Engrenages
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anonyme
Un visiteur
Critique de la série
0,5
Publiée le 18 mars 2012
Nous avons tenu 1/4 d'heure tout au plus...Dialogues affligeants, cadrage à vomir, complaisance dans le gore, jeu insipide et situation tirée par les cheveux. Mais bon...La victime devait être "très belle" (ça on l'aura compris, les personnages n'avaient que ce mot a la bouche). Bon, comparé à Julie Lescaut, c'est sûr doit y avoir du mieux, mais comparé à Game of Thrones ou Six feet under, les français ont encore beaucoup beaucoup mais alors beaucoup de boulot !
Certes, on aurait pu persévérer, mais le temps est trop précieux...
anonyme
Un visiteur
Critique de la saison 7
2,0
Publiée le 14 mars 2019
Une saison 7 vraiment naze, surtout comparée aux 3, 4, 5. Quand on retient à peine deux épisodes sympas sur une douzaine, ça s'appelle un gros ratage. Il y a plusieurs problèmes. Le principal d'abord : on s'ennuie grave ! On nous faisait miroiter une affaire de blanchiment d'argent dans le milieu chinois, qui remonterait au pouvoir politique. L'idée était bonne. Mais elle est très vite abandonnée pour retomber sur une enquête interne dont on se tape royalement, qui ne révèle rien, sans retournement majeur, un comble pour une série policière ! Pas d'enjeu, pas de tueur, pas de meurtres, pas de manipulation, pas de final qui tue. Le dernier épisode est un long épilogue d'une heure, sans deconner, ça sert à quoi ? Même les fins d'épisodes s'arrêtent n'importe où sans aucun suspense. Genre "Bertaud, vous partez à tel endroit, ok, bon ben on y va". C'est ça des cliffhanger de série ? L'enquête se perd dans les détails de procédure incompréhensibles, et surtout inaudibles. Je vous mets au défi de décrypter certains dialogues. A force de vouloir coller au vocabulaire de flic, les acteurs avalent les mots et on renonce vite à vouloir comprendre ce qu'ils font. Pour accentuer le bordel, les références aux personnages aperçus dix secondes, 2 épisodes plus tôt, achèvent de nous perdre. "Bon sang, Houry connaissait Abdel, c'est le cousin de Huang Po, ça explique que sa nièce était au courant de l’annulation du casse !" Ben tiens. On a tout compris, là. Et les intrigues sentimentales sont, soit gnangnan (Bertaud, sa fille et la love story crado avec Gillou, beurk) soit laissées en plan (début d’un truc LGBT entre l’avocate et une détenue, dommage, c’était une super idée, mais ça stoppe direct). Bref, pas grand chose à sauver, à part la mise en scène, c’est déjà pas mal, donc 2 étoiles, mais on s’emmerde. A l’heure où l’on nous propose une multitude de bonnes séries, c’est un problème. Voilà.
anonyme
Un visiteur
Critique de la série
1,0
Publiée le 16 juin 2013
Ben..... à peine au dessus de Julie Lescaut, c'est dire.....
Sérieusement, les acteurs ne sont pas crédibles, on rajoute du limite gore et un peu de "tension" sexuelle entre deux trois protagonistes dès le début en croyant que ça va suffire ?
lhomme-grenouille
lhomme-grenouille

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Critique de la saison 7
4,0
Publiée le 3 septembre 2019
« Engrenages », ou la série étendard de Canal+. Quatorze années de production, sept saisons, et surtout une évolution vraiment révélatrice de l’apprentissage progressif de la chaîne dans le domaine. Il est évident que si on profite aujourd’hui de pièces maitresses aussi finement ciselées que « Baron noir » et « le bureau des légendes » c’est aussi parce qu’une expérience s’est forgée ici, sur cette série. Et force est de constater qu’avec le temps cette série ne s’use pas ; voire même qu’elle se bonifie encore. Pour le coup, le passage du flambeau de showrunner d’Anne Landois à Marine Francou ne s’est pas fait au détriment de la série. Plastiquement parlant, « Engrenages » continue de s’affiner au fil des saisons. Encore une fois la série nous offre des paysages très signifiants qui disent beaucoup de choses sur Paris et sa banlieue. La seule intro de l’épisode 1 fut un régal me concernant. Entre ce plan séquence assez saisissant dans sa mise en place (Luma ou drône ? Je m’interroge encore) et ce plan absolument génial de cette voiture filmée à travers l’ouverture de cette dalle urbaine : moi je me suis léché les babines. Ça fait tellement plaisir de voir ENFIN une œuvre française capable de filmer avec autant de justesse ce Paris là. Plus le temps passe et plus la ville devient un personnage à part entière ; un dédale qui participe aux pérégrinations de ces héros ordinaires. Et pour ce qui est de l’intrigue, je trouve que, l’air de rien, Marine Francou a su aussi apporter un vrai sang neuf à la série, sachant rompre avec une certaine routine tout en maintenant ces bases qui font la force et l’identité d’ « Engrenages ». La vraie bonne idée a notamment été d’imposer des dynamiques fortes, à la fois pour chaque personnage, mais aussi pour le groupe qu’on suit depuis le début. L’air de rien, l’histoire commence par la mort d’un personnage récurrent ainsi que par l’annonce d’un départ à la retraite inéluctable. Parallèlement on renouvelle aussi l’équipe avec l’arrivée d’Ali, qui amène avec tout une problématique nouvelle au sein du groupe. Et l’air de rien, tous ces choix combinés permettent de nous faire comprendre que, dans cette saison, « Engrenages » entend bien aller jusqu’à un point de rupture, notamment en ce qui concerne le duo Berthaud-Gilou. (Ce qui ne sera pas une promesse en l’air en plus ! Chapeau là-dessus !) Et comme tout ça s’orchestre autour d’une intrigue encore une fois ficelée avec beaucoup de densité et de finesse – gérant même beaucoup mieux son arc parallèle avec Joséphine Karlson, à la fois dans son amorce que dans sa manière de le relier à l’intrigue principale – j’en étais carrément venu à me dire, au bout de quelques épisodes, que j’allais peut-être avoir affaire là à la saison la plus aboutie de toute la série. Et malheureusement ça s’est joué à vraiment pas grand-chose. Alors OK, dans les grandes lignes, cette intrigue n’a clairement pas à rougir de ses prédécesseurs. Encore une exploration habile d’un milieu du crime. Encore un joli jeu d’intrications subtiles. Encore cette impression de pédagogie et de découverte. Là-dessus : rien à redire. Par contre, pour ce qui est des méthodes utilisées pour débloquer certaines situations tendues, plus d’une fois cette saison 7 a recours à des facilités vraiment regrettables et qui sont venues, me concernant, perturber mon immersion. Je pense notamment à spoiler: tout ce qui est lié au chantage fait sur le porteur de valise de David Cann. Il réagit toujours comme il faut au moment où il faut pour faire en sorte que l’intrigue se débloque. Certes le scénario le justifie, mais j’ai trouvé ça un peu gros, surtout que je ne trouvais pas ce genre de réaction bien logique. Même chose d’ailleurs quand Roban se fait prendre au piège par Machard. Pourquoi reste-t-il à ce diner alors qu’il sait que ça va l’incriminer ? Même si encore une fois le scénario explique la précipitation de Roban, je trouve que ça ne colle pas avec le personnage. Et enfin – dernier exemple qui me vient à l’esprit – cette manière dont Berthaud et Gilou parviennent à utiliser Soizic pour récupérer des infos sur le portable du patron de la brigade financière.
Et à dire vrai, plus que le côté invraisemblable qui me dérange dans ces scènes, c’est plus leur aspect téléguidé et arrangeant pour le scénario qui me sort du trip. A ce moment là, je vois l’artifice. Je sais qu’il n’y aura aucune mauvaise surprise ; que tout se déroulera comme prévu, parce qu’au fond on voit bien que le scénario a trop besoin que cet événement se produise ainsi et pas autrement. Et ça a beau n’avoir eu lieu que quelques fois dans l’intrigue, pour moi, ça a été trop. Ça a été le petit caillou dans la godasse qui m’a empêché de poser cette saison 7 sur un piédestal. Mais bon, comme vous l’aurez compris, ça ne retire rien au grand plaisir que j’ai tiré de cette saison-là. Encore une fois – et c’est admirable – cette série a été capable de fournir une vraie plus-value, à la fois à sa série, mais également au monde des séries. Donc chapeau bas et longue vie à toi, « Engrenages »… Mais bon… Après, ça ne reste que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Estonius
Estonius

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Critique de la saison 2
3,5
Publiée le 10 mai 2020
On est nettement à un niveau supérieur à celui de la saison 1. Les premiers rôles sont bons, même Fitoussi joue mieux, la série restant dominée par la sulfureuse Audrey Fleurot. Dans les nouveaux, je n'ai pas trouvé très brillante la prestation du gars qui joue Sammy. La trame principale est noire et on a un peu peur de tomber dans un manichéisme de caricature avec le personnage d'Aziz, mais le coup est magistralement rattrapé avec le portrait des frères Larbi, les personnages n'étant pas réduit à leurs occupations illicites et s'avérant complexes. La tension est omniprésente au fil des épisodes, on regrettera juste spoiler: le happy end un peu idiot
Estonius
Estonius

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Critique de la saison 6
3,5
Publiée le 15 mai 2020
Il est vraiment dommage que la saison soit parasitée. spoiler: par les événements personnels des protagonistes Les états d'âmes de Berthaud vis-à-vis de son bébé, je veux bien, mais là ça prend une place considérable, Tintin qui coure après son fils et qui se tape le divorce,
est-ce vraiment si intéressant ? Dommage parce que la thématique policière est super intéressante : spoiler: Quand devient-on ripoux, et quand on franchit la ligne, jusqu'où peut-on aller ? Cet aspect est traité avec intelligence dans cette saison, d'autant que si ajoute un environnement social très réaliste, comment la politique achète la paix dans les banlieue ?
spoiler: Les graves problèmes du procureur
Roban sont intéressants et constitue une diversion tragicomique par rapport à la scène principale spoiler: (Machard et ses petits chiens, en voilà une image qu'on n'oublie pas !)
Quant à Joséphine, l'histoire n'a rien de bien originale, mais quelle belle et grande actrice ! En fait cette saison aurait pu être ramassé sur 8 ou 9 épisodes, et cela aurait été parfait
Estonius
Estonius

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Critique de la saison 5
4,0
Publiée le 15 mai 2020
spoiler: Bon, on sait très bien qu'elle va se le garder son bébé, et toutes ces digressions autour de de cette situation deviennent gavantes d'autant qu'elles contiennent en filigrane un sorte de message anti-IVG qui
n'oserait pas dire son nom. Il fallait le dire, mais cela n'empêche pas la saison d'être très intéressante. On est désormais habitué au rythme de la série, fausses pistes, filoches foireuses, guerre des services, mais tout cela est parfaitement maîtrisé. On n'est pas dans Agatha Christie, le coupable est introuvable pour le spectateur, parce que l'intérêt est justement ailleurs, car dans toutes ces vicissitudes et ces fausses certitudes, il y a derrière des êtres humains, dont la vie peut être brisée, alors qu'ils n'ont rien fait, même si en fouillant dans leur vie, tout n'est pas clair… mais qui est complètement clair ? La démonstration y est ici magistrale. On appréciera la scène finale impressionnante. spoiler: Et si le scénariste ne nous précise pas le sort du coupable, c'est que ce n'était pas le propos.
Estonius
Estonius

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Critique de la saison 3
4,5
Publiée le 12 mai 2020
La montée en puissance continue dans cette saison qui se suit avec délectation et qui n'a pas grand-chose à se reprocher. Les acteurs sont désormais bien à leur place et nous déroulent une triple histoire, celle du sérail killer est très bien huilée avec son lot de rebondissements et de fausses pistes, celle impliquant le juge Roban est également très bien vu, et rappelle au passage certaines affaires pas tristes. Celle de Clément montre aussi comment le système peut détruire un innocent. On s'attache aux personnages tel point que l'on pardonne les aspects très légèrement réacs du récit. Quant aux acteurs, il ne semblait pas que ce soit l'intention première des créateurs de la série, mais la vrai vedette est bien Audrey Fleurot. Tout cela est brillant, la mise en scène suit, et à ce propos, l'épisode final est, contrairement aux précédentes saisons, le meilleur.
lhomme-grenouille
lhomme-grenouille

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Critique de la saison 2
3,0
Publiée le 31 août 2015
Woh ! Est-ce grâce aux quatre années d’expérience engrangées par Canal+ depuis la saison 1 ? Est-ce lié à l’arrivée dans les affaires de la BBC Four ? En tout cas, cette saison 2 d’ « Engrenages » opère un sacré gap qualitatif par rapport à son prédécesseur. Encore une fois, ceux qui ont lu ma critique de la saison 1 s’étonneront que je m’attarde à ce point sur des questions formelles, mais pour moi, pour cette série là, ça fait une sacrée différence. La caméra bouge moins, la photographie est davantage maitrisé, le tri a aussi été fait dans les thèmes musicaux et – surtout – l’écriture, notamment celle des dialogues – est tout de même bien plus percutante et efficace que dans la précédente saison. Du coup, j’ai eu l’impression que cette saison 2 était une sorte de version rodée de la série. Tout marche mieux : même les acteurs semblent se retrouver bien mieux dans leurs personnages (même Gregory Fitoussi en deviendrait presque convaincant : c’est dire !) Et pour le coup, là enfin, cette série mérite son titre de « série qui explore le système judiciaire français). Ça sonne moins faux. On a clairement fait le ménage dans toutes ces affaires affreusement caricaturales que nous ressortait régulièrement la saison 1 de son chapeau à clichés (on en retrouve encore un peu, mais bon), et surtout, la série semble clairement avoir assumé un virage plus social et critique du milieu dont elle parle et des mécaniques politico-judiciaire qu’elle aborde. Ce n’est pas compliqué, quelques scènes semblent clairement démontrer une inspiration directe auprès de « The Wire » (je pense notamment à la filature qui dérape à la fin de l’épisode 1 ou à la surveillance en cité qui dérape au cours de l’épisode 3 et 4), et même si « Engrenages » n’atteint clairement pas le niveau du maître, au moins a-t-il appris à bonne école. Alors après, je dois bien le reconnaître, cette saison n’est pas parvenu, me concernant à m’enlever totalement (trop classique peut-être) mais au moins elle a su me tenir en haleine, ce qui est déjà loin d’être désagréable. C’est qu’au moins, à s’intéresser au système français, aux dérives à la française, la série est parvenue à se développer une identité propre et une personnalité qu’elle n’avait pas réussi à se construire en singeant bêtement les Américains lors de la saison précédente. Mais cette saison était indéniablement sur la bonne voie, au point même que j’en ai regretté cette conclusion que j’ai trouvée manquée par rapport au reste, avec notamment un épisode final totalement baclé (…parce que bon, en gros, les cinq dernières minutes c’est un peu : spoiler: « Mais où est Sami ? – Oh mon dieu un frère Larbi en tue l’autre ! – Eh mais Sami est là ! Ouf Sami est sauf ! » Soulagement général et générique de fin dans la foulée ! Emballez ! C’est plié !
), si bien que je me suis dit que la série avait encore du chemin à faire. Mais après tout, tant mieux ! Vu l’évolution opérée entre les deux premières saisons, je ne peux qu’attendre avec impatience de découvrir la saison 3 !
cylon86
cylon86

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Critique de la saison 2
3,5
Publiée le 18 juillet 2018
Après une saison 1 prometteuse mais qui prenait difficilement ses marques avec à la clé une réalisation franchement moche et une intrigue qui en faisait un peu trop, "Engrenages" a revu son ambition. Trois ans après la première saison, cette seconde salve d'épisodes (huit) confirme tout le bien que l'on pensait de la série en gommant au passage ses plus gros défauts. Entièrement écrite par Virginie Brac, cette saison s'attache de plus en plus aux personnages (avec au passage une Caroline Proust à fleur de peau et une Audrey Fleurot particulièrement diabolique) en nous faisant suivre toute une histoire de trafic de drogue que la capitaine Berthaud et que ses alliés vont devoir démanteler. En plus d'être palpitante et de reposer sur un scénario richement documenté (l"idée de la trame vient d'Eric de Barahir, commissaire de police et écrivain à ses heures perdues), la série déploie une formidable galerie de gueules comme Daniel Duval, Reda Kateb, Swann Arlaud, Samir Guesmi ou encore Mehdi Nebbou. De quoi alimenter une intrigue palpitante dans laquelle les personnages se dévoilent dans leur complexité et leur instinct de survie dans un milieu particulièrement difficile. Si l'on reste encore un brin circonspect sur l'aspect un brin artificiel de la relation unissant Laure au nouveau venu Sami, force est de constater qu'en se concentrant principalement sur une seule grosse enquête, "Engrenages" a trouvé un point d'ancrage efficace et presque addictif. Pour une série policière française, c'est suffisamment rare pour être souligné.
soniadidierkmurgia
soniadidierkmurgia

1 432 abonnés 4 330 critiques Suivre son activité

Critique de la série
5,0
Publiée le 1 février 2021
Si l'on peut légitimement considérer les Etats-Unis comme le point d'ancrage du renouveau de la série télévisée et de son explosion populaire au niveau mondial, on peut avec "Engrenages" estimer que la France a enfin su se hisser au plus haut niveau tout en proposant une tonalité originale qui rappelle que dans les années 60 et 70 le cinéma policier français était une référence. Il faut bien admettre que sur six saisons (une septième est en chantier) et 72 épisodes la qualité ne s'est jamais démentie. Crée par Alexandra Clert et Guy-Patrick Sainderichin, la série apparue sur les écrans à partir de 2005 saura trouver les relais scénaristiques nécessaires à sa progression qui consiste à faire évoluer les six personnages principaux avec le temps tout en les insérant dans des intrigues suffisamment prenantes et originales pour ne pas tomber dans la routine. Pour bousculer un téléspectateur français habitué au confort des enquêtes se déroulant alternativement dans le milieu de la haute bourgeoisie ( "Le sang de la vigne") ou dans un univers des banlieues largement édulcoré pour ne pas froisser les susceptibilités, Canal Plus a choisi d'ancrer les intrigues de sa série phare dans le concret de la réalité sociale et politique nationale dans le but de retrouver la singularité qui avait été pendant de longues années la marque de fabrique de la chaîne. Pari réussi qui place clairement "Engrenages" à la hauteur de séries cultes comme "The Wire", "Borgen", "Broadchurch" ou "House of Cards". A tel point que pour la première fois une série française s'est très correctement exportée hors de nos frontières. La recette du succès au-delà du talent des acteurs et de la qualité de la réalisation repose principalement sur l'architecture très structurée des scénarios qui déploient tout le savoir-faire de leurs concepteurs afin de ne jamais relâcher l'attention du spectateur et provoquer par son attachement aux personnages principaux, le phénomène d'addiction typique des séries devenues cultes. Ce sont donc six personnages principaux, sortes d'anti-héros aux blessures intérieures profondes dont on va suivre l'évolution professionnelle et personnelle sur plus de douze ans. Trois policiers et trois juges ou magistrats dont les destins vont interagir au cours d'enquêtes principales ou secondaires. En effet, systématiquement chaque saison s'articule autour d'une enquête principale aux multiples ramifications entrecoupée d'autres moins développées ou plus simples qui permettent au récit de s'écarter du tronc central pour mieux y revenir par la suite. Ces intrigues secondaires outre offrir une respiration et relancer l'intérêt ont pour vocation d'éclairer des aspects méconnus de la personnalité des six personnages centraux pris dans "l'engrenage" de leur fonction qui leur sert le plus souvent d'exutoire à leurs carences affectives contribuant à les faire entrer dans un cercle vicieux dont il leur est quasiment impossible de sortir. Très soucieux d'un vrai "réalisme", les scénaristes se sont entourés d'experts du monde judiciaire et policier afin de dresser le portrait le plus exact possible des deux institutions. Ce réalisme scrupuleux ajoute à la fonction première de divertissement un substrat sociopolitique en résonance avec l'actualité immédiate qui participe à élever le niveau de conscience du spectateur. Ce qui n'est pas la moindre des qualités de la série. Située en région parisienne, "Engrenages" n'élude donc rien de la situation de tension qui règne actuellement sur le territoire urbain où de toute évidence les institutions régaliennes craquèlent sous toutes les coutures. Constat sans détour qui rapproche résolument "Engrenages" des meilleurs films policiers américains des années 70 comme "Les flics ne dorment pas la nuit" de Richard Fleischer (1971), "Le flic ricanant" de Stuart Rosenberg (1973) ou "Le policeman" de Daniel Petrie (1980). Un mot enfin sur les acteurs pour la plupart méconnus quand ils s'engagent dans l'aventure en 2005. L'occasion leur est largement donnée d'approfondir la psychologie de leur personnage et aucun ne s'en prive, de Caroline Proust à Audrey Fleurot en passant par Thierry Godard, Fred Bianconi et Gregory Fitoussi. Quelques vieux briscards comme Daniel Duval ou Dominique Daguier viennent fort à propos leur prêter main forte. On peut sans doute trouver cette critique un peu trop dithyrambique, "Engrenages" n'étant pas exempte de défauts notamment dans la description des rapports affectifs entre les personnages mais cette manière volontariste de sortir de la routine et du conformisme qui frappe trop souvent notre production télévisuelle et cinématographique méritait un sérieux coup de chapeau. On notera enfin que la série s’étant conclue en 2020 après sa huitième saison n’a jamais baissé de niveau, sachant se renouveler à partir d’un canevas parfaitement huilé lui permettant de donner plus de corps aux ressorts psychologiques de ses personnages. Une réussité incontestable qui surclasse sur la durée « Le bureau des légendes » autre série phare de Canal Plus.
stallonefan62
stallonefan62

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Critique de la saison 6
4,5
Publiée le 20 novembre 2023
Une très bonne saison avec une histoire haletante bourrée de rebondissements !! La trame principale est excellente, tout comme les trames secondaires qui sont très intéressantes !! Le casting est toujours aussi plaisant avec des acteurs impliqués et attachants !!
vive-le-cine123654789
vive-le-cine123654789

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Critique de la saison 3
4,0
Publiée le 19 novembre 2014
Une nouvelle saison qui continue à progresser par rapport aux précédentes. Il manque toujours ce petit truc qui transcenderait l’ensemble pour rendre cette saison géniale, mais ça reste quand même de bonne qualité et toujours aussi prenant à suivre. On a droit cette fois-ci à une saison un peu plus longue qui se concentre d’avantage sur un nombre limité d’enquêtes/d’affaires. Au final, deux finiront par se recouper mais là où avant les trois échelons (police/juge/procureur) travaillaient ensemble, là chacun à droit à sa propre histoire et croise de temps en temps les autres. Moins souvent qu’avant, mais vu qu’en contrepartie il y a moins d’enquêtes annexes, on se concentre d’avantage sur le développement de chaque personnage et c’est pas plus mal. On en apprend ainsi beaucoup sur eux, et tous sont plus ou moins poussés dans leurs retranchements. Une saison haletante jusqu’à la fin, même si c’est ça peut se montrer parfois trop classique ( spoiler: ça aurait été vraiment génial que Laure se trompe au sujet de Ronaldo
). Le monde paraît un poil moins pourris que dans les saisons précédentes, mais il nous apparaît plus glauque et angoissant. Le tout est traité avec le même réalisme et crédibilité qu’avant et la saison s’offre même quelques scènes bien jouissives. Le casting est toujours aussi bon et la mise en scène, musique et décors sont toujours au top, avec notamment certaines scènes superbes.

Bref, une saison qui continue sur la lancée, progressant petit à petit.
vive-le-cine123654789
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Critique de la saison 4
4,5
Publiée le 22 novembre 2014
Sans aucun doute la meilleure saison jusqu’à présent. Elle reprend les mêmes ingrédients que la précédente, à savoir une grosse enquête principale à tiroir (le tout ne se rejoignant qu’à la toute fin), avec à côté des histoires plus centrées sur les personnages. Une fois encore, les principaux protagonistes ne font que se croiser de temps en temps mais c’est au profit d’un approfondissement des histoires autour d’eux. Cette fois-ci, chacun d’eux va se retrouver un moment donné dans une merde pas possible et on sera tenu en haleine jusqu’à ce qu’il s’en sorte. Et quand je dis dans la merde, c’est que cette fois-ci, les personnages sont positionnés comme des victimes à qui tout peut arriver à n’importe quel moment, instaurant un climat des plus instables autour d’eux (et j’adore). Le début de cette saison est aussi grandement influencé par la fin de la précédente, mais on retrouve également des anciens des saisons plus anciennes, créant ainsi une cohérence au niveau de la série (ce qu’il n’y avait pas forcément jusqu’à présent).

Et puis cette saison réussit enfin à transcender son histoire, la rendant passionnante et par moment extraordinaires. C’est toujours aussi haletant, c’est un peu moins glauque que la saison précédente mais on reste oppressé. La saison nous montre avec toujours autant d’efficacité la part sombre du monde, que ce soit au niveau des magouilles politiques (l’histoire avec le juge Roban, ou encore plus flagrant, la guerre des polices à la fin alors qu’une bombe se balade dans Paris) ou celles des criminels. Réalisme et crédibilité sont toujours au rendez-vous. Le final, quant à lui est une véritable apothéose, un grand final digne des plus grandes séries, un final qui ne résout pas complètement l’histoire, laissant ainsi une porte ouverte pour la prochaine saison. Le casting est toujours au top, et la mise en scène toujours aussi efficace.

La meilleure saison à ne pas douter, une saison dont on ne peut pas s’empêcher de la dévorer. Un pur régal d’enquête policière comme je les aime.
vive-le-cine123654789
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Critique de la saison 5
4,0
Publiée le 16 décembre 2014
Et une cinquième saison de toujours aussi bonne qualité. Certes, c’est un en-dessous de la précédente, mais ça reste largement au niveau des autres. En soit, l’histoire est plus « classique ». On se retrouve toujours avec toutes ses intrigues qui se recoupent de partout, des fois on se demande comment on en arrive à de telles coïncidences, et c’est toujours plaisant. Plus on avance, plus on soulève un nouveau couvercle pour découvrir un truc encore plus pourri. Cependant, dans l’ensemble, ça se rapproche plus d’une affaire de police assez classique, même si le fait que Laure s’y sente personnellement impliquée lui donne un côté tragique. D’autant plus que cette saison, comme la précédente, n’est pas tendre avec les personnages. À la fin, tous auront à un moment ou un autre subit un drame (voire plusieurs) terribles ( spoiler: la saison se la jouant parfois Game of Thrones
). Chacun se retrouve poussé dans ses retranchements. La résolution se fait un poil trop facilement, même si en soit, ce n’était pas notre première hypothèse. On a surtout envie de se dire « tout ça pour ça ? », dans le sens où la vie peut parfois se montrer futile.

Le casting est toujours aussi exceptionnel, dans tous les moments. Techniquement, on note encore du progrès avec une mise en scène toujours plus efficace et parfaitement maîtrisée (on notera même quelques petits plans-séquences) transcendant véritablement l’histoire et participant à créer cette ambiance toujours aussi réaliste et crédible.

Une cinquième saison qui s’en sort haut la main, confirmant qu’Engrenages est probablement une des meilleures séries françaises de ces dernières années, sinon la meilleure. L’attente pour la prochaine saison sera longue, très longue.