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The Revenant
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note moyenne
4,3 12590 notes dont 1651 critiques
24% 404 critiques 36% 587 critiques 18% 301 critiques 12% 202 critiques 6% 97 critiques 4% 62 critiques

1651 critiques spectateurs

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benoitG80

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 27/02/2016

"The Revenant" est tout comme le héros, un film écorché vif, un film choc à feu et à sang qui nous laisse abasourdi, terrassé du début à la fin... Tout est affaire de violence, de hargne, de survie et de vengeance à un point qui frise le surnaturel par la capacité physique du héros, ce trappeur, à renaître de ses cendres ! Et oui, c'est une vraie renaissance uniquement motivée par la douleur, la souffrance dont la vengeance sera le seul moteur et la seule raison d'être à cette histoire adaptée du roman éponyme de Michael Punke, histoire qui dépasse largement les codes du western classique ! Ici, point de sensibilité, d'affaires de cœur, d'intrigues alambiquées mais juste une soif de vivre, de survivre, absolument essentielle et impérative, une volonté indéfectible de se battre, de vaincre jusqu'au bout du bout, dont la mise en scène incroyable de Alejandro Gonzàlez Iñarritu arrive à en transcender chaque instant, chaque action, chaque vision ou apparition en véritables prouesses visuelles... Les cadrages, les mouvements de caméra apportent une vérité et un réalisme indispensable et époustouflant. Rarement cette violence n'aura été aussi bien montrée, ressentie au point il est vrai d'être quelquefois insoutenable ! Mais là est justement, et même pour les plus sensibles dont je fais partie, tout l'intérêt de cette histoire qui ne nous épargne rien de cette souffrance à l'état brut, aussi bien physique que psychologique, jusqu'à la ressentir dans sa propre chair, et à peine adoucie par la beauté des paysages, par cette nature si réelle et pourtant si dure, par cette végétation dont le sommet des arbres revient régulièrement comme une touche de magie et d'espoir dont Iñarritu a le bon goût de distiller juste à point nommé... pour respirer et souffler, voir au delà ! Mais c'est par contre le souffle coupé que l'on découvre un Leonardo DiCaprio incroyable, transfiguré, métamorphosé, par les blessures infligées par cette ourse, dont cette rencontre puis ce seul combat épique valent déjà le détour... La suite sera une descente tragique. L'homme bave, écume, râle, grogne, saigne de partout, les plaies béantes, les yeux hagards et révulsés, tel un mort-vivant au bout d'une extrémité inimaginable et sans nom. C'est cette performance pourtant pile comme il faut, sans excès d'aucune sorte qui sidère, qui sonne si justement... Un rôle abouti, maîtrisé, certainement loin de l'image habituelle propre et lissée que nous propose Di Caprio qui pourra déstabiliser ou déplaire. Et pourtant une prestation unique dont les autres comédiens dont Tom Hardy, lui renvoient la balle au diapason, par un jeu sauvage, puissant et intense, sans faux semblants ! Tout est vrai, féroce, mordant ! Les hommes, la nature, le froid et la neige tachée de sang, au point de se sentir presque coupable d'être au chaud dans son fauteuil ouaté et confortable... Après un "Birdman" technique et intéressant mais sans plus, c'est cette fois éprouvant, sanglant, presque intolérable mais incroyable de puissance et de vérité !!! Bravo franchement !

Marc T.

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4,5Excellent • Publiée le 04/04/2016

Du grand Iñárritu tant au niveau visuel qu'émotionnel. Au niveau visuel, aucun plan n'est laissé au hasard, tout est rigoureusement cadré au millimètre près et somptueusement filmé, la photo marque la rétine tant elle est splendide (chapeau bas monsieur Lubezki). Au niveau émotionnel c'est simple, on partage la souffrance et la soif de vengeance de Glass, on fait corps avec son personnage d'homme détruit physiquement et mentalement. Belle prestation de Di Caprio. Alors pourquoi seulement 4.5/5 me direz vous ? Parce que 2 petites choses m'ont tout de même un tantinet dérangé : les petites incohérences ça et là, et les trop nombreux flashs montrant sa femme et/ou son fils, plutôt dispensables à mon humble avis.

chrischambers86

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4,0Très bien • Publiée le 15/04/2016

Survivre coûte que coûte! Tirè d'une histoire vraie, celle d'un trappeur qui survècut dans un environnement hostile en 1823! il y a dans "The Revenant" un aspect quasi « documentaire » presque sans dialogue, contenant toutes les recettes capables de conquèrir le spectateur! Plus qu'une oeuvre, une expèrience belle, forte et brutale avec un Leonardo DiCaprio au sommet de son art! On ne le quitte pas! La camèra s'acharne sur lui! Et dèjà, on peut en tirer une conclusion : c'est que l'Oscar du meilleur acteur qu'il convoitise depuis longtemps est mèritè car ce film rude, plus qu'aucun autre, repose entièrement sur ses èpaules! Or, "The Revenant" prouve, en dèfinitive, que DiCaprio est en 2016 le roi d'Hollywood! Quand vous voyez un immense visage emplir l'horizon glacial à la lumière blanche et vous regardez bien en face, d'yeux intrèprides et purs, c'est cela un film! Un film d'Alejandro González Iñárritu! De plus, cette èpopèe de survie et de vengeance particulièrement immersive essaye de ramener la vèritè des choses par rapport aux images pixelisèes d'aujourd'hui car, soyons honnête, on a pris l'habitude de quelque chose qui n'est pas naturel! Un triomphe public, une mèga star, un tournage de lègende et surtout une approche du cinèma qui rassure Hollywood! Spoiler: Cette incroyable èpopèe humaine dans le grand Ouest sauvage atteint son point culminant dans la fameuse sèquence du grizzli : une ahurissante dèmonstration de savoir faire qui donne à l'attaque une dimension rèaliste rarement vue dans un (quasi) plan sèquence d'anthologie! Certes, on peut ne pas aimer "The Revenant" (bien avant lui, les puristes se souviendront peut-être de "Man in the wilderness" rèalisè par Richard C. Sarafian qui traitait du même sujet), mais on ne peut nier la maestria visuelle d'Iñárritu où pas un instant l'intèrêt ne faiblit! Le metteur en scène mexicain devient du coup l'un des grands du 7ème art en recevant une deuxième annèe de suite (après l'excellent "Birdman") l'Oscar du meilleur rèalisateur! A ne pas manquer...

lolemu

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2,0Pas terrible • Publiée le 04/03/2016

a part la prestation de Di caprio qui est exceptionnel et les images de paysages superbes, le scénario est très banal, le film est plat, la musique endormante. Pas de rythme et au bout de deux heures je rêvais de sortir de la salle. bref je n'ai pas compris comment des gens ont pu trouver ce film exceptionnel?!

lhomme-grenouille

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 28/02/2016

Oh mais oui que ça fait du bien ! Ne serait-ce que pour la magnificence plastique de ce film, merci « The Revenant » ! C’est simple : c’est beau. Tous les plans sont remarquablement travaillés, certains moments sont même parfois d’une incroyable audace formelle, aussi bien dans la réalisation Spoiler: (l’assaut du camp en plans séquences, l’attaque de l’ours, la plupart des combats corps à corps) que dans leur créativité visuelle (Spoiler: le colibri qui sort de la poitrine, la météorite qui fend le ciel, etc…). Même si pour certains ce genre d’affirmation apparaîtra toujours un peu exagérée, je n’hésite quand même pas à dire que c’est clairement sur ce plan là que, pour moi, toute la différence s’est faite. Parce que oui, « The Revenant » est un film long (2h30) ; « The Revenant » est un film d’atmosphère plus qu’il n’est un film d’intrigue et de propos ; et c’est peu dire que, face à un spectateur comme moi, faire de tels choix c’est clairement prendre un risque. Et pourtant, ça a marché malgré tout, et si ça a marché, c’est clair que c’est grâce à la richesse, l’inventivité et au renouvellement constants des trouvailles visuelles. Après, je ne minimise pas non plus le talent certain de l’ami Inarritu pour savoir raconter des histoires de manière dense et rythmée. C’est qu’il ne faudrait pas oublier que le gars a commencé à s’illustrer dans le monde du septième art par des films aux intrigues incroyablement complexes (« 21 Grams » ou « Babel ») et ce n’est pas anodin de le savoir quand on regarde ce « Revenant ». Parce que l’air de rien, mais si la structure de l’intrigue est au fond assez basique (Spoiler: 2h30 pour accomplir une vengeance, c’est quand même beaucoup de temps pour pas grand-chose, et surtout, ce n’est quand même pas très original), les événements sont nombreux et savent instaurer une belle dynamique pour mettre à la fois en branle l’univers proposé que le propos défendu. Alors après, je reconnais que c’est sur ce dernier point que je pourrais chercher des poux dans la tête du beau Leo. Parce que oui, quel dommage d’avoir un film aussi prenant, audacieux, sophistiqué, et qu’au final il semble pédaler dans la semoule pour aboutir à la conclusion de son propos (Spoiler: Moi, perso, j’adhère à cette vision sauvageonne de l’humain, explorée sous toutes ses faces, au point de nous laisser avec un portrait peu reluisant mais, je trouve, totalement pertinent. Seulement voilà, le film arrive à sa confrontation finale, et j’ai senti qu’Inarritu ne savait comment conclure son propos après l’accomplissement de tous les cycles de vengeances. Ainsi se retrouve-t-on avec de drôles de propos du genre « je ne vais pas me venger, c’est à dieu de le faire » et – pire encore – cette conclusion en « regard caméra » que j’ai vraiment perçu comme une ficelle facile, faute d’avoir mieux à nous dire et à nous montrer. Dans un film d’une telle qualité. Ça tache vraiment). Mais bon, l’un dans l’autre, il me faut quand même savoir rester lucide sur ce que je viens de voir. Oui, je viens de me manger une grosse claque dans la tronche. Et plus les heures s’écoulent désormais, et plus je m’en rends compte. Parce que l’air de rien, quand je fais la somme de tout ça, je me dis quand même qu’Inarritu nous sert là un sacré film, remarquable esthétiquement, très audacieux pour cet auteur et surtout très maitrisé pour ce genre de démarche. Alors après, je pense qu’on ne saura pas tous sensibles de la même manière face à ce type de film, ça peut même être du tout ou rien. Moi, c’est clair, ce film c’est du tout, et ça fait sacrément du bien… http://lhommegrenouille.over-blog.com

PèreVinyard

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 02/03/2016

Il est clair que ce film rentrera dans la postérité, c’est et ce sera un monument du cinéma. Le film raconte l’histoire vraie de Hugh Glass, trappeur laissé pour mort par ses associés. Animé par une soif de vengeance sans bornes, il va tout faire pour surmonter la grandeur et la dangerosité de la nature. Nous rentrons rapidement dans le contexte grâce à une introduction spectaculaire qui pose les bases du film (les motivations de chacun, la violence et surtout la beauté d’une nature indomptable). Rapidement, nous contemplons l’opposition des deux principaux protagonistes qui sera l’élément déclencheur : d’un côté Hugh Glass, un homme rattaché aux valeurs indiennes et sauvage mais qui reste éloigné des valeurs occidentales, de l’autre, John Fitzgerald personnage cupide et égoïste qui n’est rattaché à aucunes valeurs. Tout au long de son périple, Glass va tenter de s’approprier la nature, de créer une symbiose avec elle (Eléments terre, feu, neige et eau mais aussi la carcasse de cheval dans laquelle il va dormir). Ce périple est une véritable aventure humaine qui nous montre les limites de l’homme face à la grandeur de la nature. Le but d’Innaritu c’est que l’on joue le rôle de Glass, sentir ses douleurs, sa peur (long plan séquence) et sa détermination à rester debout et à marcher. Pour cela, il a fallu compter sur un son pur (respiration de Glass et des bruits sourds qui crispent le spectateur tout le long de la projection mais qui rythment très bien le film) mais aussi sur de long silence qui nous inquiètent. Certes ce film n’est pas sans rappeler l’excellent Convoi Sauvage (1972) de Richard C. Sarafian mais se démarque par ses paysages et images somptueuses que l’on ne quitte pas des yeux. De plus, certains passages vont sans doute devenir cultes avec le temps (scène d’introduction, l’attaque du grizzly et la scène finale notamment). Chaque acteurs sont excellents (le quatuor DiCaprio, Hardy, Poulter et Gleeson sont excellents et dégagent beaucoup d’émotions) Ce film ne ressemble à aucun autre et Alejandro G. Innaritu confirme cette fois-ci son statut de grand réalisateur après les excellents 21 Grammes (2003) et Birdman (2014). C’est une réelle expérience cinématographique à ne pas laisser passer.

Black-Night

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4,0Très bien • Publiée le 28/02/2016

The Revenant est un très bon film. Un drame qui joue particulièrement avec le genre du western contemplatif au travers d’un survival décoiffant, prenant place dans l’Amérique coloniale. Tiré de faits réels cette odyssée ensorcelante est une quête de vengeance et une ode à la survie en milieu hostile. Le film est présent aux 88ème Oscars 2016 où il est nominé 12 fois dont les plus prestigieux Meilleur Film et Meilleur Réalisateur. A mon sens c’est de trop. Mais les Oscars du Meilleur Acteur pour Léonardo DiCaprio, Meilleur Acteur dans un second rôle pour Tom Hardy et Meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki seraient à mon sens mérités. Je reste tout de même admiratif de l’œuvre qui m’ait été donné de voir sans pour autant y être complètement subjugué car le film hésite de trop entre réalisme et mysticisme et ne sors finalement pas des sentiers battus. Pourtant une originalité dans l’histoire aurait été bien vue. Là est ma déception le reste c’est du grand art sauf dans quelques pans de la réalisation. Notons une œuvre visuellement splendide à contempler, une ode à la nature comme sait si bien le faire Terrence Malick où parfois on a presque l’impression d’être devant l’une de ses œuvres. Des scènes nous restent en tête à coup sûr dans ses plans magnifiques de neige et de froid. Pas de longueurs à déclarer pour ma part durant les 2h30 de long métrage. Après je vous avouerai qu’il faut être un adepte du style contemplatif. La bande son de Ryuichi Sakamoto, Alva Noto et Bryce Dessner est plutôt subtile ici mais reste tout autant splendide que discrète en desservant le film dans une ambiance et une atmosphère particulière. C’est plutôt le bruit de la nature qui règne en maître avec splendeur pour rendre grâce aux images. Le réalisateur Alejandro González Iñárritu signe ici son 6ème long métrage et pour le coup ma première découverte de ce dernier. Une réalisation de haute volée mais qui parfois dans sa technique quasi irréprochable, notons de magnifiques plans séquences, en fait trop, notamment dans ses plans rapprochés sur les personnages faisant du coup abstraction du reste en nous réduisant le champ de vision allant parfois jusqu’à embuer la caméra pour ne plus rien y voir. Le casting royal présent ici fait des prouesses où tous y sont extra. Léonardo DiCaprio dans le rôle principal y est excellent mais Tom Hardy irait presque jusqu’à lui chiper la vedette car il y est renversant également. Des performances d’acteurs remarquables on ne peut faire mieux sinon après on tape dans le sur-jeu. Les seconds couteaux tel que le jeune Will Poulter ou encore Domhnall Gleeson y sont extra également. Une épopée d’où l’on ne revient pas sans heurts. Ma note : 8/10 !

Scorcm83

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4,5Excellent • Publiée le 28/02/2016

J'attendais un peu ce film comme le Messi, après l'excellente surprise qu'était *Birdman* l'année passée, le nouveau film d'Alejandro G. Iñárritu, tourné exclusivement en lumières naturelles, dans des conditions extrêmes et des recoins du monde encore inhabités s'annonçait comme une véritable claque cinématographique, d'un point de vue technique et thématique. Après de longs mois à attendre, la France a enfin eu le droit, plus de huit semaines après le reste du monde (on a eu Star Wars en premier, on peut pas tout avoir), de découvrir *The Revenant* en salles obscures, et je le dis tout de suite, dans les conditions de visionnage pour lesquelles le film a été conçu (impossible d'en profiter pleinement sur un écran d'ordinateur). Bon, le constat était établit depuis l'apparition des premières bandes annonces : visuellement, c'est exceptionnel. Rarement la nature a été aussi bien filmée. Dés les premières secondes, on est dedans. Iñárritu a choisi une mise en scène dans la continuité de Birdman, dans un virage artistique de 180° pris depuis sa rencontre avec le chef opérateur Emmanuel Lubezki, à savoir l'utilisation récurrente, pour ne pas dire exclusive, de la courte focale, une priorité donnée au plan séquence et une esthétique de la lumière et du cadre léchée. Difficile donc de capter les réminiscences de ses anciens travaux. Tout cela pour en arriver au fait que le film impressionne d'un point de vue purement technique et formel, à dix milles lieues au dessus de ce qui se fait habituellement dans le monde du cinéma (*Mad Max : Fury Road* étant l'exception). Le soucis étant que cette priorité donnée à l'esthétique a rebuté pas mal de critiques et de spectateurs. J'ai pu moi même constater à la sortie du film que *The Revenant*, effectivement, divise. D'un côté, ceux qui ont été impressionné par le film et n'ont pas vu les 2h30 passer, de l'autre, ceux qui sont passé à coté du parti pris esthétique (ce que je peux entièrement comprendre) et n'ont par conséquent pas réussi à rentrer dans l'histoire. Sur cette question, j'aurai tendance à me placer au centre. C'est à dire que, de mon point de vue, le film accuse quelques soucis de rythme et n'arrive finalement pas à trouver un tempo "juste". J'entends par là qu'on alterne entre séquences exceptionnelles de maîtrise et de tension et séquences beaucoup plus banales, parfois trop étirées en longueur. De fait, je pense que le film prend parfois trop son temps là où il pourrait abréger et, à contrario, coupe trop rapidement là où on aimerait un développement plus poussé. Le fait est qu'il faut à présent se poser la question essentielle au sortir d'un film : "que m'a-t-il apporté ?" Force est de constater que j'ai été véritablement impressionné par *The Revenant*, je suis prêt à lui pardonner ses défauts de rythme et l'attitude de son réalisateur parfois trop "poseur" et conscient de son talent. De plus, je remarque que ces défauts de rythme sont inhérents au cinéma d'Iñárritu, dans *Amour Chiennes* comme dans *Babel* ou *Biutiful*, on passait de séquences incroyables qui nous accrochaient au siège à séquences mineures étirées en longueur. Je pense qu'il faut seulement savoir à quoi on va s'attendre, mais je serai de mauvaise foi si je ne lui attribuait pas une telle note, parce que ce film reste une oeuvre importante. Il faut que les gens aillent le voir, parce qu'il a au moins ce mérite, c'est de proposer quelque chose de visuellement original, proche du style Malickien mais beaucoup plus abordable pour le grand public, et il est vrai qu'à aujourd'hui, proposer un blockbuster de cette trempe, avec autant de sous niveaux de lecture, c'est pas commun. Le film n'est pas seulement une histoire banale de vengeance, et ceux qui descendent le film parce qu'il n'a soit disant aucun scénario devraient d'abord apprendre ce qu'est réellement un scénario. Il ne s'agit pas de développer dix-huit sous intrigues et un twist final pour faire un bon scénario, au contraire, parfois, les meilleurs sont faits sur des bases minimalistes, et se jugent à la qualité et à la variété des sous interprétations que l'on peut en faire. *The Revenant* n'est donc pas seulement l'histoire d'un trappeur attaqué par un ours et laissé pour mort par ses compagnons, c'est un film sur la colonisation de l'Amérique du Nord, sur le rapport de l'Homme à la Nature et sur l'instinct de survie. Bien sûr, le film propose des séquences hallucinantes telles que l'attaque de l'ours ou encore la bataille contre les indiens de début de film, mais ces séquences ne doivent pas être les seules que l'on retient d'un film pareil. Et, au fil de cette critique, je me rends compte que le film est peut-être tombé dans son propre piège, se vendre sur son versant épique et visuel et délaisser le côté "spirituel", pourtant cher au cinéaste depuis ses débuts. Bref, allez voir ce film, c'est une oeuvre majeure de cette année, et seul le temps nous dira si celui ci fera date dans les esprits. En tout cas, il serait bête de bouder son plaisir devant une oeuvre pareille.

Edgar L.

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4,0Très bien • Publiée le 12/04/2016

En un peu plus d’un an, Inarritu a donc clairement franchi un nouveau cap et voit les choses en grand. Birdman avait marqué l’amorce de ce virage et nous avait enthousiasmé par sa réalisation et son impeccable jeu d’acteurs. Avec The Revenant, le réalisateur délaisse totalement la comédie et s’attaque ici à un western à l’histoire ambitieuse. Le film entremêle le style du survival et du revenge movie car on y suit Hugh Glass, un trappeur qui va se faire attaquer par un ours et va être laissé pour mort par ses équipiers. Au passage, l’un d’entre eux tue son fils, élément qui va alimenter l’instinct de survie et de revanche de l’homme. Il va alors partir dans un périple incroyable afin de retrouver celui qui a lâchement mis fin aux jours de son fils. [...] S’en suit alors une quête perpétuelle de nourriture, mais également de soins dans une nature qui ne s’y prête à priori pas. Dans cet immense territoire sauvage, Glass erre telle une âme en quête de vengeance. Infatigable et increvable, il va surmonter tous les obstacles qui se mettront sur sa route. Certaines scènes sont sublimes comme cette ouverture sur l’attaque des indiens. Impressionnante de réalisme, elle permet au film d’imposer immédiatement son style auprès du spectateur. L’attaque de l’ours est tout aussi impressionnante de réalisme. On peut néanmoins reprocher au film qu’en dehors de ces quelques sublimes scènes, il fasse souvent preuve d’une lenteur, certes nécessaire à nous immerger dans cette solitude et la dureté du combat de Glass, mais parfois difficile à supporter d’autant plus que le film dure 2h36. [...] Leonard DiCaprio est mutique dans ce film et parvient malgré cela à nous faire ressentir sa souffrance physique. Sa performance est bluffante et mérite bien l’Oscar qui lui a été remis. Tom Hardy est quant à lui méconnaissable et nous prouve une fois de plus qu’il est vraiment la star montante de Hollywood. Le troisième personnage important est incarné par le jeune Will Poulter (vu dans la saga Le Labyrinthe) et lui aussi s’en sort parfaitement. [...] The Revenant est donc un film qui mérite le bruit qui est fait autour de lui mais auquel je ne peux m'empêcher de trouver quelques défauts. Lent et long, il parvient néanmoins à nous subjuguer avec son sens de l'image proche de la perfection et la performance convaincante de Leonardo DiCaprio. http://edgarlagachette.fr/the-revenant-la-critique/

the_fan_of_inception

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4,5Excellent • Publiée le 25/02/2016

On pensait qu'après le succès de l'ultra oscarisé Birdman, Innaritu allait se mettre au vert, voire se reposer sur ses lauriers. Mais c'est bien mal connaître le réalisateur mexicain qui revient, douze petits mois plus tard, avec un projet très ambitieux (qui a déjà vu passer vainement Park Chan-wook, Christian Bale ou Sean Penn) à savoir l'adaptation d'un roman basé sur l'histoire vraie d'un trappeur, laissé pour mort après avoir subi une attaque de grizzly qui parvint à rejoindre son camp seulement muni d'un fusil, distant de 300 kilomètres durant un des hivers les plus rudes. Malheureusement, aussi réussi soit-il, The Revenant n'est pas assuré de rencontrer un véritable succès public : déjà parce qu'il s'agit d'un western (genre quelque peu boudé par le grand public), ensuite puisque le film a coûté la modique somme de 130 millions de $ et qu'il ne peut pas être vendu que sur la performance potentiellement oscarisable du bankable Leonardo DiCaprio, mais surtout parce qu'une copie pirate du film (de bonne qualité) a fuité sur le net mi-décembre. Pourtant, il serait dommage de se priver d'une vision sur grand écran d'une des premières claques cinématographiques de 2016. D'abord parce que le travail d'Innaritu est encore une fois remarquable et prouve tout l'étendu de son talent (l'introduction, bien qu'il nous refasse le coup du plan-séquence, est une brillante entrée en matière) mais surtout pour ne pas rater l'énorme qualité de sa photo signé Emannuel Lubizki (Sleepy Hollow, Gravity, les derniers Malick) qui offre une vision à la fois splendide et crue d'un univers à la fois familier et hostile. Tourné en prises de vues naturelle au Canada, The Revenant marque par la brutalité crue avec laquelle le sujet est traîtée sans que jamais elle ne soit magnifiée par de pompeux artifices. Ainsi, la scène clé du film (l'attaque de l'ours) est traité avec un tel réalisme qu'elle nous brutalise autant qu'elle nous interpelle par sa longueur insoutenable. Sorte de relecture hardcore du Jeremiah Johnson de Pollack, auquel Innaritu restitue ses plus belles lettres de noblesses, The Revenant est plus que le survival que nous vend la bande-annonce. C'est un véritable western existentiel, sur la condition de l'homme, l'Histoire américaine et l'ironie du colonialisme sauvage. A la fois recherche de l'humanité, d'une cellule familiale ou de retrouver ses racines, le film s'avère une gigantesque claque cinématographiques que l'on avait pas vu venir accentué par les performances hallucinés (et donc hallucinantes) de DiCaprio et de Tom Hardy qui devrait tous deux être logiquement récompensés.

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