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La French
note moyenne
4,1
7637 notes dont 742 critiques
15% (113 critiques)
49% (361 critiques)
26% (192 critiques)
7% (49 critiques)
3% (20 critiques)
1% (7 critiques)
Votre avis sur La French ?

742 critiques spectateurs

Stephenballade

Suivre son activité 121 abonnés Lire ses 898 critiques

4,5Excellent
Publiée le 01/10/2017

Les bons films français, à plus forte raison les polars, sont tellement rares dans le paysage cinématographique actuel qu’on serait tenté d’octroyer un splendide 5/5. Car "La French" est vraiment un très bon film, comme en témoigne ma note. S’appuyant librement (et j’insiste sur le mot "librement" puisque c’est dûment spécifié avant que le film ne commence), Cédric Jimenez propose pour son deuxième long métrage de revenir sur la confrontation que se sont livrés à Marseille le juge Pierre Michel et Gaetano Zampa, un homme à la tête de la plaque tournante alimentant des trafics en tout genre à l’échelon international. Alors que Zampa avait bâti tout un empire, Cédric Jimenez a choisi de se focaliser principalement sur le trafic de drogue. Si le portrait de Zampa est de ce fait incomplet par rapport à la réalité, le choix de Jimenez a le mérite de ne pas se disperser dans les différentes activités du criminel et de son réseau, de ne pas risquer ainsi d’être évasif sur l’une ou l’autre de ces activités, et par la même occasion de ne pas faire un film-fleuve, à moins de le couper en deux comme cela a été fait pour Mesrine. Chacun se fera son propre avis sur les impasses faites. En attendant, quel film ! Le scénario a été écrit aux petits oignons, la part belle a été donnée au talent des acteurs, le montage donne de la fluidité au récit alors que celui-ci s'étale sur quelques années, et la musique très à propos à chacune des scènes accompagne le tout à merveille. On en a déjà un bel aperçu lors de l’entame de ce long métrage, Cédric Jimenez s’attardant avec beaucoup de talent sur cette moto chevauchée par deux hommes dont le comportement fait comprendre au spectateur qu’ils ont des intentions bien différentes que celle de faire du loisir. Cette première séquence est immédiatement suivie d’images d’archives fournies par l’I.N.A., pour une présentation efficace du contexte de façon concise, nette et précise. L’immersion au milieu des années 70 est immédiate grâce aux véhicules, qu’ils soient à deux roues ou à quatre roues. 40 ans après, Jiménez met sous les yeux du spectateur toute une ribambelle de véhicules aujourd’hui convoités par des collectionneurs en quête de nostalgie et avides de perpétuer ce qui a marqué leur époque. Ainsi, sur le même parking, sont réunis des véhicules emblématiques, de la célèbre DS à la 4L, en passant par la Renault 16, la 2CV, la 304 cabriolet et une Lancia. On retrouvera une partie de ces mêmes véhicules sur un autre plan du même parking environ 1h20 plus tard, rangée différemment après avoir pris soin tout de même de remplacer quelques modèles par d’autres (Fiat 500, Renault 8). Mais tout au long du film, on découvrira aussi des Peugeot 504 et 505, une Renault 12, des Mercedes, … Oui, le souci du détail est allé jusque-là. L’ambiance seventies est parfaitement rendue aussi par les costumes (bien qu’assez passe-partout avec entre autres des costards à la fois sobres et élégants), la décoration (aouch le design de certaines tapisseries !). Mais ça ne s’arrête pas là : les téléphones d’époque ont trouvé une seconde vie (vive le cinéma !), même les paquets de cigarettes sont d’époque ! C’est un plaisir de voir qu’un budget fort de 21 millions d’euros n’a pas été seulement utilisé pour rémunérer les comédiens. Non, les petits plats ont été mis dans les grands. Un sacré pari de la part des producteurs quand on confie la réalisation à quelqu’un qui n’en est qu’à son deuxième long métrage. En parlant des acteurs, leur boulot est si parfait qu’ils sont aussi vrais que nature. Jean Dujardin fait un juge très convaincant, habité par ce fervent désir de débarrasser les rues de Marseille de la poudre blanche qui fait des ravages auprès de la jeunesse. Un fervent désir qui le pousse à tout contrôler, quitte à envahir des bureaux autres que le sien. Un fervent désir qui tourne à l’obsession dès l’instant où il apprend avec stupeur le décès d’un de ses témoins : le véritable tournant du film, formidablement interprété par l’immense talent de Jean Dujardin en matière d’expression scénique, et qui trahit sa colère et cette sourde volonté de ne plus jamais voir de jeunes destins brisés de la sorte. Face à lui, son pote de toujours : Gilles Lellouche, dans la peau de Gaetano Zampa, dit "Tany". Malgré ce qui oppose les deux personnages, on sent une sorte de respect, surtout venant de Gaetano. Du respect mêlé à du défi, point d’orgue de la confrontation directe entre les deux hommes sur les crêtes marseillaises et qui démontre bien qu’aucun des deux n’est prêt à lâcher le morceau. Remarquable. Il n’empêche que sous son air tranquille (si j’ose dire) non dénuée de forte personnalité, Zampa cache bien une inquiétante violence. Latente mais bien menaçante. Lellouche l’interprète très bien. Evidemment, tout l’intérêt de "La French" repose sur l’affrontement que se livrent les deux hommes. Et pourtant, leurs confrontations directes sont plutôt rares à l’écran. Cela parait logique : après tout, Zampa avait ses sbires pour exécuter tout le sale boulot, et Pierre Michel n’était qu’un juge. Mais pour un juge, qui aurait pu imaginer qu’il aille autant sur le terrain ? Le fait est que nous les voyons peu ensemble à l’écran. Pour autant, leurs destins sont étroitement liés par une multitude de seconds rôles, pour certains voyous, pour d’autres flics, voire même les 2 à la fois… tout comme ils sont étroitement liés par ces parallèles faits avec la vie du mafieux entouré des siens, et la vie privée du juge auprès de sa famille, dont l’épouse torturée que Céline Sallette porte avec brio jusqu’à prendre le spectateur aux tripes par des cris de douleur venus d’un autre monde. "La French" est un film policier détaillant toutes les phases d’une enquête complexe et néanmoins passionnante, tour à tour flamboyante par les nombreux soutiens que reçoit le juge et par les connectivités tentaculaires de ce réseau fiché au grand banditisme, puis ténébreuse quand les personnages phares se retrouvent isolés. De ce film, on retiendra principalement l’affrontement des deux hommes, l’interprétation des deux acteurs subjuguée par une belle photographie, le parfum suranné des années 70, et la musique de Guillaume Roussel, qu’elle soit composée de ses propres partitions ou de titres préexistants. Cédric Jimenez : un jeune talent à suivre ? L’avenir nous le dira.

conrad7893

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4,5Excellent
Publiée le 04/10/2015

Excellent polar français, qui nous plonge, en plein cœur de Marseille dans les années 70 , gangrénée par la Pègre Napolitaine, qui fait sa loi. Le sujet principal est le combat du juge Michel, combat de sa vie pour démanteler tout ce réseau infiltré, même au plus haut degré de la Société. Ce jeune juge va se battre, quasiment tout seul pour nettoyer cette ville. L'intrépratation de Jean DUJARDIN est impeccable. (je pense l'un de ses plus grands rôles au cinéma) . Gilles Lelouche n'est pas en reste non plus dans le rôle de ce parrain ZAMPA. Bien filmé, réaliste, de bons acteurs, peut être les actrices féminines sont quasiment inexistantes. l'ambiance 70 est bien retranscrite. un bon film français.

benoitG80

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4,0Très bien
Publiée le 05/12/2014

"La French" ou l'histoire vraie du célèbre juge Pierre Michel, force l'intérêt du spectateur par la qualité de cette réalisation soignée et très documentée, de plus portée par des acteurs qui se montrent crédibles et convaincants afin de rendre très prenant ce récit où différentes personnalités ont leur portrait brossé avec justesse, tact et profondeur ! En premier, on retient d'abord celui du juge Michel incarné par Jean Dujardin intense et très à l'aise, dans ce rôle prépondérant ! Ensuite, Gilles Lellouche s'en tire haut la main également, en se glissant comme un gant dans la peau de Gaëtan Zampa... Même si le duo ne se confronte pas si souvent à l'écran, l'ensemble fonctionne très bien grâce à une pléiade de seconds rôles très typés, bien dans le moule et dans l'esprit de tous ces personnages, qu'ils soient mafieux, flics, ou un peu des deux à la fois... À ce propos, sans être une découverte, on reste quand même assez pantois devant le cheminement de cette enquête dont ce juge obstiné, farouche et déterminé va faire les frais en se retrouvant complètement seul face à un monde de corruption plein de surprises et totalement inqualifiable... Pour arriver à ce résultat, on se délecte de l'ambiance générale très réaliste, qui contribue à donner un climat typique de Marseille des années 70 dont la mise en scène acérée et précise de Cédric Jimenez vaut vraiment le détour... Ce qui retient également l'attention, repose aussi sur tous ces parallèles tracés entre la vie du juge, auprès de sa famille dont l'épouse a ici tout son intérêt grâce à la prestation sans failles de Céline Sallette, et la vie du voyou Zampa lui aussi près des siens, famille et amis, formant un univers ici très contesté et très différent... On suit donc toutes les phases de cette enquête avec passion, à travers la complexité des rapports humains, en observant l'évolution des relations entre ce juge, sa hiérarchie et la police, c'est à dire du soutien qu'il reçoit, jusqu'à son isolement complet quand ses méthodes et ses résultats deviennent tout à coup gênants aux entournures ! Une analyse très fine et instructive du banditisme marseillais de l'époque que le fameux juge aura percé et mis à jour, en nous permettant ainsi d'y apporter quelques lumières bien trop vite éteintes hélas... Sans faiblesse particulière, ce film assez brillant dans sa construction et sa démonstration, nous apporte son lot d'informations sous une approche agréable et surtout efficace !

virnoni

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4,5Excellent
Publiée le 07/12/2014

Petite claque française! Belle surprise autant dans l'interprétation que visuelle. Lellouche est juste impeccable en gangster bon père de famille. j'avais vraiment peur de cette nouvelle (et encore!) association avec Dujardin. Au contraire, un vrai contraste avec tout ce qu'ils ont pu faire individuellement et ensemble. Enfin, Lellouche effraie et impose lui aussi une vraie présence, un style parfait de voyou respectueux des règles, à la Scorsese. Car la référence est là, pas du tout pesante pour autant. On sent l'éloge de tous. Ce qui aurait pu être un manque de respect ou de la prétention, avec un tel talent, montre au contraire le courage et proposer autre chose : juste le savoir faire français pour un tel sujet, un vrai sens du polar, de la construction claire, propre et intelligente. Ca court, ça vibre, ça crie, ça pleure, ça rit ! Un régal! THE leçon vient aussi et encore de Dujardin : dès les premières images, on ne peut que être soufflé par sa classe naturelle et son charisme. Il y a comme un air de Bébel avec sa prestance et carrure, le jeu en plus : autant quand il faut apporter de la force que de la nuance. Là, il mériterait un oscar! Il m'a bluffé. Le reste du casting ajoute beaucoup à ce film qui reconstitue à merveille, et jusque dans les détails les années 70/80. Marseille est superbement filmé, les costumes, les accessoires, les voitures, tout y est. C'est assez unique dans le cinéma français. Chapeau! La magie opère aussi grâce à une grande maîtrise visuelle. La caméra virevolte dans les scènes (nombreuses) de poursuites ou de flingues et sait se montrer au plus proche des prestations dans les scènes plus intimistes. Je ne connaissais pas ce réal, je vais maintenant le suivre de près ; surtout dans sa direction d'acteurs qu'il maitrise également. On sent beaucoup d'amour pour ses personnages, la ville et toute l'histoire qui est liée. Majestueux! L'ensemble est emballé dans une BO énorme! Cédric Jimenez ose les références là aussi, les morceaux classiques mais à la Tarantino : bien amenés, bien pensés, totalement en harmonie avec la scène. Elle porte autant le film et amène beaucoup de tensions à des moments clés. C'est un vibrant hommage au juge Michel (je ne comprend pas le rejet de la famille d'ailleurs car, même si ce n'est pas la réalité à 100%, il y a vraiment bcp de respect dans la vision du réal, y compris dans le passé du juge). Et dire qu'il y avait des hommes comme lui il fut un temps, qui ont osé et tout sacrifié pour la justice - et même si cela fait "crétin" de le croire et le faire. Je recommande donc ce petit bijou policier, droit au but et puissant. Merci!

Estonius

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2,5Moyen
Publiée le 06/01/2016

Le film souffre de plusieurs défauts majeurs, le premier et le plus important étant que le réalisateur connaissant le scénario par cœur oublie que le spectateur n'est pas dans le même cas, d’où des ellipses incompréhensibles, voire une certaine confusion (d'autant qu'il y a beaucoup de monde). Spoiler: L'histoire est volontairement idéalisé, c'est un choix, les méchants le sont vraiment mais ce n'était pas une raison pour tomber dans le manichéisme et nous présenter un juge Michel moralement sans aucun défaut ni travers. A ce propos la rencontre qui se voudrait shakespearienne entre Zampa et Michel est ridicule. Et puis tout ça manque de punch, certaines scènes sont inutilement longues à l'instar de Spoiler: celle ou la femme de Michel découvre le cadavre de son mari. Jimenez oublie là une des règles du (bon) cinéma, quand le spectateur à compris une scène, on passe à la suivante. Si l'interprétation de Lellouche est satisfaisante, celle de Dujardin (plus difficile) ne convainc pas complètement, non pas qu'il soit mauvais, mais on le sent peu à l'aise. Enfin nous infliger gratuitement un tube ridicule de Sheila n'est qu'une critique mineure, n'empêche que ça énerve. Cela dit, le film se regarde, l'histoire et l'ambiance restant intéressantes mais n'a rien d'indispensable.

stallonefan62

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4,0Très bien
Publiée le 19/12/2015

très bon polar !! l'histoire est très intéressante, rythmés et très bien réalisés avec un bon casting !! Gilles Lelouche est super en mafieux et Jean Dujardin excelle et épate en juge prêt à tout pour faire tomber la french connection

Florian Malnoe

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4,5Excellent
Publiée le 06/09/2015

J'ai vraiment attendus trop longtemps pour voir ce film. On est proche du chef-d'oeuvre pour moi. Il y a de l'émotion, le casting est (à un ou deux mauvais choix près comme Doutey et Magimel) très bon avec un Dujardin qui survole quand même tout le monde (Lellouche s'en sort très bien mais manque un poil de charisme et d'envergure selon moi), le scénario est bien documenté, les reconstitutions d'époques chiadées, les paysages sont sublimes, la mise en scène ne tombe pas dans la surenchère d'action ou dans le manichéisme et peaufine bien la psychologie des protagonistes en mettant en exergue leurs affres respectifs... Du très haut level. Même si on est, il est vrai, parfois à l'extrême limite de tomber dans la caricature dans les dialogues et le cabotinage pour certains acteurs. Bref, ce n'est pas un sans faute, ce n'est pas "Heat", ce n'est pas toujours un summum de crédibilité (ça l'est quand même la plupart du temps ; d'où ma note) mais c'est excellent, prenant et superbement réalisé et interprété. On sent d'ailleurs que le réal' de ce film a beaucoup puiser dans les divers classiques hollywoodiens du genre dans ce face à face.

Raphael O.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 28/03/2015

Inspiré de fait réels, ce thriller dramatique possède un excellent scénario, une fidèle reconstitution des décors et costumes de l'époque et une exceptionnelle mise en scène, brillamment interprétée par le duo Jean Dujardin/Gilles Lellouche. Un grand moment de cinéma.

Marceau G.

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4,5Excellent
Publiée le 07/12/2014

"La French" est un film que j'attendais avec grande impatience depuis l'annonce de sa sortie. Ce n'est plus un secret pour personne, je suis fana de films de gangster. Et "La French", coup de projecteur utile et efficace sur l'organisation de la French Connection, était une aubaine pour moi, en cette année où le genre gangster/policier était assez sinistré. J'ai naturellement mater la bande-annonce (en même temps t'es obligé quand tu vas souvent au cinéma) et là, boum, le choc, la claque, ce film, il était pour moi ! Des films sur le milieux marseillais il y en a eu peu ; en fait le dernier long vraiment marquant sur ce sujet remonte à 1970 (!), avec "Borsalino", qui réunit à l'époque deux monstres du cinoche français : Delon et Belmondo. Mais "La French" est bien plus qu'un "film sur le milieu marseillais", c'est une aventure humaine, un polar palpitant, et un grand moment de cinéma. Tout comme Delon et Bebel en leur temps, Dujardin et Lellouche s'affrontent avec une verve et une finesse incroyable, tirant de leurs jeux un charisme et une puissance monstrueuse. Le premier, naturel et tout en retenu force le respect de par la complexité de son personnage et de son interprétation, splendide sinon éloignée de la réalité. Le second, sombre et imposant, subjugue grâce, sans doutes, à la qualité de sa composition d'un personnage bourré de nuances (Zampa était violent mais intelligent, corrompu mais généreux, bref une ordure mais pas finie !). Les seconds rôles sont tous impeccables, allant de Céline Sallette (la femme du juge Michel) à Mélanie Doutey (la femme de Gaëtan 'Tany' Zampa), en passant par Benoît Magimel (impressionnant Le Fou), Guillaume Gouix et Bruno Todeschini. Là où le film de Jimenez fait très fort aussi, c'est dans la reconstitution du Marseille des années 70. Ce-dernier n'oublie rien, ou plutôt, pense à tout ! Que ce soit les véhicules, la mode vestimentaire, le style des maisons/immeubles, les décos intérieures et extérieures, les boîtes de nuit, les bars, les images télés.. etc etc ! Si ce film fait preuve d'un mimétisme fou dans la reconstitution historique, ce n'est pas la même chose dans la reconstitution des faits. En effet, Jimenez a pris beaucoup de liberté par rapport à la réalité, ce qui a déclenché il y a quelques jours la fureur de la famille du juge Michel. Qui, dans un communiqué de presse affirmait n'avoir jamais "validé" le scénario... Mais à vrai dire, on s'en fiche ! Je veux dire, il est normal que dans un film construit à partir de faits réels, les réalisateurs et scénaristes choisissent d'évincer certains détails, ou d'en rajouter d'autres... Qu'ils décident parfois de romancer un peu l'histoire (originelle) n'a rien de grave ni de choquant, puisque c'est ce que font tous les artistes lors de la réalisation d'un biopic (ou d'un film tiré d'une histoire vraie). Mais ce bref coup médiatique mal attentionné ne nous intéresse pas... Outre un polar magistral, "La French" expose au grand jour les dessous de la French Connection, présentant ses différents activistes, ses méthodes de fabrication et d'exportation de drogue, et les répercussions que le trafic a sur les populations (overdoses, délinquances...). Le film surfe en plus sur des influences cinématographiques américaines délicieusement revendiquées, comme "Heat" de Michael Mann, "Le Parrain" de Coppola ou "Les Affranchis" de Scorsese, tous trois sommets du genre. Mais le film marche aussi sur les traces du polar français 70's, style remarquable dans la mise en scène et la photographie. La musique, simple mais très présente, accompagne avec brio les péripéties des différents personnages, les menant parfois - avec l'aide de la mise en scène - à des destins tragiques... Conclusion, Cédric Jimenez réussit, pour son deuxième film, un franc coup de maître, un film de gangster puissant et passionnant qui figure dès maintenant parmi les meilleurs polars français (c'est peu dire), et qui restera dans les annales pour la virtuosité dont il fait preuve pour parler d'un héros de l'ombre hors du commun et de son combat acharné pour le bien et la justice. Je suis sorti de la salle émoustillé, et conscient d'avoir vu un grand film, humain et précieux. Pour moi : le meilleur film français de l'année.

Charles-Antoine Bertaux

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 17/12/2014

Jamais je n'ai vu une fresque sur le narcotrafic aussi riche en reconstitution d'événements historiques depuis que j'ai découvert le biopic "American Gangster" de Ridley Scott, film de gangsters (sur le narcotrafiquant new-yorkais Frank Lucas) qui aborde également la French Connection à l'instar de "La French", de manière quant à lui implicite (une scène montre Frank Lucas parler de Marseille au téléphone, la French Connection avec laquelle travaillait la mafia italienne - comme "La French" le montre avec brio - étant son principal concurrent) ; d'ailleurs les films "American Gangster" et "La French" sont à mes yeux très complémentaires : même époque, mêmes années reconstituées (les années 1960 et 1970), même ville (intégralement - chez Ridley Scott - ou partiellement - chez Cédric Jimenez) mise en scène et reconstituée : New York City, même leitmotiv : la croisade d'une escouade de policiers incorruptibles menée par un policier (Richie Roberts) ou un juge (Pierre Michel) - tous les deux solitaires et abandonnés par leurs collègues corrompus - contre un baron de la drogue, et même ambiance rétro qui fait se côtoyer les années 1970, la musique disco et la guerre des gangs. Une véritable Connection entre ces deux films de gangsters ! Ce nouveau polar français est donc bel et bien à mes yeux grandiose, réussi et magistral. Étant passionné par les films de gangsters et surtout par la French Connection et les années 1970, je l'ai trouvé magnifique, surtout qu'il reconstitue avec brio - et probablement de manière romancée certes, certains faits n'ayant jamais été élucidés - les événements phares des années 1960 aux années 1980, comme Spoiler: l'assassinat du parrain marseillais Antoine Guérini, dont le commanditaire et le motard exécutant seraient respectivement les gangsters Gaëtan « TANY » Zampa (Gilles Lellouche) et Jacky « LE MAT » Imbert (Benoît Magimel) selon la légende - j'apprécie beaucoup le fait que le réalisateur Cédric Jimenez joue avec cette histoire pour faire entrer en scène le personnage du Fou (jamais explicitement appelé Jacky Imbert dans le film ce qui m'intrigue et me plaît en même temps) et je trouve intéressant et passionnant le fait qu'il ait voulu se rapprocher de la réalité tout en touchant à la légende et à la mythologie du Milieu, car personne ne saura jamais quel visage se cachait sous le casque du motard tueur du 23 juin 1967 -, la tentative d'assassinat le 1er février 1977 de l'ancien associé de Gaëtan « TANY » Zampa : « L'Immortel » Jacky « LE MAT » Imbert justement (qui a survécu après avoir reçu 22 balles dans le corps), par celui-ci, la tuerie du Bar du Téléphone le 3 octobre 1978 ou l'inauguration de la discothèque KRYPTON en 1980 (quel bonheur de redécouvrir « Call Me » ? de Blondie). De plus, "La French" réussit autant à rendre hommage au juge Pierre Michel (charismatique Jean Dujardin) qu'à montrer l'humain qui se cachait derrière le parrain marseillais de la French Connection Gaëtan « TANY » Zampa (effrayant Gilles Lellouche). Enfin rien que pour la reconstitution de New York des années 1970 (quel plaisir et quelle surprise de revoir les tours jumelles du World Trade Center au cinéma), j'ai adoré. Le seul « défaut » à mes yeux réside dans le fait que "La French" n'est pas forcément explicite ni clair concernant des événements relatés ; le film n'explique pas forcément tout : les dates, les événements clés et les noms des personnages sont méconnus pour qui ne s'y connait pas vraiment. Spoiler: Aucune information par exemple n'explique que Gaëtan « TANY » Zampa est le successeur du parrain marseillais Antoine Guérini et les dates ne sont pas relatées hormis celle de « 1975 » ; quel spectateur devine que le passage des années 1970 aux années 1980 est symbolisé par l'inauguration du KRYPTON en 1980 ?. Un « défaut » qui n'en est donc pas un pour tous les spectateurs passionnés et informés sur l'Histoire du Milieu marseillais et la French Connection comme moi (je surveillais et guettais le moindre événement reconstitué avec brio par le réalisateur Cédric Jimenez). "LA FRENCH" est donc désormais l'un de mes COUPS DE ? et mon film favori de l'années 2015. Je l'ai tellement aimé et je me suis tellement régalé devant ce plat marseillais à la sauce italo-new-yorkaise, accompagné d'une bande originale riche en musique rétro et d'époque, que j'irai le revoir au cinéma pendant les vacances. Jamais deux sans trois, non ?

tony-76

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4,5Excellent
Publiée le 06/12/2014

La French fait partie l'une des bonnes surprises françaises de cette année 2014. Marseille, 1975. Pierre Michel est un jeune magistrat arrivant de Metz avec sa famille. Il est nommé juge du grand banditisme. Il est déterminé à s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse spécialisée dans le trafic mondial d'héroïne. Le juge Michel part seul lutter contre Gaëtan Zampa, un parrain du milieu. Inspiré de faits réels, l'oeuvre de Cédric Jimenez est bluffant en tout point. Il retrace la vie de ses personnages avec beaucoup de subtilité et de maîtrise. C'est une belle reconstitution très soignée des années 1970. Les décors sont parfaitement bien respectés avec une atmosphère lourde mais fort efficace. La mise en scène est élégante et les costumes sont originaux et plaisants. Il y a un très bon rythme auquel on ne s'ennuie pas, pendant plus de deux heures on est embarqué à Marseille avec ce milieu et ces quartiers mal famés. Le casting est exemplaire, Jean Dujardin en interprétant le fameux Juge Michel est remarquable, il fournit un travail très minutieux. Gilles Lellouche en faisant Zampa est lui aussi, intéressant et satisfaisant. Son premier rôle de méchant lui va comme un gant. Un duel d'acteurs éblouissant. Céline Salette et Mélanie Doutey sont ravissantes et dégagent une certaine pudeur et un charme agréable. Egalement, Benoit Magimel alias Le Fou est un personnage séduisant à suivre. Une production française qui possède ses multiples rebondissements avec ses scènes d'action dynamiques et honnêtes. Le suspense est dense, il monte de crescendo en crescendo. Quelques brin d'émotions viennent s'ajouter et une bande sonore magnifique. Pour tout vous dire, La French est un vrai polar de gangsters dans la lignée des meilleurs policiers des années 1970. Son cahier des charges est totalement rempli. Un thriller qui ne vous laissera pas indifférent. C'est un coup de maître du réalisateur : une réussite ! A voir absolument au cinéma.

Alain D.

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4,0Très bien
Publiée le 23/04/2015

"La French", film policier de 2014 de Cédric Jimenez. Ce titre, diminutif de "French connection", nous rappelle évidemment le film de 1972 de William Friedkin avec Gene Hackman dans le rôle de l'inoubliable Popeye, le flic américain des stups, débarquant à Marseille. 1975, Le juge Pierre Michel (Jean Dujardin) arrive à Marseille ou il est nommé juge du "grand banditisme". Son objectif est de combattre La "Pieuvre" qui gangrène Marseille avec le racket des commerces, des boites de nuit, casinos... Marseille est la plaque tournante du trafic de drogues, d'ou l'empire du crime exporte l’héroïne vers les Etats Unis. Nouveau juge, nouvelles méthodes : s'il ne peut couper la tète de la pieuvre, il va alors lui couper les bras en arrêtant tous les petits bonnets de l'organisation. Ainsi privé de personnel, l'empire du crime a de plus en plus de mal à travailler. La traque du Parrain Gaëtan Zampa (Gilles Lellouche) alias Tany va durer six années. Cédric Jimenez effectue une bonne reconstitution de l'ambiance de l'époque. Les acteurs, Gilles Lellouche et Mélanie Doutey sont très talentueux ; quant à jean Dujardin il est, comme à l'habitude, excellent. Le scénario, basé sur des faits réels, est efficace. Le rythme des enquêtes et des interventions est vif ; l'action est soutenue. Un très bon polar à ne pas manquer.

renaudot94

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4,0Très bien
Publiée le 07/12/2014

La french c'est le film qui manquait au cinéma français pour le lui redonner son blason d'antan. Réalisé par Cédric Jimenez , La French raconte l'histoire du Juge Michel et de son combat contre la french connection. Le film impose son style d'entrée de jeu. Dés le premier plan de toute beauté sur Marseille on sent qu'on n'est pas dans un petit film français. La french est un film ambitieux porté par 2 excellents acteurs qui ne cessent de progresser d'année en année. Le réalisateur Cédric Jimenez a eu la bonne idée de prendre deux points de vues différents , celui de Jean dujardin en juge Michel et celui de Gilles Lellouche en Zampa. On assiste à un face à face palpitant entre 2 grands acteurs durant plus de 2h. La Bande sonore est un des points fort du film , une BO qui colle bien à l'ambiance des années 70 faisant référence à de nombreux films. A retenir aussi la bonne reconstitution de la ville de Marseille filmée avec beaucoup de détails. Le rythme est parfois lent , mais on ne tombe jamais dans l'ennui, la réalisation de Cédric Jimenez est très dynamique souvent filmé caméra à l'épaule dans les scènes de fusillades , bon moyen pour faire rentrer le spectateur dans l'action. Le film parle avant tout d'un combat, celui d'un homme contre la french connection , un homme prêt à tout pour arrêter celui qui est derrière cette organisation. Jean Dujardin incarne cet homme , courageux et intrépide . Il livre une excellente performance, sans doute mon acteur français préféré, il peut très bien jouer dans une comédie mais aussi dans un polar , son regard est très expressif et son jeu est captivant , encore une fois il prouve qu'il a du talent. Gilles Lellouche incarne un personnage qui lui va à merveille, il a la carrure et les mimiques d'un vrai malfrat. C'est grâce à ce genre de film que le cinéma français prouve qu'il n'est pas mort. Notamment grâce à une scène marquante très bien mise en scène sur les collines de Marseille faisant directement penser à la scène de Heat dans le bar, un face à face mémorable. La french est un excellent film aussi bien dans l'interprétation des acteurs que dans la mise en scène , sans aucun doute le meilleur film français de l'année et un des meilleurs polars. En espérant que le cinéma français va s'inspirer de ce genre de film ayant de l'ambition au lieu de nous livrer des petites comédies lambda sans aucun intérêt.

Marc T.

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4,0Très bien
Publiée le 16/10/2016

Quelles prestations de Gilles Lellouche et Jean Dujardin ! Ça nous ramène dans les années 70 avec les célèbres Delon - Belmondo dans le Marseille de Borsalino. Et Guillaume Gouix, ce type ne cesse de m'étonner depuis Les Revenants et encore récemment dans Les Braqueurs, quel talent et quelle carrière devant lui. Pas grand chose à dire de plus, Cédric Jimenez maitrise son film de bout en bout, sans temps mort, tout est savamment cadré et orchestré, jusqu'à un final qu'on ne peut lâcher du regard tellement son intensité nous prend aux tripes. J'aurais vraiment voulu mettre 4.5/5 à cet excellent film si ce n'est que certains dialogues sont trop mâchés, comme trop souvent dans le cinéma français et je peste d'ailleurs régulièrement ici à ce sujet car c'est une faute qui ne se produit que très rarement dans les autres pays. Exemple flagrant : les 3/4 des dialogues de Benoît Magimel sont incompréhensibles ! Je ne demande pas de la jouer comme dans une pièce de théâtre mais un minimum syndical pour ar-ti-cu-ler...

elbandito

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4,0Très bien
Publiée le 04/01/2015

S’il livre une version sensiblement différente de la réalité, Cédric Jimenez marque beaucoup de points avec la French, sa seconde réalisation, qui retrace le combat obstiné du tenace juge Michel contre la French Connection, source du trafic d’héroïne en France et vers les États Unis, à la fin des années 70. Tout d’abord, son récit soigneusement documenté se base sur des faits réels, subtilement adaptés afin de créer l’alchimie du polar dans la pure tradition française, avec un rythme saccadé à l’américaine, le tout sur un fond musical choisi et une photographie de carte postale. Il bénéficie d’une reconstitution impressionnante de Marseille, tant en extérieurs qu’en intérieurs, aidés par un bon costumier et de sublimes voitures d‘époque entre autres. Et si l’on a parfois le sentiment que les scènes de violence s’enchaînent rapidement, c'est que le réalisateur ne veut oublier aucun fait divers. La grande force de l’histoire réside principalement dans le talent des deux interprètes principaux, excellents Jean Dujardin et Gilles Lellouche, et dans la faculté de Jimenez à créer une certaine empathie pour les deux, comme s’ils étaient les deux facettes d’un même homme. Nous les suivons dans leur quotidien de juge ou de caïd, mais aussi dans leur vie de famille. Jusqu’au point d’orgue, une rencontre fortuite entre les deux (qui n’a jamais existé réellement) qui sera source d’un déchaînement de règlements de comptes amenant, in fine, au démantèlement de la French Connection, puis au tragique assassinat du juge Michel, surnommé le «cow-boy». Alors on pense au film d’Yves Boisset «Le Juge Fayard dit le shérif», dans lequel un Patrick Dewaere emprunt de justice allait connaître ce même sort, pour être allé trop loin dans son désir de justice. Une chose demeure certaine, le polar français a encore de belles heures devant lui.

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