Autant le dire d'entrée, Blow Up est un chef d'oeuvre. Antonioni démontre ici qu'il fait bien partie des très grands du cinéma, tant par son extraordinaire travail de caméra, que par l'étonnante tension qui se dégage à mesure que le film révèle ses mystères posés dès la scène de l'incident. Mais c'est précisément parce que cette oeuvre ne donne jamais tout, reste scriptible, féconde en interprétations et jeux de miroir qu'elle prend une saveur particulière. Ainsi, le retour du photographe dans ce jardin étrange et magnifique l'interroge et simultanément est une invitation à une réflexion ontologique sur les apparences et ce qui cache où révèle le réel, rendant magistrale la scène finale. L'oeuvre d'Antonioni devient une puissante réflexion sur la photographie et ainsi sur le regard prétendu objectif de la science, la mathématisation du réel. Cependant, Blow Up est aussi un film sur la jeunesse londonienne des années 1960, et le personnage principal, jeune dandy qui roule en Rolls-Royce, et achète une hélice comme objet d'art, est fasciné, obsédé par la beauté, mais en même temps la rejette, lui fait violence. Les performances de David Hemmings et de Vanessa Redgrave sont exceptionnelles.
Blow up est un classique et un film culte. Mise en scène soignée, atmosphère alerte et dilettante. Bien interprété notamment les rôles secondaire. Malheureusement, je trouve rarement enthousiasmant ce film, parfois il se perd un peu dans des séquences sans intérêt.
Dans ce film le Londres de la fin des années 60 y est superbement représenté, la réalisation technique est très soignée, le choix des cadrages aussi, les acteurs Vanessa Redgrave et surtout David Hemmings sont excellents, le final ambigu est intéressant alors pourquoi ce film superbe sur le plan esthétique m'a t-il autant ennuyé ? L'intrigue a-priori intéressante ne commence que très tardivement et une fois commencée n'en finit pas et surtout que le réalisateur ne nous a pas épargné ces interminables silences inutiles habituelles dans sa filmographie et ces interminables longueurs tout aussi inutiles et tout aussi habituelles qui polluent tout le film et qui le rend au final très ennuyeux. Bref à voir quand même pour ses quelques qualités mais éviter de le voir dans un lieu propice au sommeil.
Très grand film sur l'illusion et la réalité, sur le confrontation au monde réel. Le héros, Thomas, un photographe, se divertis (au sens Pascalien) de la pensée de sa condition humaine et de la mort, du réel, en magnifiant cette réalité dans son atelier. Dans son studio, il dirige les opérations avec assurance, il est confiant, il vit coupé du monde, dans le sien : la scène d'hystérie sexuelle avec la blonde et la brune, en plein milieu de l'enquête, est représentative de cette inconscience. Mais quand il affronte la réalité, en sortant dehors comme pour la première fois, il est confronté à l'idée de sa propre finitude. Antonioni brouille les pistes, en offrant à son spectateur un incessant va-et-vient entre illusion et réel, qui se conclue par la fabuleuse scène des mimes. Il réalise également un mise en scène d'esthète, froide et théâtralisée, comme pour insister sur la mise en abîme permanente dans Blow Up. La complexité du film, sa richesse, sa profondeur, mais surtout le grande maîtrise qui s'en dégage en font assurément un chef d'oeuvre unique.
Classique incontournable du cinéma. Mythe fondateur, exercice de style exemplaire (si tous les films Nouvelle Vague avaient pu être aussi sublimes !..) Un acteur fantastique, une intrigue superbement imaginée et filmée avec flegme et une très, une très très grande classe. Un film d'une sensualité absolue, contemplatif, génial.
Painfully pointless (1 /4). Certains évoquent une oeuvre métaphysico-poétique source de réflexion sur l'image. Chez moi les seules questions qu'ait suscitées ce film sont: qu'est ce que je fous là et ça finit quand. C'est pas vraiment philosophique comme questionnements mais c'est tout aussi poignant. Comme un certain nombre de films lourds d'ambitions intellectuelles foisonnantes (eg la Nouvelle Vague) l'histoire est un prétexte pour faire passer des messages divers et confus. Personnellement je n'attends pas plus de révélations existentielles de la part d'un réalisateur de cinéma que de mon boucher. Du coup le spectateur adepte de premier degré que je suis reste aux prises avec une histoire décousue, où l'on suit un jeune photographe de mode au comportement déroutant dans ses tribulations erratiques qui finissent par l'amener à être le témoin photographique d'un crime. Ayant fait sa découverte grâce aux agrandissements de photos prises dans un parc, il revient sur les lieux pour en obtenir confirmation. Point crucial, Blow-Up, dont l'action prend place dans le Londres semi-underground des années 60, est un film imprégné par la consommation de stupéfiants. Celle-ci est présentée de manière relativement diffuse dans la majeure partie du film mais elle régit de manière évidente le comportement des protagonistes et fait partie, au même titre que la libération sexuelle, de l'atmosphère ambiante. La référence devient on ne peut plus explicite vers la fin du film lorsque notre Hercule Poirot sous LSD participe à une house-party bien approvisionnée en substances psychotropes. En passant ceci explique peut-être l'engouement réflexif de certains critiques pour qui, je le soupçonne, même un presse-purée susciterait des questionnements existentiels. Quoi qu'il en soit on regrette que le réalisateur ne se soit pas plus attardé à nous décrire Londres et sa jeunesse effervescente de l'époque plutôt que d'essayer d'inscrire son oeuvre dans l'orbe des mouvances soixante-huitardes.
Je dois avouer avoir toujours eu du mal à comprendre comment certains réussissaient à écrire des livres entiers sur l'oeuvre d'Antonioni. Pourtant, il est vrai que ce réalisateur a quelque chose de particulier, ce côté atypique qu'il est extrêmement difficile de renier. Ainsi, ce "Blow Up" nous laisse une étrange sensation, un mélange d'ennui et de fascination par moments, l'impression d'avoir vu un bon film sans avoir été vraiment convaincu pour autant... Bref, beaucoup de sentiments contradictoires difficiles à analyser en quelques lignes. En revanche, ce qu'il est facile selon moi d'oserver dans le cinéma d'Antonioni, c'est bien le vide qui caractérise si souvent les films de ce metteur en scène. En effet, il est incroyable de voir le néant que brasse Antonioni dans ce film, ou il ne se passe strictement rien (deux rebondissements en 103 minutes, et ce n'est pas une façon de parler!). Paradoxalement, c'est là aussi que l'on trouve ce talent si particulier à Antonioni. Car malgré l'ennui régulier que l'on peut ressentir, ici, on n'en demeure pas moins fasciné par certaines scènes, le travail sur l'image étant remarquable et la réflexion sur cette dernière tout autant. Car c'est bien ce thème auquel Antonioni semble se vouer corps et âme : la force et la subjectivité de l'image, capable de caher, de dissimuler... Bref, voila un film qui ne plaira certainement pas à tout le monde, mais qui n'en demeure pas moins une expérience tout de même intéressante : les plus avertis peuvent donc s'y attarder, ne serait-ce qu'une fois.
J'ai vu deux films d'Antonioni, les deux m'ont très largement déçut. Après "Profession reporter" j'ai vu Blow up que je n'ai pas aimé non plus. C'est long. Autant la mise en scène que le scénario. Les plans sont beaucoup trop long, trop silencieux, alors qu'il est censé y avoir du suspens. Certains plans et scènes ne servent à absolument rien. Je pense notamment au concert de rock, qui en plus de ne servir à rien est une scène vraiment mal faite. Vous avez déjà vu un concert de rock avec un public aussi statique ? Moi pas. Ce n'est pas la seule, mais toute les signaler serait bien trop long. Le scénario, on ne sait pas où réalisateurs et scénaristes veulent en venir. C'est sans queue ni tête. C'est mou, même quand cela pourrait devenir intéressant, il n'y a rien lenteur suprême, scènes complètement inutiles. Aucun suspens... Le rôle de photographe ne colle pas du tout à David Hemmings qui en fait des tonnes et qui ne sait pas tenir un appareil photo... En bref ce film n'est pas le chef d'œuvre tant annoncé. Finalement il n'y a pas que Woody Allen pour m'endormir. 2/10