Les journaux télévisés de France Télévisions sont sous le feu des projecteurs en ce moment. En plus des deux erreurs qui se sont glissées dans un même reportage de l'émission de Jean-Baptiste Marteau, c'est le journal de Laurent Delahousse qui a été visé par le public, mais aussi les syndicats de France Télévisions.
Les syndicats de France Télévisions en colère
Le 18 octobre dernier, Laurent Delahousse a évoqué comme tous les médias les manifestations de la veille dans toute la France. Un reportage a également été diffusé en fin d'émission. "Le document de ce dimanche maintenant. L'une de nos équipes était hier en immersion au coeur de cette journée du 17 octobre. Elle a assisté à cette bascule dans cette violence désinhibée au coeur de la capitale", a lancé le présentateur de 57 ans avant que les images ne soient dévoilées. Une séquence qui est loin d'avoir fait l'unanimité. Il a notamment été reproché à la rédaction de trop mettre en avant les violences. Et le fait que ce reportage de douze minutes soit quasi dépourvu de commentaires journalistiques a aussi été pointé du doigt. Une situation qui a poussé les syndicats de France Télévisions à briser le silence. "Le ministère de l’Intérieur en a rêvé, le 20h de Laurent Delahousse l’a fait ! Un clip de propagande intitulé 'Au cœur des violences' qui décrédibilise les manifestants du 17 octobre. Un mouvement social d’ampleur nationale réduit à un message de haine sans filtre. Le 20h fait la démonstration de sa fascination pour la violence, une obsession", a dénoncé un communiqué de la CGT.
Selon le syndicat, qui souhaite le départ des responsables de cette édition, la couverture de l'événement n'a pas respecté l'équilibre et le pluralisme attendus sur le service public. Cela ne représente en outre pas l'opinion de l'ensemble des journalistes du groupe, est-il précisé. La CFDT a quant à elle promis d'en parler en commission de déontologie. Il "déplore ce traitement médiatique qui, ne soyons pas naïfs, fait le lit du RN et de son obsession pour le tout sécuritaire et l’ensauvagement de la France." "Avec cette édition spéciale 'La France sous le choc', France 2 a franchi un cap que même BFM n’aurait imaginé", est-il ajouté.
Le patron de l'information de France 2 s'exprime
Face à cette situation, Philippe Corbé (le patron de l'information de France Télévisions) a brisé le silence. Et il a reconnu des erreurs : "Nous aurions dû être plus clairs, en contextualisant davantage. Laurent Delahousse a bien précisé que c’était un document en immersion, mais nous aurions dû être plus lisibles dans le bandeau [qui accompagne le sujet] et donner davantage d'informations contextuelles dans le montage et le commentaire." Il a ajouté que le sujet précisait bien qu'il y avait deux sujets en parallèle, à savoir "une manifestation pacifique pour l’éducation et contre la vie chère et, plus loin, des scènes chaotiques de pure violence". "Le sujet soulignait aussi que le défilé syndical et politique, avec beaucoup de jeunes, se déroulait 'dans une ambiance bon enfant, entouré de gens qui manifestent dans le calme'. Mais cela n’était pas suffisant, nous ne pouvons que le regretter, et nous aurions dû être plus précis dans le montage, la contextualisation et le commentaire pour qu’il n’y ait pas de confusion", avait-il conclu.