ichlo
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4 - Très bien
Spike Lee abandonne ici son parti pris envers la dénonciation des ségrégations raciales pour s’attaquer à un problème typiquement new-yorkais, la traque à un serial killer.
Ce n’est pas la caméra à côté du tueur que ce réalisateur cherche à faire effet mais en la promenant dans les ruelles et le quartier où le détraqué sévi. Suspicion, fausse piste, recherche d’un bouc émissaire à tous prix, les habitants pris dans la spirale de la terreur s’embrouillent dans des égarements démesurés et se détraquent à leur tour. Les femmes brunes coupées mi-longs – proies favorites du tueur – se font teindre les cheveux. La moindre attitude marginale ou de simples vies en retrait deviennent les coupables idéales. La police, quant à elle, trouve judicieux de faire appel aux services d’un caïd local pour recenser les indices et désigner le coupable. Puisque personne ne s’installe dans ce quartier sans l’accord de celui-ci, rien ne peut donc échapper à de tels observateurs qui s’empressent d’établir une liste des présumés coupables. Une liste d’indésirables plutôt qu’un panel sur les déséquilibrés de la région. Etant persuadés que le tueur est de chez eux, les justiciers des faubourgs en viennent rapidement à passer à tabac un punk qui n’organise pas des tueries solitaires mais porte en lui le témoignage déguisé d’un monde qui produit le pire, à savoir des tueurs en série. Cette tragédie qui secoua l’été new-yorkais de 1977 est un véritable cauchemar, celui d’un homme dépité se tapant la tête sur son matelas pour échapper aux horribles aboiements d’un chien qui lui ordonne de tuer.
Finalement le personnage du tueur David Berkowitz fait émerger l’application de l’interdit sexuel subi par sa personne en transfuge sur une arme à feu tendue vers ses victimes qu’il abat de sang froid, toujours des couples cherchant la tranquillité non loin des discothèques aux abords des coins boisés. Spike Lee n’est pas drôle vis-à-vis de la situation quoi que la scène où la bande fait croire à l’un de ses membres que c’est probablement lui la prochaine victime est assez cocasse mais montre la sournoiserie fantasmagorique qui empoigne alors l’esprit des individus confrontés à des situations extraordinaires. Pour Spike Lee, le tueur est déjà loin dans l’exposé du film. Il cherche surtout à mettre en évidence les réactions de la société face à une telle situation. Allant de la démesure sécuritaire qui ne vise jamais juste à l’éventuelle manière de proférer des menaces de vengeance si ce tueur venait à mettre fin à votre vie ; rien n’échappe de la conscience humaine à la fois apeurée devant l’horreur d’un individu qu’elle a tôt fait de qualifier de «monstre» et, c’est là que ça devient intéressant, dans la manière de développer sa propre violence tout aussi horrible. C’est du moins ce que laisse penser l’épisode où ce punk catalogué de tous les soupçons se fait saigner le visage et les tripes par la milice spontanée qui s’était promise de se charger personnellement de s’occuper du problème. Là aussi il y a toute une vindicte populaire qui se met en marche émergeant d’on ne sait où si ce n’est de la volonté propre d’être sanguinaire à leur tour à l’encontre d’un personnage qui vit une sexualité affirmée en dehors qu’il s’identifie au punkisme, dérangeant ceux qui en sont frustrés et qui ni participent pas car ils ne sont pas nombreux à avoir des copines et même si le dancing regorge de filles à prendre, elles se font ramener fissa par de l’entourage familial sinon les pères les tueraient ! Et de clarifier pour Spike Lee ces liens du sang qui se transforment en menaces de sang sous le joug du despotisme parental qui, des problèmes qu’il pensait résoudre, ne fait qu’en accroître l’envergure. Dans cette tentative de partage des culpabilités, Spike Lee jongle intelligemment en mettant une société au pied de ses responsabilités face à des accusations qui fusent à tord et à travers sans fondements mis à part l’extrapolation qu’en font les gens pour se protéger. Pour cela il utilise une qualité filmique genre sur le fil de l’évènement dans une enfilade de réactions face aux faits divers en intervenant brutalement pour en modifier les comportements.
Ce terme de serial killer fut inventé à l’époque du l’histoire du fils de Sam dénommé en réalité David Berkowitz motivé par un côté manipulateur pour échapper à la peine de mort il se fit passer pour fou prétendant agir sous les ordres d’un démon du Moyen-âge réincarné dans le chien de son voisin qu’il ne supportait plus. Ses motivations profondes remontent en fait à bien plus loin. Les spécialistes relèvent de lui un enfant extrêmement difficile qui mettait de l’ammoniac dans l’aquarium des poissons, très isolé, sans camarades de classe. Il rêvait d’être pompier mais a échoué aux tests et n’a même pas rempli le questionnaire...
Ajoutée le 16 juil. à 20h07
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