Nick La Main Chaude !
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3.5 - Bien
Tiré d’un roman de Chris Van Allsburg, petit maître de la littérature enfantine Outre-Atlantique, courtisé plusieurs fois par le cinéma (Robert Zemeckis notamment l’a adapté avec son " Pôle Express "), l’histoire de " Jumanji " part d’une idée simple et efficace : quatre personnes autour d’un jeu de société hanté, où chaque coup de dé sonne un nouveau danger. L’aventure, forcément familiale, renvoie chacun à son passé (qui ne s’est jamais assis autour d’une tablette de jeu?) et à ses fantasmes (l’imprévu s’invite à la maison, le quotidien se détraque).
Avatar déjà lointain de ce type de spectacle, " Jumanji " s’en tire assez bien, même s’il ne fait plus guère illusion pour les plus de seize ans. Entre les mains de Joe Johnston, sorte de mini-"spécialiste" du genre (" Chérie j’ai rétréci les gosses ", " Jurassic Park III ", le récent " Wolfman "), élève appliqué tout droit sorti de l’école Spielberg-George Lucas, le film respecte ses recettes impersonnelles avec un certain succès : l’aventure bat son rythme sans temps mort pendant son 1h40 réglementaire, tandis que ce cabotin de Robin Williams assure son numéro sans faillir dans le rôle principal d’Alan Parrish, ici entouré par la jolie Bonnie Hunt et par la jeune pousse Kirsten Dunst, bien des années avant " Spider-man " et " Marie-Antoinette "! Fort de trucages ingénieux (le plancher-sable mouvant, la saison des moussons reproduite dans un salon) et d’effets spéciaux numériques convaincants pour l’époque (mais plutôt périmés aujourd’hui), le film est une sorte d’ " Alice au pays des merveilles " à l’envers, où ce ne sont plus les bambins qui tombent dans le monde fantastique de la jungle, mais où c’est la jungle elle-même qui s’invite dans le quotidien... renversement propice aux situations comiques : les singes sur la moto de flics, le troupeau sauvage qui charge dans les rues, l’homme des bois pris pour un barjo. Et " Jumanji " de talonner son auguste modèle carrollien (certes sans en atteindre la finesse et la folie psychologique, mais ce n’est pas son but) par une petite touche freudienne que seuls les adultes comprendront : en révolte contre l’autorité paternelle avant d’être happé par le jeu infernal, Alan Parrish retrouve dans le "Jumanji" la figure du père, réincarnée dans celle d’un chasseur sanguinaire devenu son pire ennemi (c’est le même acteur, Jonathan Hyde, qui interprète les deux rôles). Preuve que, "de l’autre côté du miroir", ce sont toujours nos peurs refoulées et notre être propre qui nous attendent et qu’il nous faut vaincre, comme le montre le gentil happy-end.
Ajoutée le 23 mars 2012 à 14h28
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