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willycopresto
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4,0
Publiée le 10 février 2016
"Maigret et la vieille dame" (1995) Saison 4 épisode 1 - rediff sur D8 le 01.08.2015 Cette vieille dame (Valentine) est superbement jouée par Odette Laure dont la carrière est impressionnante. L'intrigue est captivante : qui pourrait bien en vouloir à cette personne âgée, débonnaire et inoffensive, au point de vouloir sa mort par empoisonnement ? Même pas pour ses bijoux puisque ce ne sont que des copies des vrais qu'elle possédait jadis. Un peu à la fois, Maigret va découvrir que sous les apparences, il s'en cache bien souvent dans les histoires de famille. Si le récit est intéressant à suivre, la réalisation, un peu soporifique, souffre d'imperfections et d'un total désintérêt pour le réalisme. Heureusement, les dialogues Odette Laure- Bruno Crémer sauvent cet épisode qui semble avoir été réalisé à la va-vite ! Manque de budget ? willycopresto
"Maigret et la vente à la bougie" (1994) Saison 4 -épisode 2 rediff sur D8 le 08.08.2015 Pas tellement crédible cette aventure où Maigret arrive dans un bled pour interroger quelqu'un et hop, un assassinat a lieu ! Hélas le commissaire est terrassé par la grippe et il décrète la garde à vue dans l'hôtel de tous ses pensionnaires pour pouvoir interroger tout ce petit monde depuis son lit! Même un douanier ne pourra s'absenter que pour les exigences de son service. Simultanément au crime, une vente "à la bougie" se déroule dans la commune pour une bâtisse apparemment sans intérêt, mais qui attire beaucoup de monde ! Je vous laisse voir ce film pour découvrir ce qu'est une vente à la bougie ainsi que la résolution (ou pas ?) de cette histoire ! willycopresto
"Les vacances de Maigret" Saison 4 épisode 3 Un excellent épisode. Ce n'est pas nouveau : notre commissaire va devoir s'attaquer à l'élite de ce petit village des Ardennes belges où il est censé passer des vacances dans sa belle-famille. Assez rare, on y découvre Madame Maigret qu’on ne connaît bien souvent qu’au travers d’un téléphone. Ici, elle a dû être opérée de l’appendicite. Comment notre commissaire va-t-il tuer le temps en attendant qu'elle soit remise ? Mais les mondanités n'intéressent guère Maigret, pas plus que le bridge ou la chasse (il a horreur des armes à feu !) Par contre, il est irrésistiblement attiré par une étrange série de meurtres qui se produisent (comme par hasard) dans cette commune et il entreprend, même s'il n'est pas sous sa juridiction, d'aider le commissaire local. Ce dernier rôle est admirablement tenu par le ch'ti Ronny Coutteure, disparu en 2000. Pour les amateurs de l'artsite,son café- théâtre initialement baptisé "théâtre des hirondelles" (n'ayant plus de toit quand il a acheté le bâtiment) porte aujourd'hui sont nom (59273 Fretin, près de Lille (Nord). Mystère, suspense dans cet épisode au scénario peut-être un peu complexe, à voir... willycopresto
"Maigret et l'affaire Saint-Fiacre" Saison 4 - épisode 4 rediff sur D8 Quand on voit un film comme celui-ci, avec un casting pareil,juste après avoir subi "La loi d'Alexandre" deuxième opus de France 3 en 2016, on se dit que le cinéma réserve les meilleures et les plus mauvaises surprises. Oublions à tout jamais le second pour en revenir au 19° des 54 épisodes du Maigret incarné par Crémer : selon moi le meilleur de la série. Le scénario est un des plus réussis de Simenon, et a d'ailleurs séduit les réalisateurs de quatre autres adaptations, c'est dire ! Si ce n'était que pour cet épisode, j'aurai ajouté une demi-étoile pour la qualification " excellent". Il était tentant de comparer les adaptations entre elles : peine perdue ! La meilleure sans conteste reste celle de Gabin. Réalisée par Jean Delannoy avec des dialogues de Michel Audiard et un casting éblouissant, l'adaptation de 1959 avait sûrement un budget conséquent et avait frisé les trois millions d'entrées en salles ! Le jackpot ! Peut-être aussi que le noir et blanc ajoutait à la noirceur de l'atmosphère, et puis on ne peut réussir un chef d'oeuvre tous les jours ! Crémer ne démérite pas, mais il était déjà depuis 19 numéros dans les pantoufles du commissaire. La découverte avec un oeil neuf qu'a pu avoir Gabin était déjà lointaine... En outre, la réalisation de Denys de la Patellière est plus "fonctionnaire" que celle de Delannoy, et Jacques Spiesser nous fait un grand numéro dans le rôle de comte en 1959 ! Mais dans le même rôle, Michel Auclair avait été fabuleux avec des dialogues répétons-le d'Audiard ! Mais quelle que soit l'adaptation préférée, ne boudons pas notre plaisir ! Si vous n'aviez qu'un seul épisode à regarder, ne ratez pas celui-là dans lequel Maigret revient sur les terres de son enfance où l'attendent ses anciennes amours ! willycopresto
Georges Simenon auteur belge prolifique de romans policiers à travers le personnage de Jules Maigret et d’autres plus généraux décrivant les mœurs de son temps à travers l’étude de différents milieux, est un des écrivains les plus adaptés au cinéma comme à la télévision. Pierre Granier-Deferre, réalisateur français principalement actif durant la seconde moitié du XXème siècle est sans doute celui qui a le mieux traduit en images l’univers du grand écrivain. « Le chat », « La veuve Couderc », « Le fils » et « L’étoile du Nord », quatre longs métrages suivis de trois téléfilms insérés dans la série consacrée aux enquêtes du commissaire Maigret (1995-2001) avec en sus la signature de dix adaptations pour la même série, témoignent de l’attachement du réalisateur à Simenon mais aussi de sa connaissance très approfondie de son œuvre. « Maigret et la vente à la bougie » diffusé en 1995 sur Antenne 2 voit Maigret séjourner dans le bocage vendéen pour tenter de recueillir d’un ancien malfrat (Etienne Chicot) reconverti en patron d’auberge un témoignage précieux dans le cadre d’un procès à venir concernant un chef de gang parisien. Le commissaire fait halte dans cette même auberge parmi d’autres clients locaux en attente de la vente à la bougie d’une maison réputée contenir un supposé trésor soigneusement caché par sa propriétaire. Maigret atteint d’un syndrome grippal est alité et c’est en pyjama qu’il va diriger l’enquête alors que l’un des participants à la fameuse vente est retrouvé mort poignardé (Henri Lambert) dans sa chambre. Bruno Cremer ronchon comme il savait si bien l’être un peu la manière d’un Jean Gabin interroge, parfois de son lit, chacun des clients et personnels de l’auberge. Ce déroule alors un rite parfaitement rodé où Cremer tout au long des 54 épisodes de la série mettra à jour minutieusement frustrations accumulées, rancœurs recuites, concupiscences et jalousies entretenues qui poussées à leur paroxysme ont pu mener au crime. Bruno Cremer qui a par ailleurs derrière lui une brillante carrière au cinéma arrive carrure lourde et imposante au sommet de son art passé la soixantaine, délivrant un savoureux mélange entre autorité naturelle, empathie, humour à froid et humeur pateline, le tout régulièrement arrosé des vins de terroir et liqueurs locales sans oublier l’éternelle pipe du commissaire. Pierre Granier-Deferre qui n’a pas eu la chance de pouvoir diriger Jean Gabin, trois fois Maigret entre 1958 et 1963, se rattrape joliment avec Bruno Cremer dont on peut penser qu’avec le grand acteur précité, il demeure le meilleur interprète du fameux commissaire. Une interprétation qu’aurait sans doute validée Simenon qui avait en dehors de Jean Gabin souvent la dent dure avec tous ceux qui se confrontaient à son héros que jalousement, il aimait entourer de mystère. Dans l’exercice présent, Pierre Granier-Deferre remarquable directeur d’acteurs dont on ne se rappelle pas assez quel grand metteur en scène il fut, n’était jamais plus à l’aise que lorsqu’il s’agissait de saisir puis de retranscrire une atmosphère porteuse d’enjeux parfois tapis dans l’ombre de l’intrigue. Il est certain que la recette de Maigret ne repose pas souvent sur une intrigue policière très élaborée mais plutôt sur la confrontation psychologique entre le commissaire et les protagonistes dont il sonde les reins et les cœurs s’exprimant toujours dans la même « langue » que ceux qui lui font face. Pierre Granier-Deferre entouré de Daniel Gélin, Margot Abascal, Etienne Chicot, Lionel Astier et Michèle Moretti n’a donc aucune peine à rendre ce 17ème épisode passionnant. Il faut tout de même signaler qu’outre Granier-Deferre, les autres réalisateurs rodés au genre policier comme Laurent Heynemann, Christian de Chalonge, Serge Leroy, Charles Némès pour les plus récurrents sont eux aussi très efficients. Une série à voir et à revoir.