El secreto de sus ojos nous raconte l’histoire d’un vieil agent à la retraite du ministère fédéral de la Justice, Benjamín Espósito, joué par Ricardo Darín, voulant écrire un roman sur une affaire qui l’a profondément marqué : "El caso Morales". C’est la première affaire qu’il traite avec sa nouvelle supérieure, Irene, jouée par Soledad Villamil, dont il est secrètement amoureux.
Le film rappelle énormément "Il était une fois en Amérique", avec sa narration à travers un vieil homme retournant dans la ville qu’il a quittée en train, des dizaines d'années auparavant, et se remémorant tout à travers des flashbacks alternant entre présent et passé. L’histoire d’amour impossible fait également écho à ce film, mais ici, la fin est plus ouverte et joyeuse, montrant qu’il n’est jamais trop tard.
Le film évoque toute une gamme de sentiments poignants, ainsi que différentes manières de gérer le deuil, la vengeance et l’acceptation. Le personnage principal ressasse constamment le passé, quitte à s’imaginer des scènes telles qu’il aurait voulu qu’elles se déroulent
(comme la mort de Sandoval)
.
Le film brille par la force de ses citations marquantes sur l’amour, l’acceptation "Va a tener mil pasados sin ningún futuro" ou celle, mythique, sur la passion : "El tipo puede cambiar de todo... pero hay una cosa que no puede cambiar: la pasión". Cette réplique enchaîne sur un magnifique plan du grand stade, impressionnant, une scène pleine de frissons suivie d’une course-poursuite haletante en plan-séquence.
L’affaire va se résoudre en observant le secret que disent les yeux du coupable, et tout le film tourne autour de cela : le regard. La fin du film fait écho à tout ce qui précède, notamment avec
le mari malheureux tenant sa promesse : "Usted dijo
perpetua". Les flashbacks à ce moment-là ne sont pas subtils, mais ajoutent une couche dramatique.
Les personnages sont confrontés à leurs conflits internes et vont changer radicalement à cause de cette affaire. Ce thriller mélancolique traite aussi bien du dégoût, de l’injustice avec le contexte de l’Argentine de l’époque, qui relâche Isidoro que de la corruption, des failles judiciaires, ou encore de l’amour inavoué (la passion) de Benjamín pour Irene.
Les deux trames de ce film sont conclues de manière magistrale.