Notez des films
Mon AlloCiné
    Deauville 2014 - Jour 8 : Mick Jagger, rock star du festival
    Par Maximilien Pierrette — 13 sept. 2014 à 14:15
    FBwhatsapp facebook Tweet

    Impossible de passer à côté : Mick Jagger a électrisé ce vendredi 12 septembre, jour de son passage au Festival de Deauville. Dans le même temps, la Compétition s'achevait, et Pierce Brosnan et Olga Kurylenko nous parlaient de The November Man.

    Bien entouré
    1. Bien entouré +
    Lire la suite

    Grosse journée à Deauville à quelques heures du très attendu palmarès : pendant que Pierce Brosnan et Olga Kurylenko défendaient The November Man ou que Miles Teller évoquait l'excellent Whiplash, la Compétition de cette 40ème édition se terminait et - surtout - la présence de Mick Jagger accaparait la majorité des conversations du jour.

    Le film du jour
    Universal Pictures International France

    Get On Up de Tate Taylor - Avec Chadwick Boseman, Nelsan Ellis… - Avant-première - Sortie le 24 septembre

    Quand le rock rencontre la soul. Co-produit par Mick Jagger, Get On Up nous emmène sur les traces de James Brown, de son enfance à la fin de sa vie, le temps d'un biopic signé par le réalisateur de La Couleur des sentiments. Lequel retrouve regroupe plusieurs interprètes de son précédent film (Octavia Spencer, Viola Davis, Allison Janney) autour d'un Chadwick Boseman tout simplement hallucinant dans le rôle principal.

    Après un va et vient inaugural entre les époques, le long métrage rentre dans le rang et s'avère un peu plus classique, même si de nombreuses adresses de Brown à la caméra lui confèrent un soupçon d'originalité. N'esquivant pas les parties plus sombres de la vie du parrain de la soul, Get On Up a du mal à sortir du chemin balisé emprunté par beaucoup d'autres biopics avant lui, mais sa bande-originale et son interprétation emportent sans mal l'adhésion.

    On notera également la présence au générique de Dan Aykroyd, qui avait côtoyé le vrai James Brown du temps des Blues Brothers, dans lequel le chanteur faisait une apparition. 

    Étaient également présentés : 
    Pretty Pictures

    It Follows (Compétition) - Après Cannes, c'est Deauville que David Robert Mitchell est venu faire trembler avec It Follows, relecture du slasher movie qui se joue des codes horrifiques. Élégant, terrifiant et astucieux pour les uns, en passe de devenir culte pour d'autres, le long métrage n'a toutefois pas fait l'unanimité, puisque certains spectateurs ont avoué avoir été déçus par rapport à ce que le buzz annonçait.

    Love Is Strange (Compétition) - Un peu de douceur pour clôre la Compétition. Très bien accueilli à Berlin en février dernier, Love Is Strange a récemment défrayé la chronique lors de sa sortie américaine assortie d'une interdiction aux moins de 17 ans non-accompagnés, sous prétexte qu'il met en scène un couple gay. Une décision pour le moins étonnante et injustifiée tant le cinquième long métrage d'Ira Sachs fait preuve de délicatesse et ne cherche jamais à choquer, sa seule vraie audace étant une ellipse surprenante sur la fin d'un récit un peu trop sage dans son ensemble.

    Pasolini (Avant-première) - Pendant que Mick Jagger donnait sa très attendue conférence de presse, une autre rock star s'illustrait sur la scène du C.I.D. : Abel Ferrarra, venu présenter Pasolini, son deuxième long métrage cette année après Welcome to New York. Une vision entre fantasme et réalité des dernières heures du cinéaste italien, incarné par Willem Dafoe, qui semble avoir laissé le public de marbre.

    La (rock) star du jour
    Maximilien Pierrette / AlloCiné

    Sympathy for the Deauville ! Plus les jours avancaient, et plus son nom revenait dans les conversations. Et c'est donc ce vendredi que Mick Jagger a fait le show sur les planches pour la présentation de Get On Up, biopic consacré à James Brown dont il est le co-producteur. Détenteur des droits, il s'était tourné vers son ami Brian Grazer, alors que celui-ci venait de les perdre et pensait devoir dire adieu à son rêve, pour lui proposer de faire le film.

    Très rare pendant la majeure partie de la journée, le leader des Rolling Stones a néanmoins participé à la conférence de presse du film de Tate Taylor, où il a répondu en français.

    Get On Up

    "J'ai beaucoup aimé faire ce film car James Brown est quelqu'un que j'ai toujours admiré. J'ai eu la chance de le rencontrer très tôt et le film est comme un hommage. Les gens géniaux assis à côté de moi [Chadwick Boseman, Tate Taylor & Brian Grazer, ndlr] ont fait la majeure partie du boulot mais je suis très fier d'y avoir participé.

    Nous avons discuté avec Tate Taylor. J'étais très intéressé par le scénario, car celui dont nous avions hérité était très bon, même si nous avons dû faire des changements. Et j'ai expliqué à Chadwick ce que l'on ressent quand on est seul sur scène, et nous avons écouté le disque "Live at the Apollo". Au final nous avons discuté de beaucoup de choses avant le tournage."

    Sa première rencontre avec James Brown

    "À cette époque il travaillait beaucoup car il faisait cinq shows par jour [à l'Apollo, où Mick Jagger l'a rencontré quand il était âgé de 20 ans, ndlr] : chacun durait deux heures et il commençait lentement avant de devenir le show qu'on aimait. Mais cinq fois par jour. Moi j'étais très impressionné par son éthique de travail et sa façon particulière de contrôler le public. Il sait parfaitement ce qu'il faut faire à un moment précis, que ce soient les ballades ou les chansons plus rapides. Il contrôlait vraiment le public et j'étais très impressionné par ça."

    À quand un biopic sur les Stones ?

    "Je suis complètement fermé à cette idée (rires) Je ne ferai jamais un biopic sur les Rolling Stones. Non, il y a des scripts qui existent déjà, mais ils sont tous horribles. Je les ai tous lus et ils sont horribles. J'espère quand même que ça arrivera un de ces jours, mais ça ne sera pas demain."

    Enfin lorsqu'il lui a été demandé s'il s'était inspiré de James Brown, Mick Jagger a répondu : "J'ai essayé de lui piquer tout ce que je pouvais." Très sérieusement.

    L'hommage du jour
    Maximilien Pierrette / AlloCiné

    Outre Mick Jagger, l'équipe de Get On Up était composée du réalisateur Tate Taylor, de l'acteur principal Chadwick Boseman et du producteur Brian Grazer, venu en Normandie pour y recevoir un hommage : "Les producteurs font un travail très important", nous explique-t-il en interview. "Et la Guilde des Producteurs se bat pour les bonnes choses, afin de les valoriser et leur donner assez de confiance en eux pour poursuivre leurs visions et leurs collaborations : avec les réalisateurs bien sûr, mais aussi l'histoire et le casting. C'est un rôle important car quelqu'un d'autre que le metteur en scène se doit d'être responsable du film sur le plan physique et créatif." 

    Partenaire de travail de Ron Howard sur presque tous ses films, présent aussi bien au cinéma qu'à la télévision, où il a notamment produit 24 heures chrono, il est également revenu avec nous sur ce qui l'a amené à devenir producteur : "Je suis un peu devenu producteur par accident", répond-il. "Je comptais faire une école de droit pour devenir clerc, mais Lew Wasserman [agent et producteur, ndlr] m'a suggéré d'écrire car j'avais, selon lui, plus de value que si j'avais été acteur. C'est donc ce que j'ai fait sur les deux premiers films que j'ai produit : j'ai été scénariste puis producteur."

    Au micro

    Stars de la journée de jeudi, Pierce Brosnan et Olga Kurylenko ont continué à marquer le Festival au lendemain de la projection de The November Man. Un thriller dans lequel l'ex-007 incarne un ancien agent contraint de reprendre du service, et que l'on peut situer au croisement entre son James Bond et celui de Daniel Craig : "Mon James Bond était au croisement de ceux joués par Roger Moore et Sean Connery, mais il n'a jamais vraiment progressé", nous explique-t-il. "C'était comme si j'étais pris dans un faille temporelle et que je faisais des films d'époque.

    Je pouvais sentir les présences de Sean et Roger, que j'ai acceptées car j'admire ces deux hommes : Sean Connery était LE James Bond pour moi, mais j'admire beaucoup Roger Moore qui était drôle et un sacré James Bond lui aussi. Je l'adorais et j'avais ces échos en tête lorsque j'ai joué le rôle, en essayant de rester dans le périmètre de ce qu'ils avaient fait. Puis avec l'avènement des Jason Bourne et le super travail de Matt Damon et M. Greengrass, j'ai senti que la barre avait été placée plus haut et les barrières brisées par ce personnage viscéral et dur.

    Le rideau est tombé sur mon James Bond

    Par conséquent, le rideau est tombé sur mon James Bond, dont l'époque était révolue, et les producteurs ont dû suivre le mouvement. C'est ainsi que nous avons maintenant le Bond brillant de Daniel Craig, qui apporte une énergie palpable au personnage. Et au moment de mettre The November Man en place, nous avons regardé les ingrédients et les empreintes laissées par les autres, afin de trouver notre propre voie dans le genre.

    Mais le mérite en revient aussi à l'écrivain Bill Granger, qui a créé cet agent vif et brutal. Ce personnage badass, qu'il a ensuite fallu rendre aussi brut et réaliste que possible. C'est pourquoi ce que l'on voit à l'écran est réel. Les cascades sont réalisées sans effets spéciaux et c'est un retour vers les films faits dans les années 70 et 80."

    Vue notamment dans Quantum of Solace, Olga Kurylenko passe ainsi de la James Bond Girl à la Girl of a James Bond : "Le genre est le même mais le rôle est très différent", nous répond la comédienne, en français dans le texte. "C'est un thriller avec de l'action et mon rôle est très différent de celui de Camille dans Quantum of Solace. Mais ce que je trouvais intéressant, c'est que cette fille-là, Alice, est une personne normale : ça n'est pas un agent, elle n'est pas entraînée et n'a pas de super qualités.

    C'est une fille qui travaille dans un bureau et mène une vie tout à fait normale, jusqu'au jour où elle apprend qu'elle est pourchassée par la CIA. Ce qui est intéressant, c'est donc de voir comment une fille normale va devoir gérer cette situation." Réponse à partir du 29 octobre.

    Batteur fantastique
    Olivier Borde / Bestimage

    Peut-être moins en vue que Mick Jagger ou Pierce Brosnan, Miles Teller n'en aura pas moins marqué ce 40ème Festival de Deauville grâce à Whiplash.Vu cette année dans The Spectacular Now et Divergente, le futur Reed Richards des Quatre Fantastiques y confirme tout le bien que l'on pensait déjà de lui, avec un rôle qui lui tenait particulièrement à cœur.

    "Je joue depuis que j'ai 15 ans et j'ai toujours aimé la musique", nous raconte-t-il. "J'ai toujours voulu faire un film autour de la musique mais c'est rare : ce sont souvent des biopics centrés sur une personne célèbre, mais celui que l'on suit ici m'appartient entièrement. C'est un gars qui n'existait pas avant Whiplash, et c'était d'autant plus amusant que j'aime jouer de la batterie et qu'on ne trouve jamais de film sur des batteurs.

    Damien [Chazelle, le réalisateur, ndlr] m'a dit qu'il avait écrit le rôle en pensant à moi. Mais comme nous sommes à Hollywood, dès qu'un film se fait on en parle à dix personnes différentes je pense. Quand j'ai reçu le scénario, j'étais prêt à m'investir totalement alors que je venais de tourner quatre films en un an et que je voulais me reposer un peu. Mais quand j'ai changé d'avis quand j'ai reçu le script car je voulais que personne d'autre ne le fasse à ma place."

    Vu la qualité de sa prestation, qui pourrait bien l'emmener jusqu'aux Oscars 2015, le repos ne sera sans doute pas pour tout de suite, tant Whiplash devrait lui ouvrir beaucoup de portes.

    Ça tweete sur les planches

    Et sinon…
    • Le film 24 heures chrono pourrait bel et bien revenir sur le devant de la scène, puisque Brian Grazer nous a confié qu'il cherchait actuellement à savoir si c'était faisable. Mais il n'exclut pas non plus d'autres saisons comme Live Another Day, composée de 12 épisodes au lieu des 24 habituels.
    • Surprise, surprise : le montage consacré à la carrière de Brian Grazer, dans le cadre de son hommage, nous a permis de découvrir les toutes premières images d'Heart of the Sea, prochain film de Ron Howard, qui s'annonce donc visuellement somptueux. À découvrir le 25 mars 2015.

    Deauville 2014, c'est bientôt fini, mais vous avez encore rendez-vous avec le palmarès, les derniers films, et notre rencontre avec Ira Sachs, réalisateur de Love Is Strange.

    L'équipe de "Get On Up" au micro :

    Chadwick Boseman : "James Brown, l'un des plus grands"
    FBwhatsapp facebook Tweet
    Sur le même sujet
    Commentaires
    • aragarna
      question: ils rallongent la plage chaque annee ou bien ils effacent des noms au fur et a mesure?
    • MOHAMED B.
      Un des rares étrangers à faire l'effort de parler français.
    • GoodCinema
      ENORME ! https://www.youtube.com/watch?...
    • MGM-ranger
      A son âge toujours la grande classe Jeagers.
    • MickDenfer
      une erreur ce biopic.
    Voir les commentaires
    Back to Top