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    Grave
    note moyenne
    3,6
    4679 notes dont 498 critiques
    15% (76 critiques)
    33% (165 critiques)
    22% (110 critiques)
    11% (54 critiques)
    8% (40 critiques)
    11% (53 critiques)
    Votre avis sur Grave ?

    498 critiques spectateurs

    Lucas R.
    Lucas R.

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    5,0
    Publiée le 16 mars 2017
    Le côté trash et gore est tellement fort, qu'il était évident que Grave allait diviser la critique. D'un côté le film est terriblement malsain et dérangeant. D'un autre, il est absolument captivant, irréprochable et inattendu. Les gens qui viennent dire que ce film est trop gore, trop violent, alors que le film est un film qui porte sur une adolescente qui devient cannibale, c'est un peu paradoxal. C'est comme si vous alliez voir Harry Potter et que vous disiez ensuite qu'il y avait trop de magie, ça n'a aucun sens, le cannibalisme c'est le genre du film, alors évidemment que le film va être gore, violent, sanglant,écœurant. En ce qui concerne le reste de l'histoire, c'est bien amener et très bien réaliser, la fin est assez traumatisante et bouleversante. La psychologie des personnages est vachement intéressante, et leurs interprètes sont bluffants! Je le recommande en précisant quand même que vous êtes mis en garde : Grave est un film sur le cannibalisme (et pas que) interdit aux -16 ans, vous n'allez donc pas voir un film avec des papillons, des beaux paysages, des fleurs et des chatons. Pour moi un chef d'œuvre ! c'est totalement réussit mais ca se comprend que le film puisse diviser ! À voir à bon entendeur !
    Shelby77
    Shelby77

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    3,5
    Publiée le 16 avril 2018
    Difficile de sortir "indemne" de ce visionnage... L'ambiance est glauque à souhait, les situations plus nauséabondes les unes que les autres, mais malgré tout, on reste attaché au parcours initiatique de l'héroïne à travers son "baptême"... Le final du film est surprenant et explique pas mal de choses... Bref, un film "coup de poing" que j'ai personnellement pris beaucoup de plaisir à regarder.
    elbandito
    elbandito

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    3,0
    Publiée le 31 mars 2017
    Belle réussite incontestablement portée par la presse, cette première œuvre de Julia Ducournau donne un bon petit coup de fouet à un cinéma de genre totalement moribond en France, le film d’horreur. Car il ne faut rien attendre de plus de "Grave". Les plans sont inquiétants, l’ambiance délétère évoque les classiques du genre. Le point fort du film réside dans la performance hallucinée de la troublante Garance Marillier, jeune actrice dont on se délecte de suivre l’évolution au fil de l’histoire. Le plus terrifiant réside dans le fait que ce sont des gens comme nous. En revanche, "Grave" est aussi vendu comme un drame psychologique qui explore les tréfonds de l’âme humaine et apporte autre chose qu’un plaisir malsain de chair fraiche consommée à l’écran. Ce n’est pas forcément l’impression que donne le film, sorte d’exutoire pour le spectateur voyeur, et dont quelques échanges cocasses suscitent parfois un rire nerveux chez le spectateur… Enfin, l’aspect scientifique est relativement mis à mal par Julia Ducournau car sa thèse de la transmission héréditaire de ce mal étrange qu’est le cannibalisme est une théorie plus que fantaisiste pour toute personne férue de sciences.
    Matéo M.
    Matéo M.

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    5,0
    Publiée le 15 mars 2017
    Grosse claque!!! Française en plus, donc raison de plus pour foncer voir Grave mais en étant averti! Âmes sensibles s'abstenir car le film est marquant et choquant, mais d'une façon très réaliste et intéressante ! Les acteurs sont excellents, surtout la principale qui joué Justine ! Vachement convaincante ! Le film démarre doucement jusqu'à progresser petit à petit vers l'horreur/thriller psychologique et gore. La fin est complètement inattendue pour le coup et vachement choquante ! Un film sur le cannibalisme et l'humanité osé et très surprenant qui me marque encore à l'heure où j'écris ces mots...ça prend aux tripes!
    THE-CHECKER
    THE-CHECKER

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    0,5
    Publiée le 25 mai 2017
    Alors c'est donc ça le film d'horreur Français que tous les festivals s'arrachent? Celui dont la critique unanime ne fait que vanter le génie esthétique, la puissance narrative, la profondeur de ses interprètes? Et ben mon pote! j'espère que t'es bien accroché là, parce que franchement, tu ne vas pas être déçu du voyage! Genre jusque là épargné par les nombrilistes du septième art (version oedipe mal réglé de la petite bourge déféquant sur une toile pour attirer l'attention de papa), le gore made in France, après avoir été outragé à maintes reprises par tous les geekos wannabe dont l'expression artistique se résume au pillage jusqu'à la lie des classiques qu'ils vénèrent (ces derniers officiant bien souvent en tant que pigistes dans les revues spécialisées...), voici donc venu le pendant féministe issu de tout ce que la classe Parisienne imbue d'elle même peut produire (Dont les réseaux phagocytent à peu près toute la "culture" du pays), bien décidée à révolutionner l'eau froide histoire de prouver sa capacité à pervertir un peu plus tout ce qu'elle touche, immunisée semble t-il contre un ridicule ici érigé en fausse originalité, la réalisatrice crevant sans doute de peur de n'être cataloguée au final que comme une énième cruche banale à l'obsolescence hype programmée. Ressemblant à du Virginie Despentes sur bobine, le film de Julia Ducournau ne raconte rien, ne sert à rien, tout au plus se vautre t-il complaisamment dans l'abjecte en guise de cache misère de sa totale vacuité, illustrant un non sens permanent entre spoiler: deux plans de fesse ou de sein gratos tout en se faisant à la fois le relai de la propagande habituelle pour flatter les uns ( spoiler: Mouvements LGBT, voir zoophile et incestueux si l'on en juge par cette séquence hallucinante d'un chien prêt à laper l'entre-jambe d'une nana se faisant épiler les poils pubien en mode missionnaire par sa propre soeur! Sans parler de la scène de douche.. ) tout en crachant sur les autres (Ben les mêmes que d'habitude quoi! Soit spoiler: Les affreux mumus comme l'attestent les remarques particulièrement ironiques sur l'excision, toujours en pleine épilation vaginale entre frangines... ) histoire de rappeler quelques fondamentaux en matière de hiérarchie sociale dans la lutte contre les inégalités ( spoiler: quand intégration rime avec fellation, le rebeu de service prénommé Adrien pour faire plaisir à Eric Zézé, ouvertement gay fustigeant implicitement la pratique religieuse minimaliste consistant à ne pas manger de porc juste après une séquence le montrant se faire vidanger buccalement ! par un autre type). Confondant allègrement effets spéciaux et effets spécieux, le métrage s'efforce par tous les moyens de choquer son public, quitte à humilier son actrice principale en bizutée docile ( spoiler: allez Garance, vas-y, donne toi à fond, oui c'est ça, mange l'escalope père dodu comme un animal! OUI, c'est bon, tu vis ton personnage, tu es ton personnage!! ) dont la propension à se soumettre à la tyrannie de la réalisatrice (disposant d'elle comme d'un jouet, l'actrice étant tout juste majeure lors du tournage...) en dit long sur le degré de folie narcissique de l'entreprise (ces gens là n'ont-ils pas de parents?). Parce que franchement, faut quand même voir le spoiler: degré d'immondices qu'elle fait faire à ses comédien(ne)s (bon alors écoutez, spoiler: j'ai besoin d'un plan où l'on voit une fille lécher les globes oculaires d'un mec. Oui je sais dit comme ça c'est un peu bizarre, mais croyez moi, c'est de lard tout ça et si vous ne le voyez pas, c'est uniquement parce que vous n'êtes qu'une bande d'incultes et que vous ne comprenez pas ma démarche! D'ailleurs, c'est bien pour ça que c'est moi la réalisatrice et vous les figurants! Comment ça j'ai fait une faute à de lard? Et bien non mon cher, j'ai fait exprès justement, c'est l'art du lard! ). Mais attention, Julia Ducournau n'est pas n'importe qui comme l'atteste sa fiche wikipédia, spoiler: elle a tout fait dans sa vie, tout ce qu'elle touche se transforme en or! Parce que tu comprends, elle est diplômée de l'université de Columbia! Ah oui quand même, ça calme un peu! Khâgne Hypokhâgne, le tiercé quarté quinté plus du cinéma de la haute société! En même temps, ce n'est pas parce que Dorothée est allée enregistrer un Album à Memphis que sa musique ressemble à celle du King! Pour le reste, dois-je vraiment aborder les non sens scénaristiques ( spoiler: des scènes pour rien comme celle-du routier, l'accident de voiture, le cheval filmé au ralenti wouah c'est profond..), où tout est fait pour aller d'un point A à un point B sans aucune cohérence ( spoiler: ta soeur se coupe le doigt? ben tu le manges logique! ) les situations les plus aberrantes se produisant ( spoiler: l'ainée faisant faire le chien à sa soeur, comme ça pour rien ) sans que cela n'émeuve qui que ce soit outre mesure (et surtout pas une administration universitaire quasi inexistante). Et puis ce pauvre spoiler: Laurent Lucas qui semble toujours traumatisé par son Calvaire avec Fabrice du Welz également tourné en Belgique pour le coté "glauque" de l'affaire, question clichés comme tu peux le voir on est au max! (surtout pour un film financé en partie avec l'argent du contribuable Belge!!). Quand la vanité le dispute à la complaisance, spoiler: Julia Ducournau peut se vanter d'avoir réussi à synthétiser les pires tares que la société du copinage et des réseaux peuvent produire en la matière (c'est financé par Julie Gayet les mecs, réveillez-vous!), dans le plus pur esprit des anciennes élèves de la FEMIS (on reconnait d'ailleurs la filiation cinématographique avec Céline Sciamma), dont la capacité à se relayer à la "Human centipede" m'effraiera toujours. C'est dire à quel point l'heure est extrêmement "grave"...
    tony-76
    tony-76

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    3,0
    Publiée le 23 mai 2017
    Grave est le film qui a fait sensation lors de la Semaine de la Critique dans le cadre de la 69e édition du Festival de Cannes. Il a également fait beaucoup parler de lui : de nombreuses scènes violentes, gores et à caractère sexuel dans lequel Grave a été censuré ; certaines personnes se sont même évanouies lors de ces scènes et d'autres ont clairement vomi pendant le film... C'est pour cela que les programmateurs de salle de cinéma ont anticipé en donnant avant la projection des sacs à vomi... Il s'agit du premier long-métrage pour la réalisatrice française Julia Ducournau. Grave est une sorte de cauchemar vraiment dérangeant dans lequel on ne peut plus en sortir ! Un film sang pour sang choc qui tape très fort dans le cinéma fantastique FRANÇAIS ! On suit la vie d'une jeune étudiante (Justine) qui intègre une école de vétérinaire accompagnée de sa sœur. Justine est végétarienne ! Mais lors d'un bizutage, elle se force à manger une raie de lapin crue. Quelque temps après, elle se sent différente et devient obsédée de la viande, spoiler: même de la chair humaine... Le côté spoiler: cannibalisme peut faire penser des moments à l'horrifique oeuvre de Nicholas Winding Refn - The Neon Demon. Avec Grave, le gore est de la partie ! La trame sonore est très surprenante, la mise en scène assez étrange, les décors apocalyptiques : spoiler: l'école ressemble clairement à un campus entouré de morts-vivants, la direction artistique s'avère inconnue mais notons un caméo inattendu de spoiler: Bouli Lanners en chauffeur routier. Celle qui interprète Justine (Garance Marillier) a beaucoup d'avenir devant elle ! Elle joue de manière naturelle, enfin elle a le don de nous faire frissonner ! Un certain suspense capte notre attention jusqu'au bout. Les revirements de situation (surtout vers la fin) sont bien pensés, imprévisible à souhait et quelque peu incompris pour la plupart des spectateurs... En somme, Grave est une oeuvre inclassable. On est à la fois fasciné et à la fois dérangé par cette histoire cauchemardesque. On salue l'audace de la réalisatrice pour son premier film ! Marquant et cruel ! Bon appétit.
    brunetol
    brunetol

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    2,0
    Publiée le 28 mai 2017
    "Grave" en langage familier ça peut vouloir dire "pas sérieux", et c'est exactement ce que semblait vouloir faire la réalisatrice. Un film pas sérieux, un exercice de style autour de la série Z avec une gourmandise enfantine pour les séquences bien dégueu. Sous cet angle, "Grave" est plutôt réussi, si on est friand du genre horrifique trash à la "Evil Dead II" - même si l'on peut regretter un manque d'inventivité, le film procédant par recyclage massif de scènes déjà vues ailleurs, dont découle un faible pouvoir cathartique. J'ai plus de mal à comprendre le concert de louanges et le buzz de folie qui ont accueilli sa sortie. Car au-delà de sa modeste ambition, il n'y a rien. Pas une once de trouble, pas l'amorce d'une transgression intéressante, juste une suite de séquences entre gore frontal et teen-movie raz le bitume, dialogues wesh-wesh le plus souvent inutiles, scénario indigent qui ne se préoccupe jamais de cohérence (c'est le principe même de la série Z), rentre-dedans épate-bourgeois qui ne vole pas plus haut que les rites primitifs de bizutage qui lui servent de cadre, métaphores plombées et morale déterministe à la noix, du style "on n'échappe pas à sa nature, telle mère telles filles". Si vous cherchez plus de substance, un retour aux références dont le film est pétri s'impose : le très inégal mais autrement dérangeant "Dans ma peau" de Marina de Van, "Trouble Every Day" de Claire Denis, "Carrie" de Brian De Palma, "Crash" de David Cronenberg, etc... etc...
    Arnaudbh
    Arnaudbh

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    0,5
    Publiée le 1 août 2017
    Attention ce film est un chef-d’œuvre. Effectivement, sachant que le scénariste (après avoir balancé les 2 feuilles qui faisaient office de script à la tronche des acteurs) a mystérieusement disparu et n’a plus donné signe de vie. Que le cadreur était borgne et a malheureusement utilisé son mauvais œil pendant le tournage. Que le réalisateur, devant un échec inéluctable a préféré mettre fin à ses jours après 2 jours de tournage. OUI ce film est un chef-d’œuvre, une preuve irréfutable de persévérance de toute l'équipe de tournage qui refusa (de manière exemplaire) de baisser les bras face à l'adversité et décida coute que coute de continuer en impro, sans filet et sans se soucier des conséquences. Passez du temps avec vos grands-parents, rangez chez vous, ou bien regardez un autre film (tout simplement), mais je ne peux que vous conseiller d’éviter ce « chef d’œuvre. ».
    Patrick F.
    Patrick F.

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    0,5
    Publiée le 25 juillet 2017
    Une idée originale mais un film raté: comédiens médiocres, du gore tellement prévisible qu'il en devient grotesque. Une volonté trop évidente de choquer. Le film a été plébiscité par de nombreux critiques, ce qui reste un mystère... Qu'ont- ils vu de profond dans ce pseudo film d'horreur? Certes on ressent un grand malaise, pas parce que le sujet dérange mais parce que le scenario et la réalisation font défaut.
    Naadette
    Naadette

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    0,5
    Publiée le 14 juin 2017
    Je me suis fait avoir par les notes. Déçue n'est pas assez fort comme mot! Première fois de ma vie que je veux quitter une salle de cinéma. D'ailleurs certains l'ont fait. Quand jai vu l'affiche et le synopsis je pensais que c'était un film américain. Apres les premières images terribles, j'ai compris que c'était un film français mais vu les notes j'ai décidé de laisser une chance, malgré le fait que les français ne savent pas faire dans l'horreur. Et j'avais bien raison, scène sans sens, aucune explication réelle, du sang pour rien. Waouw je suis sortie perturbée par la nullité. C'est vraiment GRAVE!
    bolt
    bolt

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    5,0
    Publiée le 9 avril 2017
    Attention les yeux. GRAVE est un véritable chef-d'oeuvre. Un film d'horreur particulièrement choquant, Au scénario incroyable. Un film qui fera date tant il est maîtrisé. Certains films sont touchés par la grâce, celui-ci en fait partie. 5/5
    François G.
    François G.

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    4,0
    Publiée le 18 mars 2017
    "Grave", acclamé par la presse et le public, et récompensé au festival de Gérardmer, avait susciter chez moi une fascination. Une fascination aussi bien au niveau du film en lui-même qu'en sa création. En effet, il est rare de voir sortir en salles un film de genre français en plus d'être réalisé par une femme. Julia Ducourneau, ancienne étudiante à La Femis, avait auparavant réalisé deux courts-métrages : "Junior" et "Mange", eux aussi abordant la sujet de la transformation de la chaire. L'on peut donc voir ces trois œuvres former une trilogie, ce que la réalisatrice acquiesce. "Grave" est un premier long-métrage très réussi, apportant un renouveau dans le Cinéma français. Justine (superbement interprétée par Garance Marillier), jeune étudiante végétarienne en école véto, subit avec les nouveaux élèves les bizutages qui leurs sont réservés. En la forçant à manger de la viande crue, elle va découvrir de nouvelles envies... L'histoire est originale, bien écrite et propose un développement psychologique parfaitement retranscrit à l'écran. Loin des scénarios habituels produits à la chaîne, celui de "Grave" se démarque par son inventivité et ce qu'il aborde pendant sa courte durée. Julia Ducourneau signe avec ce film de genre une œuvre brassant de nombreuses thématiques telles la découverte du plaisir, la violence familiale, l'amour et la vision du corps. Le cannibalisme dépeint dans ce film est vu comme une pulsion sexuelle, un désir purement charnel, à travers une adolescente en quête de soi. L'ensemble de ces messages forment un tout cohérent et délicieusement intéressant. Ecrit en trois ans, "Grave" alterne brillamment film d'horreur, film d'auteur et drame humain, un pur film de genre existant par l'amour des sensations fortes. En effet, lors de la conception du long-métrage Julia Ducourneau pensait d'abord créer un film encore plus sanglant, elle hésitait d'ailleurs entre ces trois tabous de l'humanité : le meurtre, l'inceste et le cannibalisme. Par choix, elle s'est attaquée à ce dernier, notamment pour la création du corps, fascination développée par ses deux parents médecins. L'on ressent donc le désir de marquer les esprits par le « body horror », à la manière d'un David Cronenberg. Développant son protagoniste principal dans un milieu qui lui est différent et loin des figures paternelles et maternelles, il lui est alors plus facile de se dégager des règles familiales et de succomber à la force du groupe. Notamment face à celle de sa sœur, qui déploie ses ailes et aggrave son état et face au bizutage qui l'exploite, reflet du comportement dans la société. Julia Ducourneau filme le tourment de Justine entre érotisation et esthétisme, la mise en scène est d'ailleurs très bonne. Le rythme est soutenu, développant ses personnages sans tomber dans le cliché ou la caricature. De nombreuses scènes font forte impression, celles sanglantes particulièrement, qui ponctuent le long-métrage. En effet, l'ensemble se divise en plusieurs actes, finissant chacun sur un évènement marquant, annonçant une étape suivante encore plus frappante. La gratuité n'est pas partie prenante, l'intelligence du script ne tombe dans une surenchère outrancière comme auraient pu le faire certains autres films du genre. Rien ne sombre dans l'horreur pure, l'angoisse du film est générée par son réalisme malsain entre cannibalisme et bizutages et ses quelques chocs brutes malaisants et marqués par une bonne bande originale de Jim Williams. Le film subjugue, naviguant entre ésotérisme formel à la Dario Argento et inspirations nouvelles. Julia Ducourneau repousse les limites du genre et celles du cinéma français actuel. "Grave" arrive avec l'effet d'une bombe après son succès dans les festivals, en espérant que malgré sa très faible distribution il réussisse à donner confiance aux producteurs et à propulser les carrières de ses comédiens. Puissant et maitrisé, "Grave" fascine et émerveille autant qu'il met mal à l'aise et effraie, et restera en tant que l'une des œuvres majeures de l'année 2017.
    Christoblog
    Christoblog

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    5,0
    Publiée le 1 octobre 2017
    Quel premier film ! On ne peut qu'être admiratif devant l'assurance de la réalisatrice Julia Ducourneau, qui cumule ici beaucoup de paris osés : un film de genre (si on admet qu'il existe un genre "cannibale"), des actrices peu connues, un scénario qui met franchement mal à l'aise, des scènes très impressionnantes. Le résultat n'est certes pas confortable à regarder, mais assez captivant. On suit d'abord la jeune Justine lors de son intégration dans une école vétérinaire. Les pratiques humiliantes du bizutage sont montrées avec une grande efficacité, et c'est sûrement l'un des points forts du film. Justine retrouve sa soeur dans l'école, qui l'initie à certaines pratiques un peu bizarres (comme pisser debout), jusqu'au climax que représente la fameuse scène de l'épilation intime : je ne peux rien en dire, mais c'est un délice. Dans sa première partie, le film est brillant. On ne voit pas trop vers où l'histoire va se diriger, et l'ambiance qui se construit autour de Justine est malsaine à souhait. Après la fameuse scène de l'épilation, le film se résume un peu plus à l'allégorie qu'il s'avère être : son sujet, c'est la transition d'un état à un autre, à travers une initiation (bizutage, apprentissage de la sexualité, découverte de ses appétits, exploration de son corps). La fin du film est plus convenue, plus prévisible - même si une ultime scène nous révulsera en beauté. Agréablement dérangeant, malsain au possible, très bien dirigé et réalisé, Grave mérite le détour.
    Ciné-o-Max
    Ciné-o-Max

    Suivre son activité 25 abonnés Lire ses 51 critiques

    4,5
    Publiée le 27 mai 2018
    "Grave est véritablement un excellent film. Ce long-métrage est une réelle prise de risque de la part de la réalisatrice Julia Ducournau, et une prise de risque réussie tellement l'intrigue est captivante et surprenante. Il y a juste la révélation finale que je trouve de trop, qui arrive trop soudainement pour être vraiment utile et intéressante... En revanche, l'ambiance très tendue, qui monte en tension pendant tout le film, est vraiment bien maîtrisée, les personnages principaux sont très bien développés et portés par un très bon casting, dont l'actrice principale, Garance Marillier, qui est tout simplement excellente. Grave est donc un excellent film, une très bonne surprise." Critiques complètes sur cineomax.over-blog.com
    cylon86
    cylon86

    Suivre son activité 478 abonnés Lire ses 2 991 critiques

    3,5
    Publiée le 23 mars 2017
    Débarquant enfin dans nos salles après avoir traîné quasiment un an dans les festivals, "Grave" se doit d'être découvert sous un œil ignorant toute la hype qu'il traîne derrière lui. Non pas qu'il ne la mérite pas, certes mais il faut malgré tout reconnaître à ce premier long-métrage de Julia Ducournau qu'il comporte de nombreuses maladresses, de bonnes idées un peu maladroites, quelques scènes un peu bancales. Mais c'est un film sacrément couillu qui fait tâche dans le cinéma français et ça fait du bien. Revendiquant haut et fort son affiliation au cinéma de David Cronenberg et ses envies de genre, Ducournau se lance donc à corps perdu dans son film quitte à parfois manquer de recul sur le résultat final qui se donne parfois l'air de péter plus haut que son cul. Cela dit, Ducournau a raison de brandir haut et fort son film : il faut que des films comme "Grave" puisse exister dans le paysage cinématographique français, non seulement on peut le faire mais on en a besoin, on a besoin d'être secoué, de laisser les corps s'exprimer et de sortir de ces salons parisiens où des bobos devisent sur la vie en racontant leurs petits malheurs. Pratiquant un cinéma organique, Julia Ducournau nous fait donc suivre le parcours de Justine qui rentre en école de vétérinaire. Elle qui est végétarienne, elle va devoir manger de la viande crue durant un bizutage. Dès lors, les réactions de son corps ne se font pas attendre et quelque chose en elle. On pourrait bien évidemment s'amuser à jouer les psys et à pousser à fond la carte de l'analyse intello pour faire un parallèle entre le corps d'une jeune femme qui change et sa découverte du cannibalisme (car oui tout le monde le sait, il s'agit bien de ça) mais on préférera se concentrer sur la réussite d'un tel film, jouant aussi bien la carte du gore que celle de l'humour tout en réservant quelques surprises, faisant du cercle familial un endroit carrément angoissant. Jouant sans cesse sur les codes du genre, déjouant parfois nos attentes pour mieux en combler d'autres spoiler: (cette séquence de l'épilation et du doigt tranché qui s'ensuit est magistrale) , "Grave" est un film parfois bancal mais qui y va à fond sans jamais avoir l'envie de nous épargner quoi que ce soit. Ducournau s'y montre comme une réalisatrice appliquée, très à l'aise sur la forme de son film qui livre de sacrées séquences chocs. On sera plus circonspects sur les quelques facilités d'un scénario qui tourne parfois en rond mais on saluera la direction d'acteurs totalement incroyable. Car "Grave", tout aussi imparfait qu'il soit, ne marque pas seulement la naissance d'une cinéaste à suivre avec intérêt, c'est aussi la naissance d'une actrice tout bonnement hallucinante en la personne de Garance Marillier. Celle-ci, complice de Julia Ducournau depuis ses débuts, se montre suffisamment à l'aise devant la caméra pour tout se permettre. On la voit fragile, perturbée et prédatrice. On la voit aspergée de sang ou de peinture. On la voit nue, on la voit bourrée, on la voit en train de se faire vomir ou même en train de rentrer en transe spoiler: (dans une scène de sexe hallucinante) et elle crève l'écran à chaque plan, offrant une prestation remarquable de justesse, passant sans cesse d'un extrême à l'autre. Saluons donc l'audace d'une réalisatrice et d'une actrice qui proposent quelque chose de sacrément osé et qui se permettent quasiment tout pour mieux nous choquer, nous interloquer, nous renvoyer à nos propres questionnements et ce jusqu'à la toute dernière révélation. Saluons "Grave" tout simplement parce qu'il existe et qu'il est irrésistiblement attachant aussi bien qu'il peut parfois se montrer agaçant. Une chose est sûre, s'il va lancer la carrière de sa réalisatrice, ce n'est pas dit qu'il lance des vocations de vétérinaires...
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