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Cannes 2011 : on a vu "The Tree of Life" !
16 mai 2011 à 16:00
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Film-événement de cette 64ème édition du Festival de Cannes, le "Tree of Life" de Terrence Malick est enfin dévoilé en première mondiale ce 16 mai sur la Croisette.

Toutes les infos sur le Festival de Cannes 2011

De quoi ça parle ?

[Pour sa partie centrale :] Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'esprit de compétition forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants...

Le réalisateur

On ne présente pas Terrence Malick. D'abord, parce que ses (rares) films sont déjà entrés au panthéon du cinéma mondial ; ensuite parce qu'on ne présente pas quelqu'un que l'on ne connaît pas. L'homme-mystère et légendaire réalisateur aux cinq (bientôt six) films en presque quarante ans a remporté en 1979 le Prix de la mise en scène du Festival de Cannes pour Les Moissons du ciel, avant son éclipse de deux décennies. Son absence sur la Croisette le rend d'autant plus omniprésent, selon le (divin) principe de l'auteur formulé par Flaubert : "présent partout, visible nulle part". Pour en savoir plus, voir notre dossier.

 

Que retenir ?

Continuité et évolution. Terrence Malick poursuit son œuvre, et prend de plus en plus de risques : quand on choisit ainsi le parti de la beauté, de l’amour et cette forme sublime de naïveté (au sens ancien et noble), on s’expose forcément à la moquerie des cyniques, sachant que la confrérie des critiques assemblés à Cannes en compte un joli nombre – bien ingénus parfois dans leur cynisme. C’était le cas pour Le Nouveau monde, taxé par certains de mièvrerie, et cela le sera plus encore pour ce Tree of Life d’un lyrisme et d’une ambition folles, qui narre dans sa longue partie centrale une enfance entre père et mère, mais aussi entre deux principes éternels (ou plutôt le principe d’une dualité fondamentale), cœur du film encadré par deux poèmes ("Création/Genèse" et "Fin des temps/du monde", disons), des passages par l’ère moderne (pour la première fois Malick filme l’époque contemporaine, sans décalage même léger dans le passé) ou par une époque intermédiaire, à laquelle survient la tragédie humaine qui surplombe cette partie centrale. Complexe dans sa construction, avec son entrelacement de temporalités et ses associations d'images poétiques, sensorielles, The Tree of Life est pourtant d'une fluidité exceptionnelle, miraculeuse.

Arbres tamisant la lumière, contre-plongées, élément liquide et Nature... Les fondamentaux sont bien là, mais la caméra se fait cette fois plus mobile, le montage plus rapide, plus elliptique et allusif encore qu’à l’accoutumée (d’autant que le tempo de l’histoire reste lent). Comme toujours le film se structure de façon littéraire (faulknérienne) autour de monologues intérieurs et évite d’autant les dialogues, livrés avec parcimonie – chaque mot compte. On est bien au-delà du tombeau, de l'adresse ou de l’élégie, dans le chant, d’un bout à l’autre immergés dans une forme de spiritualité plus totale que jamais, et qu’on aurait tort de juger plus intrinsèquement chrétienne au prétexte que le Livre de Job est cité en exergue. Malick le mystique évolue : s’il se hisse toujours à l’universel, s’exposant comme aucun autre n’ose le faire, il le fait ici sur un mode différent, offrant un accès toujours plus généreux à l’émotion, établissant toujours plus de ponts (comme le rappelle l’image finale), entre deux rives, entre l’univers/l’individu à sa naissance et à sa mort, entre deux échelles de compréhension de l'existence, de la division cellulaire au cosmos, entre vivants et disparus - et ce pont-là s'appelle le deuil. Son esthétique tient de la "correspondance" - qu'elle soit glissement ou élévation - et repose sur le balancement que cette dernière ou la distance à parcourir entre deux principes antagonistes induisent, tel celui de cet enfant évoluant entre loi naturelle et grâce. Son cinéma s'incarne en un mot, "vie".

On le sait, contrairement à une majorité d'artistes de son temps (et sans qu'on puisse le qualifier d'optimiste), Malick n’est pas un chantre du désespoir. Certains se gaussent déjà des dinosaures qu'on aperçoit dans le film, ou s'agacent de cette ambition qui déploie sans fausse pudeur poésie ésotérique, vastes références et révélation d'une présence divine ? Pourquoi pas, il est facile (et légitime) de parodier un tel cinéaste, et l'on a le droit de rester perplexe. On imagine cependant que l'homme n’est pas moins désabusé que les plus blasés des critiques concernant les choses du monde, mais il est passé bien au-delà du cynisme (ce confort) ; le film le dit, la grâce sera moquée – mais elle ne répondra rien.

LES scènes

Histoire d’en contredire quelques-uns, les deux longs poèmes cosmico-théologiques.

 

Anecdote cannoise...

Pour la seconde fois depuis l’ouverture (après Minuit à Paris), le mot "rhinocéros" a été prononcé dans un film de la sélection officielle.

 

En bref...

The Tree of Life – Sortie le 17 mai 2011

Sélection officielle – En compétition (voir la sélection complète)

Réalisé par Terrence Malick – Avec Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn

Tout sur le film

La bande-annonce

 

Alexis Geng

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Commentaires
  • Aladdyen
    avant d'etre cineaste ,c'est un pur philosophe ! et ca, peut de gens le savent...
  • Bou BOU
    Et avant d'être philosophe, c'est avant tout un grand humaniste =) d'où le fait que certains puissent le taxer de mièvrerie, comme le dit bien l'article. Hâte de voir ce film en tous cas, même si j'attendrai la version longue pour porter un avis définitif dessus.
  • SuperMadara
    Ce film me tente de plus en plus , vivement demain !
  • Jericko
    Le monde se divise en deux catégories, ceux qui comprennent le cinéma de Malick et ceux qui ne le comprennent pas .
  • Pilusmagnus
    Et ceux qui aiment Sergio Leone et les cons.
  • jaribaud
    Pilusmagnus, même si je suis un grand admirateur de Sergio Leone (et de ce grand philosophe insaisissable de Malick) , qui manque cruellement au cinéma, je ne pense pas qu'on puisse voir les choses de cette manière. Des gens n'aiment pas les films de Leone parce qu'ils ne les aiment pas,point. Quelquefois, même souvent, ça ne se commande pas.
  • Cinemartrem18
    +1 pour Jericko et Pilusmagnus ^^ !
  • Kane1991
    Malick est un immense cinéaste. Par contre, je lis une mention sur une version longue dans les commentaires... c'est officiel qu'il y en aura une ?
  • Cleever
    Le Nouveau Monde n'est pas mièvreux, il est juste atrocement monté... Du coup je mettrai mes réserves sur ce film. :)
  • Timdu26
    Cet article donne énormément envie de le voir !
  • trustno
    C'est bien ce que je disais encore raté Terrence, faut arrêter la coke, ya pas de lien entre la mort d'une étoile et celle d'un être humain abruti!
  • alastor78
    Très bonne critique du film je trouve. J'ai du mal a pigé pourquoi les gens se cassent la tête a essayé de comprendre un cinéma qui pourtant brille par sa simplicité.
  • Arkash9
    Quelle déception totale...quelle déception pour ce film tant attendu...Alors en effet, la séquence onirique et cosmique du début est géniale... mais c'est l'une des rares choses vraiment géniales.Au-delà, le film est arrogant, pédant, ultra symbolique, truffé de références bibliques très pesantes, dégageant une morale chrétienne bien pensante dérangeante, bourré de lieux communs et de clichés en tout genre.Le véritable acteur principal du film est celui jouant Jack jeune mais n'a aucune créditation sur l'affiche, le temps d'écran de Sean Penn est ridicule...Mais, je reconnaitrais, qu'a l'exception de certains effets numériques assez moche, l'aspect visuel du film: image, notamment, est sublime...
  • obi-val-kenobi
    Vu ce soir. Excellent film. Chaque plan est une merveille, et le tout est d'une fluidité déconcertante. Clairement un film qui compte dans le cinéma actuel. Petit bémol, je n'ai pas retrouvé le sommet d'émotions auquel je m'attendais. J'ai eu parfois l'impression que Malick, à vouloir à tout prix chercher la beauté de chaque plan, en oublie parfois l'essentiel, à savoir l'émotion qui en découle. Attention, je ne dis pas qu'il n'y en a pas. L'émotion est bel et bien là, mais elle est trop distillée. Par contre, quand ça arrive, c'est étourdissant de beauté. Ce qui me fait regretter qu'il n'y en ait pas plus. C'est assez compliqué à définir comme sentiment. Mais je pense que c'est le film qui veut ça.Au final, un très bon film, mais qui aurait pu être encore meilleur selon moi.
  • alastor78
    @arkash9 sérieusement c'est quoi cette façon de nous englobé dans une vision pourtant très subjective? Avec une telle formulation on semble obligé de penser que le film est "arrogant, pédant, ultra symbolique" et surtout pire du pire "dégageant une morale chrétienne bien pensante dérangeante". Ce qui est faux, ça tient d'une méconnaissance des courants de pensé de l'amérique, de emerson, de thoraux et des transcendantalistes qui ont construit la philosophie américaine dont Mallick se nourrit. Merci donc de ne pas nous imposer une vision personnelle (et quand même franchement intolérante) de la religion. Je sais bien qu'on est en France et que faire des films non-athé c'est archi mal vu mais quand même...
  • alastor78
    Et taxé d'arrogance un film qui prône une certaine humilité dans la vie et vis à vis du monde qui nous entoure c'est fort quand même...
  • robin L.
    Un film magnifique qui voit plus loin que l'univers, et dont on ressort épanoui comme une fleur de tournesol.
  • Marc Guerin
    Y en a marre des films qui ont ni queu ni tete pretentieux et qui s essayent d etre intelligent intellectuel etc ce film est nul.Et quand a Sean Penn c est un acteur surestime
  • QT-RR
    @ Merc Guerin : Sean Penn surestimé ??? A mon avis t'as pas du voir les bons films
  • annlaur5
    je n'ai vraiment pas aimé. Très déçue.
  • Anachnu
    Film bouleversant. D'une grande délicatesse. Un véritable poème visuel et fondamental. La partie "que retenir" de l'article est tout à fait juste. J'ai beaucoup regretté les rires en salle. Des rires sarcastiques de gens ignorants. C'est facile de rire, chercher à comprendre par contre... Un film recommandable !
  • chosenone09
    Je ris jaune quand je vois toutes ces personnes qui critique Malick! je n'ai pas vu ce film mais je connais, (par ces trop peu nombreux films), ce réalisateur qui à mon sens est l'un des plus poétique de ces dernières décennies! Tous ces films ces parfaitements maitrisés, avec un sens de l'image remarquable et une musique aussi bien classique, que composée sublimant, par son choix, une réalisation artistique, loin des souçis hollywoodien. Si pour vous, Malick est un réalisateur arrogant, peut être regardez-vous ces films sous l'oeil d'un public pop-corn! illustration parfaite de mon propos, La ligne rouge, qui a mon sens est bien trop souvent qualifié comme un film de guerre culte, par sa fresque épique et ses acteurs excellents, alors que le sens même du film réside par une trame narrative, que trop peu retienne, et même comprenne! Celle d'une réflexion métaphysique, poétique et au combien humaine, de la vie est de la mort, avec tout de même une naïveté touchante et cette fascinante manière de croire en l'homme. alors quand je lit par mes pauvres yeux "Y en a marre des films qui ont ni queu ni tete pretentieux et qui s essayent d etre intelligent intellectuel etc ce film est nul.Et quand a Sean Penn c est un acteur surestime"... je n'ai qu'une seule chose à répondre, Public Pop-Corn, ouvre tes yeux, ne voit pas le sens d'un film que par sa plastique, mais par le voyage qu'il ta proposé. Sean Penn, au passage, a été récompensé 7 fois pour ses prestations d'acteur! Peut-être est-ce sont côté engagé qui te déplais? alors peut-être devrais tu reconsidéré ton avis comme personnel, et non universel.
  • MeilstromC
    J'ai juste envie de dire que ce film surpasse 2001 sur certain point, il est magnifique et renouvelle le cinéma dans les strass de la caméra,alors me sortez pas que le scénario est mis un peu trop de coté parceque question montage d'image MALICK EST THE BEST!!!
  • truchemuje
    le film est sublime,c'est du malick puissance 1000, après sur le fond, c'est un peu autre chose, c'est un poème sur le deuil pris en sandwich entre deux moyen métrage cosmique, pour faire simple, c'est une enorme envolés lyrique dont malick a le secret sur 2h30 de final le fond n'a aucune prétention (c'est une prière panthéiste a un frère mort,qui doit être en partie autobiographique)contrairement a la forme(surtout les passage cosmique). et quand on site 2001, faut arrêter!!!!sur un 2001,la forme sert le fond, ici quand malick nous conte l'histoire de l'univers c'est plus pour la beauté de la chose que pour illustrer une réflexion sur l'homme ou la vie. finalement c'est 'juste' beau, superbement beau, hallucinament beau, après il ne faut pas mettre sur le film de malick tout une réflexion ou une métaphysique qui ne porte finalement que très peu, c'est juste beau a pleurer et c'est tout!!!! (c'est un peu comme les chants melanessiens de la ligne rouge, c'est sublime, mais après pour le sens.....) pour moi c'est une coquille vide, une sublime coquille vide, un énorme œuf de fabergé dans lequel le spectateur peut mettre se qu'il veut.....
  • Mr_Po
    Un chef d'oeuvre de plus.
  • madho
    J'ai hate de voir ca
  • Marielle Elis
    Magnifique de beauté, de pureté, d'évidence, de poésie et d'Amour. merci beaucoup Monsieur Malick
  • empeureur18
    sans déconner on peut me dire pourquoi chaque film de ce gars est un chef d'oeuvre parce qqu'il en fait tous les vingt ans j'ai vu le dernier la ligne rouge j'ai failli m'endormir et c'est un film de guerre des gens quittaient la salle meme alors laissez moi rireon as presque applaudit quand il y a eu enfin un peu d'action
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