Pingu (série stop motion 1986–2006) reste pour moi un petit bijou d’animation pour enfants, à la fois ultra simple et étonnamment expressif, qui mérite largement un 4/5. La série suit le jeune manchot Pingu, sa famille (ses parents et sa petite sœur Pinga) et son ami le phoque Robby dans un village d’igloos au Pôle Sud, avec de très courtes histoires du quotidien : jalousies entre frère et sœur, bêtises, colères, jeux, petites peurs…
Ce qui fait tout le charme de la série, c’est la stop motion en pâte à modeler, artisanale, pleine de détails, qui donne une texture très chaleureuse aux décors et aux personnages, bien plus vivante que beaucoup de CGI actuels. Le langage inventé (le fameux “noot noot”) fonctionne comme une langue universelle : pas de vrais dialogues, seulement des onomatopées et des intonations, ce qui la rend compréhensible partout dans le monde et met au premier plan le jeu des corps, des regards et du montage.
La force de Pingu, c’est aussi d’oser montrer des émotions pas lisses du tout pour une série préscolaire : colère, jalousie, mensonge, peur, petites injustices, bêtises assumées, avec des conséquences, mais toujours une réconciliation ou une prise de conscience à la fin. Du coup, les épisodes sont courts, drôles, souvent très tendres, mais jamais gnangnan ; ils parlent vraiment aux enfants comme à des petits humains complexes, et c’est ce qui explique en grande partie son statut de série culte aujourd’hui.