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Le médecin de famille
note moyenne
3,7
373 notes dont 67 critiques
7% (5 critiques)
25% (17 critiques)
48% (32 critiques)
16% (11 critiques)
1% (1 critique)
1% (1 critique)
Votre avis sur Le médecin de famille ?

67 critiques spectateurs

alain-92

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3,5Bien
Publiée le 22/03/2014

La magnifique photographie de Nicolas Puenzo, en plein cœur de la Patagonie, n'arrive pas à atténuer l'horreur du propos. La barbarie et l'inhumanité d'un criminel de guerre et non des moindres. Le sinistre Josef Mengele. L’écrivaine, et ici réalisatrice Lucia Puenzo, s'est s’immergée dans la prose du scientifique nazie pour la réalisation de ce film. Les carnets, notes et "études" de celui que l'on surnomma l'ange de la mort, bien visibles à l'écran, sont édifiants et effrayants. Le scénario bien écrit le présente sous les traits courtois d'un homme séduisant qui parviendra à s'imposer par un jeu de séduction malsaine au beau milieu d'un couple uni. Il séduit une enfant de 12 ans, qui ne grandit pas normalement. La gamine fréquente une école, dans laquelle se retrouvent les enfants de familles nazies ayant trouvé refuge dans ce coin du monde. La mère d'origine allemande, interprétée par la merveilleuse Natalia Oreiro, est enceinte de jumeaux. Il lui proposera son aide malveillante. Il arrivera aussi à convaincre le père de famille à transformer une fabrication artisanale de poupées, en grande industrie. C'est trop. Autant de rangées de poupées sans yeux, aux membres à peine articulés, rappellent d'autres images bien réelles. Il sera enfin dénoncé mais réussira à s'envoler pour continuer ses expériences sous d'autres cieux. Je regrette que Lucia Puenzo n'approfondisse pas les vraies raisons qui ont fait de l'Argentine un pays d'accueil pour ces meurtriers. Il n'en reste pas moins un film à la réalisation parfaitement maitrisée, et un ensemble de comédiens remarquables.

Yann R

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4,0Très bien
Publiée le 07/11/2013

On découvre dans ce film, le côté obscur de Mengele , même après la guerre....En Argentine en 1960, il s'insère (sous couvert de voyage commun) dans une famille d'honnêtes citoyens argentins, une famille dont la mère attend des jumeaux et dont la petite fille tarde à grandir.... Très affable, cet homme aide la famille sur le plan médical..... Un film subtil, avec de très belles vues sur la Patagonie et un angle d'approche intimiste sur le docteur nazi, dans cette époque où la fuite était son unique salut.... Dialogues et prises de vues réalistes, la technique est sobre mais plutôt esthétique....Un style qui rappelle un peu Carlos Saurin, même si le sujet ici est bien plus grave que ceux que traite le talentueux réalisateur argentin..... Conseillé à la fois pour le fond et la forme.....

conrad7893

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3,5Bien
Publiée le 14/11/2014

un film qui relate la fuite en Amérique Latine de "l'ange de la mort" ,joseph mengele,médecin à AUSCHWITZ . Un film froid lent éprouvant . L'interprétation de l'acteur est glaçante . un film bien réalisé très esthétique, une belle photo et des paysages de la Patagonie à couper le souffle ; à voir

traversay1

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3,0Pas mal
Publiée le 06/11/2013

Faut-il avoir lu Wakolda, le livre, avant de voir Le médecin de famille, son adaptation au cinema, sachant que son auteure est, dans les deux cas, la même personne : Lucia Puenzo ? Oui et non. Oui pour comprendre certaines données historiques peu explicites dans le film, en particulier le réseau allemand dont a pu bénéficier le sinistre docteur Mengele en Patagonie. Non, parce que le livre est bien plus riche et passionnant, suivant plusieurs pistes narratives. Le médecin de famille est plus plat que Wakolda, presque entièrement centré sur les relations de fascination qui s'établissent entre le nazi en fuite et la petite fille qui devient son cobaye. Mais là encore, le roman est autrement plus intéressant, le film étant quasi exclusivement vu du côté de la fillette. Exercice difficile que celui de reprendre le sujet de son propre livre, en changeant légèrement sa perspective tout en conservant sa trame. Les paysages de Patagonie, aussi somptueux soient-ils, ne sont pas une raison suffisante pour préférer l'écran à l'écrit.

Karl L.

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4,0Très bien
Publiée le 10/11/2013

La bonne surprise. Je suis allé voir ce film au hasard et on devrait toujours faire comme ça, sans lire les critiques, sans voir la bande annonce. Juste se laisser accrocher par la Chevrolet Impala et le paysage sur l'affiche qui m'ont amené lentement vers un sujet plus grave. Point de référence littéraire ou cinématographique dans ma critique. J'ai juste aimé : l'ambiance évidente, les paysages magnifiques qui tranchent avec la menace, les acteurs bien dirigés et le sujet : habilement, subtilemement et implacablement traité. Mettre Mengele, "Le Monstre", 1h30 à l'écran sans se tromper une seule fois dans les émotions rendues : c'est très très bien. Il faut montrer cela encore et encore pour ne jamais oublier comment et avec quelles complicités ces nazis s'en sont - bien - sortis. La réalisatrice soulève des questions, ne répond pas à toutes, utilise des ficelles un peu grosses. Soit. Et alors ! On est assez grands pour répondre avec sa conscience et beaucoup ont aujourd'hui besoin qu'on leur rappelle sans ambage ce qu'est un fasciste. Ce film fait tout cela et offre en prime un bon moment et je l'en remercie.

tixou0

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2,5Moyen
Publiée le 02/12/2013

Josef Mengele, le médecin eugéniste d'Auschwitz, qui n'a commencé à être inquiété qu'en 1951 (il était rentré tranquillement dans sa Bavière natale en 1945, peu avant l'arrivée des Soviétiques à Cracovie), part alors pour l'Amérique du Sud. Il résidera dans plusieurs pays (Argentine, Paraguay - dont il acquiert même la nationalité en 1959, Brésil - où il meurt noyé en .... 1979), mais retournera à plusieurs reprises en Europe (Allemagne, Italie), et sa trace sera même repérée en Egypte, lors d'un de ces voyages ! Pourchassé par Simon Wiesenthal et le Mossad, il réussira à leur échapper, au rebours, notamment, d'Eichmann. Le film (adaptation de son roman par la réalisatrice trentenaire, Lucia Puenzo) imagine les conditions d'un de ses séjours argentins, en 1960. La fiction s'appuie sur la réalité : il a en effet été signalé à San Carlos de Bariloche, cette station touristique de la province de Rio Negro (Patagonie), non loin du Chili, au pied des Andes, et sur le lac Nahuel Huapi - région connue comme la "Suisse argentine". Mengele, sous un de ses nombreux alias, s'introduit avec adresse dans le quotidien d'un couple et de ses 3 enfants. La scène est principalement dans un hôtel à la Shining (y compris côté neige, vers la fin du film), propriété familiale de l'épouse, Eva, et qui est rouvert pour l'occasion - ce qui permet au médecin d'y loger. La jeune femme est enceinte, une grossesse gémellaire, elle a épousé un Juif, Enzo, alors qu'elle ne l'est pas, et a été instruite dans une école allemande locale (les colonies germaniques étaient nombreuses en Argentine, bien avant le nazisme - ce qui a facilité le repliement de nombre de criminels de guerre dans ce pays, après 45), et sa fille, Lilith, née prématurée, a un important retard de croissance (à presque 12 ans, elle en paraît 8 à 9) : le médecin va pouvoir reprendre ses expérimentations avec ces cobayes de choix - en particulier sur l'hérédité, son obsession de toujours. Mengele est indétectable en méchant : bien élevé, prévenant, sympathique, altruiste (il aide Enzo à mener à bien un projet professionnel, en marge de la gestion de l'hôtel). Mais il n'a rien, bien sûr, de recommandable, rien d'un "Médecin de famille" - comme ironise le titre du film. La réalisatrice montre un peu, suggère beaucoup (quitte à laisser pas mal de choses en pointillés, insuffisamment développées, voire inexpliquées). Sa mise en scène est plutôt classique (et même académique), pour un film "d'ambiance", loin de la fresque historique. Cela ne prend qu'un peu plus d'une heure trente, mais qui semble nettement durer davantage : trop feutré, trop languissant, pour emporter. Sans regretter la surcharge qu'un tel sujet aurait pu amener, on en vient à déplorer la distance excessive, ce parti pris qui finit par tendre à l'absence de point de vue lisible. Solide casting, où l'on distinguera la lumineuse Florencia Bado (la jeune Lilith), et l'impressionnant Alex Brendemühl, un Catalan, mais de mère allemande (vu récemment dans "Insensibles") en Mengele.

Andelle.

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3,5Bien
Publiée le 17/11/2013

Il faut dire d'abord que ce film se base sur une histoire vraie. En Patagonie, au milieu de nulle part, un médecin allemand arrive. Il s'impose dans une famille dont il fascine une adolescente qui a du mal à grandir ; il réussit à convaincre la mère enceinte qu'il veut aider, le père qu'il incite à transformer son artisanat (fabrication de poupées) en industrie. Les enfants dont la mère est d'origine allemande entrent dans l'école où se retrouvent les enfants des familles nazies émigrées en Argentine. L'éducation est nazie. Le "bon docteur" est en réalité Mengele, le médecin nazi qui dans les camps faisait des expériences, soit-disant médicales, sur les déportés adultes et enfants en leur faisant subir les pires choses sous des prétextes faussement scientifiques. En Argentine, il se cache alors que les Israéliens le recherchent. Peu à peu les membres de la famille prennent conscience qu'il y a quelque chose qui ne colle pas, une femme le reconnait et le dénonce. Malheureusement il réussit à s'échapper et poursuivra ses expériences sur les gens qu'il rencontre jusqu'à sa mort. Le jeu des acteurs est excellent et le malaise sous-jacent se déploie et se révèle dans une ambiance qui donne froid dans le dos.

tof44

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4,0Très bien
Publiée le 13/11/2013

""Le Médecin de Famille", le film comme le personnage, est ambigu. Logique. Logique puisque réalité historique et fiction sont ici mélangées (plutôt bien). Logique puisque le Mal, sujet principal du film, est ambigu. Et son incarnation aussi, forcément. La réalisatrice Lucia Puenzo choisit habilement de nous présenter l'ange de la mort, tel qu'il était surnommé, loin des stéréotypes de méchant utilisés dans d'autres films de fiction dans lesquels le personnage de Mengele apparaît ("Ces Enfants qui Venaient du Brésil", par exemple). Dans "Le Médecin de Famille", Mengele (Axel Brendemühl, pas mal) change constamment d'apparence, tout étant dans le regard des autres personnages et dans la façon dont ils le jaugent et le jugent : médecin louche et intrusif pour le père de la famille qui le loge, séduisant symbole d'espoir pour la mère et la fille de cette famille, criminel de masse devant répondre de ses actes horribles pour l'agent du Mossad qui l'identifie, mythe vivant du nazisme pour les nostalgiques du IIIème Reich parsemés dans l'Argentine des années 60 et organisés en réseau actif d'aide aux fuyards (Mengele, donc, mais aussi Eichmann ou encore Erich Priebke, mort il y a quelques semaines, bourreau des fosses ardéatines à Rome et ancien notable de la ville de Bariloche où se déroule l'action du film). Ce n'est qu'à la fin de l'intrigue, déroulée comme un thriller, que tous ces caractères se rejoignent, le docteur dévoué et avide d'aider une jeune fille à résoudre son problème de croissance et une femme enceinte à mettre au monde des jumeaux dans de bonnes conditions se démasquant enfin comme l'ignoble expérimentateur qu'il n'a jamais cessé d'être, se servant de cobayes humains vivants pour ses recherches obsessionnelles sur la pureté physique. L'histoire est vue à hauteur d'enfant, une enfant en train de grandir (dans tous les sens du terme), mais jamais Lucia Puenzo n'infantilise le spectateur. On n'en appréciera donc que d'avantage sa réalisation tout en retenue. Attention quand même à un symbolisme parfois trop appuyé : les poupées ("Figuren" en allemand, terme employé par les SS dans les camps pour désigner les cadavres de leurs victimes juives) fabriquées artisanalement par le père de famille argentin et dont la production est industrialisée par l'entremise du "génie" allemand, soit une allusion directe à l'évolution de la Shoah, des exécutions par balles aux camps d'extermination. Un bien beau film quand même, superbement photographié.

Hervé Loizelet

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4,5Excellent
Publiée le 06/11/2013

Preuve que la phrase d'accroche sur l'affiche fonctionne. J'ai découverts un film exceptionnel,avec des acteurs à tomber, des décors de rêve, une ambiance qui nous enveloppe... Bravissimo.

Flore A.

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3,0Pas mal
Publiée le 16/11/2013

Une idée de départ très intéressante qui aurait peut-être pu être mieux développée, ou en tout cas créer plus d'émotion.

Peter Franckson

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 13/08/2016

Cela se passe en 1960, en Patagonie ; un médecin allemand s’intéresse à une famille qui tient un hôtel à San Carlos de Bariloche, au pied des Andes, sur les bords du lac Nahuel Huapi : la femme, née en Argentine, d’origine allemande, est enceinte de jumeaux tandis que sa fille Lilith, de 12 ans, souffre de retard de croissance. Le médecin la soigne à l’aide d’hormone de croissance (déjà testée chez les bovins) et surveille la grossesse. On découvre qu’il s’agit en fait du sinistre Dr Josef Mengele, médecin du camp d’extermination d’Auschwitz. L’enlèvement par le Mossad d’Adolf Eichman à Buenos Aires va précipiter les événements. Film remarquable par la mise en scène (l’acteur catalan Alex Brendemühl est terrifiant en médecin), le scénario bien construit (le père fabrique et répare des poupées et passe à la fabrication en série grâce à l’apport financier du médecin allemand), les dialogues, le montage (histoire racontée par Lilith) : tout concourt à illustrer la banalité du mal, chère à Anna Arendt. Sans oublier la beauté des paysages. .

Mysteres de l'Ouest

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3,0Pas mal
Publiée le 21/04/2015

Bon film bien gênant et qui bouscule un peu notre conscience. Cela nous rappelle des heures bien sombres de notre histoire avec ces criminels nazis. Mais aussi la complaisance de certains pays d’Amérique du Sud qui les ont accueillis à bras ouverts à la fin de la guerre.

ned123

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4,0Très bien
Publiée le 14/04/2015

J'ai vu un film... écrit en mode "mineur" pour laisser transparaître une violence sourde en mode "majeur". On est pris par le suspense et par la nature des relations qui se jouent entre les différents protagonistes. Le film évolue dans une lumière triste et froide, et les décors rajoutent à son rendu sinistre. Et ainsi les révélations arrivent au fur et à mesure, toutes plus dures les unes que les autres. Il convient également de noter l'importance des décors naturels qui accentue l'effet glaçant. Et le coeur du film se révèle, lui aussi, dramatique... On découvre la pratique de ces tortionnaires des camps, qui ont pourtant juré le serment d'Hippocrate de protéger et de sauver la vie, et qui poursuivent leurs sales besognes en Amérique du Sud -en Argentine- après avoir réussi à échapper aux Alliés en Europe. Alex Brendenmhül incarne un Mengele terrible de dualité. Il réussit à s'immiscer dans la vie d'une famille pour "aider" une jeune fille atteint par un retard de croissance, et sous couvert de l'aider, il poursuit ses expérimentations. Ce film est superbe, terrible et il glace le sang...

Seemleo

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2,0Pas terrible
Publiée le 15/01/2014

Au bout d'une heure trente, le spectateur n'a strictement rien appris sur Mengele. Il est face à un drôle de thriller avec beaucoup d'effets de manche, et des poupées sans yeux, cliché de tous les films d'horreur, illustrant la monstruosité de l'âme du sujet du biopic. Sinon, il ne se passe rien et, malgré la qualité de la réalisation, le film ne décolle jamais, patine et radote et se conclut sur une boucle sans intérêt. Une curiosité ratée, à décortiquer comme contre-exemple, dans les écoles de cinéma.

Norgaard

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3,5Bien
Publiée le 16/12/2013

Le médecin de famille n’est pas, et loin de là, le premier ou le dernier film à utiliser la mythologie nazie comme élément dramatique. Le cinéma européen a en effet largement su depuis quelques années exploité la fascination morbide qu’ont les habitants du Vieux Continent pour la grande tragédie des années 40, tous les angles possibles et imaginables ayant semble-t-il déjà été rebattus, de façon plus ou moins subtile d’ailleurs. Il reste pourtant des chemins de traverse à parcourir : c’est ce que nous propose Lucia Puenzo en délocalisant l’effroi à mille lieux du crime, au fin fond du monde habité. On savait depuis un moment que l’Argentine avait servi de refuge aux dignitaires nazis passés entre les gouttes. A la différence de quantité de thrillers se servant du nazisme comme d’un ingrédient magique pour leur suspense (Les rivières pourpres et Miserere notamment, tous deux adaptés de Jean-Christophe Grangé), Le médecin de famille ne cherche donc pas à nous cacher quoi que ce soit pour ménager une quelconque surprise, la bande-annonce ne laissant d’ailleurs aucun doute sur l’identité et les activités du docteur Mengele. Cette possibilité neutralisée, tout l’intérêt du film repose au contraire sur un minimalisme et un classicisme absolus, qui parviennent à installer à l’écran une adéquation parfaite entre le fond et la forme. Lucia Puenzo prend ici le parti de n’installer aucun filtre entre le spectateur et l’histoire qu’elle a la charge de lui raconter, faisant le pari que la monstruosité de celle-ci réside dans son principe même et non dans la façon de la dévoiler. La mise en scène se fait en effet glaciale dès les premiers instants et ne ménage aucun moment de répit pour respirer, installant par là même un sentiment d'oppression presque physique. La réalisatrice ne convoque pourtant aucun des éléments habituellement utilisés pour acculer le spectateur dans ses derniers retranchements : pas de rappel des actualités des années 40, pas d’analyse psychologique du monstre en présence, pas de longs dialogues sur les conséquences morales de ses actions, … A aucun moment elle ne le fait car elle fait bien plus : en nous montrant à voir l’idéologie nazie en action au cœur même d’une famille prise au piège, celle-ci n’est pas une survivance du passé mais une pensée terrifiante toujours en mouvement. C’est ainsi en se plongeant dans l’effroyable obsession eugéniste du docteur Mengele, prêt à tout pour expérimenter ses théories racialistes effrayantes, que le film réussit un tour de force. Au moins autant qu’en fusillant et gazant à tour de bras, c’est dans sa capacité à atteindre l’intimité et l’intégrité corporelle même de leurs cobayes que la pensée nazie montre son épouvantable visage. Un phénomène semblant atteindre le film en son sein même, la mise en scène se faisant aussi chirurgicale que le sombre projet du docteur. Rien ne paraît alors pouvoir sauver le spectateur du terrible spectacle d’une famille livrée tout entière à l'implacable volonté de Josef Mengele. Une impression de piège d'autant plus angoissante que tout semble ici nous dire que cette Argentine du bout du monde, à cent lieues de toute autre âme vivante, pourrait aussi bien être la face cachée de la Lune ou le désert de Gobi. Perdus dans cet immense espace totalement muet, il n'y a pas d’échappatoire possible pour la petite Lilith et ses parents. Un principe de terreur quasi Alien-ien : dans l’espace, personne ne vous entend crier. Cette angoisse est encore accentuée par la cruauté muette du docteur Mengele, s’exerçant presque imperceptiblement. Une cruauté d’autant plus difficile à regarder en face qu’elle est le fait d’un homme que l’on choisit de nous montrer comme tout à sain d’esprit, du moins en apparence, mais simplement un peu trop passionné de génétique et assez intelligent pour mettre ses sombres théories en pratique. Et c’est peut-être là le véritable tour de force du film de Lucia Puenzo : si le docteur Mengele doit se résoudre à fuir, il nous laisse en héritage les germes de sa sinistre entreprise, comme une preuve de l’impossibilité à vraiment triompher du principe même du mal. Ce faisant, Le médecin de famille réussit là où nombre d’œuvres consacrées à cet épisode historique échouent finalement, en ayant le courage de réintégrer la « folie » nazie au cœur même de l’humanité, et en refusant de la traiter comme une excroissance ponctuelle et enterrée. Un instrument de réflexion au fond plus utile que cent dénonciations morales sans lendemains.

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