Ludovic Sauder
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4.5 - Excellent
Je tiens avant tout à vous demander pour la plupart d'entre vous si vous aviez bien vu ce film. Car pour pouvoir poster une critique sur un long métrage, il faut connaître le contexte, le réalisateur ainsi que l'idée même retenue, le pourquoi de la réalisation. Or, je m'aperçois en lisant certaines critiques que le sujet n'est pas du tout maîtrisé, et le film incompris.
J'ai la chance de posséder l'édition collector grâce à mon oncle et j'ai pu ainsi revoir encore et encore ce film avec les observations de John Singleton et je dois vous dire que ses commentaires n'ont fait que d'endurcir l'intérêt que je porte à cette réalisation. Je déconseille fortement de le voir en version française car les doublages ne sont pas aussi riches que les dialogues réels. Et c'est, selon moi, en visionnant le film par sa véritable version, langue, que l'on peut juger la performance des acteurs. Ainsi, le titre en français "la loi de la rue" n'est en aucun cas appropriée. Boyz N The Hood signifiant "les gosses du quartier". Ce qui m'amène à dire que tous ces acteurs, pour une grande majorité d'entre eux, connaissaient leur premier long métrage. Pour ma part, les rôles sont très bien distribués (d'ailleurs expliqués et justifiés par Singleton dans ses commentaires) Ice cube est née pour jouer le rôle "Doughboy" comme Cuba Gooding Jr. est destiné à interpréter Tre Styles (qui se révèle comme étant la personne du réalisateur) Chaque acteur à respecter son rôle en l’interprétant de façon authentique pour la plupart, car ils viennent de ce milieu difficile.
Le scénario est sublime puisqu'il retrace une longue partie de la vie, bien que difficile, de Singleton. En effet, on y apprend comment celui-ci a évolué durant son enfance et son adolescence. Toujours surveillé et éduqué par un paternel bien qu'autoritaire mais indispensable à sa réussite. Le jeune Tre est envoyé par sa mère vivre chez son père dans un quartier de South Central, à Los Angeles, d'une part parce qu'il semble partir à la dérive (bagarre et vulgarités à l’école, il se fait renvoyer pendant quelques jours) malgré son intelligence et son assiduité scolaire. Et d'une autre part, car sa mère doit se consacrer à ses études pour accéder à une vie bien meilleure, ce qu'elle finira par réaliser. Tre connaît bien ce quartier car il y passait tous les week-ends. Les amis ne manque pas, ni les problèmes. Il commence un nouvel acte de sa vie. S'en suit de nombreuses péripéties que je vous laisserais le soin de découvrir.
Ce long métrage est une véritable leçon de vie. Il met en avant le fait que l'on peut réussir, même si l'on vient d'un milieu difficile. Être noir en Amérique, durant ces années, ça n'a pas été facile. Il fait sans nul doute réfléchir et nous rappels ce qu'est un véritable père, prêt à assumer et "à faire de son fils, un homme". Laurence Fishburne est plus qu'exceptionnel dans ce rôle. Son duo avec Angela Bassett est remarquable, un exemple avec la scène du restaurant.
L'ambiance des années 90's de Los Angeles est parfaitement retranscrite, les décors sont on ne peut plus naturels et les véhicules en accord avec le contexte (milieu social, époque; bien que celle de l'histoire soit aussi celle du tournage, sauf au début.) Un exemple, la Chevrolet Impala (60’s) détenue par bon nombre d'afro-américains dans ces années.
Les scènes violentes sont belles et bien nécessaires pour retranscrire la triste réalité de ces ghettos. À ne pas oublier que le principal message de ce film est "Increase the Peace" - Pour la Paix.
En d’autres termes, stopper la violence entre noirs, car chaque jour, c'est un autre frère qui disparaît.
La bande son amener par Stanley Clarke est plus que maîtrisée et est en véritable accord avec les passages de la réalisation.
Le film dénonce également des problèmes sociaux, liés entre les blancs et les noirs ou encore, et particulièrement de la population noire, maltraitée par la police locale.
D'où la réplique de Furious "They want us to kill ourselves".
Pour finir, un véritable classique qui défend l'acharnement pour parvenir à une réussite qui semble d'avance inaccessible, et, la nécessité d'avoir un modèle, un guide, dans la vie pour nous guider, ici notre père. Un vrai père.
Ajoutée le 26 avr. 2011 à 01h29
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