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Sans conteste l'un des meilleurs films de Jean-Pierre Melville, et l'un de ses plus émouvants. Sur fond de Seconde guerre mondiale, le cinéaste français nous raconte avec sensibilité, pudeur et intelligence la confrontation d'une jeune femme désorientée et d'un jeune prêtre qu'elle tente de déstabiliser par ses questions sur la religion catholique. Inutile de préciser que c'est leur relation ambiguë qui constitue l'intérêt majeur du long métrage (Melville à heureusement décidé de resserrer l'intrigue sur ses personnages). «Léon Morin, prêtre» ne se limite pas en effet à un « simple » dialogue sur la foi, c'est aussi la chronique d'une France traumatisée, d'un village où les hommes quand ils ne sont pas maquisards sont partis au front pour ne jamais revenir (les clichés habituels des films du genre sont heureusement évités), mais surtout une sorte d'essai sur la nature humaine, la complexité des liens qui unissent Léon Morin et Barny s'avérant absolument fascinante. Tout d'abord grâce au talent extraordinaire des comédiens : Belmondo et Emmanuèle Riva sont au sommet de leur art, avec un jeu d'une sobriété exemplaire mais d'une justesse peu commune. Egalement du fait de l'humanité qui s'émane de leurs personnages, dans ce qu'elle à de plus noble et de plus pathétique. Jean-Pierre Melville a su trouver le juste milieu entre réflexion et spontanéité, et ce qui aurait pu apparaître indigeste se révèle finalement admirable, sans didactisme bébête (encore une fois il ne s'agit pas d'un cours de catéchisme pour neuneus). En plus d'être esthétiquement remarquable, «Léon Morin, prêtre» est donc un film très touchant et qui ne laisse pas indifférent. Une réussite totale en somme. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 18 mai 2012 à 12h15 Signaler un abus
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