Pas vraiment au début de la carrière d'Hitchcock puisque le succès des "39 Marches" est derrière lui mais toujours dans sa période anglaise, plus précisément en 1938 donc tout de même vers la fin ; en tout cas avant son premier film hollywoodien "Rebecca" en 1940. Et autant dire que j'avais peur de m'ennuyer ! Oui, je l'avoue, un thriller des années 30, ça ne donne pas forcément envie ou en tout cas, ce n'est pas le cinéma le plus accessible pour passer un dimanche tranquille. Et pourtant, ce thriller qui mélange comédie et espionnage est ma foi fort sympathique !
Après avoir reçu un coup sur la tête sur le quai de la gare, Iris est "prise en charge" par une vieille gouvernante, Miss Froy. Mais après s'être assoupie, Iris ne trouve plus sa nouvelle amie et personne, dans le train, ne semble l'avoir vu.
Thriller très classique dans sa trame ; on comprend notamment tous les fusils de Tchekhov, les témoins potentiels, les futurs alliés ou même encore, à partir d'un certain moment, ce qui est arrivé à Miss Froy. Néanmoins, le film reste tout de même captivant puisque, d'une part, j'apprécie tout particulièrement ce genre de thriller à base de disparition impossible, en plus dans un huis clos (rappelant d'ailleurs dans une certaine mesure "Le Crime de l'Orient-Express") et puis également car il est très bien mené.
Eh oui, c'est quand même le maitre du suspense à la barre et si la réalisation n'est pas folle, le réalisateur sait en revanche très bien doser humour (ce plan d'Iris qui, pensant être droguée, fait des flexions en arrière plan pendant que Gilbert gère un nouveau problème), suspense et action. Bon, j'avoue que, sur ce dernier point, on repassera ; certes la scène de bagarre dans le wagon bagages et la dernière séquence ont mal vieillies mais en même temps, le film a 90 ans !
Bref, "Une femme disparait" n'est pas le plus grand Hitchcock mais reste très plaisant !