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Annoncé comme le retour des films d’ambiance à la Hitchcock, "Crimes à Oxford" s’avère être un thriller plutôt ambitieux sur le papier qui pêche malheureusement par excès de style à l’écran. En effet, le pari de mêler enquête policière et équations mathématiques tout en rendant le discours accessible au plus grand nombre était assez osée et, malgré des dialogues parfois un peu trop artificiels (on sent bien la main des scénaristes par faire plier l’intrigue à la logique mathématiques), le film est plutôt réussi sur ce plan. On se prend même à s’intéresser aux joutes verbales entre le jeune étudiant Martin (Elijah Wood, très bien en rat de bibliothèque mais dont le pouvoir de séduction visiblement irrésistible m’a laissé un peu dubitatif) et le vieux professeur Seldon (l’insaisissable John Hurt, épatant de charisme). Le problème de "Crimes à Oxford" ne réside donc pas dans son pari initial mais bien dans sa mise en scène, le réalisateur ayant eu la main particulièrement lourde sur l’ambiance du film. On retrouve ainsi des personnages beaucoup trop singuliers pour une intrigue aussi classique (la violoncelliste névrosée, le conducteur de bus qui invoque la Bible, l’étudiant russe barje…), un manque de naturel dommageable (que ce soient dans le jeu des acteurs ou les dialogues) et des effets de mise en scène parfois pompeux (le plan séquence dans la rue ou la séquence du théatre, entre autres), parfois inutilement trashs (l’apparition du protégé de Seldom amputé de trois de se membres). A croire que l’influence principale du réalisateur espagnol n’était pas tant Hitchcock que Lynch ou Polanski, autres adeptes des ambiances dérangeantes. Dommage également qu'Alex de la Iglesia n'ait pas davantage joué avec l'univers d'Oxford, l'intrigue pouvant, au final, se dérouler dans n'importe quelle université. Heureusement, le scénario, bien que souvent tiré par les cheveux, vient relever le niveau puisqu’il réussit à égarer le spectateur sur différentes pistes et s’achève sur une note pessimiste plutôt bien vue qui évite l’arrestation moralisatrice qu’on était en droit de craindre. J’ai également apprécié la qualité des 2nds rôles (Leonor Watling, Julie Cox, Dominique Pinon…) et l’accent mis par le réalisateur sur la fascination dévorante que Martin nourrit pour Seldom, aux dépens de sa vie privée. "Crimes à Oxford" reste cependant un film aux coutures trop apparentes pour espérer rester dans les mémoires.
Ajoutée le 06 févr. à 13h55 Signaler un abus
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