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Dheepan
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note moyenne
3,8 2622 notes dont 319 critiques
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319 critiques spectateurs

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benoitG80

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2,0Pas terrible • Publiée le 13/09/2015

"Dheepan" dernier film de Jacques Audiard et à la fois prénom du héros, ne m'aura ni emballé, ni du tout convaincu cette fois... Et pourtant ce fameux héros, au jeu contenu et juste, était pourtant une formidable carte en soi avec cet acteur Anthonythasan Jesuthasan. Mais un sérieux problème de rythme et de cohérence apparaît car en plus de cet énorme changement de cap imprévisible et saugrenu, survenu au deux tiers du film, on assiste à tellement de thèmes mélangés et tant d'invraisemblances, que la pilule a bien du mal à passer... En effet, totalement en rapport avec l'actualité, ces migrants venus du Sri Lanka afin de fuir la guerre civile, étaient un point de départ déjà intéressant et suffisant, avec le problème de l'intégration et tout ce qui en découle. Installer cette fausse famille dans une cité sans âmes où les seuls habitants visibles sont des caïds extrêmement dangereux, complique déjà l'ensemble ! Le tableau est ainsi noirci à volonté sciemment et malheureusement ! Il est certain alors que les démons à peine enfouis de ces trois Sri Lankais, vont rejaillir de plus belle, et que Jacques Audiard dans ce contexte fait tout pour forcer la dose au maximum et en rajouter par ci, par là. Durant la première partie du film, la démonstration ne nous apprend rien de bien nouveau sur les conditions de vie de ces trois réfugiés, tout comme sur celles de la cité et même si on assiste ainsi, à des moments intimes et délicats au sein de ce trio, le réalisateur ne fait que montrer une réalité plus que déjà connue et dénoncée. Les deux acteurs principaux démontrent d'ailleurs une grande sensibilité, une tendresse secrète très belle à observer, mais tout est cependant gâché par cette ambiance terriblement oppressante, ambiance qui surfe sur les clichés en large et en travers comme si cet univers délétère servait de toile de fond et de prétexte pour rendre cette intégration des plus difficile ! Le pompon est atteint avec ce revirement inattendu et complètement incohérent où Deephan sort de ses gonds en prenant les armes pour lutter seul contre ces deux bandes opposées et sauver sa femme ! On frise alors presque le n'importe quoi tant la mise en scène en rajoute en veux-tu, en voilà comme dans un pur film d'action !!! La fin presque idyllique qui tombe comme un cheveu sur la soupe, est la cerise sur le gâteau et fait passer l'Angleterre comme un Eldorado face à la France, terre d'insécurité totale et de chaos... Jacques Audiard semble être allé dans un tas de directions différentes, avoir voulu aborder vite et mal, beaucoup de sujets différents et s'être au final mélangé les pinceaux avec un résultat très mitigé, franchement brouillon et invraisemblable sur la fin... Il y avait pourtant matière à rendre intéressant cet ancien soldat tamoul au sein de cette nouvelle jungle, en tant que personnage endurci et déterminé, où il avait une autre partition à jouer à mon avis, en s'affirmant en maître des lieux. Ceci aurait été une autre piste possible, je pense plus intéressante et originale, mais pourquoi pas ? Féru du cinéma de Jacques Audiard, je ne cache pas ma déception en me demandant bien à qui cette palme d'or est attribuée, au film ou au réalisateur ? De beaux moments, des acteurs touchants et même prenants, pour en arriver là... Dommage !

elbandito

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2,0Pas terrible • Publiée le 02/10/2015

Sur un sujet d’actualité, Jacques Audiard ne parvient pas à captiver le spectateur sur le sort d’une "fausse" famille reconstituée de migrants sri-lankais, fuyant leur pays en guerre, et confrontée à la violence urbaine en France. La construction d’une nouvelle vie paisible est-elle possible, et à quel prix ? Drame intime mâtiné de thriller social, le portrait des cités franciliennes est excessif et décalé, car il se concentre sur une situation extrême, qui ne représente pas la norme. Les acteurs ne sont pas mauvais, l’atmosphère est à la fois dure, puis douce et étouffante, tant lors de scènes intimes que lors des sorties dans la cité. Et lorsque vient le moment de l’explosion finale du héros bouillonnant, son passage à l’acte est filmé en un long plan séquence à hauteur d’homme, fascinant de réalisme, mais très improbable et incohérent dans son déroulement. A noter le scandaleux et déplorable parti pris "France = zone de non-droit vs Angleterre = paradis familial". Là aussi, nous sommes très loin de la vérité. A moins que ce ne soit qu’une vision onirique du héros à la recherche d’un bonheur impossible.

Septième Sens

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3,0Pas mal • Publiée le 01/10/2015

« Une Palme, c'est forcément immérité, non ? » se demandait le cinéaste le plus admiré de la communauté cinématographique. Par essence, oui. Car quelle œuvre peut se targuer d'être meilleure que telle autre dans un lieu où la substantifique moelle du Septième Art est célébrée ? Aucune, et encore moins Dheepan, fable noire et réaliste d'un ancien guerrier Tamoul fuyant son pays en pleine guerre civile. Avec une femme et une petite fille qu'il ne connaît pas, il part s'exiler en France pour espérer reconstruire sa vie. Comme chaque film d'Audiard, celui-ci est multiple et invoque plusieurs genres pour composer un long-métrage mémorable et bien au-dessus de ce que nous avons l'habitude de voir. Social, Dheepan est avant tout un mensonge qu'il va falloir faire disparaître, pour tenter à nouveau de vivre. Par sa caméra, le cinéaste créé une famille de toute pièce qu'il prend le temps de filmer pour mieux la comprendre. Admirable. Politique, Dheepan dénonce une société malade. Notre héros ordinaire quitte une guerre pour replonger dans une autre, invisible aux yeux de beaucoup, et pourtant bien réelle. Par ce fait, le réalisateur injecte une dose répulsive de violence comme il avait pu le faire dans Sur mes lèvres. L'enfermement (des corps, de l'esprit) et la culpabilité, leitmotivs de la filmographie de l'auteur, reviennent une nouvelle fois sous la forme d'une mort prochaine, guettant le protagoniste à chacun de ses actes. Terrifiant. Mystique, Dheepan n'est pas seulement le triste témoignage d'un chaos banalisé, mais conjure une entité qui nous dépasse. Les apparitions de cet éléphant spirituel rappellent les rêves prémonitoires de la biche que Malik faisait dans Un Prophète. Dans le cinéma d'Audiard, ses personnages sont souvent désemparés, mais jamais seuls. Quelqu'un ou quelque chose les guide vers une issue incertaine, mais inéluctable. Miraculeux. Oui, mais. Nous le disions plus haut, cette œuvre est une fable puissante et réalisée de main de maître. Cependant, toute fable qui se respecte finit par une morale des plus impériales. Celle de Dheepan frôle le non-sens et détruit toutes les intentions du réalisateur en trois minutes. Ce dénouement, synonyme de hors-sujet, est aussi incompréhensible que frustrant. Le metteur en scène n'a visiblement pas su comment conclure un récit qui aurait pu devenir chef-d’œuvre. Il n'en remportera pas moins la Palme d'or, alors, que demander de plus ? http://septieme-sens.net

Pauline_R

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3,5Bien • Publiée le 28/08/2015

Une légère déception : Dheepan est un bon film mans sans doute le moins bon film de Jacques Audiard qu'il ait été donné de voir, dû principalement à une dernière partie de film totalement ratée ou tout du moins peu fine par rapport au reste. Durant 1h30, Audiard montre tout son talent de metteur en scène et de directeur d'acteurs hors pair, l’évolution des relations entre les personnages, les thèmes de la familles, du deuil et de l'intégration sont abordés avec beaucoup de force et suffisaient largement à en faire un beau film. Mais l'introduction d'une violence surréaliste est selon moi de trop, fait perdre au film de sa puissance émotionnelle, on n'y croit plus un seul instant. Et je ne parle même pas de la fin... Un gros gâchis.

poet75

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1,0Très mauvais • Publiée le 28/08/2015

Quoi! Voilà donc le film à qui ont été attribués les lauriers de la Palme d'Or au dernier festival de Cannes! Invraisemblable et atterrant! Qu'est-ce que les membres du jury avaient dans la tête pour accorder tant d'honneur à ce film non seulement médiocre d'un point de vue purement cinématographique mais encore et surtout extrêmement douteux d'un point de vue idéologique? J'ai du mal à comprendre... Certes les trois personnages de réfugiés tamouls, contraints de de se faire passer pour une famille (père, mère et fille) afin de fuir le Sri Lanka, ont largement de quoi susciter l'intérêt. La petite fille tamoule et sa fausse mère sont d'ailleurs les seuls personnages intéressants et touchants de ce film. Quant au reste, tout dérape très vite vers les pires clichés véhiculés quand il est question des quartiers dits sensibles. Car c'est dans un de ces quartiers défavorisés que les trois tamouls trouvent refuge, l'homme en tant que gardien d'immeubles et la femme en tant qu'auxiliaire de vie. Dès lors, le spectateur est comme pris en otage: ce que le réalisateur a choisi de montrer de ce quartier, ce ne sont qu'immeubles dégradés, tagués, sales et inquiétants et entièrement contrôlés par les trafiquants de drogue. On ne voit qu'eux, ils sont partout, ils font régner leur loi, règlent les déplacements des habitants, font la surveillance du haut des toits et, pour un oui ou pour un non, sortent leurs armes et font le coup de feu! Pas une seule fois on n'aperçoit un véhicule de police. Il n'y en a que pour les caïds de la drogue, le quartier leur appartient! Et, bien sûr, la fin du film se complaît dans un tourbillon invraisemblable de violence. Disons les choses clairement: si Jacques Audiard avait voulu faire la promotion de la propagande du FN, il ne s'y serait pas pris autrement! J'imagine que les dirigeants du parti en question pourrait prendre ce film en exemple afin d'illustrer leurs propos tendancieux! Pour ce qui me concerne, j'exècre cela et je ne supporte pas qu'un film, délibérément ou non, cherche à faire de moi un otage! Que les quartiers dits sensibles soient le théâtre de dégradations, d'exactions et de violences de toutes sortes, il n'est pas question de le nier, mais qu'un film choisisse de ne montrer que cela, c'est extrêmement dommageable! Quand je pense à Miguel Gomes choisissant de mettre l'accent sur une communauté d'oiseleurs vivant dans un quartier défavorisé de Lisbonne (dans le volume 3 des "Mille et Une Nuits"), voilà qui change des clichés habituels et voilà ce que j'apprécie! Le cinéma a-t-il pour but de surligner nos idées toutes faites, que ce soit sur les quartiers sensibles ou sur quoi que ce soit? Non! Il a plutôt pour vocation de nous surprendre ou de nous étonner! Le film de Miguel Gomes nous surprend, celui de Jacques Audiard jamais ou quasiment jamais! Il nous donne plutôt la nausée! 2/10

Africultures

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2,0Pas terrible • Publiée le 26/08/2015

Face au réel se pose la question du cliché, question essentielle si l'on interroge la visibilité et la parole des exclus et des sans-voix. (...) Voici donc dans Dheepan la banlieue à nouveau représentée comme le théâtre de la délinquance et de la violence. (...) La cité n'y existe qu'en tant que décor de la violence qui fait avancer l'action. Elle n'a pas de consistance humaine, si ce n'est un obscur vieux malade qui ne pipe mot et son fils, un chef de gang qui lui s'épanche un peu. Mais le propos est bien de confronter Dheepan à la même violence qu'il a connue au Sri Lanka pour montrer à quel point elle met son projet d'intégration en échec : il faut donc que la cité soit en guerre et qu'elle ne soit que cela ! http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=13006

lhomme-grenouille

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1,0Très mauvais • Publiée le 11/09/2015

C’est marrant, le hasard a voulu que je revoie « Les nouveaux chiens de garde » juste avant d’aller voir ce « Dheepan ». J’y avais entendu une phrase qui m’est resté tout le temps en tête alors que j’observais le film de Jacques Audiard. Cette phrase était de Michel Naudy et elle disait ceci : « qu’on me cite un exemple d’un journaliste qui a commencé sa carrière dans ce qu’on appelle l’impertinence, la contradiction, le non-consensus et qui n’ait pas été, soit passé aux oubliettes, soit récupéré ? Il n’y a pas d’alternative. Le système jette tout ce qu’il ne peut pas récupérer. Si vous restez, vous ne restez jamais à l’antenne impunément. Jamais. » Quel rapport, me diriez-vous ? Jacques Audiard n’est pas journaliste aux dernières nouvelles ! C’est vrai. Mais autrefois, Jacques Audiard était dans une forme d’impertinence, de contradiction, de non-consensus à l’égard de ce système qu’est le cinéma français. C’était un esthète. C’était un formaliste. C’était il y a dix ans… Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Alors oui, il y a bien deux ou trois plans qui émergent au milieu de ce « Dheepan » (Spoiler: …et quand je dis « deux ou trois », c’est en fait « trois et pas plus » : un éléphant dans la jungle ; des motos roulant en pleine lumière ; un éclat de balle dans l’oreille. Trois. Oui, si peu que je m’en souviens et que j’ai pu compter.) Mais au-delà de ces quelques plans, où est l'Audiard de « De battre mon cœur s'est arrêté » ? Une image dégueulasse. Des plans qui tremblent. Une photo livide. Une accumulation de plans simplement illustratifs. Que c’est triste le nouveau cinéma d’Audiard… Et que dit-on là-dedans ? Rien de plus que toutes les autres calamités de ce glorieux « cinéma social » dont Cannes entend visiblement nous goinfrer année après année. De la misère et encore de la misère ! Non le cinéma n’est plus une expérience sensorielle à en croire ces films là. Le cinéma c’est juste du plaidoyer facile contre la misère du monde. Le sujet fait tout, il justifie tout. Raconter une histoire devient presque insignifiant. Pourquoi tracer un parcours humain élaboré sur deux heures alors qu’on peut se contenter de brasser des images du quotidien qui conforteront tout le monde dans leurs représentations ? Spoiler: Dhepaan a connu le pire ; il est refugié ; il a le sens de l’entraide, de la solidarité et de l’intégration, mais seulement voilà, il doit lutter contre son pire ennemi après la guerre : la méchante société française. Elle ne lui donne même pas de bol pour boire son lait ; de personnel pour l’amener jusqu’à son nouveau chez-lui ; de logement digne pour habiter. Il doit vivre au milieu des dégradations, des dealers, des fusillades (?). Il doit se laver à l’eau froide. Sa pseudo-fille est rejetée à l’école par tous les enfants indignes tandis que sa pseudo-femme est contrainte d’être employée par des voyous. Parce que oui, la banlieue elle ne peut être que comme ça et pas autrement. C’est toute la beauté de ce cinéma qui se réclame d’un réel qui n’en est jamais un. Le fantasme prime. Ainsi, dans la banlieue de « Dheepan », il peut se dérouler un règlement de compte tous les deux jours à grand renforts d’armes à feu sans que jamais une seule voiture de police ne passe. Ça ne choque personne. Ça ne choque pas les personnages. Ça ne choque pas Audiard. Ça ne choque ni Cannes ni même tous ces journalistes qui ont encensé ce film. Il faut vraiment ne jamais avoir foutu un seul pied dans ce type de quartier pour en être arrivé à un tel niveau de caricature. Des fois j’ai envie d’en rire. Mais maintenant, à force, ça commence à m’apitoyer. Audiard a fini par rejoindre le rang des Dardenne, Kechiche et autres Cantet. Il est là pour fournir leur came aux petits bobos et à tous ceux de la middle-class qui veulent voir le monde sans sortir de chez eux et surtout pour se convaincre qu’ils ont bien raison de rester là où ils sont. Audiard vaut mieux que ça. Il sait faire mieux que ça. D’ailleurs il semble même nous le dire sur le final de son « Dheepan ». Parce que oui, sur le dernier quart d’heure, ce film tente étonnement de s’énerver un peu. Alors certes, ça a eu le mérite de me réveiller et d’enrichir formellement l’ensemble, mais c’est vraiment fait en mode fête du slip. Cette conclusion sombre dans une sorte de paroxysme d’absurdité par rapport à la démarche initiale du film. C’est un pur moment de n’importe quoi qui, quand on prend le temps d’y réfléchir, n’est pas crédible pour un sou. Mais bon. Encore une fois. Cette conclusion n’est au fond qu’une belle illustration de ce qu’on demande à ce genre de long-métrage : une confortation d’un certain public du fantasme qu’il se fait du monde, et en mode binaire et caricatural s’il vous plait (Spoiler: …parce que oui, en gros, la fin de « Dheepan » nous dit : « la France c’est la misère des banlieues, la guerre civile la misère et l’abandon alors que – heureusement – l’Angleterre ce sont les jolis taxis et les belles maisons à bow-windows qui accueillent dans l’opulence et la mixité les gentils immigrés. » Joli message. Pas « french bashing » du tout. Tout dans la mesure. Très subtil. Bravo.) Donc voilà ce à quoi se réduit Audiard désormais. Je vous le dis en toute honnêteté : ça me blase. Mais bon, comme le dit si bien Michel Naudy dans « les nouveaux chiens de garde » : on ne reste jamais à l’antenne impunément. Jamais. . Audiard a fait son choix. Il a voulu rester. Après tout, ça paye bien. Il fournit la came qu’on lui demande, sans trop d’effort, et en échange il reçoit moult argent, palmes cannoises et notoriété publique. Pourquoi se priver ? Certes, ce genre d’attitude ne sauve pas le cinéma français de la léthargie dans laquelle il s’embourbe depuis un certain temps. Mais d’un autre côté, que reste-t-il à sauver ? Voilà finalement ce que semble être le raisonnement d’Audiard après ce « Dheepan » et, franchement, ça n’augure rien de bon pour les amoureux de septième art… http://lhommegrenouille.over-blog.com

ChroniqueMécanique

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4,0Très bien • Publiée le 04/09/2015

Ici donc, Audiard (toujours accompagné de son indéboulonnable complice Thomas Bidegain à l'écriture, mais aussi de Noé Debré pour le coup) nous conte l'histoire d'un guerrier tamoul qui se bat du côté des Tigres, des indépendantistes réclamant la création de leur propre État contre le Sri Lanka. Cet homme ne se nomme pas réellement Dheepan, c'est le nom qu'il "emprunte" lorsqu'il raccroche les armes et décide de fuir cette guerre civile (à ce propos, celle-ci s'est terminée en 2009 après seize années de conflit). Dheepan est en réalité un homme qu'il ne connaît pas, décédé depuis quelques mois, et dont on lui offre de récupérer les papiers. Le guerrier déchu se fait alors lui aussi passer pour mort. Un fantôme dans le corps d'un mort en somme. Il usurpe non seulement son identité, mais aussi sa vie. En effet, Dheepan était marié et père d'une fille de neuf ans. La femme et les enfants du guerrier tamoul sont morts durant la guerre, alors il se trouve une nouvelle famille de fortune, une femme et une fille qu'il n'a jamais vues et qui cherchent elles aussi à quitter le Sri Lanka. Ces trois-là ont tout perdu, ne se connaissent pas, et les voilà parachutés en France, à la recherche d'un asile politique. Ils finissent par s'installer, après pas mal de galères, dans une cité sensible de la banlieue parisienne où le nouveau Dheepan trouve un emploi de gardien d'immeuble, où une nouvelle vie commence. Dans un pays qui n'est pas le sien, où l'on parle une langue qu'il ne comprend pas, formant une fausse famille avec deux personnes qu'il ne connaît pas, Dheepan tente de se reconstruire. Mais la violence régnant en maître dans la cité va agir comme une menace pesante, de plus en plus lourde, et l'empêcher de trouver le repos et de panser ses plaies... La première scène montrant le personnage principal évoluant dans l'Hexagone est éloquente : il vient de quitter un pays ravagé par la guerre, à la recherche d'une nouvelle lumière, et les premières que l'on voit apparaître de lui sont celles de jouets pour enfants clignotant dans la nuit et qu'il vend à la sauvette. Lui, le guerrier implacable, se retrouve affublé d'un serre-tête lumineux de pacotille et déambule dans les rues. Cette dichotomie symbolisant sa déchéance est aussi pathétique que touchante. Puis, une fois bazardé gardien d'immeuble, Dheepan va alors tout tenter pour passer inaperçu et se reconstruire. Malin, il comprend vite les rudiments de son nouveau métier et s'emploie à l'exercer au mieux. Il apprend à parler la langue de Molière, et essaie progressivement de se rapprocher de cette famille de substitution, tout aussi paumée que lui. Et notamment d'une femme dont le seul désir est de rejoindre sa famille exilée en Angleterre et non de croupir ici à Paris. Il se fond tellement dans la masse, qu'il va jusqu'à demander à son "épouse", de confession hindouiste, de porter un voile car "toutes les femmes en portent ici". Petit à petit, l'ancien guerrier tamoul se convainc d'être Dheepan, au point de finir lui aussi par croire à ce mensonge. Mais il semble bien être le seul. Car de solitude, il est souvent question ici. Même s'il est entouré au quotidien de deux compatriotes, Dheepan est seul. Tout comme elles par ailleurs. Les héros d'Audiard sont de toute façon des solitaires. Des gens blessés, broyés, des inadaptés au monde dans lequel ils évoluent aussi. Ils taisent un rejet, une incompréhension, une blessure, contiennent une violence sourde, enfouie. Et tout ça ne demande qu'à exploser... Lire la critique complète sur Chronique Mécanique... https://www.facebook.com/ChroniqueMecanique

Emilie J.

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3,0Pas mal • Publiée le 27/09/2015

L'histoire de cette famille, apprendre à vivre ensemble etc est superbe. Par contre l'histoire au sein de la cité est de trop dans ce film. Dommage.

The-Duck

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3,0Pas mal • Publiée le 22/09/2015

Avec un sujet pareil, je m'attendais à un film moralisateur, c'était plutôt agréable de ne pas avoir à endurer ça. Le film, dans une première partie plutôt classique, traite de l'assimilation des protagonistes, leurs efforts pour apprendre la langue et les difficultés rencontrées pour s'intégrer dans une banlieues où ils arriveront à vivre grâce à l'argent de la drogue. La trame dérape dans le contexte d'une zone de non droit, où les souvenirs de guerres et de violences refont surfaces. Cependant la mayonnaise ne prend pas. Les personnages ne sont pas assez creusés, celui du père notamment : Celui-ci nous inspire de la dignité, mais à aucun moment, ou presque, il n'est évoqué chez lui des troubles justifiant un tel final. La construction du modèle familiale, qui est pourtant, l'axe principal du film, est également tiré par les cheveux, le rythme du film alternant routines et péripéties, rend les relations floues entre le "couple". La banlieue quant à elle (quand bien même elle existerait en vrai) est présenté de façon caricaturale. Pour conclure, un film qui ne mérite pas vraiment un prix, mais qui reste un divertissement sympathique. Du moins, il a le mérite de nous raconter l'histoire d'une famille clandestine dans les banlieues française sans nous imbiber d'idéologie, et ça c'est vraiment agréable.

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