lhomme-grenouille    

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Mon Ket

Critique de Mon Ket

   1 - Très mauvais
Incroyable… Et j’avoue que j’en suis presque le premier surpris : je n’ai pas du tout aimé « Mon Ket » de François Damiens. Pourtant j’adore le gars. J’adore ce qu’il fait. Et bah non, ça n’a pas suffi. Au final : plaisir (presque) zéro… Pourtant le contrat avait l’air alléchant présenté comme ça. Et l’air de rien, ce qu’on nous proposait là était tout de même sacrément culotté et original comme projet. Reproduire ainsi le concept de la caméra cachée, mais le tout inséré dans une logique de fiction scénarisée, moi personnellement je n’ai jamais vu ça et j’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner comme proposition de cinéma. Pour moi l’intérêt était double : d’un côté il y a le plaisir de retrouver la mécanique savoureuse des épisodes de « François l’embrouille » du même Damiens. De l’autre il y a ce dispositif qui a tout pour intriguer le spectateur curieux. Personnellement, à chaque scène, je me demandais comment l’ami Damiens était parvenu à planquer toutes ses caméras (et parfois ses techniciens) pour ne pas attirer l’attention des acteurs involontaires de ce film. L’exercice est assez excitant, surtout quand on prend la peine d’évaluer toutes les contraintes. Bref, sur le papier le postulat est génial. Pire, je trouve même que sur le plan de la concrétisation, « Mon Ket » accomplit sa tâche avec sérieux. Seulement voilà, au final, ce film, je n’ai pas pu l’encaisser du tout. Très vite l’ennui s’est installé et l’agacement a commencé à monter. Pourquoi ? Eh bien je pense que ça vient du dispositif justement. Aussi audacieux puisse-t-il être, je pense qu’il est dans la pratique totalement inopérant (du moins sur des spectateurs comme moi). Le premier problème, c’est qu’à brouiller ainsi les cartes entre d’un côté la captation d’un réel spontané et de l’autre la création d’un artifice impliquant une narration sur le long terme, on pose le spectateur face à deux démarches opposées et contradictoires. D’un côté la fiction appelle à suspendre son incrédulité pour s’immerger dans l’histoire, et de l’autre le dispositif formel incite sans cesse au questionnement sur l’artifice utilisé et à l’esprit critique. Alors après, certes, ce problème peut très rapidement être résolu en laissant de côté l’histoire (qui relève de toute façon clairement du prétexte), et en se focalisant du coup davantage sur le jeu de mascarade opéré avec ces acteurs involontaires que sont les victimes de notre François l’embrouille 2.0. Seulement voilà, dès qu’on fait ça, on se retrouve très rapidement avec un film qui ne se réduit qu’à une simple accumulation de caméras cachées. Et c’est là qu’on touche selon moi à une deuxième limite du concept : l’absence de continuité entre les différences séquences. Car oui, il ne faudra pas s’imaginer des personnages récurrents parmi les acteurs involontaires. Ils apparaissent une fois ; ils ont leur séquence, et ensuite on ne les voit plus. Alors certes, ça s’explique par la nécessité de garder le contrôle sur la supercherie. Spoiler : Par exemple, j’imagine mal qu’on ne prévienne pas dans l’instant les gens qui sont à l’hôpital qu’en fait il n’y avait pas d’évadé parmi eux. De même que j’ai du mal à imaginer qu’on n’ait pas prévenu dans la foulée le garde barrière que tout ça était convenu à l’avance. Même chose pour la femme qui surprend Damiens en train de faire fumer son petit. Si l’équipe ne veut pas se retrouver tous les jours avec la police sur le dos, cette mécanique me semble juste indispensable. Ceci expliquant certainement donc cela. Seulement, de cette contrainte résulte une réalité qui se projette à l’écran : c’est que chaque séquence se retrouve isolée de la précédente, créant ainsi un effet de hachis qui ennuie vite. Certes l’histoire essaye de donner du liant à tout ça, mais puisque les personnages involontaires ne suivent pas, ce liant est au final trop sommaire pour jouer son rôle. Et le pire, c’est que ce procédé en vient à se piéger lui-même en déclenchant un effet inattendu et indésirable. Je parlais notamment tout à l’heure de la nécessaire révélation de la supercherie pour les acteurs involontaires du film. Eh bien je pense que cette révélation au fond n’est pas utile que pour les acteurs, mais elle l’est aussi pour les spectateurs. Parce que si les frasques de « François l’embrouille » me faisaient autant me marrer, c’était aussi parce qu’elles savaient désamorcer très rapidement les tensions qu’on voyait apparaitre à l’écran. Là, comme il faut faire avancer l’intrigue et maintenir l’illusion jusqu’au bout, les désamorçages ne sont pas montrés. Ainsi la tension est maintenue de séquences en séquences, ce qui n’est pas forcément évident à gérer quand on voit que l’essentiel de la situation comique repose sur le faire de mettre mal à l’aise des gens, notamment parfois à se comportant de manière odieuse à leur égard. Or, cet élément qu’est la tension non évacuée, je pense que ce fut clairement pour moi la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Répétitions, usure, histoire inexistante, ennui et maintenant tensions mal désamorcées : clairement ça en a fait beaucoup trop pour moi. Et donc oui, j’ai progressivement décroché. Pourtant ça ne retire rien au fait que je reconnaisse à François Damiens un véritable talent pour gérer des situations d’improvisation assez incroyables. De même que je reconnais un vrai travail pour mettre en place ce dispositif de caméras cachées très complexe, tout comme je suis assez admiratif de ces moments magiques qu’il a su générer sans le vouloir, Spoiler : comme ce moment où il faut qu’il tombe sur un vrai ex-tolard alors que lui, Damiens, est en pleine fausse cavale. Impossible à prévoir, donc oui c’est magique, et tout ce qui est magique au cinéma est forcément précieux. Seulement voilà, au risque de vouloir enfoncer le clou, au final ne reste que le verdict du cœur. Moi, j’ai clairement souffert face à ce film. Je me suis ennuyé. Puis j’ai commencé à être gêné. Et enfin je me suis mis à égrainer les minutes, fuyant le film du regard et de l’esprit. Désolé, mais ça, pour moi, ce n’est vraiment pas les symptômes d’un film que je peux défendre. Alors après j’entends que d’autres spectateurs animés d’autres sensibilités puissent s’y retrouver dans ce « Mon Ket ». Mais pour moi, personnellement, « Mon Ket », c’est niet. Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Solo: A Star Wars Story

Critique de Solo: A Star Wars Story

   0.5 - Nul
Bon allez… On va arrêter un instant de rester le nez dans le guidon, on va relever un peu la tête, et prendre un petit peu de hauteur afin de regarder ce « Solo » pour ce qu’il est vraiment… Est-il un film qui entend repousser plus loin notre exploration de l’univers « Star Wars » ? Est-il une démarche originale qui projète de prendre à contre-pied une saga installée sur son rail ? Est-il seulement une œuvre qui aspire à apporter quelque-chose au cinéma et à ses spectateurs ? Encore une fois, prenons bien le temps de regarder avant de répondre. Et qu’on ose me dire que ce « Solo » n’est pas autre chose qu’une simple extension forcée de « Srar Wars » ! Forcée parce que personne ne l’attendait. Forcée parce que personne ne la voulait. Forcée parce qu’elle ne s’imposait pas. Pire : elle est forcée parce qu’elle n’avait aucun lieu d’être… Déjà le précédent film estampé « A Star Wars Story » entendait coloniser un espace narratif de la saga que beaucoup jugeaient inexploitable. Et même si Gareth Edwards avait su éviter de faire de « Rogue One » un naufrage, il n’était pourtant pas parvenu à réaliser l’irréalisable. Quand tu entends faire du jardinage dans un interstice de deux mètres de large situé entre deux murs de briques haut de vingt étages, il ne faut pas s’étonner si on n’arrive pas à y faire pousser tout un jardin des plantes. Là, pour « Solo », on est carrément au-delà de ça. Là on n’est plus entre deux murs de la saga, on est carrément dans la brique. Han Solo est un personnage constitutif de la saga. Il a été pensé et conçu pour avoir des zones d’ombres ; pour maintenir une ambiguïté de rebelle. C’est un personnage auquel il ne faut pas toucher sans risquer de faire s’écrouler tout le mur. Eh bah c’est pourtant exactement ce que fait « Solo ». Non seulement il se risque à vouloir faire pousser quelque-chose dans une brique, quitte à la rendre friable, mais en plus il n’a nulle autre prétention que d’y faire pousser du chiendent ! Parce que oui, en plus, il faut qu’on nous fasse ça mal ! Pas avec de l’esprit créatif ! Pas avec de la prise de risque ! Non ! Juste du fan-service bien gras, histoire d’expurger jusqu’à la moelle une saga qu’on estime pouvoir malmener sous prétexte qu’on l’a achetée. Alors oui, même si personne n’en veut, donnons à Han Solo un passé ! Une bonne vieille politique de l’offre bien agressive ! Les gens achèteront ce qu’on leur proposera, ni plus ni moins ! Ainsi, au lieu de créer de nouvelles richesses, on va exploiter les anciennes jusqu’à épuisement. Han Solo est l’un des personnages les plus populaires ? Parfait ! Alors désossons-le ! Prenons tout ce qu’il y a dessus ! Son pote Chewbacca ! Son rival Lando Calrissian ! Son Faucon Millénium ! Son flingue ! Sa pause ! La moindre de ses anecdotes ! Jusqu’à son nom ! Prenons tout et faisons-en un produit de synthèse avec ça ! Pour chaque chose il faut une explication ! Une illustration ! Il faut combler un vide qui n’existe pas, quitte à forcer pour obtenir l’interstice souhaité ! Et si cela ne suffit pas pour tenir deux heures, alors on délayera avec tous des poncifs possibles et imaginables ! Des enjeux amoureux partout même là où tu ne peux pas en mettre ! (Spoiler : Comme entre Lando et son droïde ! Rien que ça !) Des scènes d’actions sans réel objectif (…quand il ne s’agit d’ailleurs pas d’un objectif amoureux ! Décidément !) Des opposants sortis de nulle part et sans épaisseur. Et des petits détails bienséants sensés montrer ostensiblement que Disney et « Star Wars » ne sont plus les institutions sexistes, racistes et homophobes d’hier ! Tout cela donne un patchwork de rien, brodé avec du rien, et qui aboutit à des scènes interminables de négociations entre brigands, autour d’un verre, d’une partie de cartes, ou bien d’un bon vieux feu de bois. Tout sonne creux ! Tout sonne faux ! Rien n’a de vie ! Je trouve ça même incroyablement dingue qu’avec un Alden Ehrenreich et un Woody Harrelson on puisse arriver à un résultat aussi plat ! (Bon par contre, pas de surprise côté Emilia Clarke : plus fade que ça tu meurs… Enfin du Emilia Clarke quoi…) Et tout ça la faute à un cahier des charges Disney visiblement des plus étouffants. Tous les secteurs de production sont tellement anesthésiés par ces standards lénifiants qu’on se retrouve réduit à un banal « Star Tour » du pauvre, où de faux acteurs font de fausses cabrioles sur de faux trains afin d’espérer susciter l’émotion. Pour réveiller tout ça, la musique s’égosille comme elle peut dans une cacophonie irritante, usant de toutes ses cordes pour essayer de susciter l’émotion. Mais rien n’y fait. Les minutes passent dans la platitude la plus extrême, sans qu’à aucun moment le film ne soit parvenu à me faire croire ne serait-ce qu’une seule seconde que la conclusion allait être différente que celle de l’autre « Star Wars Story ». Spoiler : Bah oui parce que – comme son prédécesseur « Rogue One » - difficile de faire survivre tous ces personnages secondaires qu’on a créé pour l’occasion ! Il faut donc qu’ils disparaissent tous pour que le film puisse se connecter au reste de la saga ! Et d’ailleurs – ô surprise – c’est exactement ce qui se passe ! Du coup – il n’y a pas à dire – tous les éléments et toutes les conditions étaient vraiment réunis pour tuer toute forme de plaisir dans l’œuf. Tu m’étonnes que beaucoup aient décliné ou abandonné ce navire à la cale moisie ! Spoiler : Et c’est sûr qu’avec Ron Howard aux commandes, il ne fallait pas s’attendre à ce que – par exemple – la découverte du Faucon Millénium par Han Solo n’aille pas au-delà d’une simple exposition des pièces mythiques et autres fonctionnalités avec Han qui observe et qui fait « Ouah ! » …Parce que oui, on en est réduit à ça ! Donc non, arrêtons de regarder ces films le nez dans le guidon et arrêtons aussi d’en parler comme si on pouvait pardonner tout cela pour un joli train qui pivote et quelques autres jolis effets techniques. Non. Ce film c’est juste une honte. Il n’existe que pour siphonner « Star Wars ». Donc puisqu’il ne sait vivre que par la saga de Lucas, qu’il soit jugé à son regard ! Et osons donc nous poser cette question fatidique : l’univers « Star Wars » est-il plus riche et plus cohérent avec l’existence ce film ? Pour moi la réponse est plus qu’évidente. C’est non. Pire, je trouve même que ça va plus loin que ça. Je trouve que ce film fragilise « Star Wars ». Donc non, « Solo » n’est pas seulement un film oubliable. C’est un film lamentable. C’est un film condamnable. C’est un film ostracisable. Ce film est l’incarnation de ce qui est en train de tuer le cinéma à grand spectacle. Donc oui, pour moi, « Solo », c’est zéro. Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Mutafukaz

Critique de Mutafukaz

   3 - Pas mal
Parfois l’envie d’aller voir un film ne tient pas à grand-chose. La présence d’Orelsan et de Gringe au casting vocal par exemple. Ou bien encore celle de Toxic Avenger à la bande-originale. Et puis enfin celle des studios Ankama à la production… En somme, autant d’éléments singuliers qui, tous réunis, pouvaient augurer de quelque-chose méritant le détour… Et au final, je confirme : le détour ce film mérite… Pourtant – et je ne vais pas vous la faire à l’envers non plus – je trouve que malgré tout, ce « Mutafukaz » n’est vraiment pas exempt de tout reproche. Loin de là. Et pour être même honnête jusqu’au bout, j’irai jusqu’à dire que de la première à la dernière minute, ce film ne m’a jamais vraiment emballé ni convaincu. Alors du coup, pourquoi une note aussi conciliante en fin de compte, moi qui suis d’habitude si radical quand une œuvre me met chafouin ? Eh bien tout simplement parce que, pour le coup, aussi chafouin fus-je, je n’en fus pas moins réceptif à la démarche de l’œuvre. Parce que oui, s’il y a bien une chose qui, selon moi, ne peut pas être retiré à ce film, c’est qu’il est animé par une véritable démarche artistique. Il a une patte quoi… Cette démarche, pour le coup, elle est clairement formaliste. L’esthétique tout d’abord est très soigné. Décors très fournis et très créatifs. Pas de minimalisme paresseux. Pas de couleurs criardes non plus. La gestion de la lumière est totalement cohérente et vraiment aboutie. Même chose pour les cadres qu’on pense toujours selon des logiques de lignes très dynamiques, avec beaucoup de « débullements » assez agressifs mais la plupart du temps assez bien vus. La musique et les transitions sont également très travaillées. « Mutafukaz » apprécie confronter des environnements et des styles parfois bien distincts (Spoiler : le ghetto façon « South Central » s’oppose assez radicalement à l’atmosphère sombre de la base des « Nachos » ; tout ça dénotant également avec cet univers de catcheur presque cartoonesque), et en cela les transitions jouent le rôle de lien indispensable, avec parfois des changements de style et de narration assez radicaux mais qui savent donner du sens à ce patchwork un peu foutraque. Un titre. Une présentation. Une mise en affiche : tout est prétexte pour créer du liant et poser l’atmosphère. Et franchement, moi je trouve que ça marche. Je ne me suis franchement pas ennuyé, et si c’est le cas, c’est franchement grâce à ça. Ce film, formellement, se réinvente toujours. Il fourmille d’idées. Et certaines font franchement mouche. (Palme perso pour la course poursuite avec le camion-glace. Là, aussi bien au niveau montage, musique, enchaînement de formes diverses, c’est juste « festival ». C’est très nerveux sans partir dans tous les sens. Ça a vraiment le sens du rythme et de la lisibilité. Franchement, un très beau moment). En somme, il y a là vraiment une proposition riche et intéressante, d’autant plus captivante qu’il est au final assez difficile d’anticiper où elle compte aller. Or, cette petite folie des œuvres qui savent sortir des rails pour se laisser prendre par le processus créatif, je trouve ça beaucoup trop rare pour ne pas en profiter… Seulement voilà, s’il y a peu d’œuvres qui se risquent à sortir des rails, c’est aussi parce que ça peut vite partir en cacahuète, et franchement, c’est malheureusement un peu le cas de « Mutafukaz ». Je disais que, de la première à la dernière minute, j’avais peiné à être convaincu. Eh bah si ce fut le cas, ce fut justement à cause de ça. Et à dire vrai, plus que foutraque, c’est surtout inégal. On sent que l’ami Run, happé qu’il était sûrement par l’exploration « atmosphérique » de son univers, a parfois (souvent) négligé certaines bases. Des moments très ambigus côtoient des idées très basiques, avec entre autres de banals repompages de classiques de la SF comme « Invasion Los Angeles » par exemple. L’originalité d’un instant peut parfois se retrouver savaté par un bon gros poncif qui tache dans la foulée. Je ne peux d’ailleurs m’empêcher de voir une certaine immaturité gangréner le projet. Souvent le film sombre dans une certaine violence gratuite. Plus d’une fois je me suis dit qu’on nous fourrait là des fusillades juste pour le plaisir de sortir des flingues et de faire des grosses giclées de sang. Je pourrais rajouter à cela la superficialité des personnages masculins et la réduction des personnages féminins qu'à quelques paires de boobs et, en tout et pour tout, à un seul personnage nommé, lequel étant réduit d'ailleurs au pur statut de « love interest ». Même chose pour le manque cruel de propos, ainsi que le recours assez régulier à des schémas narratifs plus que simplistes pour articuler tout ce monde. (Spoiler : L’invasion extra-terrestre les gars ? Sérieux ? Le parcours initiatique du héros qui se découvre fils caché d’un ancien grand-méchant ? Et l’amour pour tout résoudre ? …Franchement, à côté de la créativité esthétique prise, ça fait tâche…) Toutes ces faiblesses cumulées font quand même beaucoup en fin de compte, si bien qu’il fut difficile pour moi, malgré le plaisir formel pris, à m’impliquer pleinement dans cet univers. Et c’est dommage, car pour le coup, « Mutafukaz » se pose quand même à un carrefour culturel intéressant et pour le moment peu fréquenté : un carrefour entre la série B des années 80 et l’esthétique trash et nihiliste d’un « GTA V » ; une croisée des chemins entre les possibilités ouvertes d’un côté par « Amer Béton » et celles ouvertes par « Psiconautas » de l’autre. Bref, bien qu’incomplet, bien qu’appelant à davantage de maturation, ce « Mutafukaz » démontre que les studios Ankama tentent une fois de plus d’explorer une voie très créative et originale. A eux donc de persévérer et de continuer à alimenter ainsi cette belle boîte à rêves… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
L'Homme qui tua Don Quichotte

Critique de L'Homme qui tua Don Quichotte

   4 - Très bien
« L’homme qui tua Don Quichotte » : un film de Terry Gilliam… Mais aujourd’hui qui est Terry Gilliam ? En 2018, de quoi cet auteur est-il le nom ? Est-il encore l’homme à qui nous devons les aussi éclectiques que remarquables « Brazil », « Sacré Graal » et autre « Armée des douze singes » ? Ou bien n’est-il plus que cette ombre qui fut responsable, entre autres, de « Zero Theorem » ? Personnellement, cette question m’a hanté quand je me suis rendu au cinéma pour aller voir cet « Homme qui tua Don Quichotte. » J’avais au fond de moi la secrète envie de retrouver cet auteur incroyable des premiers temps, même si, d’un autre côté, ma conscience s’était faite une raison… Et pourtant. Quel film d’un autre temps que cet « Homme qui tua Don Quichotte » ! A une époque où on nous sauce en permanence avec des effets numériques, des montages cut et des scénarios à trous qui se doivent de nous mettre en émoi toutes les trois secondes, c’est une vraie bouffée d’air frais que de soudainement se retrouver avec ça : un film qui a un discours, une symbolique riche et une véritable créativité formelle. Quel bonheur aussi de retrouver un grain aussi fin dans l’image ; un goût aussi prononcé pour la lumière naturelle et les objets physiques. Du coup, forcément, rien que pour cela, cet « Homme qui tua Don Quichotte » m’a mis dans les meilleures dispositions pour faire l’effort de suivre le fil de sa narration et cerner son propos. Parce que oui, je peux entendre que ce film soit exigeant et qu’il en égare plus d’un en route. Mais moi, personnellement, j’ai adoré me prendre au jeu. Pourtant, quand j’ai vu que ce film se poser comme une sorte de regard introspectif sur le cinéma, le cinéaste et la création, j’avoue que ça m’a un peu refroidi. Les états d’âme égocentrés, en général, très peu pour moi. Mais là, parce que l’œuvre entend se construire comme exploration ; qui plus est une exploration à travers les sens plutôt qu’à travers LE sens, j’avoue que j’y ai vite pris goût. L’avantage de passer par les sens, c’est que l’auteur perd une certaine forme de prétention à nous donner la leçon. Il se contente de livrer une perception des choses à travers le prisme d’un personnage et nous, spectateurs, sommes laissés libres de notre jugement. Et que voit-on à travers le regard de ce personnage qu’est « Toby » ? On voit un auteur pris entre passion refoulée et cynisme aigri. On voit la lâcheté et la vanité d’un homme qui n’a pas voulu voir son pouvoir sur les gens. Un homme qui, par peur, a préféré abandonner tout le monde et s’abandonner lui-même au système tout en essayant de prendre quelques parcelles de jouissance. On parle de Gilliam et de son cinéma dans ce film, assurément. On parle de la bataille d’un homme qui essaye de repartir au combat pour retrouver ses cojones d’artiste. Mais on parle aussi et surtout de quelqu’un qui finit par perdre la tête à force de vouloir lutter vainement contre des moulins à vent… Alors oui, c’est un discours très égocentré. Les références sont d'ailleurs multiples à la filmographie de Gilliam,mais au regard d'un tel propos, cela n'a vraiment rien de gratuit, au contraire. Chaque référence survient toujours comme un retour de Gilliam / Toby vers ses origines, ses fondamentaux, sa rêverie... En ce sens, le film sait d'ailleurs bien doser sa plongée progressive dans l'expérience sensorielle, quitte à devoir faire patienter les plus exigeants d'entre nous lors de la première moitié du film. Mais bon, à mon sens, l'attente en vaut vraiment la peine. Personnellement, je me suis totalement laissé envoûter par le final. Spoiler : Cette confusion opérée entre anciens temps et nouveaux, entre servitudes passées et servitudes actuelles, j’ai trouvé ça puissant. D’autant plus puissant que les jeux de théâtre et d’artifice viennent sans cesse brouiller les frontières. Au final, dans ce monde étrange que nous brosse Terry Gilliam, tous les doux rêveurs finissent exploités ou moqués. Et la beauté de leur performance ne parvient plus qu’à trouver de sens que dans une certaine forme de folie. Ah ça ! J’ai vraiment trouvé cette conclusion fabuleuse, concluant avec souffle un film d’une richesse créative beaucoup trop rare aujourd’hui. Alors du coup, cet « homme qui tua Don Quichotte » est-il l’émanation du Gilliam véritable des anciens temps ou bien juste le reflet flatteur d’une ombre d’antan ? Eh bien franchement, pour moi, on tend clairement plus vers le premier plutôt que vers le second. Certes, le milieu de film manque un peu de nerf et parfois les symboliques sont un peu grossières, mais globalement il y a là un savoir-faire que je trouve incontestable. Qu’il s’agisse de la direction d’acteurs (le trio Driver-Pryce-Ribeiro est excellent), de la création formelle des lieux, du montage habile qui induit ce brouillage des frontières et cet humour absurde qui ressort toujours un peu à de multiples scènes, je trouve qu’on touche quand même avec ce film le haut du panier. En somme, voilà un fort bel épilogue à toute cette incroyable aventure humaine et artistique qu’a connu ce film. Une aventure qui a, l’air de rien, titillé ma curiosité de cinéphile pendant plus de vingt ans. Alors bravo M. Gilliam. Bravo parce que vous avez su être à la hauteur de l’événement… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. 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Deadpool 2

Critique de Deadpool 2

   1 - Très mauvais
Alors oui, c’est vrai que je cherche un peu… Constatez donc : j’aime crier sur tous les toits que le MCU me refile des boutons et pourtant – alors que je ressors à peine d’ « Avengers 3 » – voilà que je me précipite à nouveau voir un film estampé Marvel Entertainment ! Seulement voilà, cela fait un petit moment que je ne vois pas grand-chose qui me tente au cinoche et « Deadpool » premier du nom m’avait laissé un souvenir sympathique ; le souvenir d’un film qui, sans être transcendant, avait au moins su me faire sourire tout en me détendant… Alors oui, j’ai eu l’audace de croire que la suite serait peut-être dans la même veine. Mais non. Tant pis pour moi. Et à dire vrai, je trouve ça un petit peu triste. Parce qu’en effet, je reste persuadé qu’il y avait moyen de faire quelque-chose de sympa de cette suite. Pour cela il aurait suffi de poursuivre le processus initié dans le premier opus. Le poursuivre ET l’enrichir… Pour cela il aurait fallu diversifier l’humour et aller encore plus loin dans le dynamitage du quatrième mur. Ce n’était pas comme si on n’était pas pleinement rodés aux mécaniques d’un film Marvel ! Jouer à prendre des contrepieds là où même les esprits les plus acquis commencent eux aussi à se lasser, je pense que ça aurait été une très bonne idée. Pour le coup ça aurait donné un recul sympathique à l'univers Marvel tout en construisant une vraie singularité à cette franchise… Mais malheureusement ce n’est donc pas ce qui a été fait. A la place, on se retrouve donc avec une mise en application sans saveur d’une recette qu’on connait déjà mille fois… En gros, la logique a consisté à repérer ce qui faisait la force du précédent opus et de tout refournir à l’identique mais selon un autre agencement. Ainsi retrouve-t-on les mêmes personnages, les mêmes blagues, les mêmes lieux, auxquels on va rajouter par-dessus quelques éléments nouveaux histoire que les spectateurs ne se sentent pas lésés. En gros, j’ai cru revivre la même chose qu’avec « Kick-Ass 2 ». On se retrouve avec une sorte de dictature du cool, de l’humour à tout prix, de la surenchère, sans même se poser la question de la finalité discursive. Il y a cette idée qu’au fond il n’y a rien à dire : les spectateurs ne doivent sûrement vouloir que la forme « Deadpool », avec ses personnages et son esprit décalés, et que par conséquent on doit pouvoir se dispenser d’efforts sur la trame. Or là, ce qui est assez dramatique concernant cette suite de « Deadpool » par rapport à « Kick-ass » c’est que « Deadpool », bien qu'il ne fasse pas partie du fameux « Marvel Cinematic Universe » (parce que produit par d'autres studios), finit malgré tout par en mimer tous les rouages et toutes les tares. A croire que même chez Marvel Entertainment, on ne jure plus que par les recettes de Marvel Studios, parce que pour le coup – bim ! – ici aussi on y aura droit : toutes les mécaniques usées et usantes déjà maintes fois utilisées par tous les autres « Avengers » vont se retrouver réemployées dans ce « Deadpool 2 ». Et c’est vraiment triste parce qu’on les a déjà tellement vues que j’ai encore du mal à croire qu’on puisse s’émouvoir en les retrouvant une fois de plus à l’écran. Accumulation de scènes d’action, de combats, de héros qui utilisent des pouvoirs spécifiques trop visuels et trop bad-ass, d’enjeux sentimentaux à la mord-moi-le-nœud… Mais on a déjà tellement vu ça ! Ainsi « Deadpool 2 » ne se retrouve rapidement réduit qu’à ce banal décalcomanie des autres franchises « Marvel ». Il se restreint au simple rôle d’un énième Avenger, avec tout le lot de surenchère et d’invraisemblance que cela implique et qui fait qu’on n’est finalement plus surpris ni touché par rien. L’humour dans tout ça se retrouve ainsi saupoudré par-dessus, souvent de manière pas très subtile ni adroite. Les quelques rires spontanés que j’ai entendu dans la salle au début se sont vite émoussés. Très rapidement, les gens sont rentrés en mode « Avengers » et n’en sont sortis qu’en de rares moments très ponctuels. Au final, je n’ai rien retenu des personnages. Je m’en suis foutu comme de ma dernière saison du LOSC de tout ce qui pouvait bien se passer dans cette intrigue. Il m’a d’ailleurs fallu des plombes avant de comprendre que – oui – le scénario entendait bien se construire autour Spoiler : du personnage de Russell. Ah... Par contre la mort de sa femme c'est au final presque laissé de côté. Le scénario peine d'ailleurs à faire un lien artificiel entre les deux. Triste à voir... Du coup j’ai regardé ça sans passion. Pire, j’ai regardé ça sans sympathie. Décidément Marvel, vous avez le don pour gâcher tout ce qui autrefois savait me faire sourire et m’émerveiller. Je ne vous remercie pas. Après ça, je n’ai plus qu’une seule chose à dire : « Vivement pas « Ant-Man 2 »… » ...Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Cornélius, le meunier hurlant

Critique de Cornélius, le meunier hurlant

   2 - Pas terrible
Oh le très bel OVNI que ça aurait pu être ce Cornelius ! Une intro superbe d’un point de vue formel ; une intrigue qui avait l’air d’être gentiment foutraque, et une chanson sortie de nulle part interprétée par – excusez du peu – Iggy Pop ! En tout cas, moi, sur les dix premières minutes, j’étais totalement dedans. Le décor et les personnages regorgeaient d’idées. L’intrigue totalement fofolle ouvrait à beaucoup de possibilité. Et l’ami Yann Le Quellec avait l’air de savoir ce qu’il faisait… Et puis finalement non. Très rapidement, le film révèle sa grande faiblesse : il n’a clairement pas l’épaisseur nécessaire pour être un long-métrage. Rapidement les scènes se multiplient pour répéter la même chose. Ça n’avance pas. L’ennui s’installe. Et tout cela sur… deux heures. Et ça c’est l’erreur fatale : deux heures c’était clairement trop. Pour un court-métrage d’une petite demi-heure, ça aurait été nickel. Tout le paradoxe veut même que la bande-annonce est un bien meilleur film que le long-métrage en lui-même… Alors du cou, c’est sûr, j’ai quand même été sacrément très sympa en mettant « deux étoiles » à ce « Cornelius » parce qu’en général, chez moi, quand l’ennui, c’est fatal. Mais bon, malgré mes quelques moments de sommeil et mes longs moments d’ennui, j’avoue que j’ai quand même voulu rester jusqu’au bout. J’étais trop curieux de voir si la réalisation allait nous offrir d’autres saillies artistiques surprenantes. Alors c’est vrai, au final ce ne fut pas trop le cas. Mais bon quand même. Ne serait-ce que pour l’audace qu’il a offert, et les quelques bons souvenirs que j’en garderai, je lui accorde l’indulgence à ce « Meunier hurlant »… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Avengers: Infinity War

Critique de Avengers: Infinity War

   1 - Très mauvais
Bouairf… Je vais être franc avec vous : au départ je ne comptais absolument pas aller voir cet « Avengers 3 ». Le « MCU » plus ça va, plus ça me gonfle. Et je tiens aussi à insister sur le fait que, dans toute cette fournée-là, les épisodes « Avengers » sont de loin ceux qui passent chez moi le moins bien. Donc bon, passer mon tour me paraissait l’attitude la plus sage à adopter. Mais bon, on m’a dit que cet épisode-là était quand même d’un niveau au-dessus ; qu’il y avait ce coup-ci un véritable enjeu ; que le super-vilain avait enfin de l’épaisseur. Alors j’ai accepté de me laisser embarquer par un groupe de potes. Allez… Why not… Après tout c’était les vacances. J’avais du temps libre. Donc on pouvait bien essayer de tenter le truc en ouvrant bien ses chakras ? Non ? …Bah en fait non, pas du tout. Et quand je dis « non », me concernant, ce n’est vraiment pas un petit « non ». Qu’on puisse accepter ces codes narratifs là, moi je ne comprends vraiment pas. Je ne trouve rien sur quoi m’accrocher. C’est une foule de personnages lisses qu’on ne prend même plus le temps de nous présenter ou de nous faire évoluer. Ces personnages sont imbriqués artificiellement dans une nouvelle intrigue à base d’orbes à collecter, d’héros à réunir, de combats épiques à mener contre un énième super-vilain qui entend (presque) asservir la galaxie. Tout ça bien évidemment se fait dans une logique de surenchère digne de Dragonball Z où chaque nouvelle menace se doit d’être plus importante que la précédente, si bien que pour cette fois-ci c’est l’univeeeers tout entieeeer qui est menacé mesdames et messieurs ! Et le problème qu’il y a à annoncer des échelles immenses, c’est que si on ne parvient pas à donner de la densité à cet espace largement défini, eh bien ça perd tout son sens. Alors après – je ne redis pas – le film s’efforce de switcher le plus possible entre les planètes, histoire de générer de la diversité. Mais il s’opère finalement avec cette floraison de mondes la même chose qu’avec la floraison de personnages : c’est qu’à vouloir absolument caser le plus de héros et d’héroïnes possibles, on en vient à observer le déroulement machicoté d’un récit constitué d’une demi-douzaine d’arcs narratifs qui, certes cherchent à laisser de la place pour tout ce petit monde, mais qui d’un autre côté peinent à s’emboîter les uns dans les autres tant le film patine à faire avancer un film conducteur au milieu de tous ces arrêts obligatoires pour mettre en avant ses personnages. Ça génère une inertie incroyable, si bien que chaque arc s’étend sur une longueur hallucinante. Certains arcs reviennent même parfois en mode « pendant ce temps là à Vera Cruz ». Je pense notamment à l’arc « Iron-Man / Docteur Strange / Spider-Man » qui, une fois qu’ils s’envolent tous à bord de leur pneu galactique, reviennent et s’absentent de l’écran sur un temps incroyablement lacéré, avec des pauses tellement longues entre chaque segment qu’on en vient parfois à oublier la finalité de leur pérégrination… Même chose pour l'arc de Thor... Tout ça pour quoi ? Ah OK, après deux heures de film il récupère enfin son marteau. Oui juste ça. Une dizaine de segments juste pour un simple : « Bon ! Puisqu'il y a de la baston, je vais me prendre un nouveau marteau ! » Alors je veux bien qu'on cherche à iconiser les choses, mais au bout d'un moment, il faut quand même avoir le sens des priorités. D'un côté on torche le rappel des enjeux de chaque personnage en trois phrases de dialogues bien plats (multipliées bien sûr par le nombre pléthorique de personnages ! Ouch !) mais par contre, on passe des plombes sur Thor qui va chercher son marteau ou sur les trois pelés du pneu galactique qui attendent comme des auto-stoppeurs que Thanos vienne les chercher ! Moi cette logique, je ne la comprends pas. Ou plutôt si, je pense la comprendre, et c'est ça qui m'attriste. La logique veut qu'il faut en mettre le plus possible dans les yeux du spectateur ; qu'il faut que le spectateur ne s'ennuie pas ; qu'il voit des références à profusion, et que donc après tout : « Fuck le récit ! » Et d’une certaine manière c’est un petit peu le sentiment général que j’ai sur l’ensemble de cette intrigue. A trop vouloir spectaculariser et segmenter pour caser des personnages, l’intrigue n’avance pas. Moi je trouve ça tellement contre-productif ! Au final ça en devient de l’action qui tourne à vide et sur laquelle on ne prend jamais le temps d’y greffer une véritable tension dramatique ! Et c'est dailleurs tout le drame de ces « Avengers » : à force de mettre les scènes au service de l’exposition des personnages et non les personnages au service de l’exposition de l’intrigue, eh bah du coup on se retrouve avec un récit qui n’a pas de souffle ni de profondeur. Alors certes, j'entends bien que le film cherche à compenser par son action. Mais encore faudrait-il pour cela que cette action ait du sens en elle-même. Or, le problème pour ce coup-ci, c'est que les combats sont tous dans la surenchère constante et dans l'absence totale de logique claire. En gros à un moment tel pouvoir l'emporte sur un autre, et puis une autre fois c'est l'inverse. On ne sait même pas pourquoi certains prennent le dessus et d'autre fois ils se laissent submerger. C'est juste random. C'est pour la beauté du geste. Alors après – j’en conviens – ce reproche n’est pas propre à cet « Avengers » là. Pour moi c’était déjà un problème qu’on rencontrait dans les deux premiers opus du même nom. Seulement, j’ai quand même l’impression que le problème ne cesse de s’aggraver au fur et à mesure des épisodes, tant on rajoute à chaque fois des couches et des personnages. Alors après, les plus assidus d’entre vous auront peut-être remarqué que, bien que j’annonce que ce soit de pire en pire, d’un autre côté je mets une note supérieure à ce troisième opus par rapport à son prédécesseur. C’est vrai… Et pour le coup je ne le fais pas gratuitement. Je le fais notamment pour le dernier quart d’heure qui, bien qu’absurde, démontre qu’effectivement cet épisode disposait de quelques atouts supplémentaires par rapport à l’épisode précédent. Effectivement le vilain du jour – Thanos – se révèle (sur la fin) un peu plus subtil que les lamentables Lokki et Ultron. Au moins a-t-il un cheminement de pensée qui tient la route et qui le rend intelligible. C’est peu mais au regard de ce que proposaient les MCU ces derniers temps c’est toujours ça de pris. Idem, j’ai aimé le petit rendu final, Spoiler : celui où une bonne partie des protagonistes s’envole en poussière. C’est fait sobrement en plus, donc vraiment le truc surprenant du film… Mais bon, au-delà de ça, ne vous méprenez quand même pas sur mon ressenti général. Ces très légers détails positifs ne compensent clairement pas cette incroyable impression de non-spectacle que j’ai eu face à cet « Infinity War ». La fin a elle seule entérine d’ailleurs cette idée de non-spectacle : Spoiler : le truc se clôt quand même sèchement, alors que l’intrigue (bien que très fine) n’est pas pleinement résolue. On ose donc nous construire ces 2h30 de purge numérique comme un épisode de série télé qui n’a donc ni véritable introduction ni véritable fin. En cela, malheureusement, ce nouvel opus « Avengers » est dans la droite lignée (pouvait-on en douter ?) de tout ce qui s’est déjà fait auparavant. Peut-on donc s’en satisfaire ? Certains le font. Tant mieux. Mais moi, je suis désolé, mais je continue de m’en consterner… Ah ça il est beau le cinéma blockbuster du début du XXIe siècle… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Game Night

Critique de Game Night

   4 - Très bien
Autant commencer par la remarque inévitable concernant ce « Game Night » : oui, c’est clairement dans la veine de « Comment tuer son boss ? » ! Je le dis tout de suite parce que je pense que ça va poser beaucoup de choses d’entrée. Certes, ce n’est pas vraiment le même film - personnellement je trouve même ça plus abouti et plus subtil – mais ça reste quand même plus ou moins construit de la même manière, avec les mêmes qualités et défauts, et tout cela selon le même état d’esprit. Et si à présent vous vous attendez à ce que je vous fasse dans la foulée la petite liste de ces qualités et défauts, eh bien – je vous le dis aussi tout de suite – vous êtes pour le coup vraiment mal tombé avec moi ! Parce que, oui, étant très client de ce genre de démarche, j’avoue que tout ce qui pourrait apparaître à certains comme des défauts, pour moi s’en ai jamais vraiment. Pourtant c’est vrai que tout est au fond assez simple et assez superficiel dans ce film : les personnages sont caricaturaux, les situations sont très scriptées, et la réalisation n’entend clairement pas révolutionner le cinéma. Mais d’un autre côté j’ai du mal à voir comment on peut reprocher ça à ce « Game Night » car, pour moi, ces caractéristiques participent clairement à l’efficacité du dispositif. En gros c’est la petite comédie qui entend faire simple et efficace et qui, pour moi, a su se focaliser surtout sur les points cruciaux de ce genre de cinéma. Pour ce qui est du scénario par exemple, on sent que les efforts ont surtout été fournis sur le rythme et la simplicité. Alors oui, c’est vrai que le tout début flotte un peu, le temps de tout bien poser. J’ai envie de dire que c’est le prix à payer pour la limpidité même si d’autres films observant le même schéma (je pense notamment à « Very bad trip » et « Projet X ») s’en sortent quand même largement mieux en terme d’exposition. Dans ces deux films, chaque détail est présenté de telle manière à ce qu’on puisse déjà anticiper les galères à venir. Pas de ça dans « Game Night » qui est beaucoup sage et scolaire. Mais au moins a-t-il le mérite de gérer ça très vite, et passé dix minutes, on est déjà dans le vif du sujet. Dès lors, le film parvient à dérouler intelligemment – sans à coup – et enrichit progressivement son récit de couches successives. Certes, je n’ai jamais été subjugué par la dynamique affolante de l’intrigue, mais d’un autre côté à aucun moment je n’ai senti de temps mort ou de ventre mou, et en fin de compte le climax final monte tranquillement mais sûrement, avec une conclusion que j’ai trouvé vraiment bien ficelée. Et c’est dans cette logique là que je trouve que la simplicité globale de ce film fait au final vraiment mouche. Parce que oui, les personnages sont caricaturaux, c’est vrai. Mais c’est aussi grâce à cela qu’on les cerne très rapidement et qu’on parvient à anticiper toutes les situations et problématiques à venir. De même, le fait que les situations soient scriptées font qu’elles sont lisibles et qu’elles peuvent s’emboiter sans rupture. Et surtout, concernant la réalisation… eh bah au fond je lui tire mon chapeau. Parce qu’à bien y réfléchir, face à un tel dispositif reposant essentiellement sur un humour de situation, il n’est jamais évident de se montrer inventif et audacieux. L’humour repose souvent sur l’usage ou la rupture de codes. Il faut donc savoir s’en tenir au bon abécédaire de la réalisation et pour le coup c’est vraiment le cas, ce qui n’est pas forcément toujours évident. (…ou alors il faut avoir le talent de Ben Stiller, mais ça c’est une autre histoire !) Mais bon, malgré tout, l’air de rien, au milieu de toute cette démonstration de discipline, le duo Daley / Goldstein se risque tout de même à quelques courses poursuites sobres et bien ficelées, avec notamment quelques détails que pourraient envier quelques blockbusters. (Spoiler : Moi je dis notamment chapeau pour la course-poursuite sur l’aéroport, avec la bagnole qui vient déglinguer le train avant du jet. Pas évident à mettre en place et très claire. Idem pour cette caméra dont le cadre suit parfaitement l’axe des véhicules. Perso, je ne sais pas comment ils ont fait. Est-ce qu’il y a une fixation retirée ensuite numériquement ? En tout cas, chapeau !) Et preuve qu’il n’est pas forcément utile d’en faire des tonnes pour faire efficace, je trouve qu’au final toute la pertinence de ce « Game Night » repose dans son sens de la mesure. Mesure au niveau de l’humour qui évite le pipi-caca-culcul-coke qu’on retrouve souvent dans ce genre de production. Mesure aussi dans l’interprétation des personnages qui savent ne pas trop en faire. Mesure aussi dans la manière de ne pas trop surappuyer les péripéties. Et c’est parce qu’il n’en fait pas trop qu’il fait très bien ce film. Alors après – attention quand même ! – pas de chef d’œuvre non plus. Mais d’un autre côté ce n’était clairement pas la prétention de ce film qui affiche ouvertement pour seule ambition celle d’être un spectacle sympathique, agréable et drôle. Eh bah pour le coup, je trouve que les gars ont misé juste. J’ai passé un très bon moment et pour sûr que je me le reverrai un de ces quatre, histoire de repasser un moment sympa… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
L'Île aux chiens

Critique de L'Île aux chiens

   5 - Chef d'oeuvre
Eh ben me voilà bien con ! Moi qui d’habitude rédige des pavés pour vous expliquer ce qui me exalte ou qui me chiffonne dans un film, là je ne trouve quasiment rien à dire de particulier sur cette « Île aux chiens » si ce n’est que… eh bah c’est un film de Wes Anderson avec toute la magie que ça implique. Franchement que dire de plus ? Qui connait Wes Anderson voit très bien de quoi je parle. Chaque plan est l’illustration de sa créativité sans borne et du très grand sens plastique qu’il y adjoint en permanence. Et bien évidemment, il faut qu’en plus tous ces plans soient au service d’une narration toujours en décalage avec les codes en vigueur et les attentes. Du coup chaque visionnage d’un film de Wes Anderson se transforme toujours en un voyage dans un pays inconnu capable de nous surprendre à chaque instant. Cette « Île aux chiens » n’avait pas commencé depuis une minute que j’étais déjà scotché. D’ailleurs, pour le coup, je trouve qu’en termes de rythme et de densité, ce film pousse quand même les curseurs très loin. Alors du coup, vous vous doutez bien qu’autant d’Andersoneries autant concentrées dans un seul long-métrage a de quoi cliver. Il y aura ceux qui adoreront et ceux qui se feront éjecter du film tout aussi sec. En cela « L'îe aux chiens » est à la fois une œuvre totalement originale et surprenante par rapport aux autres œuvres de l’auteur, mais d’un autre côté elle porte aussi vraiment bien sa patte (…de chien ! ho ! ho !) On retrouve encore ces jeux de contrastes et de renversements chez ses personnages : où les enfants sont des adultes et les adultes sont des enfants ; où les situations sérieuses sont traitées avec frivolité et les situations frivoles avec sérieux. On retrouve aussi ce monde aux logiques rudes et cruelles mais constamment dédramatisées par cette forme infantilisante de grand théâtre de marionnettes. Enfin, on retrouve également – et surtout – ce jeu assez dingue de décalage permanent. A peine quelque-chose est-il posé sur un ton que dans la seconde qui suit quelque-chose vient le rompre pour aller dans le ton opposé. Il y a une maitrise tellement hallucinante de ce qui est sérieux / ridicule / tragique / risible / tendre / cru que voir le maitre Wes jouer à emmêler tout ça est juste un régal. En somme : oui j’adore cette « Île aux chiens » comme j’adore le reste de la filmographie de l’ami Anderson. Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Red Sparrow

Critique de Red Sparrow

   3 - Pas mal
Quand il est sorti ce « Red Sparrow », j’avoue que rien de ce qu’il affichait ne m’a donné envie de le voir. A dire vrai, c’était surtout le pitch qui m’avait refroidi. Ça avait l’air d’être tellement basique et faussement graveleux que je n’avais pas vu l’intérêt de me déplacer dans l’immédiat. Et pour être vraiment honnête jusqu’au bout, si ces dernières semaines n’avaient pas été aussi mornes en termes de sortie, je pense que j’aurais fait l’impasse… Et pourtant regardez : voilà qu’en fin de compte je lui attribue quand même « 3 étoiles » plutôt flatteuses à ce film… M’étais-je donc à ce point fourvoyé ? Bah pas tant que ça en fait. Je dirais même plus que si je devais prendre la seule première demi-heure à part, elle aurait été à elle seule la démonstration de tout ce que je redoutais. Alors certes c’était propre, mais d’un autre côté c’était surtout plat et chiant. Tout sonnait un peu comme un artifice froid qu’on a fabriqué pour être au service de Jennifer Lawrence. Sur un premier plan elle est plongée dans un cadre très naturaliste. Puis dans le cadre suivant on la pomponne. Puis dans le cadre encore d’après on la fait danser. Puis ensuite on la fait crier de douleur. Et puis après tout ça on commence à l’habiller et à la déshabiller à l’envie… Non vraiment ça ne sentait pas très bon tout ça, surtout qu’à ce moment là du film, il était encore bien difficile d’y voir clair dans les intentions de ce « Red Sparrow ». Et puis est arrivé le moment gênant. Le moment de la bascule scénaristique pour sortir de la phase d’exposition. Celui de la première « mission » durant laquelle le personnage de Dominika va amorcer sa carrière d’espionne. Là, le ton a commencé à être donné, et j’avoue que j’ai eu très peur. Pour le coup, ça avait vraiment des airs de déclinaison fadasse de « Nikita » dont le seul et unique objectif semblait être de faire tourner des scènes salasses et racoleuses à son actrice principale. Et quand me sont revenues à l’esprit les récentes affaires de la pauvre Jennifer liée à des histoires de photos volées, toute de suite ça m’a donné l’impression de revivre en vrai la situation du personnage de Mima dans « Perfect Blue », prête à tout (et surtout au pire) pour re/dé-construire son image… Et là, j’avoue que je me suis retrouvé légèrement mal à l’aise à l’encontre de l’actrice. L’imaginer sombrer dans ce film de plus en plus racoleur juste pour reprendre le contrôle de son corps à l’écran, ça m’attristait profondément, et surtout ça me faisait craindre le pire pour la suite… Et pourtant, c’est à partir de cette scène là que le film a commencé à apporter le petit quelque-chose qui a permis de totalement changer la donne. Ce petit quelque-chose, c’est un sens. Un sens donné à cette histoire d’exposition contraint des corps… Car oui, progressivement, exposer son corps va devenir pour Dominika l’occasion d’un cheminement ; d’une construction. Et ce qui est fort dans cette manière de traiter la question, c’est que du dépouillement contraint et forcé, le personnage de Dominika va parvenir à se doter d’une force, voire même va commencer à amorcer une forme d’émancipation. Bien évidement, difficile de ne pas voir de lien entre le cheminement de Dominika et celui de Jennifer Lawrence elle-même. En tout cas, un nouveau basculement va finir par s’opérer un bon quart d’heure plus tard, suite encore à une autre scène de nu ; mais ce coup-ci bien plus intéressante et signifiante. Cette scène d’ailleurs, pour moi, c’est clairement LA scène du film. C’est la scène où brusquement, on passe d’une situation malsaine gratuite à l’expression significative de la toute puissance érotique de Dominika / Jennifer. Et à dire vrai, pour moi, c’est vraiment là que commence le film. On est à trois-quarts d’heure. Il reste encore une heure et demie. Une heure et demie qui, sans être forcément passionnantes, vont néanmoins parvenir à construire une intrigue d’espionnage qui va tenir la route, appuyée par une réalisation sobre et efficace. Bien évidemment, le fil conducteur reste le parcours émancipatoire de Dominika, et notamment via sa manière d’utiliser (ou pas) son corps pour mieux reprendre possession d’elle-même. Les pistes ouvertes par l’intrigue sont d’ailleurs loin d’être inintéressantes. Il y a tout un jeu de « je cède / je ne cède pas / je cède mais à mes conditions » qui a eu le mérite de m’interpeller et de me maintenir en haleine tout le long du film tant j’étais curieux de découvrir la trajectoire choisie par l’héroïne (et surtout pour quelles conséquences). Au final, au bout de 2h20 de film, j’en suis même venu à tirer deux constatations. D’une part je trouve dommage que le film se soit ainsi perdu dans une première demi-heure totalement inutile. Au fond, le passé de Dominika on s’en fout totalement. Toute cette tranche impose un flottement malsain qui relègue le vrai intérêt du sujet derrière des poncifs plats et une imagerie franchement déplacée. Après tout, on aurait très bien pu commencer directement dans le vif du sujet, c’est-à-dire directement au camp d’entrainement. Spoiler : Pour le coup ça aurait été plus percutant et plus pertinent. Quand au passif lié à l’oncle, il était aisé de l’introduire par quelques visites au camps et autres flashs-back bien sentis. Idem, le final aurait gagné à davantage connecter l’intrigue d’espionnage au jeu des corps et des dévoilements, histoire de bien mieux creuser la question ici traitée… Et puis il y a la seconde déduction. Cette déduction elle consiste à dire que, bien que trop déconnectée selon moi de son propos central, la résolution de l’intrigue est tout de même vraiment bien ficelée. On boucle la boucle. On parvient quand même à exposer une certaine forme de corrélation entre jeux des corps et jeux de pouvoir (notamment sur les notions d’emprise que l’Etat / la société peut avoir sur l’individu.) Et puis surtout on acte un parti pris formel très sobre et très propre qui se révèle au final très pertinent. L’un dans l’autre il est donc quand même assez plaisant ce film, mais je garde à l’esprit qu’il n’en est pas moins décousu, parfois maladroit et frustrant. Pour le coup, je pense qu’il est difficile de l’apprécier en tant que me tel. Par contre, pour qui saura le tri, je pense qu’il y a quand même pas mal de bon à prendre… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
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