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Full Metal Jacket
note moyenne
4,3
33628 notes dont 1033 critiques
47% (486 critiques)
34% (347 critiques)
9% (97 critiques)
6% (64 critiques)
3% (26 critiques)
1% (13 critiques)
Votre avis sur Full Metal Jacket ?

1033 critiques spectateurs

Benjamin A

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5,0
Publiée le 05/03/2014
"Fils, tout ce que je demande à mes marines, c'est qu'ils obéissent à mes ordres comme ils obéiraient à la parole de Dieu." Après Coppola, Cimino et Oliver Stone, c'est Stanley Kubrick qui nous plonge dans l'horreur de la guerre du Vietnam, et il nous livre une grande œuvre incontournable, nous montrant l’atrocité de cette guerre et ce à tous les niveaux. Kubrick avait déjà traité de la guerre dans de films comme "Les Sentiers de la gloire" ou même sa farce "Docteur Folamour", mais jamais de manière aussi violente et crue. Le récit est divisé en deux parties, la première racontant le quotidien dans un centre d'entrainement et la deuxième se déroule directement au Vietnam. "Full Metal Jacket" est à la fois terrifiant, cruel, cynique, subtil, comique, impitoyable ou encore émouvant et notamment dans cette première partie où une véritable intensité dramatique se dégage. C'est une représentation de la guerre unique et immense. Le scénario est très bien écrit, les dialogues sont soit intelligent, soit violent ou encore cynique et les personnages sont très bien écrit et intéréssant, même ceux qui n'apparaissent que dans une des deux parties. Ce que montre aussi Kubrick, c'est que l'horreur ce n'est pas forcément sur le terrain et à la guerre et la façon dont il montre les camps d'entrainement est terrifiante et réaliste et son étude sur la psychologie des personnages est passionnante, subtile et très bien faite dans ce monde où les officiers sont impitoyables et ridicules et les soldats des êtres paumés et craintif. Les interprétations sont toutes excellentes, que ce soit Vincent D'Onofrio dans le rôle du soldat "Baleine" ou Matthew Modine dans celui de "Joker" dans la version originale. Un chef d'œuvre de Kubrick, une très grande œuvre, l'un de ses meilleurs films où il montre la transformation d'un humain en machine et l'horreur de la guerre sans faire dans le sentimentalisme. Une œuvre d'art violente et cynique qui nous fera passer par plusieurs sentiments et souvent assez fort.
Chuck Carrey

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5,0
Publiée le 10/11/2013
Il en existe beaucoup des films de guerre mais des aussi réussis, non. La mise en scène de Kubrick est parfaite, on s'y croirait. Bien que différentes, les deux parties du film s'accordent à merveille. Les acteurs sont irréprochables, Vincent D'Onofrio est émouvant, terrifiant, impressionnant. Les musiques ont été choisies avec brio. Le tout forme un magnifique chef d'oeuvre sur une horrible guerre.
Puce6386

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4,0
Publiée le 18/08/2010
Un film de guerre à la première partie très prenante, avec de réjouissantes répliques. La deuxième moitié de la réalisation est, quant à elle, un peu plus décousue et l'on perd la trace des personnages auquels on s'était attaché. Cela dit, même si ce n'est pas la meilleure oeuvre de Kubrick, "Full Metal Jacket" n'en reste pas moins un film fort sur la guerre du Viêtnam !
lhomme-grenouille

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5,0
Publiée le 23/03/2005
Kubrick a eu ce petit malheur de passer sur la question du Viêt-Nam après beaucoup d’autres, ce qui fait que ce « Full Metal Jacket » n’a pas forcément connu le succès qu’il aurait dû connaître. Enfin bon, malgré tout, ce film est tout de même passé à la postérité et à raison. Scindé en deux parties, le film opère magnifiquement la plongée dans le monde de la folie qu’à constitué cette guerre du Viêt-Nam. Cru, efficace, rude, esthétiquement sublime… Toutes les qualités d’un film de Kubrick sont là. A vous de voir donc, mais pour moi ce film reste quand même une des pièces maîtresses du XXe siècle…
Mosse.

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4,0
Publiée le 22/03/2009
Avant-dernier film de Stanley Kubrick, "Full Metal Jacket" reviens sur la guerre du Vietnam, et le plus intéressant dans ce film, c'est que l'on suit les 'héros' dès le camp d'entrainement, où ils sont maltraités par un R. Lee Ermey excellent dans le rôle du sergent plus qu'autoritaire débitant 20 insultes à la minutes lorsqu'il n'est pas en train de prier et à qui l'on doit quelques répliques cultes ( >,... ). Leur entrainement terminé, direction l'Asie, là, on à le petit ventre mou du film, jusqu'au moment où l'action reprend, pour arriver à son paroxysme lors de la scène d'anthologie de la mini-guerre contre le Sniper caché. Et encore, derrière ce Sniper se cache tout de même une grosse surprise! On va dire que deux acteurs sortent du lot ; Matthew Modine, qui retrouve l'enfer de la guerre 3 ans après avoir tourné sous la direction d'Alan Parker dans "Birdy", un film certes très différent, mais ayant également comme thème le Vietnam. Il est certainement l'acteur de ce film qui fera la meilleure carrière. Le deuxième acteur qui s'en est bien sorti, c'est l'inoubliable interprète de Baleine, Vincent d'Onofrio!Il se fait remarquer du grand public par son inquiétante performance dans ce film ( comment oublier sa fabuleuse dernière scène dans les toilettes? ), qui n'est que son deuxième!Pour ce film, il n'hésite pas non plus à grossir d'une trentaine de kilos. Cet interprétation culte lui vaudra la carrière qu'on lui connaît aujourd'hui. Le film dure moins de deux heures, ce qui n'était plus arrivé à un film de Kubrick depuis "Docteur Folamour" en 1964! Et tant mieux qu'il n'est pas trop long d'ailleurs! On évite l'inutile, on va directement à l'essentiel, et c'est beaucoup mieux comme ça! Décidément, les derniers films de Kubrick sont ses meilleurs!
cylon86

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5,0
Publiée le 28/02/2008
Waah!! La claque!!! Kubrick signe une oeuvre magistrale!!!! un film de guerre génial!!! Que dire de plus? Ah oui: l'humour noir et la B.O sont supers!
chrischambers86

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5,0
Publiée le 05/06/2009
Pour trouver un sujet, Stanley Kubrick lit tout ce qui lui tombe sous la main pendant plusieurs annèes et, lors de ses tournages, il exige la perfection, tant avec les techniciens qu'avec ses acteurs! Pour "Full Metal Jacket", le cinèaste reste fidèle à sa lègende et s'attaque au tueur le plus dènuè de remords qui ait jamais exploitè la planète: l'homme! Basè sur le roman autobiographique de Gustav Hasford "Le merdier", le film est à la fois dur, impitoyable, comique, terrifiant, et èmouvant, une reprèsentation de la guerre telle qu'on l'a rarement vue au cinèma! De l'entraînement des marines où il dècrit le conditionnement d'apprentis marines (Vincent D'Onofrio inoubliable Baleine) par un militaire sadique (èpoustouflant Lee Ermey), au combat contre les snipers dans l'enfer vietnamien, il suit le parcours de Matthew Modine (Guignol), une jeune recrue transformèe en bête de guerre qui porte un casque sur lequel il a inscrit "Born to kill" en même temps qu'il arbore un badge reprèsentant le symbole de la paix! Dans un Vietnam superbement reconstituè dans une usine de gaz de la banlieue de Londres, Kubrick filme la mort plein cadre: les GI's, transformès en machines à tuer, patrouillent dans un no man's land en flammes, avant de succomber sous les balles de snipers invisibles! Et signe du coup le film de guerre dèfinitif, l'un des meilleurs sur la guerre du Vietnam qui refuse toutes les reprèsentations habituelles de la guerre! On notera aussi le soin apportè à la B.O avec des morceaux des annèes 1960 de toute beautè comme "These Boots Are Made For Walking" de Nancy Sinatra, "Sam the Sham & the Pharaohs" de Wooly Bully, "Surfin' Bird" de The Trashmen sans oublier le mythique ""Paint it Blak" des Rolling Stones! Une rèfèrence...
Walter Mouse

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5,0
Publiée le 28/04/2014
Full Metal Jacket, après avoir longtemps réfléchi, est bel et bien mon film de Stanley Kubrick préféré. La première place était autrefois occupée par Orange Mécanique, grand chef-d'oeuvre du réalisateur, mais je suis vraiment sûr maintenant que Full Metal Jacket arrive sans peine à le détrôner. Il s'agit encore une fois d'un sujet très différent que Kubrick a à mettre en scène par rapport à ses autres films. Mais comme à chaque fois, le metteur en scène arrive brillamment à passer d'un genre à un autre tout en mettant sa patte dans l'oeuvre. Pour autant, il y a certains films cultes de Stanley Kubrick tels que Barry Lindon où j'ai définitivement un problème pour accrocher, là par contre c'est juste parfait! Et il s'inscrit sans mal dans le top 20 de mes films préférés. Je commence donc par le casting: Qu'est-ce que ça vaut sur ce point? Eh bien comme on s'en doutait, c'est super bien dirigé. Matthew Modine, Arliss Howard et Adam Baldwin arrivent sans mal à nous servir de très bonnes interprétations et, curieusement, leurs jeux ne s'avèrent pas aussi froids que dans d'autres films de Kubrick. On a bien sûr quelques moments avec un aspect plus glacial mais là c'est justifié à partir du contexte du film et ce n'est pas de la froideur gratuite. On se souviendra principalement de leurs surnoms que ces idiots vont garder une fois sur le terrain et qui leur sont donnés par le meilleur personnage du film dont je vais parler plus bas.. Vincent D'Onofrio, qui spoiler: n'apparaît que pendant la première partie du film, se révèle très touchant par spoiler: la façon dont il cède à la folie et à l'esprit inhumain dont on lui demande de faire preuve. Mais le meilleur acteur de tout ce film, celui qui va nous rester en tête une fois le long-métrage fini, n'est nul autre que Lee Ermey dans le rôle de l'hilarant Sergent Hartman. Bon sang que chaque phrase qui sort de sa bouche est entrée dans ma tête dès le premier visionnage! Sa scène d'introduction annonce la couleur! Se contentant de gueuler sur tout ce qui bouge, de balancer des insultes en veux-tu en-voilà, le personnage aurait facilement pu être saoulant à la longue, mais c'était sans compter sur l'énergie de son interprète et des superbes répliques qu'il a à crier haut et fort pendant une bonne heure. Tout ce que fait ce type je l'adore! Même un truc tout con comme spoiler: sa mort est génial! On pourrait penser que sa dernière scène serait l'occasion pour lui de prouver qu'il n'est pas si idiot qu'on le pensait et qu'il est même assez profond. Mais non! Cet abruti fonce sur Lawrence en lui gueulant comme un taré avant de se faire descendre, taré jusqu'au bout et ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre! En clair, on retiendra principalement Lee Ermey parmi le casting mais les autres comédiens ne sont pas en reste grâce à des surnoms qui nous mettent directement le sourire aux lèvres et qui ont chacun au moins une caractéristique propre à eux. S'il y a bien une chose étonnante dans Full Metal Jacket, c'est le fait que Kubrick, contrairement à d'habitude, ne nous a placé aucune musique classique! Rien! Nada! Les seuls choses qui proviennent de la bande-originale sont des chansons des années 1960 et une musique qui se fait très discrète composée par sa propre fille et que j'ai complètement oublié. J'ai à peine fait gaffe qu'il y avait de la musique dans le film. Mais je trouve ça assez impressionnant de la part de Kubrick d'avoir fait un tel choix. Étant réputé pour avoir rendu encore plus célèbre plusieurs grandes musiques classiques dans la plupart de ses films cultes, je suis très surpris de voir qu'il n'a rien mis dans Full Metal Jacket! Et c'est très bien comme ça! S'il y a un aspect sur lequel Kubrick m'a par contre quelques fois divisé c'est.... attention... sa mise en scène. Je n'ai rien à reprocher à celle de 2001: L'Odyssée de l'Espace, Shining ou encore Orange Mécanique et d'autres. Par contre, j'ai souvent pété les plombs sur celle de Barry Lindon et Eyes Wide Shut où j'étais juste exaspéré de voir une facilité et une fainéantise pareille ( oui oui! À ce point! ). Mais en ce qui concerne Full Metal Jacket, c'est du super boulot! On retrouve pourtant tous les éléments de réalisation des films de Kubrick comme le format 4/3, les travellings, les plans fixes qui montrent un décor plus en profondeur. Mais là ce n'est pas " on te fout ça partout dans le film comme ça les fans de Kubrick te diront que c'est génial ", non là ce n'est jamais abusé. Il y a une bonne dose de ces éléments et ils ne sont pas là pour essayer de faire un effet de réalisation stylé pour t'occuper un moment. Une chose très appréciable notamment, c'est que la réalisation de Kubrick est plus dynamique que dans le passé, obligé en même temps pour un film sur la Guerre du Vietnam. Lors des affrontements entre américains et vietnamiens, la caméra bouge beaucoup plus, on a quelques plans-séquences très travaillés où on passe d'une position à une autre sans que ça n'air l'air répété. Tout ça est d'ailleurs aidé par une très belle photographie qui est bien plus colorée que dans d'autres Kubrick. Comme je l'ai dit, du super travail. Et pour le scénario, on reconnaît bien là le talent de Kubrick. Sur l'écriture, le réalisateur n'a jamais eu un seul problème et ça se confirme dans Full Metal Jacket. Comme je l'ai dit plus haut, les répliques du Sergent Hartman sont juste des perles! Entre spoiler: " Je veux que ces toilettes soient nickel au point que la Vierge-Marie soit fière de s'y asseoir et d'y poser sa pêche! ", " T'es aussi rapide que des vieux qui baisent! Tu veux que je te fasse un dessin mon P'tit Baleine? ", " Mon cul! J'ai jamais vu un tas de merde aussi haut! " et j'en passe, il y a l'embarras du choix! Ce qui notamment très réussi c'est à quel point les deux parties sont très différentes: La première montrant l'entraînement des soldats pour les déshumaniser et la deuxième les mettant à l'épreuve sur le terrain. Et cela passe très bien. La dernière scène du film en particulier m'a énormément marqué. Pourtant, elle n'est pas folle d'originalité mais la manière dont elle est amenée est brillante! spoiler: Alors que la troupe essaie d'avoir le tireur vietnamien embusqué dans un immeuble depuis un bon bout de temps et qu'ils ont perdu des hommes, ils réussissent à gravement le blesser et se rendent comptent que c'est une femme. Et c'est là que personne ne sait vraiment comment réagir, la fillette étant en train d'agoniser, personne ne dit un mot, personne ne sait quoi faire, personne ne sait comment prendre le fait qu'ils ont vengé leurs camarades mais qu'ils ont aussi abattu une fille qui est allée jusqu'à prendre les armes pour attaquer les américains les considérant véritablement comme des monstres. Simple, puissant, profond, superbement mis en image, une scène superbe sur tous les points! Et la parfaite conclusion qu'il fallait donner à un film voulant montrer l'effet de violence sur la psychologie des soldats. Full Metal Jacket est donc pour moi et sans hésiter le meilleur film de Kubrick. Parfait sur tous les points, réalisation, mise en scène, répliques, immersion, personnages. Définitivement un film culte et une des plus grosses claques que je me suis pris devant un film.
JokerDreizen

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4,0
Publiée le 15/07/2012
C'est plutôt un film de guerre unique en son genre, dont la principale qualité est loin d'être ses séquences d'action, au final peu nombreuses. Même l'action finale n'impressionne pas par sa nervosité mais plutôt par le décor d'une ville en ruines, d'une troupe de soldats américains mis en difficulté par une résistance invisible et pour le moins surprenante. Si la deuxième heure dépeint le conflit de manière plutôt efficace, au sein d'une équipe de tueurs, c'est la première que j'ai réellement apprécié. Un réel enfer boosté par les répliques désormais cultes du mythique sergent Hartman (en VO, on est beaucoup plus mis mal à l'aise qu'amusé), qui se clot par une scène choc. Parce que la réelle descente aux enfers, c'est pas dans la seconde partie du film, mais bien dans la première qu'elle a lieu. Dommage que la suite ne soit pas à la hauteur d'une première heure poignante et malsaine. Le résultat est très bon, mais ne fait pas non plus de Full Metal Jacket un film extraordinairement intense. Il arrive quand même à retrouver l'essence de la guerre, la déshumanisation progressive de l'homme, les soldats à côté de leur pompe dans une guerre contre l'inconnu, le déroulement des interventions, la prostitution, l'horreur et le chaos de la dernière séquence. On a l'impression d'y être.
ConFucAmuS

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5,0
Publiée le 01/02/2012
7 ans après avoir frappé fort dans le domaine de l'épouvante, avec sa lecture de l'oeuvre de Stephen King, Shining, Stanley Kubrick nous revient pour une oeuvre à caractère encore plus sulfureux: la guerre du Vietnam. Se basant sur le récit d'un correspondant de guerre au Vietnam et du livre de Gustav Hasford, The Short Timers, Kubrick a décidé de séparer son nouvel opus en deux parties. La première suit les nouvelles recrues dans un centre d'entraînement, dirigés d'une main de fer par un sergent instructeur des plus virulents. La deuxième se concentre sur la vie au front et les combats. Choix des plus intelligents de la part de Kubrick qui, de cette façon, remplace un enfer par un autre, et nous donne un bon aperçu des conditions de vie des jeunes bidasses pendant ces périodes. "L'entraînement" s'apparente plus à de la torture psychologique, afin de transformer des jeunes en machine de guerre dénués de toute émotion. Chaque jour est un vrai calvaire pour Guignol, Cowboy et Baleine: entre travaux forcés et humiliations permanentes, ils n'ont pas une minute pour s'en remettre. Chacun fait ce qu'il peut pour garder un semblant d'humanité face au bloc de glace Hatmann. Ce dernier est interprété Lee Ermey, ancien sergent-instructeur, et l'auteur même du monologue du début. Et il y met toute ses tripes. Il livre une prestation inoubliable, tant elle ne nous lâche pas pendant une heure. On hésite parfois entre la colère et le rire, tant ce qu'il inflige aux recrues est extrême. Les trois personnages principaux peuvent représenter les différentes figures que composent une armée, dans l'inconscient collectif: Guignol (génial Matthew Modine), avec son casque sur lequel un badge pacifiste est accolé à une inscription "Born to Kill", représente bien la contradiction du personnage, qui nous est surement le plus proche. Formé pour devenir une machine à tuer, mais ayant réussi à conserver une part d'humanité l'empêchant d'en être une. Cowboy, lui, représente l'entre-deux, machine à tuer mais dans lequel un semblant d'âme existe. Baleine (Vincent D'Onofrio, mémorable), quant à lui, représente la réussite du système, qui parvient à le faire passer de nounours naïf à bête de guerre. Les scènes se passant sur le terrain sont une autre manière de Kubrick de dénoncer une guerre sans visage dans laquelle seules des ruines existent et d'où aucun ne peut échapper. La scène finale achève le tout, avec ces soldats entonnant un hymne joyeux sur fond de ville incendié et de guerre où finalement peu d'humanité subsiste. Un bijou, comme Kubrick nous a habitué: sans concession, sans échappatoire. Une oeuvre atypique, et un autre chef d'oeuvre sur la guerre du Vietnam.
Anthony Stark

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5,0
Publiée le 16/03/2015
Sorti en 1987, Full Metal Jacket est l’avant-dernier film réalisé par Stanley Kubrick et le dernier qu’il a mené jusqu’au bout. Le réalisateur américain n’a plus à faire ses preuves : depuis 2001, Odyssée de l’espace sorti près de vingt ans plus tôt, il enchaîne les succès critiques et souvent publics. Par bien des aspects, Full Metal Jacket concentre en un seul film tout le cinéma de Stanley Kubrick. On connaissait l’aversion du cinéaste pour la guerre et la chose militaire, mais c’est avec ce film qu’il est allé le plus loin dans la critique ; Full Metal Jacket est également l’occasion pour Stanley Kubrick de reprendre d’autres thèmes forts dans son œuvre, comme l’embrigadement ou la violence au cœur de la société. À la clé, un film bien moins léger qu’il n’y paraît, une vraie réussite. Un camp d’entraînement de marines en Caroline du Sud dans les années 1960. Quelques dizaines de jeunes Américains apprennent la discipline militaire à coup d’injures voire de coups sous la direction du sergent Hartman. L’officier ne sait que hurler et sa méthode est simple : injurier et humilier pour former de vraies machines à tuer qui ne reculeront devant rien quand il faudra appuyer sur la gâchette. Ils ne sont pas là pour apprendre la géopolitique complexe de la Guerre froide, ils sont là pour faire de la chair à canon efficace et mater l’ennemi forcément communiste, où qu’il soit. L’entraînement est difficile, surtout pour ceux qui ne sont visiblement pas prêts à en découvrir la violence, à l’image de Leonard, un gars sympathique, un peu enveloppé et qui découvre brutalement les injures et l’humiliation. Toujours bon dernier, il devient vite un poids inutile pour tout le régiment qui, une nuit, le punit à coups de savons dans une serviette. Cette violence est comme un choc et le jeune homme perd la tête et termine sa vie tragiquement. Après cette partie consacrée à l’entraînement, Full Metal Jacket se pose au cœur du Vietnam, alors que la fameuse guerre que les États-Unis ont perdu tout en ayant gagné toutes les batailles fait rage. On suit les pas de Guignol qui est devenu reporter de guerre pour le compte du journal officiel. Son rôle ? Rassurer les soldats et la patrie sur la situation dans le pays et cacher surtout tout ce qui fâche, c’est-à-dire la vérité. Une mission l’envoie en avant, sur le front où il découvre les horreurs de la guerre, mais aussi et surtout, sa folie. La construction de Full Metal Jacket est simple : une premier partie dédiée à l’entraînement, une deuxième partie sur le champ de bataille. Si les deux parties ne sont pas égales en temps, elles sont néanmoins symétriques avec toutes les deux une évolution vers le drame. Et à chaque fun de partie, on constate l'échec de la guerre et de l'armée. Le climat du film est angoissant car on croise tout au plus cinq vietnamiens armés. Du coup, on redoute toujours une attaque surprise de leurs part. Les acteurs sont tous parfait les uns que les autres. La musique est tout bonnement géniale et angoissante qui atteint même une dimension insoutenable lors des scènes de drame. Tout simplement un chef-d'œuvre.
Kill-Jay

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3,5
Publiée le 02/03/2013
Un peu déçu par ce film car j'en attendais énormément. Étant fan de Stanley Kubrick depuis que le premier film que j'ai vu de ce réalisateur, j'attendais forcément ce film considéré, en plus, comme l'un de ses meilleurs. Mais il n'est en aucun cas du niveau de la puissance dégagée par "The Shining" ou par "Orange mécanique" qui restent selon moi ses deux meilleurs films. "Full Metal Jacket" n'est pas raté, loin de là, il est même exceptionnel sous certains points. La première partie du film est grandiose, avec des dialogues surpuissants qui collent à la peau de ce cher Hartman. Mais cette première partie est l'occasion de nous traiter le sujet du Viet-Nam de façon différente de ce qui a été fait jusqu'alors avec "Platoon", "Apocalypse Now" ou d'autres. N'avait pas encore été abordé les manières utilisées pour redresser et envoyer à la guerre des jeunes délinquants, pourtant Kubrick n'est pas novice en la matière puisqu'on a le droit au même thème dans d'autres circonstances dans "Orange mécanique". Cependant si la première partie est très réussie, la seconde s'essouffle un peu et n'est clairement pas au niveau de sa prédécesseur. Malgré une très bonne mise en scène, on parvient moins à accrocher à l'action, et le film commence alors à contenir certaines longueurs même si on adhère au message du réalisateur. Malgré tout, un Kubrick reste un Kubrick et reste exceptionnel dans le fond, un peu moins sur la forme mais qu'importe, c'est un film à voir quand même à tout prix !
Shékiinä .

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5,0
Publiée le 22/10/2011
Drame et satire sur fond de guerre du Vietnam. Du jamais vu pour un film de guerre : il y a beaucoup d'humour noir et d'ironie, pas mal de scènes loufoques et drôles, ainsi que des répliques à tomber alors que l'histoire en elle-même est sombre et ne prête pas franchement à rire. Le surnom donné aux soldats est complétement délirant : blanche neige pour un black, guignol pour quelqu'un qui a l'air intelligent, grosse baleine pour un mince etc. Stanley Kubrick met souvent de la folie dans ses personnages et traite avec humour des sujets graves. Le lieutenant dans la première partie est un personnage haut en couleur qui n'a pas la langue dans sa poche. Full metal jacket est un vrai film de guerre, tout le contraire de La ligne rouge ou La chute du faucon noir qui font croire qu'ils en sont un alors que ce n'est pas du tout le cas. Le choix des musiques sont réussies (avec entre autres The Rolling Stone - Paint it black).
Loskof

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4,5
Publiée le 21/03/2013
On est un peu le cul entre 2 (et même 3) chaises après avoir vu ce film. Kubrick a clairement divisé son film en 3 parties, que l'on peut aisément prendre séparément, ça a ses défauts et ses avantages, ici le souci c'est qu'on ne peut s'empêcher de penser que la partie 2 sur le journalisme de guerre est bien en deçà du reste... Parce que franchement, la partie 1 est juste magnifique, les dialogues du sergent-instructeur qui sont devenus cultes, la manipulation des soldats, l'écrasement psychologique, tout cela est montré avec brio, avec un ton plutôt comique mais dont on devine aisément le fond. La partie 2, je l'ai déjà dit, plombe le film pendant 20 minutes, elle raconte des choses mais elle aurait du être une trame secondaire et non principale. Et la 3ème partie, pas au niveau de la 1ère mais qui nous offre des vraies séquences de guerre, magnifiquement réalisée. C'est pour moi le 3ème meilleur film de guerre après "Il faut sauver le soldat ryan" et "La chute du faucon noir". Un indispensable!
Ashitaka K

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4,5
Publiée le 02/07/2018
Je ne vais pas ré-entamer des lignes interminables faisant part de toute l'affection que je porte pour Stanley Kubrick puisque tout a déjà été dit dans plusieurs de mes précédents écrits (voir celles que j'ai faites sur "Orange Mécanique" et "Barry Lyndon"), entre autres ; ainsi, puisque même un Dieu a droit à l'erreur, il se peut qu'il soit ici question de l'imperfection de ce film faisant pourtant facilement partie du top 20 de mes films préférés. "Full Metal Jacket" se découpe en deux parties bien distinctes, se déroulant en pleine guerre du Vietnam lors de l'implication des Etats-Unis au conflit, à la fin des années 60. La première partie nous projette dans le camp d'entraînement militaire de Parris Island dans lequel un groupe de marine est dirigé par le tyrannique et sadique sergent Hartman (R. Lee Ermey). La seconde partie nous emmène directement au Vietnam, pour retrouver la plupart des personnages principaux de la première partie effectuer leur devoir pour protéger leur patrie. C'est sous les yeux du soldat James Davis, dit Joker (Matthew Modine), narrateur, qu'on observe le travers des événements. Adapté du roman semi-autobiographique "Le Merdier" de Gustav Hasford et sorti en 1987, soit sept ans après son dernier chef d'oeuvre, "Shining" (1980), "Full Metal Jacket" est un bijou d'écriture et de mise en scène, certainement dû à ses personnages mémorables et à son ambiance jonglant entre le délectable grâce à la solidarité ressentie entre les personnages et les décors extérieurs riches en éléments ne suscitant pas directement la compassion du spectateur, et le maussade principalement dû au personnage du sergent Hartman. Cru, drôle, provoquant et détestable à la fois, accompagné en VF par la superbe VF de Bernard Fresson, Hartman représente à lui seul ce qui éloigne fatalement l'Homme de la société dans son destin ; chacun d'entre nous avons tous connu un professeur, un patron ou même un collègue nous prenant en grippe et déterminé à vouloir nous détruire mentalement voire psychologiquement. On a tous voulu y changer quelque chose quitte à y laisser sa peau, spoiler: ce qui est parfaitement peint ici: le personnage de Leonard Lawrence est surveillé de très près par Hartman, l'exposant à un dilemme: tuer, ou être tué ; grosso modo, si tu n'allumes pas le feu à temps, c'est toi qui grille. Enchaînant humiliation sur humiliation à cause de son poids et de son manque d'agilité, "Gomer Pyle" va finalement faire naître en lui le soldat contraire à sa nature véritable. Beaucoup d'entre nous pouvons alors se reconnaître, le film est donc ouvert à tous. Le film nous offre un point de vue réaliste de la guerre du Vietnam en désacralisant tout ce qui fait un homme (voir le célèbre slogan figurant sur le casque de Joker présent sur l'affiche: "Born to kill", paradoxe avec le but basique du soldat: "Tuer pour vivre"). De plus, à terme ils ne sont pratiquement plus des hommes, mais des robots, résignés à obéir à leur "créateur", les traitant tel un troupeau de bétail destinés au mal, et tous "renommés" par des surnoms humiliants et leur enlevant toute trace de crédibilité dans la société. Par ailleurs, toute la scène d'ouverture se déroulant chez un coiffeur montre d'entrée de jeu le début d'une transformation morale de la part des soldats: durant la Seconde Guerre Mondiale, on a parlé de "déshumanisation". Enfin, malgré de très nombreux revisionnages du film, je suis de ceux qui pensent que Kubrick aurait pu faire beaucoup mieux pour la suite du film. En 45 minutes, il m'a présenté le film de guerre le plus convaincant que j'ai vu d'un point de vue psychologique des personnages, chose qui retombe totalement dans la suite: on retrouve avec plaisir Joker et Cowboy dans leur destinée mais celle-ci manque cruellement de quoi offrir d'autres émotions à nous, spectateurs. Les dialogues n'y sont pas aussi pointus et marquants qu'ils ne l'ont été dans un premier temps, l'avalanche de personnages secondaires présentés est oubliable en plus... En revanche, il faut en extraire la substantifique moelle: on y voit un Joker acteur des faits, tandis que la première partie du film, on le voyait davantage spectateur, car cette suite s'intéresse au devenir du personnage. Et puis, cette scène finale est impressionnante puisqu'en plus de voir Cowboy, son "frère", se faire tuer sous ses yeux, il sera contraint de choisir entre éliminer un soldat féminin ou lui laisser la vie sauve, un choix moral rejoignant directement la mort d'Hartman et de Leonard à la fin de la première partie. La bande originale est très plaisante, en particulier la musique d'ouverture: "Hello Vietnam", ainsi que les morceaux originaux composés par Abigail Mead (sa seule oeuvre musicale?) et les nombreux chants militaires détournés qui la compose en large partie. "FMJ" est donc l'un de mes films de guerre de références, grâce à la diversité des tons, des situations et de la mise en scène, et mettant en avant un portrait réaliste de personnages, à la recherche d'une part cachés d'eux-mêmes. Hélas, l'inégale première moitié de la seconde partie du film me laisse de marbre à chaque visionnage, ce qui m'empêche de lui mettre la note maximale. Pour avoir un point de vue tout aussi réaliste mais plus riche en émotions sur la guerre du Vietnam, on peut lui préférer "Platoon" d'Oliver Stone (1986), "Voyage au bout de l'enfer" de Michael Cimino (1978), ou encore "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola (1972), plus sombre et plus dur, sur fond de rock psychédélique ; et, aussi, pour aller plus loin, voir "La déchirure" de Roland Joffé (1987).
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