Mon AlloCiné
  • Mes amis
  • Mes cinémas
  • Speednoter
  • Ma Collection
  • Mon compte
  • Jeux
  • Forum
  • Déconnexion
La Mule
note moyenne
4,0
5761 notes dont 593 critiques
12% (70 critiques)
39% (231 critiques)
27% (162 critiques)
14% (84 critiques)
5% (32 critiques)
2% (14 critiques)
Votre avis sur La Mule ?

593 critiques spectateurs

benoitG80
benoitG80

Suivre son activité 924 abonnés Lire ses 1 361 critiques

4,5
Publiée le 23/01/2019
« La Mule » prouve décidément qu’un film de Clint Eastwood est toujours à découvrir pour ce qu’il a à nous apprendre et à nous démontrer ! Cette fois, c’est plongé dans de magnifiques lys odorants, presque ses enfants, qu’on découvre ce monument d’acteur. Un horticulteur sensible, farceur et charmeur, celui qui aime profiter de la vie et de ceux qui le laissent briller, soit l’antithèse complète de l’homme bourru et fermé, qui était la vedette de « Gran Torino » ! Le célèbre cinéaste tient donc encore une fois le haut de l’affiche, dont la double casquette lui permet ici un retour à l’écran avec une présence magnétique qui irradie et envahit l’écran pour notre plus grand plaisir... Sans en faire trop et pour cause, notre presque nonagénaire séduit à chaque regard, à chaque phrase prononcée en vieux sage nonchalant qu’il devient de plus en plus ! Le rôle qu’il tient dans cette très belle histoire, le met plus que jamais en valeur et le rend de plus en plus évident, avec un message lourd de sens à la clé, tel un véritable bilan de vie qui prend la forme ici d’une belle métaphore ! Si le film démarre doucement avec ce trafic de drogue dont il participe à son insu au départ, il n’en réserve pas moins des moments drôles, très frais dont la bonhommie du personnage et sa simplicité évidente, nous enchantent immédiatement. C’est en effet tout le contraste entre ce cartel de drogue, son organisation et ce très vieux papi qui en a vu d’autre, qui est franchement savoureux... Bien sûr, on est bien loin d’un presque documentaire sur la drogue, et d’une réalité pure et dure comme nous le montraient d’ailleurs l’excellent « Sicario » ou encore le très bon « Escobar » ! L’enjeu est tout autre cette fois, car à travers ce nouveau « boulot d’appoint » que vient d’accepter notre Earl aux abois, c’est la peinture du personnage lui-même qui devient véritablement prenante ! Un portrait divinement croqué ! La relation qui se noue avec chacun de ces mafieux, est tout bonnement un véritable délice, en provoquant des dialogues aux petits oignons, et celui qui est roulé dans la farine (!) à ce jeu, n’est pas celui que l’on croit évidemment ! On assiste alors à de véritables joutes verbales, qui rebondissent ici et là, sans exploser certes pour autant, mais qui tombent au contraire avec un naturel complètement désarmant ! C’est que ce vieux routard en menant son chemin comme il l’entend n’a pas dit son dernier mot pour autant, et c’est ainsi que le spectateur va assister à une belle métamorphose de tout son être et en douceur ! De très bons moments, et même une véritable leçon de vie, vont donc émaner de quelques échanges plutôt cocasses et pourtant assez philosophiques, d’autant plus que les conditions dans lesquelles tout cela se déroule, met en scène un Bradley Cooper à la position particulière ! Le thème de la famille est dans ce contexte parfaitement bien traité, avec une approche délicate de la complexité de l’être humain et des liens familiaux, qui tient du virtuose ! Une belle réflexion sur la vie et de tout ce qui est essentiel, sur le prix à payer, dont la fin est une très belle et symbolique illustration... Franchement de très bonnes idées, et beaucoup de sensibilité dont le vieux Clint a décidément le secret en nous mitonnant ses vieilles recettes qui font encore de petites merveilles !
Jorik V
Jorik V

Suivre son activité 516 abonnés Lire ses 969 critiques

3,5
Publiée le 15/12/2018
Quel bonheur de retrouver Clint Eastwood devant la caméra en plus d’être derrière. Et surtout qu’il laisse un peu tomber ses films patriotiques (l’horrible « Le 15h17 pour Paris » et le surestimé « American Sniper » pour ne citer qu’eux) pour revenir à un cinéma plus simple et apaisé. Un cinéma humain et beau par les valeurs qu’il véhicule. Il avait pourtant dit qu’il ne ferait plus à l’acteur après « Gran Torino », puis il l’avait redit après « Une nouvelle chance » qu’il n’avait pas réalisé. Mais il semblerait que le vieux Clint (bientôt 90 ans tout de même, ça force l’admiration) ne s’attendait pas à vivre si longtemps et que l’envie de repasser devant la caméra devait le titiller plus que de raison. Et c’est toujours un énorme plaisir que de le retrouver à l’écran. Si ses rôles dans « Gran Torino » et « Million Dollar Baby » resteront davantage dans notre esprit comme ses deux chants du cygne indétrônables, à la fois émouvants mais aussi magistraux par sa simple présence, il s’offre également une très belle partition avec « La Mule ». Un long-métrage peut-être en forme d’oeuvre testamentaire et de pardon envers sa famille (l’horticulture pouvant être vue comme le septième art et les fleurs comme des films). Ici, il arrive même encore à être drôle au détour de quelques répliques bien envoyées et surtout à nous faire verser notre petite larme lorsqu’il obtient le pardon de sa famille. Un rôle original que celui de ce papy qui décide de convoyer de la drogue pour un cartel pour tenter de réparer une vie d’absence auprès des siens par l’argent. Le scénario n’étonne jamais mais tient bon son sujet jusqu’au bout, un sujet qui aurait pu être celui d’une comédie. Eastwood choisit d’ailleurs plutôt l’entre deux : « La Mule » n’est ni un véritable drame, pas vraiment une comédie non plus et il se pare de quelques contours de thriller d’investigation. C’est peut-être d’ailleurs dans cette partie portée par Bradley Cooper (qui devient le fils spirituel cinématographique du grand Clint au cinéma par de nombreuses ramifications) que le film plaît le moins. Elle est plus banale, plus attendue, moins prenante. D’ailleurs dès que Clint Eaqtwood quitte l’écran, le film se ramollit. Heureusement, cela n’arrive qu’un quart du temps. On pourra déplorer aussi un aspect peu crédible dans la façon dont les cartels de drogue sont montrés et hiérarchisés, loin de l’aspect documentaire et réaliste de « Sicario ». D’ailleurs la scène où le chef de cartel est éliminé par son second est risible, tout comme il faut s’asseoir sur quelques invraisemblances dont la plus grosse est le weekend passé par le vieil Earl chez ce dernier tous frais payés, qui nous apparaît totalement invraisemblable. Mais la balade à laquelle nous convie Eastwood est plaisante, les petites remarques qu’il fait sur notre temps sont drôles, son petit côté républicain tourné en dérision est appréciable et on passe un très bon moment sans accroc. Un cinéma humain, presque naturaliste qui fait plaisir. On pourrait tiquer sur l’aspect discutable qui nous fait suivre un personnage envers qui on a de l’empathie se faire de l’argent tranquillement au-dessus des lois, mais la manière dont c’est amené ne laisse planer aucun doute sur les intentions du film. Et, à la fin, la morale est sauve pour ce film à l’ancienne plaisant comme une bonne tisane d’hiver. Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
dominique P.
dominique P.

Suivre son activité 397 abonnés Lire ses 1 903 critiques

5,0
Publiée le 28/01/2019
J'aime le cinéma américain de cette qualité là. Ce road movie dramatique est soigné et très intelligent et surtout il est d'une très grande puissance émotionnelle. J'ai adoré ce papy qui fait ces trajets et ces courses, à travers de belles routes aux USA. Toutefois, ce film est à déconseiller à tous ceux qui recherchent de l'action et des fusillades.
soulman
soulman

Suivre son activité 19 abonnés Lire ses 625 critiques

5,0
Publiée le 25/01/2019
Il est assez incroyable que notre homme Clint soit encore capable, à 88 ans, de réaliser des films de cette qualité (et d'y jouer avec tant de justesse). "La mule" est rien de moins qu'une de ses œuvres les plus achevées - donc un chef-d’œuvre - en forme de road movie captivant, prétexte pour dire 2 ou 3 choses sur le temps qui passe, l'amour, l'importance de la famille, l'ambition, l’égoïsme... La dernière demi-heure est tout simplement poignante, évitant le mélodrame avec le tact et l'obstination qui siéent au personnage de cet improbable créateur floral.
Fêtons le cinéma
Fêtons le cinéma

Suivre son activité 46 abonnés Lire ses 682 critiques

4,5
Publiée le 23/01/2019
La Mule s’ouvre et se clôt avec un plan focalisé sur des fleurs, des iris en somme : nous entrons dans le film par un panorama floral, dans ce jardin désherbé de toute famille où pourtant poussent des iris, des filles à profusion. On a l’impression que notre cultivateur commence libre pour finir derrière une clôture carcérale, il n’en est rien. Car Earl est un détenu intérieur, un passionné de jardinage qui négligea si longtemps sa famille dans l’intime conviction que le travail était la fin de toute existence, en vertu du fameux rêve américain. Et le road movie central lui offrira un temps de méditation – comme quoi on ne cesse jamais d’apprendre de ses erreurs –, l’occasion de sillonner ses routes sensibles au gré des rencontres. C’est confronté aux dealers, à cette vaste famille de substitution, que notre protagoniste principal prendra conscience de l’importance du temps partagé avec les êtres chers : il trouvera un fils en ce policier obsédé par son emploi au point d’oublier l’anniversaire de mariage, un petit-fils en ce mafieux soucieux de trouver sa place. Earl est une plante tardive, une fleur qui éclot in extremis, juste à temps pour répandre ses délicieux parfums parmi sa vraie famille. Il rappelle d’ailleurs n’avoir jamais eu peur de dire ce qu’il pensait dans sa vie ; il s’excusera au son d’un « je t’aime » bouleversant. La Mule respire la simplicité mais n’est jamais simple, ni simpliste : on passe du rire aux larmes entre deux courses illégales, envoûtés par l’insolite, enfin décloisonnés d’un cinéma américain qu’Eastwood n’a jamais cessé d’explorer. Faire tomber les voiles, débroussailler l’humain de sa technologie inerte, laisser germer en parfaite adéquation avec sa propre nature : voici venir l’iris resplendissante de mille teintes qui n’est là que pour quelques instants, l’instant d’une vie, l’instant d’une année, l’instant d’un jour passés à aimer.
chrischambers86
chrischambers86

Suivre son activité 1043 abonnés Lire ses 10 110 critiques

4,5
Publiée le 01/05/2019
Il est des films qui nous bouleversent comme jamais! Celui de et avec Clint Eastwood l'est plus que tout autre puisqu'il a l'ambition louable de ressusciter un immense acteur que l'on croyait à la retraite depuis "Gran Torino". Avec plus de 60 ans de carrière, Clint dètruit son propre mythe, jusqu'à le rendre à la rèalitè! Son gènie s'affirme dans cette lente vieillesse qui corrode les traits de Earl Stone! On suit cet octogènaire attachant, seul dans sa vie et totalement fauchè avec des dettes à payer! Pour se refaire la cerise, ce dernier accepte un drôle de boulot : celui de devenir chauffeur sans savoir que la marchandise à transporter serait de la drogue pour un cartel mexicain [...] Jamais Clint ne s'est montrè si semblable à l'homme qu'il ètait ; jamais il n'a renoncè à ce point au langage vulgaire, pour se livrer vif à l'impudeur de l'objectif, nous montrant au passage tout son dèsarroi par rapport à notre sociètè actuelle avec un humour grinçant qui sonne constamment juste! L'Amèrique a changè et le monde aussi! Et ce visage fatiguè, ce regard plein de mèlancolie, de tristesse peut-être, n'est-il pas le plus beau et le plus lumineux de toute sa carrière ? Le dernier visage de Eastwood acteur ? L'avenir nous le dira! Et on ne pourra pas s'enlever de l'idèe que "The Mule" ressemble plus que jamais à une oeuvre testamentaire! Bien plus encore que "Gran Torino" qu'il interprèta et rèalisa dix ans auparavant! En un dèfi permanent à la mort où le temps est comptè, ce gèant du cinèma amèricain signe son meilleur long-mètrage depuis "The Bridges of Madison County". spoiler: L'un des plus beaux moments du film restera sans doute ce vieil horticulteur se rendant au chevet de son ex-femme qui lui fait savoir qu'il a ètè dans sa vie son plus grand amour mais aussi sa plus grande souffrance! Sublime! Et quelle B.O (cf. Dean Martin). Voilà pour les mobiles que l'on peut ressentir après la vision de "The Mule", sans même mettre en jeu le fait que Earl Stone apparaît solitaire, aliènè, vieil homme qui veut èchapper à l'emprise d'une sociètè de surconsommation, de technologie et de dèpendance...
Alain D.
Alain D.

Suivre son activité 82 abonnés Lire ses 1 736 critiques

3,0
Publiée le 28/03/2019
Comme la bonté sociale de Earl, ce film "fleurit sur le tard" avec une finale façon compassion romanesque ! Il était temps car ce film nous montre plus de 1h30 de garages et de cabine de pick-up avec lequel Earl (la Mule) effectue ses "Run". Peut-être à cause du côté Biopic, le scénario très peu romancé de Nick Schenk se révèle assez terne. Il est même parfois peu crédible avec l'inefficacité risible des agents de la DEA et l'insouciance de l'entourage de Earl qui exhibe des liasses de $ sans susciter question ni convoitise. Le film bénéficie heureusement d'une mise en scène efficace et d'une solide distribution avec Mr Eastwood qui (pour le film ?) a pris pas mal de bouteille. Il monopolise tellement l'écran qu'il laisse peu de place à Bradley Cooper que l'on voit peu dans un rôle très mince et Andy Garcia que l'on entraperçoit en baron de la drogue mexicain.
Lara c 28
Lara c 28

Suivre son activité 34 abonnés Lire ses 122 critiques

4,0
Publiée le 18/02/2019
Earl, jardinier botaniste, vieux, seul et ruiné se retrouve presque malgré lui dans un réseau de trafiquants de drogues. Le charme de ce film repose essentiellement sur la candeur de ce vieil homme déambulant au milieu de cette plèbe mexicaine. Heureux de se voir remercier de fortes sommes d'argent, il prend goût à ces expéditions qui sont autant de cheminements vers son destin. Sa générosité abonde tout au long du film; s'il se rachète un pick-up de luxe, le reste, il l'emploie à aider sa famille et les associations qui lui sont chères. Ce sera aussi pour lui l'occasion de rattraper un passé et de se réconcilier avec son ex-femme et sa fille. D'une certaine façon, le film montre qu'il n'est jamais trop tard, chaque expédition le rend paradoxalement plus humain, plus attachant. le film file habilement la métaphore du jardin que le personnage ne cesse de cultiver jusqu'à la dernière image.
AZZZO
AZZZO

Suivre son activité 63 abonnés Lire ses 254 critiques

4,0
Publiée le 29/01/2019
Ouf ! Il eut été dommage que la carrière de Clint Eastwood s'arrête sur le pénible "15h17 pour Paris". On retrouve dans ce dernier opus le mélange de tension et de délicatesse qui caractérise son cinéma. L'histoire de trafic de drogue crée la tension du film mais elle est secondaire. Le plus important se trouve dans la première et la dernière image du film : la beauté fugace de ce lys que l'on passe une vie entière à cultiver alors qu'il disparaitra dans la nuit. Comme un clin d'oeil, un dernier message, avec le sucre et l'acide d'une part de tarte au citron, baby.
isa.kupiec
isa.kupiec

Suivre son activité 7 abonnés Lire ses 152 critiques

3,5
Publiée le 15/02/2019
Un film où le réalisateur se met én scène avec un humour étonnant. Conflit de génération et amour des orchidées avec un vieux beau parfait. Seul le rôle de la fille fâchée est un peu trop appuyé et cliché.
Stephenballade
Stephenballade

Suivre son activité 161 abonnés Lire ses 1 148 critiques

4,5
Publiée le 14/02/2019
Clint Eastwood a beau approcher de ses 90 ans, il n’a rien perdu de sa superbe pour parler de l’être humain dans toute sa splendeur. Et comme souvent dans ce domaine, il se met à la fois devant et derrière la caméra, comme pour montrer que c’est son dada. C’est une façon de garder les rênes à tous les niveaux… Mais j’ai aussi comme la vague impression qu’il a subitement accéléré le rythme de ses productions, après une « pause » de deux ans et demi après "J. Edgar" en tant que réalisateur. Est-ce parce que lui-même sent que le temps passe et qu’il a encore bien des choses à nous dire ? Sans doute, car on ne peut acheter le temps. Ni l’acheter, ni le racheter. Ce qui expliquerait au moins en partie pourquoi il s’est saisi de l’histoire de Leo Sharp (rebaptisé Earl Stone dans le film) par l’intermédiaire de Nick Schenk, le scénariste de "Gran Torino". Voilà un magnifique partenariat qui promet un grand moment ! Mais c’est surtout la bande-annonce qui promet du lourd. En ce qui me concerne, je l’ai trouvée très bien faite, en ne révélant que ce dont il y a besoin pour accrocher le spectateur. Et en plus, elle m’a donné le frisson ! Déjà ! Alors il était hors de question de rater ce "La mule", annoncé comme un nouveau "Gran Torino". Eh bien dans les faits, c’est un peu vrai. Le scénario de "La mule", tel qu’il a été écrit, ressemble par son style à celui de son glorieux aîné : une présentation minutieuse des personnages, une lente montée en tension qui se fait par paliers, et une chute en apothéose par une pirouette que le spectateur n’attend pas en dépit des habitudes d’Eastwood pour surprendre son public. Le constat est quelque peu immoral : on devient admiratif de cette mule la plus vieille du monde. Déjà qu’on trouvait ce vieux attachant malgré ses nombreux défauts étalés par ceux et celles qui ont partagé sa vie ! Et pour cause… Mais j’entends déjà dire certains que cette chute, aussi splendide soit elle, le duo Eastwood/Schenk n’ont pas dû aller la chercher bien loin. Pensez donc ! Ce n’est pas tout à fait ainsi que l’histoire se termine. Ceux qui connaissent la véritable histoire de Leo Sharp pourront le confirmer. Sinon il ne vous reste plus qu’à fouiller sur la toile. Eh oui, quelques libertés ont été prises, tout en gardant l’essentiel de cette histoire. Mais cela permet à Eastwood de nous conduire sur une bien jolie fin, savoureuse à souhait, avec à la clé une morale qui vous colle une baffe à vous démonter la tête et ébranler vos certitudes. On sait tous qu’Eastwood a un goût particulier pour les histoires réelles un peu (beaucoup) à part, mais au vu des thèmes présentés, c’est à se demander si la destinée de Leo Sharp n’a pas été dûment choisie : les valeurs de la famille, la remise en question de sa propre personne, les valeurs humaines… Bref ! Tout ce qui constitue l’essence même de la vie ! Autrement dit la vie, quoi… Eastwood aurait-il trouvé un écho par rapport à sa propre vie ? Après tout, quand on a eu une carrière comme celle qu’il a eu… Toujours est-il que je ne reviendrai pas sur la qualité des acteurs quels qu’ils soient (en particulier Dianne Wiest, particulièrement touchante , et Bradley Cooper) car d’autres allocinéens s’en sont déjà chargés, mais elle donne une belle crédibilité à cette histoire singulière, d’autant que tout a été filmé avec une grande simplicité, sans artifice aucun : rien ne semble illogique, au contraire tout paraît même très plausible. Nous savons tous que les personnes âgées deviennent naïves, et en ce sens Eastwood en fait la parfaite démonstration. Mais ces anciens-là, ils sont tellement entiers qu’ils assument leurs actes et sont capables d’apprendre de leurs erreurs. La peur de mourir seul, sans doute… Alors quand ils trouvent le moyen de parvenir à réaliser leur quête… ils ne sont pas prêts de le lâcher ! Cela bien évidemment dans la condition qu’ils aient pour ainsi dire toute leur tête, en tout cas un minimum de discernement. C’est le cas d’Earl Stone. Mais le plus étonnant, c’est que l’activité d’origine du personnage central correspond tout à fait à sa psychologie. Comme quoi, le hasard fait parfois bien les choses. Il est horticulteur, spécialisé dans une fleur en particulier. Dans la stricte vérité des faits, Leo Sharp cultivait des hémérocalles, ces liliacées dont le bouton ne fleurit qu’un jour. Dans le film, je n’ai malheureusement pas prêté attention à ce qu’Earl Stone cultivait. Des lys ? Des hémérocalles ? Mais comme je l’ai dit, ces fleurs ont des caractéristiques qui correspondent en tout point à l’évolution de son personnage, ce qui est d’ailleurs confirmé par la bouche même de Mary (Dianne Wiest). Alors même si "La mule" ne dégage pas la même puissance que "Gran Torino" ou "Million dollar baby" (ce qui explique pourquoi je ne donne pas la note maximale), et cela en dépit de la musique discrète mais qui accompagne merveilleusement le film et qui souligne avec beaucoup de justesse la lente montée en tension, il n’en reste pas moins un film fort qui donne à réfléchir. Sans compter qu’une certaine admiration envers ce personnage s’insinue en nous, doublée d’une profonde sympathie. Au point d’avoir peur pour sa personne, au même titre qu’Earl quand tout change. Oui, Eastwood a beau vieillir, il reste un excellent acteur car on sent bien la peur qui le submerge quand il se fait bousculer. Et il demeure un grand réalisateur malgré quelques ratés ici et là. A quand son Oscar d’Honneur ? Il le mérite ! Après tout, il a déjà eu un César d’Honneur alors ce ne serait que justice que de lui offrir cet Oscar visant à récompenser une carrière prestigieuse.
Stéphanie M
Stéphanie M

Suivre son activité 6 abonnés Lire ses 4 critiques

4,0
Publiée le 03/02/2019
Un très beau film avec une belle morale « profiter de ceux qu’on aime sans remettre à plus tard ». Un grand Clint ! Même si on s’étant à un peu plus d’action. On rit et sourit plusieurs fois
lhomme-grenouille
lhomme-grenouille

Suivre son activité 948 abonnés Lire ses 3 062 critiques

3,0
Publiée le 30/01/2019
C’est peu dire si je ne l’attendais pas ce film… Entre les déclarations du grand Clint qui disait au lendemain de « Gran Torino » qu’il ne réapparaîtrait plus jamais devant une caméra, et de l’autre côté deux derniers films (« American Sniper » et « 15h17 pour Paris ») vraiment pas engageants, je n’étais clairement pas demandeur d’un nouveau Eastwood… Mais bon, peut-on décemment tourner le dos au réalisateur de « Million Dollar Baby », « Mystic River » et « Un monde parfait » ? Je suis donc allé la voir cette « Mule », et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce film s’impose rapidement comme un film clef dans la filmographie de l’auteur. Au-delà de toute considération formelle, on sent l’envie de livrer quelque-chose de très personnel. Difficile de ne pas faire le parallèle entre cette histoire vraie de vieux séducteur bourru qui a passé son temps à s’épanouir dans sa vie au détriment de sa famille et Clint Eastwood lui-même. Ce film est clairement un message laissé aux siens, l’implication de sa fille dans le casting le surlignant d’autant plus. Mais bon, la démarche personnelle a beau être honorable, on parle malgré tout d’un film là. Pour que l’œuvre me parle à moi, spectateur, j’ai besoin que ce mea culpa sache toucher à une certaine forme d’universalité. Sur ce point, l’ami Clint a su user de son savoir-faire légendaire. C’est propre. Efficace. Posé. Une réalisation sobre au service de son personnage central : lui-même. Beaucoup de choses reposent donc sur la qualité d’écriture du personnage d’Earl Stone et fort heureusement, Eastwood évite le trip égotique qui cherche à se justifier. Il ne s’épargne pas. Il montre ses faiblesses sans détour. Mais il sait aussi se rendre suffisamment humain et sympathique pour qu’un bon équilibre s’impose. Bref, rien à redire. Tout fonctionne comme sur des roulettes. Peut-être même trop d’ailleurs… Parce que si j’avais à faire un seul reproche à cette « Mule » ce serait bien celui-là : il est balisé du début jusqu’à la fin. Aucune surprise. On comprend très rapidement de quoi il est question et de comment les choses vont évoluer. Il n’est d’ailleurs pas rare de se retrouver avec des dialogues sans nuance qui exposent de manière explicite les intentions de l’auteur. (spoiler: « J’ai gagné beaucoup d’argent, mais tout ça ne m’a pas permis d’acheter ce dont j’avais le plus besoin : du temps. » Mouais… Un peu plus de subtilité sur ce coup-là, ça n’aurait pas fait de mal perso… ) Alors après, est-ce vraiment un problème ? En ce qui concerne : pas tant que ça. J’aurais presque envie de dire que ça fait partie du genre. Cette « Mule » est clairement pensée, écrite et réalisée comme un classique, c’est-à-dire un film qui, certes, récite une partition connue, mais qui la récite bien, ce qui n’est jamais désagréable. Rien de transcendant donc, mais je ne vais pas non plus bouder le bon moment que j’ai passé. Après tout, au-delà de la maitrise globale de l’ouvrage il y a quand même dans ce film un testament qui se pose là. Et pas n’importe quel testament. C’est celui d’un grand bonhomme du cinéma américain. Et rien que pour cela, cette « Mule », elle vaut le déplacement… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Fabien D
Fabien D

Suivre son activité 60 abonnés Lire ses 935 critiques

4,5
Publiée le 27/01/2019
Après des derniers films plus inégaux, La mule se présente comme le retour en grâce d'un cinéaste que l'on avait trop vite enterré. Ce voyage au cœur de l'Amérique utilise le thème de la cavale policière pour parler de la famille, de l'amour et du pouvoir. Des thèmes généraux mais qu'Eastwood transcende grâce à une mise en scène aussi sobre qu'efficace, des interprètes talentueux, lui-même en tête, et un vrai sens du mélodrame. La mule est un film subtil, jamais manichéen, plein d'humour et parfaitement structuré. Itératif mais jamais ennuyeux, ce film se rapproche davantage de Gran torino et d'un monde parfait que d'invictus et d'au-delà. C'est un grand Eastwood, une magnifique ballade, un road movie solaire et incarné. Excellent !
tony-76
tony-76

Suivre son activité 618 abonnés Lire ses 1 397 critiques

4,0
Publiée le 25/01/2019
« La famille est plus important que tout le reste. » Pour son trente huitième film en tant que réalisateur, le vétéran Clint Eastwood laisse de côté le patriotisme (The 15:17 to Paris, Sully) pour laisser place au suspense crépusculaire aux airs de fable existentielle avec The Mule. Il est également de retour devant la caméra, le public ne l'avait pas revu depuis Trouble with the Curve en 2012 ! Et quel plaisir ! Mr Eastwood n'a jamais été aussi doué depuis l'excellent Gran Torino ! A 88 ans au compteur, le comédien incarne l'horticulteur Leo Sharp de cette improbable histoire vraie, qu'il a rebaptisé Earl Stone « papy dealer » en lui prêtant plusieurs traits de son propre caractère et sera confronté à des narcotrafiquants... The Mule mélange allègrement les genres à savoir spoiler: le drame familial, le road-movie, le suspense policier et le film de drogue à la violence simple. Alors que Barry Seal transportait des tonnes de kilos de drogue dans son avion, Earl Stone, lui, le fait avec l'aide de son pick-up ! Le rêve américain est bien présent, profiter de la vie tant qu'il est encore temps... L'ensemble de The Mule demeure fascinant puisque il peut être à la fois détendu (sur rythme assez lent) et à la fois prenant (lors des revirements) ! Une tension quasi omniprésente, allant tout en douceur et misant sur des émotions fortes. Eastwood donne une mise en scène classique mais se révèle bien plus compétente que celle de son dernier long-métrage à bord du Thalys... Sa musique en est une bonne surprise - composé par Arturo Sandoval - basée sur du jazz. De plus, la distribution d'acteurs se veut convaincante ! Bradley Cooper revient chez son maître dans la peau d'un agent de la DEA - après l'avoir dirigé dans le biopic American Sniper - ils partagent quelques scènes ensemble et le duo fonctionne plutôt bien. Clint met à nouveau en scène sa fille, Alison Eastwood sur le devant de la scène ! spoiler: Apparaissant à de trop rare s'occasion, si ce n'est que dans les moments les plus tendres... Le reste du casting spoiler: n'est que de la figuration de luxe mais certains acteurs sont plaisants à voir (Laurence Fishburne, Michael Pena ou encore Andy Garcia). A noter spoiler: une belle finale dont seul le réalisateur est capable de faire... En somme, The Mule est une oeuvre très personnelle de son auteur. Le retour devant et derrière la caméra de Clint Eastwood est entièrement réussi, offrant un de ses rôles les plus touchants de sa carrière. Humain et beau.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
  • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
Back to Top