Nick La Main Chaude !
13 abonnés |
Lire ses 286 critiques
|
1 - Très mauvais
En 1984, David Lynch propose une adaptation qui ne correspond qu’aux deux premiers livres d’Herbert car une trilogie était prévue. La planète Arrakis est recouverte d’un désert hostile. Habitée par les Fremens, peuplade mystérieuse et redoutée, elle fait partie de l’Empire de Shaddam IV. Gouvernée par les Harkonnens, elle est dès le début du film dévolue aux Atréides, une maison rivale, dont on devine le destin mythico-tragique au seul énoncé du nom. Arrakis aussitôt cédée, les Harkonnens aidés de l’Empereur, la reprennent par la force. Paul Atréides (Kyle Mac Lachlan, que Lynch rencontre à l’occasion de ce film) est peut-être le Kwisat Haderach, sorte d’Elu que "concocte" l’ordre apparemment religieux des Bene Gesserit, à coups de croisements génétiques. Devenu chef des Fremen et rebaptisé Muad’Dib, il parvient à reconquérir Arrakis... Jusqu’ici, le texte est respecté.
Pourtant, le " Dune " de David Lynch est un appauvrissement systématique de celui d’Herbert et si condensé qu’il en devient incompréhensible pour qui n’a pas lu l’œuvre originale. Quel est le rapport entre l’Epice et les vers, quel est le rôle exact des Bene Gesserit, aussi, qu’est-ce qui rend l’Epice si précieuse aux yeux de tous ?
Surtout, alors que le héros de Franck Herbert se sent emporté par le Djihad qu’il a déclenché et qui va ravager l’univers, il est présenté par Lynch comme une sorte de Christ amenant la paix et le bonheur. En outre, des rajouts tels que le module étrange des Fremens, sorte de hurlement télékinésique digne de " Star Wars ", ne font qu’insister sur un aspect spectaculaire étranger au roman d’Herbert.
On retrouve malgré tout avec plaisir certains des acteurs fétiches de Lynch (Kyle Mac Lachlan, Dean Stockwell, Everett McGill...). On croit aussi déceler de ci de là la touche Lynch, au travers de vaines tentatives oniriques. Une certaine mièvrerie aussi, qui n’est pas sans évoquer les pires moments de la série " Twin Peaks ". La musique, en revanche, si chère à Lynch, semble une pâle copie de celle de " Star wars ", saga à laquelle on ne peut s’empêcher de comparer " Dune ".
Malgré d’énormes moyens et un entourage expérimenté (le directeur des effets spéciaux de " Star wars ", le décorateur de " 2001 ", le directeur photo de " Fenêtre sur cour "), David Lynch s’est aussi bien trahi qu’il a trahi l’œuvre d’Herbert.
Ajoutée le 11 mars 2012 à 12h10
Signaler un abus