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Le Père de mes enfants
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Père de mes enfants" et de son tournage !

Distingué à Cannes

Le Père de mes enfants a été présenté lors de l'édition 2009 du festival de Cannes dans la catégorie "Un certain regard". Une mention spéciale lui a été décernée.

Humbert l'absent

La genèse du deuxième long métrage de Mia Hansen-Love est à chercher... dans son premier long métrage, Tout est pardonné. Le producteur Humbert Balsan, que la réalisatrice avait rencontré en 2004, souhaitait le financer. Mais en février 2005, il mit fin à ses jours. "Son enthousiasme et sa confiance ont été déterminants pour Tout est pardonné, mais si j'ai écrit ce film, cela ne tient pas principalement à ma gratitude", précise la cinéaste. "Cela tient avant tout à la personnalité d'Humbert Balsan. Il y avait chez lui une chaleur, une élégance, un rayonnement exceptionnels. Son énergie, sa passion pour le cinéma, sa sensibilité, ce que j'ai perçu comme une invincible beauté intérieure, c'est cela qui m'a portée à écrire ce film. Bien sûr il y a aussi le suicide. Le sentiment d'échec, le désespoir qu'il révèle, sont à un moment donné absolus mais cela ne se substitue pas au reste, cela ne devient pas la seule vérité. Le film devait exprimer ce paradoxe : la coexistence chez un être de deux mouvements contraires, le conflit qu'il peut y avoir entre lumière et noirceur, force et vulnérabilité, désir de vie et désir de mort (...) je dois ajouter une chose : je 'naurais pas écrit Le Père de mes enfants si je n'avais vu sa femme, Donna Balsan, dans les bureaux de la production, au lendemain de la mort d'Humbert. Son calme et son stoïcisme étaient stupéfiants."

L'énigme

Si Le Père de mes enfants s'inspire de la vie d' Humbert Balsan, il ne s'agit pas d'un biopic. Mia Hansen-Love explique : "En un an, j'ai dû le voir une quinzaine de fois, tout au plus. Je l'ai donc peu connu. Je n'ai pas essayé d'en savoir davantage (...) Je me suis laissée guider par des sentiments, des intuitions sans chercher à savoir si ces dernières étaient conformes à la réalité. Si j'ai essayé d'être juste et précise quant à la représentation du monde de la production indépendante en France, je n'ai pas enquêté sur la vie privée d'Humbert Balsan, dont je ne savais rien. Et je crois que c'est ma distance, mon ignorance totale de son intimité qui m'ont permis de me sentir libre, d'écrire un film de fiction. De plus, je tenais à ce que le suicide de Grégoire Canvel reste en partie mystérieux. L'énigme m'intéressait plus que son élucidation. Bien sûr, il y a un contexte qui est loin d'être anodin : la faillite économique. Ce contexte est primordial, mais il n'enlève rien au mystère de l'être humain capable d'un tel passage à l'acte, d'une telle violence contre soi. "

Qui était Humbert Balsan ?

Né en 1954, Humbert Balsan débute au cinéma comme comédien : à 20 ans, il joue dans Lancelot du Lac de Robert Bresson, dont il sera l'assistant réalisateur sur Le Diable probablement. Il se lance ensuite dans la production, se consacrant notamment au cinéma du Proche-Orient, celui de Maroun Bagdadi, Yousry Nasrallah et surtout Youssef Chahine. Cinéphile et passionné, il aide aussi de jeunes cinéastes français comme Sandrine Veysset (Y aura-t-il de la neige à Noël ?, c'est lui), Philippe Faucon ou Herve Le Roux. Citons également Quand la mer monte, L'Intrus de Claire Denis et plusieurs films de James Ivory. En proie à de graves difficultés financières, il se suicide dans les bureaux de sa maison de production, Ognon Pictures, en février 2005.

Cinéma : art et argent

Le père de mes enfants montre le monde du cinéma, dans son versant plus concret et moins glamour que ce que propsoent habituellement les films sur le sujet. "(...) j'ai pensé qu'un film sur un producteur pourrait être un film sur le travail, sur l'engagement, sur l'amour et sur la vie", note Mia Hansen-Love. "La plupart du temps, quand je le vois représenté dans un film, ce n'est pas le cinéma comme je le comprends et le vis au quotidien,c'est davantage un fantasme très éloigné de moi. J'ai eu d'autant plus de plaisir à mettre en scène le monde du cinéma selon mon expérience et ma perception, qu'il y avait de ce point de vue un boulevard : une matière humaine passionnante, et vierge. Si l'argent occupe une place importante dans le film c'est, il me semble, par réalisme .Par quelque bout qu'on le prenne, le métier de producteur est indissociable de la préoccupation de l'argent (...) Pour le producteur, la course après les financements peut devenir aliénante, conduire à un écartèlement (je ne parle ici que des producteurs aspirant à produire des films d'artistes). Avec, d'un côté une vision ambitieuse et noble de leur métier ; et de l'autre, une grande solitude, une asphyxie économique et morale (...)"

Visages redécouverts

Parmi les points communs entre Le Père de mes enfants et Tout est pardonné, on note le souci de la réalisatrice de confier les rôles pricnipaux à des comédiens peu connus : après Paul Blain et l'Autrichienne Marie-Christine Friedrich dans son premier opus, Mia Hansen-Love, elle a fait appel cette fois à Louis-Do de Lencquesaing et à l'Italienne Chiara Caselli. Le premier a fait beaucoup de theâtre, ainsi que quelques apparitions au cinéma chez des auteurs comme Desplechin, Assayas ou Haneke. On a pu voir la deuxième dans My Own Private Idaho de Gus Van Sant, Garage Olimpo ou plus récemment dans La Terre des hommes rouges. Côté français, elle a déjà tourné dans La Petite Apocalypse de Costa-Gavras et dans Oui d' Alexandre Jardin.

Pas qu'un Lencquesaing

La fille aînée de Grégoire Canval, dont le rôle devient de plus en plus important tout au long du film, est interprétée par la fille du comédien Alice de Lencquesaing, qui n'est autre que la fille de Louis-Do de Lencquesaing. Quant à Arthur, il a les traits d'Igor Hansen-Love, cousin de la réalisatrice.

"Recommencement"

La disparition du personnage central du film intervient au milieu du film. Mia Hansen-Love explique pourquoi elle a fait ce choix peu courant. "Plus que de deuil, peut-être, le film parle de recommencement. C'est pour cela que la mort arrive au milieu et pas à la fin ni au début : cette structure symétrique c'est la mise en oeuvre, l'expression concrète du recommencement. La mort du producteur n'est pas la fin de l'histoire, c'est un moment central dans une histoire qui dépasse cette mort. Et le film peut être vu comme l'histoire des derniers jours de Moon Films - une société de production, mais aussi une oeuvre. Une oeuvre qui est à la fois individuelle et collective."

Les enfants d'abord

Comme Tout est pardonné (et comme le titre l'indique...), Le Père de mes enfants est un portrait de famille. Les enfants y occupent encore une fois une large place. "Juste après Tout est pardonné, je n'imaginais pas ne pas retravailler avec des enfants. Je voulais continuer sur une lancée, aller plus loin. Sur le tournage, la présence des enfants,le désordre que cela instaure,leur gaieté et leur délicatesse, sont des choses extrêmement précieuses. Ils sont une respiration incroyable, sans laquelle j'aurais parfois l'impression d'étouffer.La place qu'ils occupent dans le film est proche de ce qu'ils représentent pour moi ! Chacune vit le deuil différemment : ces différences se sont beaucoup précisées pendant le tournage, en fonction de l'âge et de la personnalité de chacune."

Un réalisateur devant la caméra

Pour jouer le rôle du cinéaste avec lequel collabore Grégoire, Mia Hansen-Love a choisi... un réalisateur : le Tadjik Djamshed Usmonov, auteur entre autres de L'Ange de l'épaule droite. Ce personnage pourra rappeler Bela Tarr. En effet, Humbert Balsan s'est suicidé alors qu'il tentait de financer un film de ce dernier, L'Homme de Londres.

Projets imaginaires

Les murs des (faux) bureaux de production Moon Films sont tapissés de (fausses) affiches de films imaginaires. On remarque ainsi L'Affaire des poisons avec Isabelle Huppert ou un film dont le rôle principal est tenu par... Constance Rousseau, l'héroïne de Tout est pardonné.

Une voix familière

La voix du personnage suédois qu'on entend au téléphone est celle du chanteur Peter Von Poehl : la réalisatrice le lui a demandé parce que... c'est son voisin !
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