Guilty of romance
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Note moyenne :   3,3 pour 168 notes dont 28 critiques  | 
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Laconique

2 abonnés | Lire ses 574 critiques |

  1.5 - Mauvais

Izumi, femme au foyer timide et soumise au volonté de son mari écrivain et frigide, se décide à trouver du boulot afin de mettre un terme à sa triste routine et de gagner son indépendance. Alors qu'elle travaille dans une épicerie où elle promouvoie des saucisses-apéro, une femme l'aborde et lui propose d'être mannequin pour des nt peu à peu dans la pornographie, elle devient ami avec une enseignante d'université qui se prostitue. "Guilty of Romance" est un film original, mais lassant, avec des scènes et des evènements qui partent dans tous les s'y perd.

soniadidierkmurgia

28 abonnés | Lire ses 1597 critiques |

  3.5 - Bien

Sino Sion est un cinéaste japonais dont l'oeuvre réputée trash est méconnue, "Guilty of romance" est son premier film distribué en France. Sono attaque fort avec la découverte dans le quartier des love hotels à Tokyo de deux cadavres atrocement mutilés dont certaines parties du corps ont été mélangées avec celles d'un mannequin selon une composition digne du serial killer psychopathe du "Silence des agneaux". Mais le thriller horrifique qui nous semble promis ne constituera que le sous-texte du film, Sono concentrant son propos sur la toute jeune Izumi mariée à un écrivain célèbre auprès de qui elle joue un rôle de soubrette consentante. Les journées sont rythmées par les entrées et sorties du maître de maison ironiquement illustrées par le ballet des pantoufles orchestré par Izumi. Pourtant sexy à souhait Izumi ne semble susciter aucune attirance chez son époux qui lui consent malgré tout en de rares occasions le divin plaisir de toucher furtivement son pénis. Même très dévouée et heureuse de son sort matériel , Izumi finit par trouver le temps long et commence à sortir du nid pour enfin découvrir la vie et le sexe. Par le truchement d'un travail de démonstratrice pour une marque de saucisses la jeune femme va se faire remarquer par une recruteuse qui la fera poser pour des photos de charme. C'est le premier pas vers la libération et la tournée des love hotels où Izumi rencontre la faune de l'univers glauque du sexe tarifé. Le pas jusquà la prostituion est dès lors facile à franchir sous la férule de Kazuko une démoniaque professeure de littérature, disciple du "château" de Kafka et prostituée à ses heures perdues. A regarder le parcours d'Izumi qui sort d'un enfermement pour entrer dans un autre on peut s'interroger sur la place de la femme dans la société japonaise contemporaine vue par Sino Sion. L'épanouissement sexuel lui semble interdit en dehors de la soumission à l'homme que ce soit à travers la domesticité conjuguale ou la prostitution. Cette impossibilité à l'épanouissement au sein du couple est encore réaffirmée via le personnage de la femme flic chargée de l'enquête qui elle aussi fréquente les love hotels. La bravache Kazuko adepte du sado-masochisme croit s'être libérée définitivement de cette gangue en faisant exploser toutes les conventions (la scène de présentation d'Izumi à la mère de Kazuko est à ce propos d'une violence psychologique rarement atteinte) , mais elle sera tragiquement rattrapée par le poids des traditions. La longue descente de la jeune et innocente Izumi vers les désillusions de la vie adulte est souvent bouleversante grâce à la caméra de Sono qui détecte admirablement l'ambivalence d'Izumi au visage encore enfantin mais au corps à la sensualité charnelle provocante. Sono n'évite pas quelques facilités comme le rappel à peine assumé à "Orange mécanique" mais dans l'ensemble son film souvent empreint de dérision fait mouche et demeure captivant durant les quelques 2h30 de la version longue proposée avec le DVD.


Pierre P.

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  5 - Chef d'oeuvre

Surprenant de bout en bout, avec son ambitieux mélange de genres (thriller policier, drame psychologique, commentaire social sous-jacent), Guilty of Romance manipule les émotions et les nerfs du spectateur avec une aisance incroyable. Sion Sono tisse un film hypnotique (l'hallucinante utilisation des couleurs chatoyantes et de lumières vives, voire violentes ironise avec une bande-son occupée de discrètes interprétations d’œuvres classiques) où chaque nouveau plan porte en son sein un potentiel de basculement menaçant, paralysant. Le scénario, d'une écriture déjà virtuose de maîtrise en soi, se réfère tour à tour à Kafka, Sade ou à Bataille sans le moindre accroc. Mention spéciale aux comédiennes principales qu'on sent engagées jusqu'à la moelle dans leur interprétation de personnages fragiles et au bord de la schizophrénie.

thierry R.

0 abonné | Lire ses 12 critiques |

  1 - Très mauvais

Mauvais ou chef-d'oeuvre : chacun fera son choix. Même si le coté esthétique est réussi, je reproche à ce film son manque de vraisemblance ey son scénario confus

AlexTorrance

17 abonnés | Lire ses 487 critiques |

  4.5 - Excellent

« Vous avez 16 ans ? Tout juste l’âge requis, donc. Je préfère vous prévenir, c’est souvent proche du porno », me dit la dame du guichet, avec un petit rictus pour le moins explicite. Guilty of Romance était, pour moi, l’occasion tant attendue de découvrir le cinéma de Sono Sion… Envahie par l’espoir d’une vie fantasmatique et passionnelle, Izumi épousa un célèbre auteur de romans bas de gamme pour ménagères – dont la célébrité n’a d’égal qu’une extrême mégalomanie presque risible. Son corps, elle n’a le droit d’y toucher que lors de certains élans de bonté. Loin d’elle l’idée de pouvoir s’abandonner à ce plaisir qu’on dit charnel. Par cet infini manque d’épanouissement commence à grandir en elle une envie d’inconnu. Bouleverser sa routine de femme au foyer et cesser de n’être qu’une esclave. Elle a désormais un but : séduire son époux. Tandis qu’elle se trouve à vendre des saucisses dans un supermarché, une femme lui propose de poser nue dans un studio de professionnels. Son arrivée dans le monde des idols japonaises est le début d’une dépravation des plus radicales. Au fil du long-métrage, la métamorphose psychologique se retrouve dans la performance physique même de Megumi Kagurazaka, tout simplement brillante dans ce rôle de femme déboussolée et incessamment dépassée par les évènements. Malgré sa courte filmographie constituée de trois rôles (dont un autre chez Sono Sion), son jeu d’acteur demeure très intense : elle vit son personnage de prostituée plus qu’elle ne l’interprète. Par ailleurs, Guilty of Romance porte un regard tout à fait troublant sur la prostitution. Comme si les partis pris par le réalisateur passaient parfois d’une misogynie pure et dure à un féminisme bluffant. Cependant, c’est le film tout entier qui demeure véritablement troublant. La simple présence parallèle d’une enquête sur des assassinats sordides parvient à créer le malaise. Par ailleurs, on suit avec grand intérêt les quelques scènes policières du long-métrage dans la mesure où le montage se met amplement au service de la fascination déjà puissante qu’exerce l’intrigue de base – l’initiation d’Izumi aux bas-fonds des love-hotels. De par ce scénario qui inspire de nombreux questionnements pendant et après le visionnage, Guilty of Romance s’avère aussi brillant sur le fond que sur la forme. Sur la forme parce que le travail effectué sur le long-métrage est d’une beauté visuelle éblouissante. Les lumières, les couleurs et les décors deviennent alors les fondements d’un nouvel espace temps quasi-cauchemardesque, qui serait le théâtre de bien des horreurs. En effet, il ne faut pas nier cette certaine affinité envers le cinéma de genre japonais. Pas de scènes d’épouvante mais plutôt des scènes éprouvantes. On se retrouve parfois piégé à l’intérieur d’un monde terrifiant, où l’on serait volontiers partant pour sortir la protagoniste des galères qui lui tombent dessus. Que de termes qui pourraient alors définir cet excellent film qu’est Guilty of Romance. Fascinant, éprouvant, terrifiant, éblouissant… Néanmoins, un point commun s’offre à toutes ces impressions de visionnage : elles sont toutes accentuées avec brio par une bande-originale brillamment orchestrée où chaque note est un frisson supplémentaire, où chaque note impose une ambiance plus ou moins angoissante. Une chose est sûre, Guilty of Romance n’est pas un film à mettre entre toutes les mains. Si l’on oublie les scènes à caractère érotique, qui permettent la mise en valeur des superbes corps de japonaises, il y a parfois quelques excès d’hémoglobine à l’écran. En d’autres termes, nous ne sommes jamais à l’abri de quelques boyaux sauvagement tranchés, lors des scènes d’autopsie plutôt crues… En conclusion, Guilty of Romance est une très grande réussite pleine de trouvailles en tous genres, tant sur le plan visuel que narratif. Une œuvre souvent dérangeante qui nous plonge au cœur de la prostitution dans tout ce qu’elle a de viscéral… Les codes du cinéma de genre s’en trouvent joliment exploités.

Moorhuhn

25 abonnés | Lire ses 429 critiques |

  4 - Très bien

Sono Sion, j'adore, j'adhère. Troisième film que je vois du bonhomme et une nouvelle fois on a le droit ici à une oeuvre atypique, forte et audacieuse. Si je devais résumer Guilty of Romance en quelques mots, je dirais que c'est un tourbillon poético-charnel, un objet de fantasme. Le film prend une dimension quasi-psychanalytique en traitant la thématique du désir sexuel, désir ici refoulé par l'épouse d'un écrivain qui ne la touche pas et lui fait vivre le rôle de la parfaite femme au foyer. Sono nous exécute la peinture de ce masque social qui tombe et des pulsions endormies qui brutalement se réveillent, progressivement on entre dans un cauchemar éveillé où navigue Izumi cette femme tiraillée entre ses "obligations" sociales et ses désirs. GoR est une oeuvre baroque qui ne semble souffrir d'aucunes limites, qui semble être le fruit d'une imagination débordante qui aurait carte blanche. Ce film est bien malsain mais aussi terriblement envoûtant. Je n'ai pas été embarqué comme j'ai pu l'être par Love Exposure mais j'ai été terriblement conquis par ce film. Sono ose, et ça fait plaisir de voir ça dans le paysage cinématographique actuel. Visuellement déjà ce film est une grande réussite, Sono semble avoir mûri dans sa mise en scène, peut-être grâce à de meilleurs moyens mais en tout cas on a le droit à une forme très propre et à des séquences admirablement menées. On y retrouve cette poésie morbide typique de Sono, c'est fou. Des scènes marquent par leur ingéniosité visuelle, citons celle sous la douche et une bonne partie se déroulant dans le "château". GoR semble s'être aussi inspiré directement de l'Empire des sens d'Oshima dans le simple fait de montrer des corps qui se désirent et expriment ce désir, des corps dictés par leur sens où toute les limites morales et sociales fixées par l'homme sont totalement gommées quand éclate ce désir primaire, celui du plaisir charnel. Réussite esthétique, Guilty of Romance reste aussi une oeuvre profondément dense. Outre le désir sexuel il y a des questionnements sur l'homme, sur l'amour, sur les rapports de domination-soumission, sur les déviances, sur les moeurs... Dans ce cyclone voluptueux représenté à l'écran il y a matière à s'interroger. La femme est ici largement mise en avant, en tant qu'être sexuel à part entière. Sono ne se prive pas également de nous livrer un pur défilé érotique qui sert pleinement son propos, qui n'est pas gratuit. GoR est un film qui navigue entre poésie, érotisme, surréalisme et fantasme. Une nouvelle fois d'un point de vue artistique, on peut louer le fait que Sono évite le didactisme. Son film est divisé en chapitres mais cela ne rend en rien son film linéaire. Il y a une véritable intelligence narrative dans ce film à laquelle on pourrait tout de même reprocher une certaine répétition qui malheureusement fait retomber le soufflet à plusieurs reprises, ce qui m'empêche de crier au chef d'oeuvre car il subsiste encore quelques maladresses. Mais ces maladresses ne sont rien face à l'étendu du génie artistique dont Sono nous fait preuve encore une fois et il me tarde vraiment de découvrir sa filmo en profondeur. Troublant et fascinant, GoR respire le cinéma, respire les idées et s'en sort avec les honneurs

djævel

3 abonnés | Lire ses 102 critiques |

  2.5 - Moyen

Izumi est mariée à un écrivain qui ne la touche pas. Vendeuse de saucisses (on ne saurait trouver une métaphore phallique plus crétine), elle va devenir modèle, actrice porno et prostituée. Elle croisera en route une prof de fac nymphomane obsédée par son père et un mac ayant un goût prononcé pour la peinture rose. Dans ce portrait de petite bourgeoise découvrant les plaisirs et les déplaisirs de la chair, il y a un peu de « Belle de jour » de Bunuel et surtout beaucoup de n'importe quoi. Complètement foutraque, « Guilty of romance » peut séduire par son mélange de genres : la tragédie (une descente aux enfers) s'y mêle constamment à l'ironie et au grotesque (voir la scène hilarante où la mère de l'universitaire lui fait part, avec le sourire, de toute sa haine), et le film prend la forme d'un film érotique passablement pervers (Sion ne filme pas ses actrices, il les exhibe) soupoudré de quelques scènes médico-légales bien gores mais totalement gratuites. Ce grand pot-pourri cinématographique pourrait convaincre totalement si le réalisateur japonais ne se forçait pas à intellectualiser artificiellement son propos en citant Kafka à tout bout de champ et en déclamant de la poésie toutes les cinq minutes. Derrière son vernis provocateur et ses ambitions visuelles et thématiques, « Guilty of romance » s'avère assez dénué d'idées, Sion ne semblant pas souhaiter réfléchir véritablement sur la sexualité et s'en tenant aux clichés de base (frustration pour Izumi, complexe d'Electre pour son amie). Pas terrible mais pas mauvais non plus, juste vain et épuisant.

Likeg6

1 abonné | Lire ses 14 critiques |

  5 - Chef d'oeuvre

J'ai adoré cette histoire terrifiante et profonde de Sono Sion. On y suit une bourgeoise un peu pommée qui se fait manipuler par une femme inconnue et elle commence à rentrer dans un métier que personne n'aimerait s'y trouver. Très provocant, on retrouve ici, le premier film de Sion Sono sortit en France pour la première fois.

titilou

0 abonné | Lire ses 657 critiques |

  1.5 - Mauvais

Variation sans intérêt à la sauce nipponne de "Belle de jour" sur la fascination pour le malsain et le bizarre.

tof44

17 abonnés | Lire ses 164 critiques |

  2.5 - Moyen

Si on voit "Guilty of Romance" comme une sorte d'hommage aux "pinku eiga" des années 70, c'est plutôt pas mal, surtout au niveau de la forme et ce même si les décors très théâtraux et la lumière criarde venant des éclairages aux néons de Shibuya ne sont pas forcément terribles (dans le genre, Gaspar Noé ou Wong Kar-Waï ont fait beaucoup mieux). Mais bon, à part ça et hormis une volonté évidente de choquer le bourgeois finalement assez creuse pour le spectateur occidental (des poils pubiens, une héroïne en train d'uriner... ça peut peut-être encore hérisser au Japon mais ici...), il n'y a quand même pas grand chose à tirer du film. Sion Sono bâcle complètement la partie consacrée à l'enquête policière et accumule sans trop de finesse mais avec une certaine réussite moult citations, qu'elles soient littéraires (Kafka, Sade, Mishima, Edogawa Ranpo...) ou cinématographiques (le maquereau sapé comme dans "Orange Mécanique"). Surtout -et c'est la le principal reproche qu'on pourra lui faire-, il sacrifie à un intellectualisme assez déplacé un sujet extrêmement charnel. Du côté des acteurs, les deux interprètes principales sont excellentes, même si Makoto Togashi sur-joue un peu trop la méchante dépravée alors qu'on découvre avec bonheur le talent de Megumi Kagurazaka qui n'a d'égal que la taille de ses attributs mammaires. Miki Mizuno, elle, est aussi effacée que son personnage de flic l'est dans l'intrigue... Voilà, si "Guilty of Romance" est plutôt réussi au niveau visuel (malgré des délires à la Almodovar pas forcément bienvenus) et dans son aspect référentiel, on repassera pour la subversion. Sion Sono est encore à des années-lumière d'un Koji Wakamatsu...

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