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The Artist
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "The Artist" et de son tournage !

Chapeau, l'Artiste !

The Artist a d'abord été annoncé comme faisant partie de la sélection Hors Compétition au Festival de Cannes 2011, avant de rejoindre la compétition deux jours seulement avant l'inauguration, et une semaine à peine après avoir été achevé. Acclamé par les critiques, il a été couronné d'un Prix d'Interprétation masculine pour Jean Dujardin, qui foulait pour la première fois le tapis rouge de la Croisette. Ce dernier a conclu son discours avec humour : "Maintenant je vais me taire... car ça me réussi pas mal !" A noter que le président du jury, Robert De Niro, a déclaré qu'il aurait souhaité donner au film la Palme d'or, mais qu'il n'a pas pu en raison de l'interdiction des doubles prix.

Un prix qui a du chien

Jean Dujardin n'est pas le seul acteur du film à avoir été couvert de lauriers à Cannes. En effet, la star à quatre pattes de The Artist (Uggy, qui interprète le rôle de Jack) s'est également vu remettre la "Palm Dog" qui, comme son nom l'indique, récompense la meilleure prestation canine de la Croisette.

Rio ne répond plus de tout

Jean Dujardin avait déjà tourné devant la caméra de Michel Hazanavicius à deux reprises. En effet, avant de perdre la parole en se glissant dans la peau d'une star du muet, il avait campé le bien trop prolixe agent Hubert Bonnisseur de la Batte dans OSS 117, Le Caire nid d'espions (2006) et sa suite OSS 117 : Rio ne répond plus (2008). Dans le premier, l'agent très spécial s'illustrait dans de délicieuses joutes verbales aux côtés de l'espionne Larmina El Akmar Betouche, interprétée par une certaine Bérénice Bejo !

Bérénice/Jean : avec ou sans

Michel Hazanavicius reconnaît qu'il avait Jean Dujardin et Bérénice Bejo en tête lors de l'écriture du scénario et va même jusqu'à qualifier les personnages de George Valentin et Peppy Miller de "version fantasmée" des deux acteurs. Le choix des deux interprètes repose sur des critères essentiellement physiques : "Jean est un acteur qui est aussi bon en plan serré, avec ce qu’exprime son visage, qu’en plan large, avec ce que raconte son corps. [...] Bérénice, aussi, a ce visage-là. On accepte facilement l’idée qu’Hollywood va la choisir et en faire une grande vedette…" Il affirme cependant que le film aurait tout de même été réalisé en cas de refus de l'un d'entre eux, refus qui aurait cependant conduit à une révision du scénario et une réécriture de certaines parties du script.

Le frère lumière

Dans un film en noir et blanc, la lumière revêt une importance capitale. C'est pourquoi le réalisateur a fait appel au directeur de la photographie Guillaume Schiffman, avec lequel il avait déjà travaillé sur OSS 117, Le Caire nid d'espions, OSS 117 : Rio ne répond plus et de nombreuses publicités. Celui-ci dit considérer comme un cadeau le fait d'avoir eu l'opportunité, à l'heure où la pellicule se meurt, de pouvoir revisiter les années 20, 30, 50 et 60. Tout en évitant que la beauté de l'image ne parasite l'histoire racontée, il a cependant veillé à ce que les tons de gris et blanc accompagnent le destin du protagoniste, du blanc brillant au gris passé.

Les films du film

Naturellement, on compte un certain nombre de films dans ce film concernant deux acteurs de cinéma. Ces derniers sont le résultat de deux techniques très différentes : le tournage traditionnel, mais également l'incrustation de Jean Dujardin dans des films d'époque, notamment de John Gilbert et Douglas Fairbanks. Ces montages furent dans un premier temps utilisés pour étudier la lumière qu'il fallait recréer pour ces courts-métrages, mais furent parfois gardés tels quels dans le film final.

Un film de fan

Si The Artist est souvent drôle, il ne faut cependant pas y voir une parodie des films muets comme pouvait l'être le dernier grand film muet en date, La Dernière folie de Mel Brooks (qui remonte tout de même à 1976). En effet, Michel Hazanavicius souhaitait rendre hommage aux réalisateurs et scénaristes qu'il aime et considère comme des modèles, comme Fritz Lang, Ernst Lubitsch, Billy Wilder et Friedrich-Wilhelm Murnau. Il s'éloigne ainsi de l'ironie dans laquelle baignaient ses précédents longs-métrages, une direction qui, si elle a surpris Jean Dujardin, lui fut imposée par le format même : "Quand vous regardez les Chaplin, on a tendance à ne se souvenir que des moments comiques mais ces histoires sont des mélodrames purs et durs, où les jeunes filles ne sont pas seulement orphelines, mais aveugles ! Les choses drôles sont toujours en contrepoint d’une histoire très émouvante", explique le réalisateur.

"The Artist" génie du crime ?

Quand le producteur Thomas Langmann a proposé à Michel Hazanavicius de réaliser une nouvelle version des aventures de Fantômas, ce dernier a sauté sur l'occasion pour satisfaire l'un de ses désirs de cinéaste depuis plusieurs années : réaliser un film muet en noir et blanc. Il a ainsi proposé au producteur de tourner Fantômas "à l'ancienne", comme les versions réalisées par Louis Feuillade au début du 20ème siècle. Très emballé par cette idée, mais néanmoins soucieux de la réception du public pour un tel film, Thomas Langmann a alors abandonné le projet Fantômas, tout en laissant à Michel Hazanavicius une porte ouverte pour réaliser un film muet. Le cinéaste l'a ainsi rappelé plus tard avec en tête une nouvelle histoire : celle de The Artist.

Les artistes à l'origine de "The Artist"

Véritable déclaration d'amour au cinéma muet, le film fait écho à bon nombre de films qui nourrissent l'imaginaire des cinéphiles du monde entier. Interrogé sur les longs-métrages sur lesquels il s'est appuyé pour créer The Artist, Michel Hazanavicius cite pêle-mêle L' Aurore (1927) et City Girl, Our Daily Bread (1929) de Friedrich-Wilhelm Murnau, Les Quatre fils (1928) de John Ford, La Foule (1928) de King Vidor, L' Inconnu (1927) de Tod Browning ou encore les films de Fritz Lang. C'est par ces longs-métrages qu'il a introduit Jean Dujardin au muet, un univers que l'acteur reconnaissait ne pas connaître. Le cinéaste soutient en revanche s'être méfié de l'incontournable référence que représente Charlie Chaplin, parce qu'il jugeait inutile de s'inspirer de quelqu'un d'aussi unique, inédit et inimitable que Charlot : "Tout ce qui est vrai pour lui n’est vrai que pour lui", explique-t-il.

Un artiste de l'espionnage ?

Si l'idée de faire un film muet trottait dans la tête de Michel Hazanavicius depuis plusieurs années, le scénario dudit film restait quelque peu flou. Ainsi, le réalisateur pensa un temps faire un film d'espionnage à la manière de Espions de Fritz Lang. Deux éléments l'on cependant poussé à réviser son projet. Le premier fut son désir de créer une cohérence entre la forme et le fond. En effet, il voulait que le format, le noir et blanc et l'absence de parole soient justifiés par l'histoire, ce qui n'était pas le cas dans l'hypothèse d'un film d'espionnage. De plus, le cinéaste souhaitait réellement retrouver Jean Dujardin, mais refusait de lui confier un rôle d'agent secret, c'est-à-dire très proche de celui qu'il tenait dans OSS 117, Le Caire nid d'espions et OSS 117 : Rio ne répond plus.

Petite Peppy deviendra grande

Bérénice Bejo est arrivée sur le projet bien avant Jean Dujardin. Elle a ainsi connu les différentes étapes d'écriture du script, et notamment les prémices de l'histoire de George Valentin, une version dans laquelle Peppy Miller était un rôle de figuration : "Même le chien a un rôle plus important que le mien !", s'amusait alors l'actrice. Ce n'est que bien plus tard que le réalisateur a doublé la déchéance de son protagoniste d'une histoire d'amour, hissant ainsi le personnage de Peppy en haut de l'affiche.

Dujardin réduit au silence

Les dialogues fournis par le réalisateur à ses acteurs ont été réduits autant que possible, le cinéaste ne voulant pas que ces derniers se reposent sur les mots. De même que le muet lui imposait un style de réalisation particulier, il voulait plier ses interprètes à l'exercice particulier de l'expression sans parole. Celui-ci s'est avéré tout à fait inédit pour Jean Dujardin qui, aux dires d'Hazanavicius, trouve un personnage en trouvant sa voix. Ce travail, nouveau pour l'acteur, lui a permis d'explorer plus facilement les zones intimes et émouvantes de ses rôles, et d'accepter plus facilement de travailler "sans filet".

Dr Réal et Mr Scénar

Ordinairement, Michel Hazanavicius signe à la fois la réalisation, le scénario mais aussi les dialogues de ses longs-métrages. Travailler sur un film muet l'a donc contraint à abandonner l'une de ses habituelles casquettes pour se concentrer sur un mode spécifique de mise en scène : "Je n’ai cessé, au moment de l’écriture, de me poser de pures questions de metteur en scène : comment raconter cette histoire en sachant qu’il n’est pas possible de mettre des cartons toutes les vingt secondes ?" Autrement dit, et contrairement à des films comme OSS 117, où le contenu et le rythme d'enchainement des répliques sont au moins aussi importants que les images, le cinéaste s'est montré plus "réalisateur" que jamais sur le tournage de The Artist.

Monsieur Je-sais-tout

Bien qu'il refuse l’appellation de film historique et dit préférer la "stylisation de la réalité" , le réalisateur n'en a pas moins fait de longues recherches sur les années 20 et 30. Celles-ci, explique-il, visaient à nourrir son imaginaire, mais également à faire face aux innombrables questions que journalistes et membres de l'équipe technique ne manqueraient pas de lui poser. Ce savoir lui a servi de terreau sur lequel il a pu faire pousser son long-métrage : "Plus on s’est documenté, et plus on peut jouer avec…"

Brooks passée sous silence

Si les critiques n'ont cessé de louer le foisonnement de références à l'univers du muet présent dans le long-métrage, les acteurs ont travaillé à partir d'un nombre restreint de figures. Bérénice Bejo, par exemple, dit s'être inspirée de la mignonne et délurée Joan Crawford (notamment au début de sa carrière), de la claquettiste Eleanor Powell et de Marlene Dietrich, à laquelle elle a emprunté un art du clin d’œil, de la pose et du baiser à la caméra. Il n'est donc pas question de Louise Brooks, pourtant constamment citée par les journalistes pour décrire le jeu de Bérénice Bejo. Quant à son partenaire Jean Dujardin, il résume son inspiration en un nom : Douglas Fairbanks.

In situ

Grâce à la confiance sans limite du producteur Thomas Langmann, The Artist a pu être tourné sur les lieux qu'il décrit : Hollywood et, plus précisément, les rues de Warner et de Paramount. Certains décors utilisés sont ainsi de véritables zones de pèlerinage pour cinéphiles. La maison où habite Peppy dans le film, par exemple, de même que le lit dans lequel se réveille George Valentin, ont appartenu à l'actrice Mary Pickford.

A la mode de chez nous

Parmi les Américains ayant travaillé sur le film, on note Mark Bridges, costumier attitré du réalisateur Paul Thomas Anderson (Magnolia, There Will Be Blood). S'il avait déjà eu l'occasion de recréer une mode vintage avec Blow de Ted Demme en 2001, il ne s'était cependant jamais plongé dans les années 20 et 30.

Le rythme dans la peau

L'avantage lorsque l'on tourne une scène muette, c'est que l'on peut donner des indications à ses acteurs tout au long de la séquence. Le réalisateur affirme néanmoins avoir privilégié la chaîne stéréo au mégaphone, et demandé aux interprètes de se laisser guider par les bandes-originales de Sunset Boulevard, Nos plus belles années ou encore Les choses de la vie. Connaissant les goûts musicaux de ses collaborateurs, le cinéaste n'a pas hésité à jongler avec leurs mélodies préférées lorsqu'il voulait obtenir un résultat particulier. Aussi, et bien que les images et la musique ne semblent faire qu'un tout, ce sont d'autres mélodies que celles entendues par les spectateurs qui ont guidé les acteurs dans leur jeu. La scène du numéro de claquettes, par exemple, a été enregistrée sur une musique de Cole Porter, et a par la suite obligé le compositeur à écrire un morceau qui suivrait exactement la même rythmique.

Des musiciens menés à la baguette

Derrière la musique du film se cache un autre habitué de la filmographie d'Hazanavicius : Ludovic Bource. Cependant, leur travail sur The Artist s'est avéré très différent de ce qu'il fut sur leurs précédentes collaborations, dans la mesure où la bande-originale est ici un élément fondamental du scénario et de la mise en scène ; elle ne doit plus accompagner les images, mais les décrire : "Elle doit prendre en compte toutes les humeurs, mais aussi toutes les variations, toutes les ruptures, tous les conflits, tous les changements de direction de chaque séquence", explique le réalisateur. Aussi, parce que les choix musicaux n'étaient plus du ressort du seul compositeur, le cinéaste a grandement guidé les musiciens, découpant son film en segments d'humeur et indiquant quelle musique il souhaitait entendre sur chacun d'entre eux.

Les claquettes, ça claque !

Si The Artist a permis à toute l'équipe de connaitre un nombre de "premières fois" assez conséquent, Jean Dujardin cite parmi ses plus beaux souvenirs l'apprentissage des claquettes. Les deux minutes de la scène finale ont en effet nécessité près de quatre mois d'entraînement, au cours desquels l'acteur avoue avoir pris un plaisir fou, malgré l'impression persistante de ne faire aucun progrès. L'interprète dit avoir voulu privilégier la générosité à la perfection des pas, aussi n'a-t-il pas hésité à multiplier avec enthousiasme les prises, un dynamisme rendu possible par sa complicité avec Bérénice Bejo et la volonté du réalisateur de ne pratiquement pas couper la scène.

Baiser volé

Histoire d'amour et de romance, The Artist ne va cependant pas plus loin qu'une scène de danse : aucun baiser, aucune nuit n'est partagée entre les deux protagonistes. Bérénice Bejo précise cependant qu'une première version du script était bien plus explicite, mais la scène du baiser fut supprimée suite à une discussion collective entre le réalisateur et ses deux acteurs, afin de coller à la pudeur des films des années 20 et 30.
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