Le corps de mon ennemi
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108 critiques spectateurs

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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 92 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juin 2026
Là où tant de films de vengeance cherchent l’explosion, Le Corps de mon ennemi choisit la blessure lente : celle d’un homme trahi, mais surtout d’une ville entière qui se met à saigner. On a l'impression que François Leclercq revient dans une ville qui l’a déjà enterré vivant. Cournai n’est pas un simple décor : ses rues, ses usines, ses hôtels, ses salons bourgeois semblent encore porter la trace de son humiliation. Henri Verneuil filme moins un complot qu’une mécanique sociale : des hommes bien habillés, des sourires maîtrisés, des familles respectables, et derrière tout cela, j'ai senti une immense violence qui n’a presque jamais besoin de se montrer.

Verneuil transforme le polar de vengeance en portrait d’une France industrielle, provinciale, verrouillée par ses codes, ses intérêts et ses silences. Leclercq est d’autant plus intéressant qu’il n’est pas un pur innocent car on sent qu'il a voulu entrer dans ce monde, en a désiré les signes, avant d’en comprendre brutalement la cruauté. Jean-Pau Belmondo impressionne justement parce qu’il retient quelque chose : moins solaire, moins cabotin, plus sec, plus fatigué, mais toujours charmeur, ironique et magnétique. J'ai vraiment aimé voir Bébél se retirer pour ce film. On sent dans son regard que les sept années perdues ont laissé une fatigue impossible à effacer. Face à lui, Bernard Blier est redoutable, avec cette manière de dominer sans hausser la voix, presque aimable jusque dans la saloperie. L'un des derniers grands rôles d'un monstre sacré du cinéma français.

La construction en allers-retours donne au film une vraie profondeur de mémoire, même si elle peut parfois égarer un peu dans son puzzle. Les dialogues d’Audiard ont ce plaisir de la formule qui fait mouche, au risque parfois de rendre certaines scènes plus écrites que naturelles. J’aime beaucoup la façon dont le Nord est filmé : les cheminées, les gares, les usines et les salons donnent à la corruption une présence concrète, presque anodine. Le film reste parfois instable, entre tragédie sociale, polar noir, comédie acide et règlement de comptes à la Belmondo, mais j'ai finalement trouvé que cette instabilité fait aussi partie de son charme. Au fond, on contemple le retour d’un fantôme dans une ville qui avait cru l’avoir effacé.
Gablivildo62
Gablivildo62

8 abonnés 260 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juin 2026
« Le Corps de mon ennemi » est un thriller réalisé par Henri Verneuil en 1976 avec Jean-Paul Belmondo (François), Bernard Blier (Liégard) et Marie-France Pisier (la fille de Liégard) dans les rôles principaux. Les seconds rôles sont notamment interprétés par Daniel Ivernel, Claude Brosset, François Perrot, Michel Beaune et Nicole Garcia. Les dialogues sont signés Michel Audiard. L'intrigue est intéressante malgré quelques longueurs et parfois un manque de rythme en raison de l'alternance constante entre le présent et les nombreux flashbacks. Belmondo joue ici un rôle sobre, teinté d'amertume et de mélancolie. Le film est une satire de la bourgeoisie de province. Henri Verneuil montre les collusions entre le pouvoir politique, les barons de l'industrie textile et le milieu de la nuit. Le film montre aussi comment les élites locales peuvent broyer un "intrus" pour protéger leurs intérêts et leur respectabilité de façade. A noter que la musique du film est composée par Francis Lai, l'auteur de « Un homme et une femme » et de « Love Story ».
Isabelle Regnier6
Isabelle Regnier6

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 février 2026
C'est un film formidable. Tourné vraiment dans le Nord. La scène où le Number One est en travaux se situe au Nouveau siècle . Le Number One est en fait l'ancien Macumba . Vers la fin , la scène de la gare se situe à Tournai en Belgique . Outre l'interprétation magistrale des acteurs, ce film a un excellant scénario , et vous montre les beautés du pays des chtis 
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 octobre 2025
Ce film d’Henri Verneuil construit sur une succession de flash-back finit par diluer son fil narratif qui peine à captiver en dépit d’une réalisation très appliquée du cinéaste reposant sur des dialogues brillants et la prestation toute en verbe de Jean-Paul Belmondo. Malgré tout, le long-métrage ne trouve jamais son rythme et cette trouble histoire de vengeance dans la région nordiste finit par prendre l’eau.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 427 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 septembre 2025
Adapté d'un roman de Félicien Marceau, académicien français d'origine belge ( au passé contesté ) " le corps de mon ennemi " (1976 ) représente l'avant dernière collaboration entre le cinéaste Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo.

Belmondo vient de tourner sous l'oeil de Verneuil ( considéré à l'époque comme le plus américain des cinéastes français ) deux polars, grands succès public, ( " le casse " et " peur sur la ville " ).

" Le corps de mon ennemi " s'inscrit finalement dans le registre du film noir, sur fond d'une histoire de vengeance ayant pour cadre la grande bourgeoisie du nord ( les ancêtres de Félicien Marceau venaient de cette région ).

De mon point de vue, le film n' a pas très bien vieilli. Il y a le cadre de l'action ( on pense à Chabrol ), un casting relevé ( Marie-France Pisier remarquable, Nicole Garcia formidable notamment) le scénario manque trop de fluidité.

Jean-Paul Belmondo semble en roue libre, fait du Bebel mais curieusement ce style ( je l'affectionne comme beaucoup ) qui a fait son succès, ne me semble pas être mis au service d'un film qui se veut surtout psychologique.

Verneuil avait proposé le scénario à Belmondo en ayant en tête de montrer au public un autre aspect du talent de l'acteur et c'est bien ce qui ne fonctionne pas vraiment.

De trop nombreuses scènes ne sont pas très réussies et même si j' ai passé un moment sympatoche et bercé de nostalgie en le regardant, j'ai aussi éprouvé un brin de déception.

Toutefois, même si " le corps de mon ennemi" n' est pas exempt de défauts, les amateurs des interprétations de cet acteur mythique du cinéma français des années 1960 et surtout des années 1970 ( on y est donc ) et 1980, ne le manqueront pas. Quant à Verneuil, il a souvent fait beaucoup mieux.
Florian Lefebvre
Florian Lefebvre

2 abonnés 14 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 mars 2025
on ne comprend pas vraiment l’histoire entre les flashbacks ou bébel ne rajeunis pas ni ne vieillit on ce retrouve face à un film très long ce qui rattrape c’est le jeux d’acteur de bebel qui signe une belle performance
bref
en conclusion très loin d’être son meilleur film
Michael
Michael

26 abonnés 554 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 février 2025
un Belmondo un peu surprenant . Il quitte le thriller traditionnel, pour le thriller politique. L'ensemble est bien ficele tous les acteurs jouent leur partition avec réussite, et les flash back fonctionnent à merveille. Une fois de plus le duo Verneuil Belmondo fait mouche
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 888 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 février 2025
C'est un polar français des années 70, plutôt classique, mais très efficace de part son scénario implacable et une construction sous forme de flash-backs qui fonctionne bien. Bien que quelquefois on soit un peu perdu, mais ça dure pas longtemps, car c'est le même Belmondo qui joue aussi bien le nouveau que l'ancien si j'ose dire. L'histoire n'est pas sans rappeler d'autres du même genre, en tout cas au début, quand le prisonnier sort de prison effectivement et va au petit matin saluer ses anciens amis. La musique de F. Lai est aussi sympa. Seul le nom de Courtrai, pour désigner la ville en expansion, celle où tout s'est passé sonne un peu faux.
evariste75
evariste75

210 abonnés 249 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 3 février 2025
Je ne suis ni très Verneuil ni très Belmondo, dont le personnage est encore une fois très narcissique, cynique, distributeur de beignes.... Marie-France est caricaturalement snob, le scénario est confus et peu crédible criminologiquement parlant, n'est pas Scorsese qui veut !
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

93 abonnés 4 267 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 juillet 2024
Belmondo revient en ville après sept ans de prison et ça va chauffer pour les notables qui l'ont fait injustement condamné pour meurtre.
Le film d'Henri Verneuil est un virulent pamphlet contre la bourgeoisie de province, plus brutal, façon Clouzot, que corrosif, à la manière d'un Chabrol. Mais Verneuil n'ayant le talent ni de l'un ni de l'autre et, de surcroît, s'associant à un Michel Audiard ont les formules et sentences populistes à l'encontre des notables sont aussi complaisantes que réductrices, le film tourne vite à la démonstration méprisante et grossière, pleine de clichés sociaux autant que cinématographiques. On a même droit à la maison de passe ou l'on rencontre quelques personnalités locales en fâcheuses postures. C'est dire si elles sont détestables... La caricature est épaisse, le discours "politique" nul.

En matière de mise en scène, le film alterne les flashback relatifs à l'histoire de François Leclercq et aux péripéties qui l'on conduit à endosser un crime, et sa journée à Cournai où il déambule en attendant de régler ses comptes. En fait, son histoire est excessivement banale et très conventionnelle sur les plans scénaristiques et dramatiques. La plupart des retours en arrière ne s'imposent pas: on a déjà tout compris. Il est vrai que l'ellipse et les subtilités narratives, ce n'est pas l'apanage de Verneuil.
Quant au héros, mi-Leclercq, mi-Belmondo (plus Belmondo, d'ailleurs, tant l'acteur compose peu ce personnage creux, sans matière, dont le mépris et la rancune garantissaient pourtant une certaine profondeur), on suit ses pas dans la ville avec un ennui toujours plus grand.
Michael78420
Michael78420

63 abonnés 1 906 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mars 2024
La vengeance est un plat qui se mange froid. Sur fond de gros sous, d'influence, de politique, de trafic, François Leclercq (Jean-Paul Belmondo), mène l'enquête à sa sortie de prison. Il convient d'être attentif car Henri Verneuil abuse de flashbacks pas toujours évidents à distinguer, puisqu'aucun effort n'a été fait pour rajeunir les protagonistes. Une astuce pour se repérer : Bébel porte un imperméable dans toutes les scènes qui se passent après sa sortie de prison. Le script est efficace, on reconnait la patte de Michel Audiard, comme lorsque le taxi indique au héros à propos d'un match de foot : "Les Allemands sur leur terrain, faut jamais les sous-estimer." Réponse de François : "Parfois même sur le nôtre..." Le retour dans la rue commerçante de Cournai est l'occasion d'une belle critique de la société de consommation de 1976. Que dirait François en 2024 de ces produits qui "ne servent à rien d'autre qu'à être achetés" ? Les amateurs de strip-tease apprécieront la prestation de Frida de Düsseldorf, marqueur fort des années 1970 où ça ne gênait personne de voir une paire de seins dans un film grand public. Enfin les amateurs de golf apprécieront le swing Bernard Blier. Au final, un bon film avec Belmondo, sans cascade, sans poursuite en voiture, avec un montage un peu compliqué à mon goût.
tyrionFL
tyrionFL

25 abonnés 388 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2023
Le corps de mon ennemi est un film surprenant puisque, malgré la présence au casting d'un Belmondo incarnant comme à son habitude un personnage intègre, rigolard et dynamique nous sert une intrigue riche et relativement complexe s'étalant sur plusieurs temporalités et mettant en scène les pions, très nombreux d'ailleurs, d'un vaste complot dont François tentera de se venger après en avoir subi les conséquences durant des années.

Derrière le ton détaché et plutôt humoristique dû à l'innénarable talent d'écriture de Verneuil et de Audiard, j'ai ressenti durant tout le visionnage de ce film un malaise, malaise très tôt exprimé par François dans le film prenant la forme d'une haine latente le forçant à se dissimuler.
Ainsi, la gaudriole et le mot juste (j'ai vu le film dans une petite salle de ciné club et le public rigolait littéralement toutes les minutes) cachent en réalité une intrigue plus sombre et triste dont notre protagoniste devra se défaire.

Loin du chef d'oeuvre d'action qu'était Peur sur la ville sorti l'année précédent Le corps de mon ennemi, Henri Verneuil nous livre ici un tout autre style de narration.
Simon Pierre
Simon Pierre

4 abonnés 40 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juin 2025
Pour moi qui n'aime pas les films à flashbacks il faut dire que celui-ci oeuvre avec brio: c'est omniprésent mais d'une clarté et d'une harmonie que ça en devient un véritable atout, je n'ai pas vu les deux heures passer. Dans les autres atouts il y a aussi une direction d'acteur d'une très haute qualité et une image très réussie accompagnée d'un Francis Lai aux petits oignons ! On est pris, on est ému, on rit aussi... par ce Bebel qui excelle en dehors des cabrioles... Mérite sa réputation !
Discofred75
Discofred75

5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2022
En pleine période "Bébel", Jean-Paul Belmondo nous régale d'un film intimiste, efficace et sans scène tape à l'oeil.
La réalisation montée toute en flashbacks est très bien maitrisée par Henri Verneuil.
Une pure merveille !
chrischambers86

16 171 abonnés 13 132 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 décembre 2021
Quand l'insolent et dèsabusè Jean-Paul Belmondo revient dans la ville pour règler ses comptes à sa manière, ça donne un polar psychologique du tandem Henri Verneuil / Belmondo qu'on a pas trop l'habitude de voir! S'il se contentait dans ses annèes là de briller dans le seul domaine du policier où il excellait tout particulièrement, on ne peut pas dire que "Le corps de mon ennemi" soit la plus belle rèussite de ce duo gagnant! Dèambulation du personnage principal, procèdè de narration par flashback, l'oeuvre dèconcerte quelque peu! Mais le casting est allèchant : Bèbel en tête bien èvidemment avec ses potes de toujours ( Charlot, Beaune...) mais aussi Bernard Blier, François Perrot, Bernard-Pierre Donnadieu, Claude Brosset qui se recycle dans le travelo sur le chantier de la guerre et le sourire fragile de la belle Marie-France Pisier! C'est efficace sur le papier mais mineur! Dialogues jubilatoires d'Audiard (« C'est jamais la solution le coup de tête...mais c'est une idèe ! ») et jolie musique de Francis Lai pour le petit plus...
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