Themistocle_480
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2.5 - Moyen
J'ai toujours éprouvé de l'attrait pour le style de Paul Greegrass, à qui l'on doit les deux excellents derniers films de la trilogie Bourne. Et je ne suis pas à une déception près: après Green Zone, voilà ce film sur le 11 septembre dont je suis ressorti plus ou moins désenchanté. Pourquoi? La réponse est simple: les 40 premières minutes sont tout simplement parmi les plus soporiphiques et inutiles jamais tournées pour un film. On assiste au détournement des quatre avions à partir du point de vue...des tours de contrôles! "Allô, il semble qu'un avion a été détourné, le United 115...United 115...United115 (...) passez moi votre supérieur (...) oui, un avion a été détourné (...) il retourne vers New York (...) c'est lui, il faut analyser cette voix (...) non, ce n'est pas un exercice, passez moi le sergent supérieur (....)": voilà le genre de dialogues dont le spectateur est bombardé dans les premiers temps du film, avec une mise en scène vacillante (le style de Grenngrass est ici innaproprié) et un bruit de fond pénible (ou est-ce mon ouïe défaillante qui est à remettre en question?). Bref, la première partie du film est accessoire, brouillone et presque inintéressante. C'est à partir du moment où on assiste au drame du point de vue de l'avion du Vol 93 que le film devient intéressant, c'est à dire pas avant la quarantième minute. Le style de Paul Greengrass, qui était une tare au début du film, devient ici un atout de taille: il parvient à nous faire revivre ce détournement dans toute ce qu'il pouvait avoir de terrifiant et de brutal. La violence et l'intensité psychologiques deviennent vite insupportables, il n'y a rien de plus poignant que de vivre ce drame avec l'équipage. Tout respire le réalisme: aucun cliché, aucune exagération; les dialogues dans le cockpitt ont par ailleurs été restitués à partir d'enregistrements. En clair, on ne ressort pas indemne de ces trois derniers quarts d'heures, mais bien plutôt secoué et bouleversé. La musique de John Powell, si elle n'est pas extraordinaire, parvient à rendre le film encore plus intense et tendu. Au final, on aurait malgré tout aimé plus de détails sur les causes de cet attentat, et surtout une réflexion sur les conséquences de cette tragédie, alors que Greengrass se contente de nous la faire revivre. En clair: un film à jeter pour sa première partie (croyez moi, ne vous donnez pas la peine d'endurer ce calvaire...), mais à voir de toute urgente passée la quarantième minute.
Ajoutée le 18 sept. à 20h28
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