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    Jojo Rabbit
    note moyenne
    4,0
    4061 notes dont 296 critiques
    répartition des 296 critiques par note
    51 critiques
    133 critiques
    56 critiques
    29 critiques
    17 critiques
    10 critiques
    Votre avis sur Jojo Rabbit ?

    296 critiques spectateurs

    ATHMOS.ONER
    ATHMOS.ONER

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    3,5
    Publiée le 31 janvier 2020
    Toi mon Jojo, quand je suis allé te voir, je m’attendais à une succession de gags emprunts d’un humour très noir sur un sujet des plus casse gueule : l’Allemagne Nazie. Alors d’une certaine façon, c’est bien le cas car on se surprend à rire de blagues douteuses, de situations cocasses, de personnages hauts en couleurs, qui ont l’intelligence de ne jamais virer dans la facilité du trash. Avec un tel ton décalé, les univers visuels et sonores se devaient d’être au diapason. Tel est le cas, « Jojo Rabbit » bénéficie d’un travail au niveau de la colorimétrie et du son, avec une BO de tubes anachroniques sur fond de couleurs vives qui passent pourtant comme un soda sur le bureau du Führer ! C’est pop au possible, bourrin en apparence, mais la finesse vient par petites touches d’abord, puis elle devient de plus en plus présente, au point d’émouvoir complètement. Toi mon lapin, tu m’as surpris par ta façon unique de dénoncer l’horreur du troisième Reich. Mais aussi par la poésie avec laquelle tu nous montres cette part de dualité qu’il y a en chacun de nous et que nous devons embrasser, sous peine de sombrer dans nos peurs, avec les conséquences néfastes que nous connaissons. Alors oui tu n’es pas parfait, tu peux même être bordélique, contradictoire, avec des ruptures de tons pas toujours bienvenues, comme un enfant qui se cherche, mais dont on est fortement attaché et à qui l’on pardonne ces petits défauts pour se concentrer sur l’essentiel. Ils sont rares les films graves à hauteur d’enfant. Ce délire vivifiant contre la haine et les dangers du racisme et de l’antisémitisme arrive à point nommé vu leurs nombres grandissants dans l’actualité. Une satire qui, si elle manque de mordant, fait tout de même office de piqure de rappel : la jeunesse est malléable, à nous de la pousser du bon côté.
    AZZZO
    AZZZO

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    5,0
    Publiée le 30 janvier 2020
    Ce film est génial. Le réalisateur, Taika Waititi a choisi de montrer le nazisme au travers du regard d'un enfant de 10 ans, un âge correspondant au niveau d'intelligence requis pour absorber l'ineptie idéologique. On baigne, du début à la fin, dans les délires de son endoctrinement. Le choix burlesque est totalement assumé et son efficacité est redoutable. A l'instar de "La vie est belle", "La mort de Staline" ou "Jackie au royaume des filles", l'exagération du propos et l'absurdité de la mise-en-scène trouvent leur pertinence lorsque le délire rejoint la réalité. Ici, il s'agit des enfants allemands qui, comme Jojo, durent porter une arme et un uniforme pour défendre Berlin en avril 1945. Un film original, burlesque et intelligent.
    Le mec qui aime les films
    Le mec qui aime les films

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    5,0
    Publiée le 29 janvier 2020
    Un film touchant qui dépasse les limites de l'humour et de l'émotion. Une fable poétique et drôle sublimée par le jeu juste de ROMAN GRIFFIN DAVIS qui offre une performance bluffante du haut de ses 12 ans.
    selenie
    selenie

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    4,0
    Publiée le 30 janvier 2020
    Après "Thor : Ragnarok" (2017) le cinéaste signe une adaptation du roman "Le Ciel en Cage" (2004) de Christine Leunens. Evidemment on forcément au chef d'oeuvre "Le Dictateur" (1940), mais surtout au magnifique "La Vie est Belle" (1998) qu'on teinterait esthétiquement à la façon du "Moonrise Kingdom" (2015). On rit un peu, on sourit beaucoup. Mais assez vite, le film va de plus en plus virer vers une aventure plus dramatique, plus grave tout en gardant cette sensation de légèreté inhérente à l'innocence de Jojo. Les acteurs sont tous parfaits, en premier lieu le jeune Roman Griffin Davis, révélation qu'on va revoir sans aucun doute. un film beau et délirant sur la forme, beau et ludique sur le fond qui mériterait d'être montré dans les écoles. Site : Selenie
    elriad
    elriad

    Suivre son activité 117 abonnés Lire ses 1 259 critiques

    5,0
    Publiée le 5 janvier 2020
    lorsqu'on évoque des films oscillant entre drame et comédie sur la période de la seconde guerre, on pense spontanément à l'excellent "to be or not to be" d'Ernst Lubitsch sorti en 1947 et à "la vie est belle" multi-primé. le parti-pris de " Jojo Rabbit" est une petite pépite dont chaque scène pourrait devenir "culte", tant la gravité du propos est dynamitée pour mieux dénoncer l'absurdité . Le jeune acteur, incroyable, partage une amitié avec un ami imaginaire qui n'est autre que Adolphe Hitler, ce qui donne immédiatement la tonalité. Nécessaire, vivifiant, un coup de coeur pour démarrer l'année 2020...
    skavincky
    skavincky

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    5,0
    Publiée le 9 janvier 2020
    Je ne m'attendais pas à une telle qualité dans la réalisation et l'image, l'histoire est touchante et ne vous laissera pas de marbre, un de mes coups de coeur de fin 2019
    Simon1310
    Simon1310

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    3,5
    Publiée le 7 février 2020
    J'ai vu Jojo Rabbit, et ce film m'a bluffé, les deux films de Tahiti Waikiki : Vampire en toute circonstance et Thor Ragnarock ne m'avaient pas laisser de grand souvenir, mais cette relation d'amitié en une juive et un petit garçon dans les jeunesse hitlérienne, je l'ai trouvé drôle, et émouvante, ça m'a fait quelque chose que je n'avais pas ressenti depuis la mule de Clint Eastwood. Quand un film arrive à vous émouvoir alors c'est qu'il a atteins son objectif, ce qui est loin le cas de film comme Parasite et Once Upon Time, très poseur et prétentieux malgré le talent derrière et devant l’écran, c'est bien fait, d'une habilité dans la mise en scène mais en chemin ils se sont perdu, et on plus l'aire de se regarder le nombril, là ou Tahiti Waikiki se met au service d'une histoire humaine, malgré quelques scènes à vocation humoristique et un peu too much. Je voudrais souligner la prestation de Sam Rockwell qui est génial, en soldat reformé, a cause de la perte de son œil et qui se noie dans l'alcoolique, pour supporter de devoir s'occuper de gamins, ce mec arrive a touché ma sympathie, à humanisé son personnage malgré le peu de scène, et les limites de son personnage de Nazi désabusé.
    RedArrow
    RedArrow

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    4,5
    Publiée le 29 janvier 2020
    Que peut espérer de mieux un enfant de dix ans dans le fond ? Jojo a tout ce qu'un petit garçon de son âge peut désirer afin de répondre à son caractère insouciant et à sa soif insatiable d'aventure : un meilleur ami imaginaire que tout son pays et lui-même adulent, une bataille entre le bien et le mal dans laquelle on lui offre d'être partie prenante, des séjours ensoleillés dans une colonie de vacances pour apprendre à devenir un homme en compagnie de ses camarades et d'adultes dont il rêve de rejoindre les rangs, etc. Oui, Jojo est définitivement un enfant heureux que toutes ses aspirations soient ainsi considérées par les modèles ayant gagné sa plus grande fascination et son respect. Seulement, Jojo ne grandit pas dans un univers de super-héros ou de rockstars auxquels pourraient s'apparenter ces derniers dans son regard, il est en réalité un petit Allemand bien plus qu'enthousiaste à épouser la cause nazie durant les derniers mois de la Seconde Guerre Mondiale. La folie nazie incarnée dans le recrutement de ses plus jeunes compatriotes pour servir de chair à canon sur le front... Un tel cadre historique devrait amener de facto la noirceur la plus terrible dans n'importe quel esprit mais, apparemment, pas dans celui de Taika Waititi -et de Christine Leunens, auteure de "Le Ciel en cage" dont le film est adapté- qui va avoir cette idée de génie de nous placer dans les yeux d'un de ces enfants voulant volontairement s'enrôler sous les étendards de croix gammées de son pays ! En effet, au sein de l'esprit d'un petit être n'ayant connu que la propagande allemande de l'époque pour se façonner, servir la cause nazie devient une sorte de but ultime, une consécration d'un début d'existence où les idéaux nauséabonds diffusés par ce régime se nourrissent insidieusement de la naïveté de la jeunesse et servent d'exutoires à certains drames auxquels elle a déjà été confrontée. Entretenue savamment par le pouvoir en place, la bulle d'enfance viciée dans laquelle Jojo évolue contamine ainsi toute sa vision de la société allemande à l'écran. Tout y est représenté comme coloré et lumineux, un monde ordonné à l'extrême vu par l'imagination débridée d'un enfant de dix ans prêt à accepter tout le non-sens du régime nazi et une opposition manichéenne aux ennemis caricaturés comme des êtres monstrueux voulant le détruire. Avec son ami imaginaire Adolf Hitler pour le soutenir, Jojo est donc le plus ravi du monde de s'enrôler dans un camp des Jeunesses hitlériennes et espére devenir un membre imminent de la garde personnel du Führer. Porté par ce petit personnage à la vision complètement tronquée de la guerre, le ton loufoque et surprenant de "Jojo Rabbit" démontre immédiatement l'ampleur de sa justesse ! Les pires inepties du pouvoir nazi deviennent à l'écran le vecteur d'un humour absurde dont le registre a priori léger a pour objectif de dénoncer la gravité du formatage de la pensée de toute une population. L'énormité des manipulations désespérées des Allemands à l'aune de leur chute est telle qu'elle ne peut plus compter que sur la crédulité aveugle des enfants pour espérer subsister un tant soit peu, voilà en substance ce qui émane de toutes ces situations burlesques vécues par Jojo et son meilleur ami Hitler, l'omniprésence de ce dernier agit d'ailleurs comme un puissant rappel au fait que tout cela est le fruit de la folie infinie (et infantile sur bien des aspects) d'un seul homme. Ces œillères nazies portées par Jojo sur la réalité vont bien sûr être amenées à disparaître. Une découverte au sein même de son foyer va en effet peu à peu mettre à mal sa kyrielle de préjugés. Pas dans l'immédiat car, dans un premier temps, la surprise de cet événement (et l'image de la trahison qui en découle) va le repousser dans les retranchements de son monde illusoire, comme pour mieux intelligemment représenter le jusqu'au-boutisme fanatique lorsqu'il se sent menacé. Puis, Jojo va devoir s'y confronter et être mis devant le fait de contradictions qu'il n'avait jamais envisagées jusqu'alors. Cette prise de conscience grandissante sera exacerbée par la pureté d'une émotion inédite et qui, par sa seule force, va lever la brume de le cerveau "nazifié" de Jojo. Dès lors, les teintes colorées de son monde lumineux vont perdre de leur éclat, la simplicité rassurante des frontières entre le bien et le mal qu'on lui avait inculqué se fragilisera et l'image de son meilleur pote Adolf se fissurera afin de laisser place à son vrai visage pitoyable. Bref, Jojo grandit soudainement et le cadre faussement idyllique dans lequel il a évolué jusqu'ici ne peut que montrer ses limites face au nouveau regard qu'il lui porte. Brillamment, Taika Waititi ne renonce jamais à convoquer l'humour absurde des premiers instants passé le tournant crucial de son long-métrage, il reste très présent comme Jojo demeure avant tout un enfant mais il est désormais ponctué d'une gravité bien plus apparente que son petit héros ne peut plus éluder. Devant la révélation d'une réalité terriblement complexe, tout ce qu'il définissait comme noir ou blanc n'a plus lieu d'être et la disparition de ces limites faciles s'incarnera aussi bien dans le destin de superbes personnages comme celui de sa mère (Scarlett Johansson) ou du capitaine K (Sam Rockwell) que dans la subtile liaison de ses sentiments à sa remise en cause au cœur d'un film prônant l'ouverture aux autres face à la haine dominante. La filmographie de Taika Waititi nous avait bien sûr permis de déceler très tôt chez lui cette capacité à mettre en lumière cette part d'enfance prompte à bousculer la réalité morose du monde adulte, elle trouve ici avec "Jojo Rabbit" une sorte de paroxysme. Pas seulement dans la démarche risquée de faire rire avec l'atrocité de la guerre (il n'y a que quelques grands noms à y être réellement parvenus cela dit) mais aussi par la volonté de ne jamais perdre de vue ce qu'une telle approche peut véhiculer comme discours pertinent sur le cerveau d'un enfant vampirisé par la pire des propagandes. À dix ans, Jojo Rabbit a réussi à percer la bulle de haine dans laquelle on l'avait emprisonné, espérons que la leçon de tolérance émanant de la réussite du film de Taika Waititi en inspire d'autres -et de tout âge- à suivre le même chemin...
    Jorik V
    Jorik V

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    3,0
    Publiée le 8 novembre 2019
    « Jojo Rabbit » fait partie des œuvres soi-disant indépendantes américaines, acclamées partout avant leur sortie, qu’on nomme aussi bêtes de festival, et qui se positionnent généralement avant la fin de l’année outre-Atlantique pour être éligibles aux Oscars et autres cérémonies de récompenses. Puis qui sortent généralement en début d’année en Europe pour profiter de l’éventuelle moisson de récompenses qui leur permettrait un beau succès en salles. Des films pas forcément opportunistes mais pas si indépendants que cela puisque financés par les studios (ici la branche auteur de la Fox) et qui sont parfois surestimés comme « Shakespeare in love » ou… celui-ci. Car désolé mais on peut trouver « Jojo Rabbit » bon ou sympathique mais de là à le qualifier de chef-d’œuvre et d’ogre à louanges, il y a là un énorme fossé. Pas que le film soit raté, mais on en attendait plus et il est clairement décevant. Après le monstrueux succès mérité de « Thor, Ragnarok » (l’un des meilleurs films du Marvel Cinematic Univers et peut-être le plus fou et décalé), Taika Waititi se fait un petit plaisir quelque peu égoïste avec ce film à priori tout aussi décalé, avant d’enchaîner avec les quatrièmes aventures du Dieu nordique. Mais à posteriori, « Jojo Rabbit » est bien moins original, détonnant et osé qu’espéré. L’adage selon lequel on peut rire de tout est utilisé ici puisqu’on brosse le portrait d’un petit garçon fan d’Hitler durant la Seconde Guerre Mondiale. Traité sur le ton de la fable initiatique, le film s’adresse davantage à un public jeune et n’est jamais provocant ni véritablement subversif, aspect qu’on pouvait attendre d’un tel sujet avec un côté poil à gratter. A deux ou trois scènes et répliques près, tout cela reste, certes iconoclaste, mais bien gentil et consensuel. Chose qui ne serait pas grave sans ce gros penchant pour la démagogie et le politiquement correct quant à l’approche de la thématique juive. Waititi signe donc un film tout juste mignon, loin d’être désagréable, mais pas vraiment mémorable et loin de tous les éloges parus jusqu’ici. Pire, lors de la partie centrale quasiment en huis-clos qui rappelle beaucoup l’histoire d’Anne Franck (peut-être un hommage d’ailleurs), on s’ennuie quelque peu et « Jojo Rabbit » semble faire du surplace et enfoncer des portes ouvertes. On assiste à une opposition triviale des idéaux et des caractères qui ploie comme attendu dans le bon sens communément acquis puisqu’on est dans une fable du type feel-good movie. Mais, fort heureusement, une scène avec la Gestapo vient nous réveiller durant cette partie, peut-être la meilleure du film. Et il est vrai que le début et la fin sont à la hauteur. En effet, les vingt premières minutes sont situées dans le camp d’entraînement des jeunesses hitlériennes sont bonnes avec des gags et un humour très visuels inspirés ou ressemblant au Wes Anderson de « The Moonrise Kingdom ». C’est formellement élégant et coloré (tout comme la reconstitution de la Bavière de l’époque dans l’ensemble du long-métrage), plutôt drôle et plein d’idées savoureuses. Pareillement, le dernier quart du film s’aère un peu et s’avère tout aussi pertinent sur le versant de l’émotion que sur ceux de la morale et du (relatif) grand spectacle. De plus, il y a d’excellents seconds rôles incarnés par Rebel Wilson (qui a les moments les plus drôles) et Sam Rockwell. Pas déplaisant au demeurant mais il y a un gros manque de prises de risques et de second niveau de lecture qui sont dommageables ainsi qu’un aspect trop enfantin. Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
    Cinememories
    Cinememories

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    3,0
    Publiée le 10 janvier 2020
    Le film rappelle en un temps “La Vie Est Belle” de Roberto Benigni, qui a su insuffler le drame dans un sinistre jeu pour la survie. Mais Taika Waititi mise sur un modèle plus délicat, reposant intégralement sur une satire burlesque, comme Chaplin ou Tarantino ont pu passer par là. Un certain regard vers Wes Anderson se fait sentir sur la structure narrative des premières minutes, qui fonctionnent et qui présageait du bon dans un discours engagé, mais distant, vis-à-vis du fanatisme naziste. Les reprises des Beatles ou encore David Bowie en témoignent. Pourtant, le cinéaste s’égare dans des maladresses que l’on distingue, passé un certain recul, car le film nous invite formellement à prendre position et à changer constamment de point de vue. A travers le héros, nous avons une vision minimaliste d’un enfant et de son obéissance aveugle envers sa patrie, ce qui diffère des principes et l’éducation qu’il reçoit à domicile. Souvent prenant, l’humour de Waititi touche, mais ne satisfait pas entièrement, car il existe comme un vide. Sans réel fil rouge, le film se heurte à son propre discours, qui s’usent dès l’instant où un incident réforme Johannes Betzler ou Jojo (Roman Griffin Davis) à participer à l’effort de guerre de loin. Et c’est dans cet environnement qu’on le fait évoluer, sous la supervision de sa mère Rosie (Scarlett Johansson) et notamment de son référent, le capitaine K. (Sam Rockwell). Entre tendresse et passion désabusé pour la violence cartoonesque, le petit Jojo finit par confronter le système d’endoctrinement, qui arrache la vertu et l’enfance de bien des individus, que l’on oublie un peu, car souvent on ne regarde pas plus loin que l’uniforme. On recherche ainsi des symboles fort, pour appuyer la divergence morale que Jojo acquiert au fur et à mesure qu’il en apprend sur les juifs et c’est justement dans un élan poétique et sincère que le cinéaste trébuche et manque de prendre son sujet au sérieux. L’ami imaginaire de Jojo est à la fois un guide spirituel et un démon intérieur à terrasser. L’idée est bonne et promettait bien des échanges qui auraient de quoi faire mûrir l’esprit d’ouverture. Waititi, enfile donc l’uniforme du Führer, Adolf Hitler mais n’embrasse pas le sentiment de terreur derrière le personnage. Ses apparitions sont d’ailleurs minimes et ne sont pas toujours pertinentes, si ce n’est servir l’intérêt comiques, dont il faut parfois laisser passer pour enfin entrer dans le vif du sujet. Mais la présence d’un autre idéal rend justement cette hallucination peut efficace et pertinente, car un seul modèle aurait suffi et ce n’est pas celui du moustachu. Elsa (Thomasin McKenzie) est une juive rescapée, qui rappelle énormément Anne Frank, sorte d’hommage au fardeau d’un peuple martyr. De plus, elle constitue un catalyseur fraternel et romanesque, chose qui manque éperdument à Jojo, solitaire et peu convaincu des bienfaits du nazisme. Mais ce n’est pas pour autant qu’il est aisé d’en comprendre les nuances et le film semble en réalité s’adresser à un public plus mûr que son protagoniste principal, qui enchaînent les bêtises morales au détriment d’une éducation droite et volée par un Reich rempli de clichés. Très loin du prestigieux “The Dictator” de Chaplin, “Jojo Rabbit” se révèle malgré tout être un divertissement habile et intelligent dans ses propos, mais dans la démarche c’est autre chose. L’émotion est construite selon une narration bien ficelé, mais qui n’aura pas toujours l’impact attendu à l’arrivée. En pensant aux représailles, il faut donc accepter quelques cicatrices pour en apprécier le visage derrière, alors que c’est la conscience le principal sujet. Le récit défile sans doute trop vite par moment ou s’étale sur des représentations que l’on amène afin de combler une transition ou un cahier des charges. Cela se sent et cela a eu des conséquences. Et s’il faut retenir du bon dans ce récit qui éparpillent ses shrapnels, rappelons que c’est l’initiative qui pousse paradoxalement le spectateur à se détacher de l’œuvre et de l’Histoire, afin de trouver les bonnes réponses dans cette guerre qu’il n’a pas connu et dont il n’aimerait pas non plus voir son reflet à la maison. Outre les licornes, les visites SS et la paranoïa décomplexée, le film assume son statut d’observateur alors qu’un acteur se tenait juste là, derrière l’écran, les émotions avec.
    Housecoat
    Housecoat

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    4,0
    Publiée le 2 février 2020
    Reconnu au début seulement par de petits cercles de cinéphiles, Taika Waititi s'est fait connaître en un délai fulgurant comme l'un des meilleurs réalisateurs comiques actuels, en se positionnant là il se ferait facilement entendre et en visant toujours juste dans son humour à la fois visuel et textuel. Attendu tant pour ses projets futurs, ce qui était attendu au tournant était son prochain film, une comédie satirique centré sur un enfant dans l'Allemagne Nazi. Une prémisse qui trouve son empreinte dans le courant actuel où l'extrême droite se fait de plus en plus entendre. Jojo Rabbit a non-seulement un bon propos à faire valoir mais il est en plus rempli de bonnes idées. La grâce à un réalisateur qui pioche dans les bonnes inspirations (outre Le Dictateur) qui ne sont pas les plus évidentes. La meilleure et, osons le dire, la plus osée, celle de faire du héros un petit garçon tellement passionné par Adolf Hitler qu'il en a fait son ami imaginaire. Le film est donc porté par un enfant nazi jusqu'à l'os, reflétant une jeunesse en quête de repère se laissant endoctriner par les idées des aînés. Cette idée à elle seule illustre tout le propos humaniste de Waititi, ne jugeant personne, ne faisant aucun amalgame, il démontre que le racisme est avant-tout une histoire d'idées préconçues portées par une peur injustifiée. Il n'inspire jamais la colère ou l'énervement à reproduire et répéter les pires enseignements fascistes, il les exécute toujours de façon innocente tel l'enfant qu'il est, ne faisant qu'émuler les gestes que les nazis ont rabaissé au rang de jeux pour gamins. Une ambiance malsaine que le réalisateur parvient toujours à rendre regardable et réflectif, soit avec son humour, soit en la contextualisant dans une situation plus confortable pour le spectateur, souvent à moyen de la vision enfantine du petit. Un entraînement pour la Jeunesse Hitlerienne ressemble à une colonie de vacances, Hitler dont la présence se résume à celui d'un papa bouffon par Waititi lui-même. Ce dernier réussit toujours à détourner le sens de la propagande pour en faire une blague ayant la même force évocatrice. On notera les multiples préjugés caricaturaux enseignés sur les ennemis du Reich représentés comme des monstres de livres pour enfants démontrant tout le crétinisme de l'endoctrinement ou les saluts nazis répétés nonchalamment jusqu'à l'absurde.Tout un matériel parfaitement dirigé qui gagne en intensité lors d'une dernière partie où Waititi retourne intelligemment tout le sens derrière ses précédentes plaisanterie pour en faire rejaillir les facettes les plus sombres, où l'enfant devient témoin de l'effondrement de ses convictions pour servir de prétexte à des sacrifices inutiles au nom d'une vision mortifère. Cette fin ne pouvait pas être aussi bonne si elle ne profitait pas d'une évolution aussi maîtrisée, et elle le doit à ses personnages hauts-en-couleurs. Que ce soit la mère de Jojo cherchant à maintenir l'étincelle de vie enfantine en lui, Elsa la jeune Juive cachée chez lui, le capitaine Klezendorf et dans une moindre mesure, Hitler lui-même; chacun d'entre-eux est lié au héros tout en étant opposés les uns les autres. C'est donc en étant dans une position délicate aux conflits constants que le petit Jojo doit apprendre à faire des choix et des actes des deux côtés de la morale pendant que chacun de ses contacts tentent de le tirer vers leur mode de pensée. Waititi égare de plus en plus son personnage mais lui donne toujours plus de repère pour se raccrocher. Un coup de foudre, une mauvaise plaisanterie, une imposture ou même un deuil sont des moments clés qui dynamisent le récit et renouvellent la rencontre entre petit garçon avec son enfance après l'avoir troqué contre une société qui ne donne aucun autre choix à ses citoyens que de suivre les étiquettes prescrites. Jojo Rabbit est un film avec beaucoup de cœur qui aborde ses thèmes avec simplicité. Il ne juge pas les personnes qui donnent leur libre-arbitre à autrui, il montre que l'identité que les autres nous collent est facilement remplaçable, qu'il n'est jamais trop tard pour être une bonne personne capable de faire le bien et surtout, que la vie mérite d'être célébrée en dansant (de préférence sur Hero de David Bowie).
    Shephard69
    Shephard69

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    3,5
    Publiée le 16 février 2020
    Reposant sur le schéma classique d'une amitié impossible entre deux êtres que tout sépare, ici un garçon appartenant au mouvement des Jeunesses Hitlériennes et une adolescente juive pendant la Seconde Guerre Mondiale, un film à mi-chemin entre le style visuel de Wes Anderson, coloré, pétillant et "La vie est belle "avec Roberto Benigni pour sa vision décalée du conflit mais aussi de l'endoctrinement ou encore des notions de justice, d'idéologie. Un ensemble qui parvient autant à faire rire sur un sujet grave qu'à émouvoir sur des moments plus intimistes, plus légers mais un long-métrage qui, malgré quelques très bonnes idées d'écriture notamment Taiki Waititi en Adolf Hitler qui est tout simplement hilarant ou encore Scarlett Johansson dans un rôle ambigu, une mise en scène plutôt réussie et surtout un excellent casting, manque cruellement de force narrative pour marquer vraiment durablement les esprits. Bien, sympa mais sans plus.
    Manu Frakes
    Manu Frakes

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    5,0
    Publiée le 2 février 2020
    Je mets très rarement 5 étoiles à un film mais celui-ci les mérite amplement. Pourtant, je n'ai pas accroché tout de suite, ne comprenant pas bien le début du film. Puis je me suis laissé embarquer dans cette histoire grave, ou le nazisme est vu au travers les yeux d'un allemand de 10 ans, endoctriné par le régime... Alors ce film n'est pas une comédie comme je le pensais au départ, mais un sujet sérieux abordé avec un humour décalé et la prestation exceptionnelle des comédiens (mention spéciale à Roman Griffin Davis et Scarlett Johansson). Excellente surprise pour ce très beau film, même si je pense qu'il ne plaira pas à tous le monde.
    romaindesbouins
    romaindesbouins

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    5,0
    Publiée le 1 février 2020
    Ce film à absolument tout. Du WTF de bout en bout, et pourtant, tout est criant de réalité. La réalité vue dans les yeux d'un enfant, qui apprends la vie. On passe par toutes les émotions. Une réalisation extraordinaire, et un jeu d'acteur génialissime. Allez voir ce film.
    lili
    lili

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    5,0
    Publiée le 2 février 2020
    très bonne surprise le sujet est traité de façon très originale, je dirais même que c'était un pari osé que de parler d'évènements historiques aussi dramatiques sur un ton humoristique mais c'est très réussi Il y a tout dans ce film, un ton humoristique, de la poésie, de l'émotion, de la réflexion philosophique Très belle réalisation qui sort des sentiers battus, bravo!!
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