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    Zero Theorem
    note moyenne
    2,8
    1379 notes dont 197 critiques
    répartition des 197 critiques par note
    16 critiques
    39 critiques
    53 critiques
    55 critiques
    22 critiques
    12 critiques
    Votre avis sur Zero Theorem ?

    197 critiques spectateurs

    Flaw 70
    Flaw 70

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    4,0
    Publiée le 29 juin 2014
    Terry Gilliam est un réalisateur brillant qui aime à créer des univers fantaisistes qui demande une pleine attention de son spectateur pour déceler toute les pépites et interprétations que possède ses films. En ça il a accouché de deux magnifiques chef d'oeuvre que sont Brazil et Twelve Monkeys mais aussi livré de très bon film comme lors de ses années Monty Python ou encore Las Vegas Parano. Mais ses dernières années il semble s’être fourvoyer avec un film de studio sympathique mais oubliable ( Les Frères Grimm ), un film totalement passé inaperçu ( Tideland ) et le décevant Imaginarium du Docteur Parnassus. Un période de sa vie qui fut aussi troublé par les échecs successifs de son adaptation de Don Quichotte qui fut un véritable projet maudit mais dont Gilliam se refuse à lâcher prise, ce qui révèle un caractère obstiné et bien trempé. J'aime beaucoup ce cinéaste et l'avoir vu livré des films qui devenait très moyen m'attristait beaucoup et le voir faire avec son nouveau film un retour au source salutaire m'a fait un bien fou surtout qu'il s'agit clairement de son meilleur film depuis 16 ans. Mais néanmoins Zero Theorem n'est pas un grand Gilliam et ferrait presque partie de ses films les plus faibles quand on le compare à ses films d'avant le 21ème siècle comme Brazil, dont il est le fils spirituel mais qui ne tiens clairement pas la comparaison face à ce bijou. Car les thèmes de ses deux films sont extrêmement similaires mais la ou Brazil avait un approche orwellienne, Zero Theorem sera plus une oeuvre kafkaienne, même si les deux optiques sont très proches, il y a néanmoins des différences notables. Le film est donc une critique virulente de la société et même de la vie, que ce soit la publicité qui nous poursuit même dans nos rêves spoiler: ( un panneau publicitaire qui se trouve être l’île paradisiaque ou Qohen retrouve Bainsley ) et notre quotidien, la surveillance obsessionnelle d'un société insidieuse et dictatrice, l’interdiction de l'individualité et de vivre pleinement spoiler: ( la scène très drôle du parc avec les panneaux d'interdiction ) ou encore la technologie qui pousse à l'isolement et à la solitude. D'ailleurs Gilliam est parfois dépassé dans son propos, certains aspects de son film sont trop vieillot et ne son plus vraiment d'actualité ce qui fait que certains sens du film seront trop nébuleux et difficile à saisir. Sinon les personnages et les dialogues sont savamment écrit apportant une ironie et un ton sarcastique des plus appréciables, et l'univers dans lequel les personnages évoluent est savoureux que ce soit le site internet, le travaille de Qohen, la ville ainsi que l'habitat du héros, tout est pensé avec minutie avec un soin du détail imparable. Par contre la fin représentera un non sens qui est difficile à comprendre de prime abord mais qui finalement, après réflexion, souligne l'aspect paradoxal du film même si elle aurait pu être fait de manière moins grossière. Finalement le film est la représentation parfaite du Zero Theorem spoiler: ( la vie est insensé ) et plus que d’être un film sur l'impérialisme de la bureaucratie, c'est avant tous un film sur la vie, l'isolement, la folie et la peur du quotidien ( s’embourber inexorablement dans la routine ). Gilliam prône la folie et la fantaisie pour s'extirper de ce cauchemar car lorsque l'on vit dans un monde détraqué pourquoi ne pas être aussi détraqué que lui pour ce démarquer, il préfère l'unique que le communautaire. En soit le parcours psychologique du personnage est extrêmement intéressant et complexe, qui finalement donne sens au film une fois la nature du personnage comprise, spoiler: en faite quasiment aucun des personnages du film ne sont réelles et tous ce passe dans la tête de Qohen, avec la représentation du "nous" comme à chaque fois qu'il se défini, il fait référence à ses différentes personnalités. Son ami est en faite sa conscience, Management est sa part d'ombre, Bob est son lui jeune tandis que Bainsley est son fantasme, son idéal à atteindre. D'ailleurs chacune de ses figures seront influencé par l'univers qui l'entoure, Bainsley, une actrice érotique d'un site qu'il fréquente, l’île paradisiaque sera issue de la pub comme sa représentation de son subconscient ( le trou noir ). Une fois que le personnage cessera de dire" nous" pour dire "je", c'est à ce moment précis que ça vie ce détraque complètement, qu'il se rend contre de sa condition, l'emploi du je rend mourant Bob, et chacun des personnages sorte de sa vie au moment ou il se rend compte de leurs inexistence. . Cette analyse n'engage que moi mais c'est comme ça que j'ai compris le film et qui me parait plus sensé et pertinent dans ce sens surtout que Gilliam se fait un malin plaisir de ne jamais répondre aux questions posé et laisse libre cours à la réflexion du spectateur. Comme le sous-texte religieux qui se veut naturellement difficile à saisir et qui fait une parallèle judicieuse avec la condition de Qohen. Pour le casting c'est un sans faute, ils sont tous très bon même si ils n'ont que des petits rôles pour certains ( Matt Damon, Tilda Swinton ) mais on retiendra surtout un Christoph Waltz parfait comme à son habitude et Mélanie Thierry qui s'impose comme la révélation du film. C'est une actrice française sous exploité malgré son talent indéniable, elle est ici vraiment excellente. Pour la réalisation, Terry Gilliam fait preuve d'un soucie du détail savoureux dans l'univers qu'il dépeint et arrive à rythmer son film de cette folie douce qui le caractérise ce qui fait que l'on se laisse emporter dans son délire et qu'on ne s’ennuiera pas devant la projection. Sinon sa mise en scène est très maîtrisé mais elle ne connaîtra jamais de fulgurance, elle est élégante et inspiré mais ne ferra pas date dans la filmographie de son auteur. En conclusion Zero Theorem est un très bon film, intelligent et inventif mais qui doit jongler avec trop de défauts dans son propos pour que celui-ci s'impose comme un grand film. Parfois trop confus dans sa démarche ou trop en retard sur son temps, le film à néanmoins un charme indéniable qui emporte l'adhésion.
    Colargol2036 - nyallezpascestdelamerde.fr
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    5,0
    Publiée le 1 septembre 2014
    Au cinéma, il y a des réalisateurs qui se répètent. Certains par paresse et par facilité et opportunisme des deux défauts sus-nommés (Michael Bay ou Luc Besson). D’autres parce qu’ils ont leur patte et que d’apparence, leurs films se ressemblent (David Fincher, Darren Aronofsky, Terrence Malick ou Chris Nolan), d’autres encore parce qu’ils ont leur univers, leur narration singulière, leur folie intérieure comme c’est le cas, par exemple pour Terry Gilliam.Il est certain qu’il y a comme un air de famille entre Zero Theorem et Brazil, L’Armée des 12 Singes et Las Vegas Parano. Personnages, fragiles physiquement ou psychologiquement, perdus au milieu d’un univers qui les dépasse. Trips à la limite du shoot de drogue massif hallucinogène, à la frontière de la réalité virtuelle, temporelle, cérébrale, les films de Terry Gilliam ont cette magie britannique de folie décalée, de douce dinguerie voire même de névrose inquiétante parfois qui plonge leur principal personnage dans un monde inconnu qui les déroute totalement avant de les transcender. Sam Lowry, Raoul Duke, James Cole, Qohen Leth et même le Roi Arthur lui-même peuvent en témoigner.Parfois noir, sale et dérangeant, Terry Gilliam ne s’embarrasse pas de considérations et sait créer des univers singuliers qui n’appartiennent qu’à lui. Il a inspiré nombre de réalisateurs qui lui rendent encore aujourd’hui de reconnaissants hommages. Ainsi, si Zero Theorem a pu être décevant pour certains, il n’en a pas du tout été le cas pour moi.Loin d’être certes aussi abouti qu’un Brazil ou qu’un de ses glorieux ainés, le distopique Zero Theorem, avec les faibles moyens qui lui ont été attibués, se hisse largement parmi les films les plus sympathiques et étrangement agréables de Terry Gilliam.Zero Theorem se fout des conventions. De la musique à l’ambiance, de la masse incommensurable d’idées et de trouvailles, on ne se lasse pas des décors à l’opposée totale des futurs de cliniques d’hôpitaux qui plaisent tant aux studios. Ce bordel total, cet empilement et superpositions foutraques de tenues excentriques, de panneaux publicitaires envahissants, de bureaux colorés shootés au dragibus et de la dinguerie ambiante qui sommeille en chaque personnage dont les interprètes prennent vraisemblablement un plaisir sans fin à tourner avec un tel virtuose est un régal pour qui arrive à s’y plonger.Ainsi entouré de couleurs et de douce folie, le personnage de Qohen n’en apparait que plus triste, plus éloigné de ce bonheur artificiel qu’il refuse d’embrasser. Zero Theorem se classe ainsi en dehors de tous les sentiers battus par un Hollywood formaté, le récit ne se plie pas à la sacrosainte règle « il faut tout expliquer à la fin », Zero Theorem est ce que j’aime souvent dans les films, une tranche de vie sans vraiment de début, sans vraiment de fin. Avec mille questions, mais peu de réponses. Un film à l’image de la vie. N’écoutez pas les mauvaises critiques, comme la vie, Zero Theorem mérite d’être vécu.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    2,5
    Publiée le 29 septembre 2014
    Gilliam a été un auteur que j'ai adoré durant ma prime jeunesse avec des films comme Brazil ou l'armée des douze singes (surtout ce dernier d'ailleurs) et j'apprécie toujours de voir l'un de ses films même s'ils ne sont pas tous réussis... Parce que lorsque l'on a l'esprit aussi tordu que Gilliam si on n'ordonne pas un minimum ses idées ça veut vite donner une sorte de capharnaüm vide de sens. Et c'est malheureusement ce qu'est ce Zero Theorem. Ce n'est pas un film antipathique, j'ai envie de l'aimer et j'y arrive un peu, mais bon, dieu que c'est vain, dieu que ça se prend au sérieux alors qu'en fait tout était là pour faire "autre chose" de bien plus intéressant en changeant quelques petits trucs pour rendre le tout ne serait-ce que plus intéressant. C'est un film qui n'a ni queue ni tête où Gilliam pousse le délire jusque dans ses derniers retranchements, la logique n'a plus cours ici et malheureusement il nous laisse sur le côté, on regarde ça, soit ennuyé soit fasciné, mais jamais impliqué réellement dans les enjeux perchés du film, ça me fait un peu penser à the fountain dans le genre de film batard qui part de bonnes idées et qui donne finalement un gros n'importe quoi. Pourtant il y a plein de trucs à sauver, les décors (ça me fait mal de dire du bien des décors parce qu'en général si on en vient à parler des décors c'est que l'on a rien de bien à dire sur le film), l'ambiance générale du truc, mais surtout la mise en scène de Gilliam que j'apprécie tout particulièrement, il a le don pour faire ressortir l'étrangeté de chaque scène, dommage que ça soit pour filmer du vent. Et même, l'idée à la base du Zero Theorem est intéressante, chercher à prouver que l'univers n'a pas de sens, c'est une excellente idée ! Mais j'ai cette triste impression que Gilliam s'est perdu en chemin emporté par sa propre folie créatrice. Je suis donc déçu, pas profondément déçu, mais déçu tout de même et je comprendrai que quelqu'un haïsse ce film, cependant je vois malgré tout toutes les bonnes intentions (dont l'enfer est pavé), les bonnes idées et la généreuse folie du projet et rien que pour ça j'ai envie de le sauver, c'est différent, ce n'est pas bien ou même bon, mais c'est différent, c'est barré, c'est fou et même si ça se viande un peu, que ça n'arrive pas à ses objectifs ambitieux, ben je n'ai pas passé un si mauvais moment j'ai vu un monde dans lequel beaucoup de choses étaient possibles et ça m'a rappelé le spectre de Brazil (qui lui est bien mieux réussi). C'est à réserver aux amateurs du cinéma de Gilliam avant toute chose !
    Dandure
    Dandure

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    2,0
    Publiée le 27 juin 2014
    Attention, cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: dans le futur, fumer sans cigarette ne tue pas plus que le ridicule. Le futur selon Gilliam n’a pris une ride depuis Brazil. Malheureusement Terry, si ! Finie la démesure de l'absurde! Cloîtré dans une église très joliment abandonnée, il s’engage sur un tout petit grand huit clos, mécanique, poussif et saccadé qui tourne en rond comme un ruban de Möbius. Au milieu trône un trou noir qui vide de leur substance métaphysique toutes les bonnes idées. Le scénario finit par sombrer dans son bouillon brouillon et se noie dans la tasse d'une narration trop diluée. Très à l'aise à faire de la réalité un théâtre, l'artisan baroque s'essaye aussi aux fantaisies virtuelles et rate son sujet avec quelques générations de retard.
    yesno
    yesno

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    5,0
    Publiée le 23 juillet 2014
    Chef d'oeuvre. Mais les "critiques officielles" ont beau jeu de comparer avec Brazil qui n'a RIEN A VOIR ! Comme pour Spielberg si l'on compare Jurassik Park à la Liste de Schindler ! Brazil était un chef d'oeuvre d'anticipation politique sur une société de surveillance et l'autoritarisme consécutif. The Zero theorem est une fable mystique sur l'existentialisme et la finitude; qui aborde également l'abrutissement professionnel de la société de marché et qui chuchote à chaque scène: "n'oublies pas de vivre".
    MC4815162342
    MC4815162342

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    4,0
    Publiée le 21 juillet 2014
    J'attendais vraiment ce Zero Theorem, le nouveau Brazil de Terry Gilliam et j'aurais bien voulu pouvoir mettre plus comme note, il est très bon, bien foufou comme je voulais, j'aurais même peut être voulu plus, Christoph Waltz est vraiment épatant, comme toujours oui je sais, il nous apparaît chauve de la tête et des sourcils dans son mentaux qui n'est pas sans rappeler nos sac poubelles, il nous sort du "nous" à la place du "je" à chaque phrase, c'est fun, tout comme l'univers au complet, aussi fou et inventif que dans Brazil mais avec les effets spéciaux de maintenant c'est encore plus magique, j'ai vraiment adoré les décors, particulièrement quand vers la fin Qohen et le jeune sont sur un banc et que derrière eux plein de panneaux d’interdiction sont accrochés, il y'a plein d’interdiction illogiques et très marrantes. La mise en scène est vraiment top et la réalisation suit le même chemin, ce cher Waltz est accompagné d'une très sexy Mélanie Thierry, d'un David Thewlis à la perruque fascinante, d'une Tilda Swinton grimé comme toujours, et d'un Matt Damon comme vous ne l'avez jamais vu. Le scénario quant à lui est un peu plus difficile à cerner, d'ailleurs il n'est pas écrit par Gilliam, il est très plaisant à suivre et barge mais je n'ai pourtant pas trop saisi le but si il y'en a un bien sur, arrivé à la fin je me suis dit "c'est beau et fun mais y'a pas tellement d'histoire", enfin je comprendrais surement un jour si quelque chose à comprendre il y a, ce n'est point grave, le film en lui même est savoureux et très très plaisant.
    vincenzobino
    vincenzobino

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    4,5
    Publiée le 12 juillet 2014
    Si vous êtes fan de l'univers de Gilliam des années 1980-1990 ainsi que d'un célèbre roman signé Orwell et dont le titre date d'il y a 30 ans, vous ne devez aucunement rater ce nouvel opus. Terry Gilliam est l'un de ces réalisateurs pour lesquels je suis cinéphile : un visionnaire hors pair avec un univers propre à lui qui avait fait merveille durant les 2 décennies susmentionnées (notamment l'armée des 12 singes, The fisher king et autres Brazil). Or, depuis le début de ce siècle, je restais sur ma faim et attendais L'œuvre du 21ème siècle du réalisateur britannique. Patience récompensée. Les 2 mondes (littéraires et cinématographiques) décrits plus haut s'associent pour notre plus grand plaisir avec l'humour, certes, mais surtout la tendresse (notamment la dernière scène phénoménale). Un autre motif de visionner le film était Christoph Waltz, pour moi, LA révélation du siècle. Et l'acteur autrichien nous sort une nouvelle performance magistrale avec une sensibilité que je ne lui avais encore jamais vue. David Thewlis et Tilda Swinton sont également prodigieux, le reste du casting étant très bon. A recommander vivement.
    I Fucking Like Movies
    I Fucking Like Movies

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    4,0
    Publiée le 16 janvier 2015
    Certains anticipaient Zero Theorem comme le grand retour de Terry Gilliam au cinéma, de quoi être sacrément impatient connaissant le réalisateur de Brazil, L’armée des 12 singes et L'Imaginarium de Dr Parnassus ou les Monthy Python selon les fans. Au vu de ces films il faut dire que si Gilliam est célèbre c'est bien pour son imagination débordante et déjantée et ses films fantaisistes et métaphysiques. Pour beaucoup donc au vu de la bande-annonce et du pitch, Zero Theorem semblait etre un nouveau Brazil, revu, corrigé et modernisé (comme si c’était nécessaire). Alors déception ou bonne surprise chacun choisit car ce film n'est pas un remake de Brazil. Certes il montre aussi une société contrôlée et aseptisée qui fait forcément penser a 1984, mais à part le style Gilliam si on peut dire, la ressemblance s’arrête là. En effet c'est ici une tout autre société que montre le réalisateur. Si on sent bien l'univers étouffant dans lequel se déroule l'action et dont l'esthétique qu'on peut trouver vulgaire ou délicieusement ringarde et folle semble être le seul moyen d'échapper a un quotidien par trop monotone et dénué de sens, il faut dire ici que le film se centre sur un personnage et moins la société dans laquelle il vit. Un personnage rendu pathétique et perdu des les premiers instants par un Christoph Waltz comme toujours impeccable et aussi perdu que nous dans un monde qui ne lui correspond pas. Un monde complètement loufoque qui fait surchauffer notre pauvre cerveau essayant de tout comprendre en une fois et qui seduira les avides de fantaisie et de fantasy aussi d'ailleurs. Ce pauvre Qohen (le héros) cherche donc un sens à sa vie au milieu d'une floppée de personnages interprétés par un casting de haut niveau qui a largement de quoi démontrer ses talents. Avec ses personnages et son univers, Gilliam montre beaucoup de chose mais se garde bien de montrer du doigt, nous en laissant le soin comme il sait si bien le faire. A chacun le droit d'interpréter ce joli pastiche ou l'esthétique et le background ne font pas tout car il y a une vraie histoire au milieu de tout cela. Alors bien sur toujours très originale, on reste chez Gilliam, mais joliment romantique au sens artistique du terme. On ne sait pas trop où on va et même a la fin on ne sait pas vraiment où on est arrivé, cela plait soit beaucoup soit pas du tout, c'est souvent tout ou rien avec ce réalisateur. Zero Theorem est finalement un film comparable à tout et à rien a la fois, on parle d'abord de Brazil avant de comprendre rapidement qu'il n'y a pas grand chose en commun, le début évoque fortement La grande aventure Lego dans un sens, certaines scènes font penser à un épisode de la série Black Mirror et il est facile de faire des comparaisons aussi diverses que multiples, mais pour vraiment comprendre ce qui caractérise ce film il faut le voir, personnellement je prends tout, en mettant un accent sur le style esthétique, alliance de cyber-punk, de gothique et bien des styles encore. Finalement décrire Zero Theorem semble toujours très réducteur. Alors certes au vu des critiques le film a déçu mais en même temps, et sans le mettre au niveau de Brazil, celui-ci avait à sa sortie reçu un accueil plus que modéré.
    anonyme
    Un visiteur
    5,0
    Publiée le 23 juin 2015
    Mon film préféré. J'ai mis beaucoup de temps à m'en remettre et à le revoir tellement j'avais été soufflé. Ainsi, il est difficile pour moi d'exprimer ce que je ressens quand je le regarde ; mais je vais essayer. Pour commencer, Terry Gilliam est avant tout un homme honnête. En effet, son film est centré sur Qohen, notre (anti-)héros ; et il va tout faire pour le respecter ( spoiler: comme le montre la fin du film car le scénario original était qu'il retrouve Bainsley. Cependant, Gilliam va estimer que cette action serait manquer de respect à son personnage principal car cela voudrait dire qu'il n'accepte pas le monde dans lequel il vit et qu'il continuerait à lutter contre lui. Or, à la fin, c'est lui qui a le contrôle (de sa pensée), d'où l'intérêt de lui faire déplacer le soleil en toute fin de film. ). Car oui, cet homme névrosé est censé nous représenter nous, spectateurs, dans cet univers dystopique ; là où l'individualisme règne en maître sur Terre (à Londres dans le film). Qohen, magistralement interprété par Christoph Waltz, est censé symboliser notre incompréhension devant ce monde où le dialogue et même toute communication n'existent plus (si ce n'est par des publicités omniprésentes) comme en témoigne une soirée où chacun à son casque sur les oreilles. Cependant, ce film n'est qu'une exagération (voire une anticipation) de notre monde actuel car ces soirées où chacun met son caque existent déjà et cette situation de peur de l'autre et de manque de communication également. Terry Gilliam nous met ainsi en garde face aux dérives d'une société trop développée et numérisée : à force de pouvoir être connecté à tout, on a tendance à vite s'en lasser et donc de se renfermer sur soi-même. Qohen croit cependant en cet humain social mais, à force d'être le seul, il finit par devenir le même ( spoiler: comme l'attestera la fin du film où il finit par se "digitaliser" ). Son dernier espoir repose ainsi sur le théorème zéro. Cependant, et c'est notamment là où le film est génial, il essaie de résoudre ce théorème qui démontre que "tout ne mène à rien" ( spoiler: on voit bien que ça l'énerve de ne pas y arriver ) mais il a pourtant peur de réussir à le démontrer car cela voudrait dire que sa vie ne mène effectivement à rien. Car oui, en plus de croire en les qualités de l'Homme, Qohen a une obsession : savoir à quoi mène son existence. Il croit dur comme fer qu'il a quelque chose à accomplir dans sa vie (d'où les nombreuses références à la religion et spoiler: la fameuse attente du coup de fil ). C'est peut-être d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il parle de lui à la première personne du pluriel (moi et mon objectif dans la vie). spoiler: Ainsi, dès qu'il va comprendre que son coup de téléphone n'arrivera pas, il va utiliser le "je" et les personnages gravitant autour de lui vont du coup moins bien aller : Qohen est également devenu un "individualiste" (même si ce n'est pas aussi fort qu'un égoïste). De fait, il préférera finir dans un monde où il se sent bien et où il a le contrôle (via le simulateur de réalité virtuelle) : son esprit, ce dernier étant apaisé de par finalement la "simplicité de la vie". Car oui, l'objectif de la vie, étant donné que nous n'avons pas une mission précise, c'est tout simplement d'être heureux. Et Qohen est heureux sur une plage avec un soleil couchant. Cette conclusion peut s'avérer simpliste et niaise, mais c'est également celle de certains philosophes comme le courant eudémoniste. Au-delà du scénario et des interprétations possibles, les acteurs sont tous incroyables (mentions spéciales à Tilda Swinton et Mélanie Thierry, avec un anglais impeccable) et la musique est juste sublime (alors que j'ai en général du mal à retenir les BO, à un point que je n'y prête même pas attention parfois). Enfin, malgré la consistance du film, ce dernier se permet de faire plusieurs blagues, et qui font mouche ( spoiler: le panneau en forme de croix, le clone mettant sa cigarette dans son chapeau et surtout le speech de Bob sur "l'élu" où je commençais à me dire "non c'est pas vrai ils n'ont pas osé faire ça quand même ?", excellent ). Enfin, j'aimerais revenir sur la critique en général qui assimile ce film à un Brazil 2.0. Alors oui, on retrouve dans la forme un certain nombre de similitudes (ce n'est pas pour rien que Brazil est mon deuxième film préféré) plus ou moins grandes (un homme perdu dans une société qui le dépasse, des personnages qui l'aident, une entité surpuissante) et des clins d'oeil au niveau des personnages ( spoiler: les clones font penser aux plombiers, surtout que ces deux duos sont signe de mauvais présages, et la livreuse de pizza peut nous rappeler la messagère qui chante ). Cependant, dans le fond, comme l'a dit un autre critique sur ce site, Brazil est une anticipation politique sur l'autoritarisme et la bureaucratie alors que The Zero Theorem traite de l'existentialisme et de la finitude de l'homme. spoiler: De plus, comme je l'ai écrit plus haut, Qohen "accepte le système" à la fin alors que Sam Lowry finit par se rebeller. En tout cas, ce n'est en aucun cas un film "vide" comme j'ai pu (trop souvent) le lire et, comme l'a également écrit un autre critique du site, cette note globale très moyenne aurait très bien pu être attribuée à Brazil si ce dernier était sorti aujourd'hui. Pour conclure, je pense que nous avons de la chance d'avoir des réalisateurs comme Terry Gilliam car ce genre de film est à la fois une réflexion sur notre existence à nous, individu, et notre but dans le vie ; mais également sur la société actuelle et ses défauts (à corriger). Car finalement, si nous avons un but dans la vie, il paraît primordial que ce but requiert une relation entre l'individu et notre société. Ainsi, et malgré notre monde hyper-connecté, rien ne remplacera l'échange en bon vieux tête-à-tête ( spoiler: il n'est pas trop tard pour qu'au lieu d'être sur une plage paisible dans notre esprit, nous soyons sur cette plage paisible dans la réalité ).
    OCollus
    OCollus

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    4,0
    Publiée le 30 juin 2015
    Encore un film qui s’est fait descendre en beauté et injustement. . Terry Gilliam nous dépeint une société dans sa grande solitude et sa grande complexité. On a du mal à respirer, c’est touffu, les personnages sont pressés, stressés et sur-informés. Terry Gilliam comme l’avait fait Stanley Kubrick pour 2001 sait observer notre société, se renseignant sur la technologie à venir et la reconstituant avec le plus de justesse possible. Il nous montre dans une scène, comment la publicité nous suivra partout sur des écrans dans la rue et s’adaptera a chacun d’entre nous comme sur internet selon nos propres envies et gouts. Comment ne pas penser à Brazil évidement, mais sans en faire obligatoirement référence, ce film n’a pas l’intemporalité de Brazil mais parle bien d’aujourd’hui. Entre 1984 et le meilleur des mondes il y a Terry Gilliam.
    Apollon L.
    Apollon L.

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    4,0
    Publiée le 2 juillet 2014
    Très bon film avec juste quelques petites longueurs. Un élément est cependant CAPITAL pour comprendre ce film: il ne s'agit pas d'une critique d'une société technologiquement avancée au détriment des êtres humains qui seraient poussés à l'isolement, comme de nombreux critiques professionnels ou non l'ont perçus, mais il s'agit d'un film qui explique le gnosticisme avec un décalage sur la forme. Pour comprendre: le gnosticisme est une religion reprenant certains éléments du christianisme et en rejetant d'autres. Selon sa doctrine, l'être humain est condamné à se réincarner jusqu'à ce qu'il parvienne à l'illumination spoiler: (quand le héros utilise NOUS pour parler de lui: nous= la somme de ses vies antérieures et celle présente) .L'illumination est la prise de conscience que nous ne sommes en fait qu'une simple équation mathématique dont le but est de se résoudre spoiler: (la fameuse équation qui pose problème au héros) . La réponse à cette équation est que chaque être vivant fait parti d'un tout, que l'on peut qualifier de Dieu, et que le Tout est présent dans chaque humain. Lorsqu'un être humain atteint son objectif soit le but de sa vie spoiler: ( c ce qui se passe lorsque le héros enfile sa nouvelle tenue rouge à la fin: il atteint illumination) , il découvre qu'il n'est ni plus ni moins que Dieu (une de ses parties constituante), spoiler: et c pourquoi le manager n'a plus d'utilité à la fin . Le but de l'univers est que chaque être humain redevienne Dieu pour atteindre une unité, source de félicité pour tout le monde (c ce qu'on voit à la fin avec toutes les âmes "images" d'être humains qui sont aspirées par le trou noir). Quelques autres clés pour comprendre le film: spoiler: Dieu est représenté par le manager, Jesus est représenté par Bob (selon les gnostique le but de jésus est de nous montrer la voie pour parvenir à l'illumination), l'isolement du héros n'est pas une critique mais il souligne que le trajet à effectuer pour parvenir à l'illumination ne peut être qu'intérieur et personnel (personne d'autre ne pourra le faire à votre place), le fait que le héros soit enfermé dans une église et qu'il doivent en sortir pour atteindre la liberté est une critique indirecte du carcan chrétien dont il faut s'affranchir (selon les gnostiques), le fameux appel que le personnage attend est le jour du jugement dernier (avec le paradis à la clé) des chrétiens qui serait une fraude (toujours selon les gnostiques), les tenues rouges représentent Lucifer (celui qui apporte le lumière, ou la connaissance permettant de s'émanciper de ses réincarnations multiples), et enfin, l'équation 100% = 0 ou l'idée de l'univers qui s'écrase sur lui-même pour former un gigantesque trou noir créant le néant correspond à l'idée que l'univers s'étend tant que l'ensemble de ses âmes n'ont pas résolu leur propre équation, puis, lorsque ce but est atteint les équations résolus retournent à leur état initial d'équation non résolues (l'avant big-bang) pour recommencer un nouveau cycle. Voilà pour l'aide à la compréhension du film, difficile d'être concis mais l'essentiel est là.
    Attila de Blois
    Attila de Blois

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    2,0
    Publiée le 26 juin 2014
    Terry Gilliam m'a moyennement convaincu avec son "Zero Theorem" à l'univers attrayant mais au scénario ronflant. L'histoire se compose de beaucoup de vide relié par quelques bonnes idées ici et là. Les réflexions soulevées (notamment sur le sens de la vie) ne sont soit pas assez poussées, soit soporifiques. Ce constat colle parfaitement avec le reste du film qui, si l'on fait abstraction de l'excellente performance Christoph Waltz, tombera vite dans l'oubli.
    felix-cobb
    felix-cobb

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    4,0
    Publiée le 26 juin 2014
    Alors que les critiques fustigent Zero Theorem, et que sa distribution demeure affligeante, je suis convaincu par le retour attendu de Terry Gilliam à la science-fiction, genre que le réalisateur affectionne, et dans lequel est bâti son intimité et sa recherche philosophique. En effet, bien que Zero Theorem soit construit sur des fondations fébriles en terme de budget et de production (on connaît bien les difficultés de Gilliam à mettre en oeuvre ses projets les plus ambitieux, cela étant peut être dû à la manque de confiance des producteurs), celui-ci replonge dans la fable philosophique de Terry Gilliam que l'on a principalement identifié dans Brazil, d'où certaines similitudes avec celui-ci, soit un futur proche déjanté où l'individu devient mécanique au service de grandes entreprises, et un personnage isolé (celui de Jonathan Pryce dans Brazil), perdu, fantasmant auprès d'un ange rêvant de s'échapper et de sortir du système. Porté par un irréprochable Christoph Waltz, le film réussit à s'identifier, et à construire une image, une idée bien solide. Cette image, c'est celle d'une société désorientée, corrompue par l'égoïsme et la culture de l'image de soi. Cette idée est parfaitement illustrée lors d'une scène où Qohen, le personnage principal, se retrouve au milieu d'une fête, dans laquelle chacun danse au rythme de la musique à travers leurs écouteurs; en apparence, ce sont des êtres joyeux, sociaux, mais en réalité, chacun, seul, cultive sa joie pour soi même. Or, le personnage interprété par Waltz contraste évidemment cela, puisque celui-ci est seul, perdu dans ses pensées, avec lui-même (ce qui explique pourquoi il parle de lui à la 1ère personne du pluriel) et inlassablement triste. Le métier de Qohen consiste à résoudre des abstractions mathématiques, et cela au service du Théorème Zéro, voué à démontrer que la vie n'a pas de sens. Or, ce qui est émotionnellement puissant dans le film, c'est de constater l'inutilité de ce théorème indémontrable à travers Qohen. Comme le dit Qohen à un moment, "Pourquoi prouver que toute cette vie n'a pas de sens ? ". Là réside tout l'intérêt du film, bien qu'il soit par moments irrité par la surenchère technologique ou bien, à souhait, le manque de travail sur le personnage joué par Mélanie Thierry (analogiquement celui de Jill Layton dans Brazil). En effet, Qohen est touchant, car il est le seul à ne pas avoir perdu le sentiment humain qu'est l'angoisse, l'angoisse du vide, du néant, de l'existence, du sens de la vie. Ainsi, Qohen est perturbé à l'idée de ce Théorème, alors que le reste de la société continue de vivre superficiellement. Sa seule échappatoire est celle d'une réalité virtuelle. Mais, finalement, dans un dernier élan de bonté et d'humanité, Qohen cède à l'angoisse, au trou noir qui réduit tout à Zéro. En cela, Terry Gilliam fait à la fois de Qohen son héros, son personnage le plus humain, et la victime d'une société malsaine qu'il prend plaisir (ou non) à tourner en dérision.
    Lyon W.
    Lyon W.

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    1,0
    Publiée le 28 juin 2014
    Petite arnaque d'auteur qu'on devrait encore aimer. Le film va dans tous les sens et nul part, comme sa camera et son personnage principal d'ailleurs. Le scénario est tricoté rapidement, les personnages dessinés à la va-vite. On a un peu l'impression d'être à une fête où l'on ne connait personne et où personne ne veut s'adresser à nous, avec des gens sous substance qui parleraient de choses qui ne nous concernent pas et qu'on serait obligé de voir jouer à la console sans connaitre les règles du jeu. Un tunnel d'ennui multicolore.
    tixou0
    tixou0

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    1,0
    Publiée le 12 juin 2014
    Presque 30 ans après, on se croirait revenu dans l'univers de "Brazil", juste actualisé, évidemment, un poil plus coloré à l'image, mais tout aussi désespéré et anxiogène (même si la police ne surgit plus à tout moment, "Big Brother", alias "Management" surveillant tout à - faible - distance). Tout le monde est connecté. "Qohen", un as des combinaisons informatico-mathématiques, en particulier, qui en attendant Godot (un rappel téléphonique hypothétique lui tenant lieu de raison de vivre), est 24/24 (ou peu s'en faut), et 365 jours/an attaché au piquet (ses ordinateurs). Alors que Brazil était au moins onirique et poétique, dans "The Zero Theorem", le rêve est un programme comme les autres. Ce quasi-huis clos (une église désaffectée et en partie ruinée en décor unique, ou peu s'en faut) pour une dramaturgie abstruse à 4 personnages principaux (Qohen, sa "muse", son superviseur, le "stagiaire") ne sait pas renouveler ses gammes. Résultat : au bout de 20 à 30 minutes (maximum), on s'ennuie ferme (ai même vu des spectateurs, placés en bout de rang opportunément, quitter discrètement cette AP, "unique en France", avec quelques mots de Gilliam en prologue). Mélanie Thierry (qui accompagnait le "maître" lors de la présentation, sans piper mot - Gilliam s'en est amusé, la traitant de "Garbo") ne réussit jamais à rendre son personnage d'hétaïre virtuelle consistant. Mais le plus triste est la contre-performance de Christoph Waltz en chercheur de "théorème" : glabre et atteint de TPM (trouble de la personnalité multiple) pour l'anecdote, il est littéralement transparent, insignifiant - très mauvais héritier de Sam Lowry alias Jonathan Pryce... Les caméos de Tilda Swinton et Matt Damon sont plus convaincants ! Très, très décevant, ce "sens de la vie"....
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