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Incontestablement, l'ombre d'Hichcock plane au-dessus d'un des longs métrages les plus célèbres de Claude Chabrol. Eros et Thanatos sont entremêlés, le désir est amoureux et meurtrier à la fois, les relations entre les personnages sont ambiguës, la pulsion animale n'est jamais bien loin... Le couple formé par Jean Yanne et Stéphane Audran est on ne peut plus banal et fascinant à la fois, répétant inlassablement les figures obligées de deux êtres qui apprennent à se connaître alors que l'on attend impatiemment l'élément déclencheur, ce qui va rompre l'existence paisible du petit village de Dordogne au centre des évènements. À ce titre, sans briller par un quelconque génie, Claude Chabrol distille savamment le suspense et parvient à maîtriser son rythme pour le rendre oppressant avec une économie de moyens appréciable. «Le Boucher» brouille les pistes : est-ce un thriller? Une étude de moeurs? Une fable sanglante? Sans doute un peu de tout cela à la fois. Toutefois, les qualités de ce long métrage s'avèrent bien relatives : quoique sous hautes influences (Balzac est même ostensiblement cité), «Le Boucher» dépasse rarement le film de genre ou l'anecdotique (une histoire d'amour assez peu conventionnelle). Il a même subi les outrages du temps, principalement au niveau de la mise en scène (assez plate et convenue, sans compter cet emploi excessif du zoom) ou de la photographie, et parfois de l'interprétation, pas toujours crédible. Sans parler de la vraisemblance du tout, reposant sur un nombre assez conséquent de clichés, bref sur une certaine superficialité. Cependant, si «Le Boucher» ne mérite pas tous les éloges entendus à son sujet, il vaut tout de même le coup d'oeil. [1/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 20 mai 2012 à 13h37 Signaler un abus
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