation qu’aurait sans doute validée Simenon qui avait en dehors de Jean Gabin souvent la dent dure avec tous ceux qui se confrontaient à son héros que jalousement, il aimait entourer de mystère. Dans l’exercice présent, Pierre Granier-Deferre remarquable directeur d’acteurs dont on ne se rappelle pas assez quel grand metteur en scène il fut, n’était jamais plus à l’aise que lorsqu’il s’agissait de saisir puis de retranscrire une atmosphère porteuse d’enjeux parfois tapis dans l’ombre de l’intrigue. Il est certain que la recette de Maigret ne repose pas souvent sur une intrigue policière très élaborée mais plutôt sur la confrontation psychologique entre le commissaire et les protagonistes dont il sonde les reins et les cœurs s’exprimant toujours dans la même « langue » que ceux qui lui font face. Pierre Granier-Deferre entouré de Daniel Gélin, Margot Abascal, Etienne Chicot, Lionel Astier et Michèle Moretti n’a donc aucune peine à rendre ce 17ème épisode passionnant. Il faut tout de même signaler qu’outre Granier-Deferre, les autres réalisateurs rodés au genre policier comme Laurent Heynemann, Christian de Chalonge, Serge Leroy, Charles Némès pour les plus récurrents sont eux aussi très efficients. Une série à voir et à revoir.
Saison 4 épisode 3 : les vacances de Maigret Un excellent épisode. Ce n'est pas nouveau : notre commissaire va devoir s'attaquer à l'élite de ce petit village des Ardennes belges où il est censé passer des vacances dans sa belle-famille. Assez rare, on découvre Madame Maigret qu’on ne connaît bien souvent qu’au travers d’un téléphone. Ici, elle a dû être opérée de l’appendicite. Comment notre commissaire va-t-il tuer le temps ? Mais les mondanités n'intéressent guère Maigret, pas plus que le bridge ou la chasse (il a horreur des armes à feu !) Par contre, il est irrésistiblement attiré par une étrange série de meurtres qui se produisent (comme par hasard) dans cette commune et il entreprend, même s'il n'est pas sous sa juridiction, d'aider le commissaire local. Ce dernier rôle est admirablement tenu par le ch'ti Ronny Coutteure, disparu en 2000. Mystère, suspense, à voir... willycopresto
Cette adaptation des enquêtes de Maigret est la meilleure. Bruno Cremer endosse avec talent son personnage. La preuve en est que le succès de la série s'étendra dans toute l'Europe. Le réalisme de la réalisation nous fait (re)découvrir l'ambiance d'après-guerre de la France de ces années difficiles. Les acteurs sont criants de réalisme, les décors, l'ambiance sont parfaitement restitués. Concernant les intrigues, le génie de Simenon ne souffrirait aucune critique.
Série moyenne. Points positifs : Bruno Cremer est très bon, et certaine intrigues sont intéressante. Points négatif : mise en scène molle et lente, et les épisode sont inégaux.
Bref, une série un peu ennuyante quand même, et c'est bien dommage.
Bruno Cremer campe un Maigret absolument remarquable. Quelle présence ! Dans la quasi totalité de cette série l'atmosphère, les décors, la musique sont en accord parfait autour de ce personnage central. Quelle finesse, quelle subtilité, comparées à nombre de séries actuelles rivalisant d'actions chaotiques, de violences inouïes, de sadisme abject, de meutres en chaine copieusement arrosés d'hémoglobine... Avec Maigret on a une peinture de milieux sociaux, des personnages typés, des approches psychologiques souvent profondes. Merci à tous ceux qui ont collaboré à de telles réalisations et encore un grand BRAVO à Bruno Cremer !!!
La deuxième série qui conte les enquêtes de Maigret de Georges Simenon est d'un très bon niveau tout comme la précédente. Elle est un peu différente car l'époque où sortent les romans y est reconstituée. Bruno Crémer y campe un excellent Maigret.
Maigret est une série policière bien qu’elle ai pris un coup de vieux, continue à se régaler. Si seulement certaines séries policières s’étaient inspirées de la série wmaigret on aurait à faire à de bien meilleurs séries
Portée par les excellents scénarios des œuvres de Georges Simenon, cette série policière révèle le sort des femmes, des pauvres, des enfants…, Un voyage dans la France et la Belgique des années 50. Bruno Cremer est parfait en commissaire ronchon, méticuleux et incorruptible.
Autre série française vraiment bien fait, pas d'action mais un mystère, une intrigue et un personnage qui était excellent - bruno cremer, trés bon dans ce rôle mais je me souviens aussi de jean richard, ce n'était pas mal non plus -
La série complète avec Bruno Crémer est magnifique.Un maigret qui dégage une forte personnalité et des acteurs convaincants et toujours cette atmosphère particulière et cette musique obsédante ! la mise en scène est toujours très soignée.