lhomme-grenouille    

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Phantom Thread

Critique de Phantom Thread

   2 - Pas terrible
D’accord c’est du cinéma assez élégant et sophistiqué, le tout agrémenté de jolies violoneries… Mais bon, tout ça pour quoi ? Tout ça juste au service d’une illustration de relation amoureuse malsaine ? Alors après, entendons-nous bien : en soi ce n’est pas un problème de prendre pour sujet une relation amoureuse malsaine. Me concernant, ça m’ait déjà arrivé d’y retrouver mon compte, comme ce fut le cas par exemple avec « Match Point ». Mais par contre, poser ainsi une relation qui – dès le départ ! – révèle déjà tous ses travers, moi personnellement je ne comprends pas le but de la démarche. Alors après – je ne sais pas – ça dépend peut-être de la sensibilité de chacun, mais moi – dès la première rencontre – j’ai envie de foutre ma main dans la face du personnage incarné par Daniel Day Lewis : Reynolds. Mais vas-y je t’en prie ! Drague là en lui pourrissant son service ! Prends-lui son calepin des mains sans lui demander son avis ! C’est si sexy d’avoir affaire à un sexagénaire qui parle comme un psychopathe et qui cherche dès la première rencontre à foutre les gens dans la mouise ! C’est si sexy de tremper ses doigts dans le pot à sauce sans demander l’avis à personne ! C’est si sexy de forcer les gens à retirer leur rouge à lèvres parce que mônsieur n’aime pas ! Si sexy de rouler à toute blinde dans ta voiture de kéké, risquant la vie de tout le monde ! Le pire, c’est que cette démarche m’échappe d’autant plus que le film a conscience de la nature perverse de Reynolds. D’ailleurs – et c’est d’autant plus frustrant – mais pour moi la scène des premières mesures avait vraiment quelque-chose d’intéressant.Spoiler : Voir comment le personnage d’Alma considère ce moment comme un jeu sensuel de séduction alors que l’autre bourricot de Reynolds ne s’intéresse qu’à ses mesures, passant son temps à la dénigrer et à la désexualiser, ça oui c’est super bien mené et c’est super intéressant. Surtout que l’ami Anderson ne manque pas de mêler des plans très charnels d’un côté, où les mains du couturier effleurent la peau du modèle à fleur d’objectif, et de l’autre ces moments de gêne qui montrent bien à quel point on dénigre l’intimité et la sensibilité d’Alma. Bref, il y avait bien quelque-chose à tirer de tout ça – mais comment voulez-vous que j’arrive à me projeter dans cet univers là si tous les personnages de ce film finissent par l’horripiler ?! Parce que bon, ça commence avec Reynolds et sa sœur bien sûr, mais au très rapidement jj’avoue que j’ai vite commencé à m’exaspérer d’Alma à son tour ! Après la scène des mesures, mais comment tu peux encore vouloir rester ? C’est si manifeste que ce mec-là ne te traite que comme un corps et qu’il ne t’aime que lorsque tu portes ses créations ! Au-delà de ça il n’exprime rien ! Ce mec c’est juste la réincarnation de Josef Mengele mais en couturier ! Mais quand tu remarques ça chez quelqu’un, ta première réaction ça doit être de te BARRER ! Mais non, cruchette elle préfère rester ! Et pourquoi ? Bah parce que lorsqu’elle porte de jolies robes… eh bah elle se trouve jolie ! Oui ! Le film ose nous dire ça ! Et moi là-dedans je suis sensé faire quoi de ce personnage totalement superficiel et dénuée de toute lucidité ? Je suis sensé me prendre d’affection pour elle parce qu’elle est amoureuse ?! Non mais WHAT ?! Alors je ne sais pas pour les autres mais pour moi, ce genre de démarche, c’est juste mort de chez mort !! Déjà au bout d’une seule demi-heure, toutes les aiguilles dans mon cerveau étaient en bout de jauge. Et mon grand malheur c’est que – malheureusement – tout le film n’est qu’une sempiternelle réillustration permanente de cette situation là. Alors OK, à chaque fois ça monte un peu plus d’un cran. Mais bon, vu que moi j’avais déjà atteint mon seuil de tolérance depuis un petit moment, j’avais juste l’impression d’enchainer répétition sur répétition. Pour moi le film pouvait durer trois-quarts d’heures de moins ou trois quarts d’heures de plus, en termes de cohérence scénaristique ça n’aurait rien changé. Alors après, c’est vrai : oui c’est beau ; et oui parfois c’est malin. Mais oui aussi, c’est quand même bien usant, mal équilibré et globalement mal pensé. Alors franchement je ne sais pas comment l’ami Paul Thomas Anderson a pu penser à un moment que ce genre de récit avait de quoi séduire un public. Moi ça me laisse un peu sur mon séant. J’aurais pourtant bien des éléments d’explication, mais ils ne sont pas très flatteurs pour l’ami Paul Thomas. Parce que bon, il y a quand même des momentsoù je me dis qu’il trouve ça intéressant parce que Reynolds c’est un peu lui, comme Dieu dans « Mother ! » c’était un peu Aronofsky ! (Oui, ces mecs sont d’une modestie…) Eh bah si franchement, j’espère franchement que ce n’est pas ça. Parce que si le but de l’ami PTA était de confesser ce génie qui le rendait si magnifique et si cruel à la fois eh bah c’est loupé pour moi, parce que pour ma part, au-delà de la cruauté, l’égocentrisme et l’inhumanité chez Reynolds, personnellement je n’ai rien vu. Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Wonder Wheel

Critique de Wonder Wheel

   1 - Très mauvais
Désolé si ça en choque quelques-uns, mais moi ça fait déjà quelques années que je me désintéresse totalement de Woody Allen. A mes yeux, un peu à l’image d’un Ridley Scott, d’un Mickael Haneke ou d’un Clint Eastwood, ce gars est devenu une sorte de vieux papy qui fait des films par habitude mais sans vraiment plus se soucier de ce qu’il y met dedans ni de comment le public va les recevoir. D’ailleurs, en toute honnêteté, s’il n’y avait pas eu ce casting de rêve, je ne serais sûrement pas venu voir ce « Wonder Wheel ».Et si d'ailleurs je suis allé voir ce film, c'est seulement armé de cette seule joie de voir jouer mes trois petits chouchous : Kate Winslet, Justin Timberlake et Juno Temple. Mais « Bam ! » Finalement le couperet est tombé. La réalité de ce qu’est devenu Woody Allen m’a percuté de plein fouet, et cela bien violemment. La seule première scène a posé l’atmosphère. On commence dans une pièce aux allures de décor de théâtre. Deux actrices déambulent dedans tout en échangeant des phrases cousues de fils blancs. Chaque phrase n’est là que pour donner une information sur la situation ou sur ce que ressent le personnage à l’instant t. C’est purement fonctionnel et artificiel. Puis surgit un troisième larron d’entre le fond vert et la porte en carton. On s’attarde sur lui longuement pendant qu’il fait la pause, comme si le film attendait les applaudissements du public. Et puis de nouvelles tirades fonctionnelles sont lancées. « Ah ma fille ! Comment as-tu pu revenir ici, toi qui es partie il y a cinq ans pour ce jeune gangster ? [Insérer ici une expression faciale qui suggère une colère factice.] – Mais papa. Il faut que tu comprennes. Je sais trop de choses. J’en ai trop dit à la police. Ma vie est menacée. Je n’ai nulle part où aller… [Insérer ici une expression faciale qui suggère une peur factice.] – Moi je n’ai rien à voir avec ça. Où étais-tu quand ta mère est morte il y a cinq ans ? [Insérer ici une expression faciale qui suggère une aigreur factice.]– J’étais amoureuse papa. Je ne me suis jamais reconnu dans les hommes que tu me proposais. Je voulais tellement plus. [Insérer ici une expression faciale qui suggère un tristesse factice.] etc, etc… Cette scène dure des plombes. Elle sonne faux du début jusqu’à la fin. Les plans s’étirent en longueur à l’infini, comme si au fond on s’en foutait du montage. Et le pire c’est qu’on sent que c’est exactement ce que cherche à faire Woody Allen ! Ce film, comme son précédent « Café society », ne semble répondre qu’à un seul désir : celui de reconstituer l’atmosphère désuète des bons vieux films d’antan. Intrigue ? Propos ? Expérimentation formelle et narrative ? Tout ça on s’en fout. Si l’ami Woody a réuni tout ce petit monde, c’est juste pour jouer à la dinette, sauf qu’ici, la fausse cuisinière a été remplacée par par un set de cinéma, et que les aliments en plastiques ont été remplacés quant à eux par acteurs eux-mêmes ! our moi, c’est juste vain. OK, sur dix minutes c’est fun d’observer de jolis décors et voir l’ami Woody jouer avec les loupiottes de la lumière. Mais bon, là aussi, ça devient vraiment lourd à la longue. Une fois ça va, mais trois ou quatre fois en seulement vingt minutes, moi ça m’a donné l’impression d’être avec un vieux papy un peu lourd qui donne des coups de coudes réguliers en répétant sans cesse « Eh petit ! Eh t’as vu ? Lors des moments de confidence, je tourne le petit bitoniau qui fait de la lumière rouge pour qu’on ait l’impression de retrouver les vieux codes narratifs d’avant ! C’est marrant hein ? Hein petit ! » Entre ça, les plans interminables qui filment du blabla comme si on était au théâtre, et toutes les petites notes désuètes forcées afin de se donner un genre, moi j’ai vite saturé. Et puis en fin de compte, même au-delà de tout ça, j’ai malgré tout l’impression qu’il n’y a rien derrière. Je trouve ça juste tellement triste ! Tellement triste de réduire le rôle de Kate Winslet a celui d’une nana qui passe une phrase sur deux à dire textuellement ce qu’elle ressent à l’instant t et tout ça parce que visiblement on n’avait pas envisagé un seul instant qu’elle pouvait avoir des talents d’actrice ! Tellement triste aussi de voir Justin Timberlake réduit au rôle du gars qui fait des gros sourires exagérés dans sa petite combinaison moule-bite vintage ! Tellement triste de voir Juno Temple se réduire au rôle de la pleureuse ! Moi, un seul mot me vient quand je cherche à résumer ce film. Ce mot c’est « gâchis ». Gâchis de talents. Et surtout gâchis de mon temps. Personnellement, j’espère que l’ami Woody ne m’y reprendra pas… Bon alors après, c'est sûr que ce n’est que mon point de vue. Mais bon, si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Oh Lucy!

Critique de Oh Lucy!

   3 - Pas mal
Ces derniers temps, j’ai l’impression que ce que les distributeurs nous ramènent du Japon c’est tout le temps la même chose : ces drames à la Kiochi Kurosawa dont moi je commence à en avoir ras les bonbons. Du coup, quand j’ai vu l’affiche et le pitch de cet « Oh Lucy ! », j’avoue que ça a tout de suite éveillé en moi une curiosité. Voir ce personnage principal un brin désaxé, ainsi que la promesse d’un road trip aux Etats-Unis qui semblait être un chouilla iconoclaste par rapport aux dernières productions nippones, moi ça m’intriguait. Alors du coup, je suis allé le voir ce « O Lucy ! » et le bilan que j’en tire c’est que – bon – l’un dans l’autre ça reste sympa mais ce n’est pas si sensationnel que cela. Bah oui, pas très sensationnel tout d’abord parce que formellement il n’y a vraiment pas de quoi se toucher. La réalisation est très plate, sans véritable idée, quant à l’écriture elle se contente de dérouler sans grande pêche. Du coup, au début – je ne vous le cache pas – il fut pour moi assez difficile de voir quoi que ce soit de séduisant dans les personnages et intrigues proposés. Au fond, il n’y avait là rien de bien folichon. Au-delà de ce moment où Satsuko va assister à son cours d’Anglais, je ne ressentais aucun décalage se produire. Je voyais juste de la mélancolie et de l’aigreur. Mais bon, d’un autre côté, même si cette amorce ne démontrait rien de vraiment fougueux, je dois bien reconnaitre à Atsuko Hirayanagi qu’elle ne commet pas non de vraies fautes de goût ou de rythme. On ne s’apitoie pas trop. On s’efforce d’avancer les éléments d’intrigue – certes les uns après les autres – mais sans trop perdre de temps non plus. Disons qu’il y a une au moins une certaine efficacité à défaut d’avoir une réelle inventivité. Le film donne l’impression de vouloir s’effacer au profit de l’évolution de ses personnages et des péripéties que ceux-ci vont connaître ; comme si cela allait pouvoir suffire pour captiver les spectateurs. Voilà une démarche assez modeste je trouve, même si au regard de tout le métrage, elle trouve une certaine forme de pertinence. Parce que oui, en fin de compte, c’est vrai que l’évolution des personnages et les péripéties qu’ils « subissent » suffisent souvent à faire le boulot. Il y a dans l’écriture de Hirayanagi un mélange assez charmant de rancœur, d’innocence, de lubricité et de compassion qui a quelque-chose de touchant. Et à dire vrai, c’est dans ce que produit cet étrange dosage à l’écran que le choix opéré de la sobriété peut prendre du sens. Au fond, cette réalisation très neutre opère un lissage des contrastes forts auxquels se risque l’histoire, et c’est de cette aténuation que découle cette saveur douce-amère pas si désagréable que ça. Certes, cela aurait pu être plus signifiant par une forme plus travaillée. Certes, cela aurait pu être plus fort avec une intrigue qui ose aller plus loin. Mais en fin de compte, le résultat définitif n’est pas si mal que ça. Alors après tout, pourquoi pas ? Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
L'Insulte

Critique de L'Insulte

   5 - Chef d'oeuvre
Je ne sais pas comment, vous, vous choisissez les films que vous allez voir, mais moi ça se résume souvent à la même méthode. Je vais sur Allociné, je regarde les films à l’affiche cette semaine, et j’essaye de voir ce qui attire mon attention : une affiche ou un pitch sexy ; un nom d’auteur que je respecte ; des échos positifs que j’ai reçu de la part de mon entourage… Là, concernant cette « Insulte », à la lecture de la page, rien n’avait tilté. Ni l’affiche, ni l’auteur, ni un quelconque écho. J’ai skippé l’existence de ce film en à peine dix secondes et je suis passé à autre chose… Et puis, il y a quelques jours, un ami m’apprend que ce film a été mené par le réalisateur de « Baron noir », série que j’adore. Il m’apprend aussi que, par curiosité il est allé le voir, et qu’il a été saisi par l’efficacité de ce film. Du coup j’y suis allé à mon tour et… « Ouah ! » Et dire que j’ai failli passer à côté de ça ! Parce que mes ami(e)s, voilà là un film qui cache vraiment bien son jeu ! En tout cas, les premières minutes laissaient présager un film bien sage et plat. La réalisation était propre mais sans réelle inventivité. L’écriture était sans fioriture mais apparaissaient malgré tout bien convenue. On nous présente très vite le parcours croisé entre deux hommes. Les personnages disent en quelques minutes ce qu’il y a à savoir d’eux. On comprend rapidement que le cœur de l’intrigue va se construire autour d’une tension anodine entre ces deux individus. Bon… Pourquoi pas… Même si j’appréciais qu’on ne perde pas de temps dans une phase initiale interminable, je me disais malgré tout que ce film ne semblait pas non plus calibré pour aller au-delà de la simple fable sociale exotique ; du genre de celles dont le petit monde parisien aime bien se nourrir quelque-soit la qualité du spectacle proposé. Mais bon, comme je vous le disais juste à l’instant, cette « Insulte » cache vraiment bien son jeu. Ou pour être plus exact, elle sait faire beaucoup de choses très subtiles avec pourtant beaucoup de sobriété. Car à dire vrai, elle est là la grande force de cette « Insulte » : de pas grand-chose va permettre d’émerger quelque-chose de bien plus grand, aussi bien au niveau de l’histoire qu’en termes de cinéma. Très rapidement, on se rend compte qu’aucun détail n’est laissé au hasard. Chaque élément apporté n’est qu’une strate qui n’attend qu’à être recouverte par une strate supplémentaire qui va nuancer et complexifier notre vision de cette situation. D’une certaine manière, ce film m’a tout de suite fait penser à deux autres. Le premier est tout récent puisqu’il n’est sorti qu’il n’y a que quelques semaines : c’est « 3 Billboards ». J’y ai retrouvé le même souci de ne voir aucun gentil ni aucun méchant, juste des personnages qu’on apprend à redécouvrir en permanence au regard d’images et de faits nouveaux. Ce dynamisme là, qui ne s’arrête qu’une fois le film fini, je trouve que c’est déjà une première grande force de cette « Insulte. » Mais il y a aussi cette deuxième grande force qui me rappelle un film plus ancien – et j’ai conscience que la comparaison risque de surprendre – c’est le « Un prophète » de Jacques Audiard. Même si ces deux films racontent deux histoires qui n’ont rien à voir et suivent des démarches formelles différentes, il y a quand même un point commun que je leur trouve, c’est cette manière qu’ils ont eu d’enrichir tous les deux leur forme. L’un et l’autre commencent avec une réalisation dépouillée et puis, progressivement, plus l’histoire s’épaissit, plus le film adopte des artifices auxquels il ne s’était pas risqué auparavant. Usage de la musique, plans contemplatifs, flash-backs, inserts, montage plus nerveux… En cela la symbiose est parfaitement gérée et nous amène à une montée en puissance d’autant plus efficace que celle-ci accompagne un propos d’une REMARQUABLE subtilité. Parce que l’air de rien, cette « Insulte » met les pieds dans un plat très délicat. Traiter de la question israélo-palestino-jordano-libanaise, c’est juste très chaud. Non seulement c’est une question très riche, très complexe, mais qui en plus raisonne très fraichement dans nos esprits. Avoir du recul et de la lucidité là-dessus sans glisser sur une peau de banane idéologique, dogmatique, émotionnelle, ce n’était vraiment pas partie aisée. Or, la grande force de Ziad Doueiri, c’est qu’il est parvenu à traiter tout cela sans réel tabou, tout en évitant toute forme de jugement. Et je trouve ça justement très intéressant qu’on ose ça dans un film qui centre pourtant toute son intrigue autour du « jugement » d’un acte. Toute la démarche des protagonistes est justement de chercher à qualifier et à juger des faits et des gens. Et que le film parvienne à aborder ça sans jugement, ou plutôt en parvenant à montrer que le jugement n’est pas la meilleure démarche à adopter pour aborder cet affaire, je trouve ça juste génial et incroyablement lucide. Spoiler : Au final, ce film donne même l’impression de nous dire que le problème de tout le Moyen-Orient, c’est sûrement cette logique de jugement. Qui a agressé le premier ? Qui était légitime à se sentir agressé ? Qui du coup faut-il punir ? Que le film soit parvenu tout au long de son parcours à légitimer la souffrance de chacun tout en démontrant l’absurdité de chercher absolument des coupables, même quand ceux-ci ne sont plus là, j’ai trouvé ça brillant. Et j’ai trouvé ça brillant parce que, pour le coup, ce n’était pas qu’un discours prononcé, c’était un parcours émotionnel qui a été mené. Au moment même du verdict, on sentait déjà que l’issue du jugement n’était plus importante. D’ailleurs, à l’annonce du « non coupable » chacun parait triste et soulagé à la fois. La solution n’a pas été dans le jugement, mais juste dans la reconnaissance par chacun de qu’il est et de qu’il endure. Ce film, je l’ai trouvé incroyablement humain, et d’autant plus efficace qu’il est parvenu à développer un vrai propos très complexe sans qu’on le perçoive comme du simple texte sur l’image. Non, c’était incarné. C’était sobre. C’était pesé. Ziad Doueiri s’est totalement mis au service de son film avec une magnifique humilité, mais non sans fuir ses responsabilités « d’artificier ». En tout cas, une chose est sûre, la prochaine fois que Ziad Doueiri fera un film, quand je regarderais les sorties de la semaine sur Allociné, la seule vue de son nom me fera tout de suite tilter… Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. 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Pentagon Papers

Critique de Pentagon Papers

   3 - Pas mal
Bon bah… C’est du Spielberg. Dire cela c’est effectivement tout et rien dire à la fois tant la carrière de l’ami Steven est longue et très hétéroclite. Il peut y avoir du « Duel » comme du « Terminal », de « La liste de Schindler » comme du « Lincoln », de « l’Indiana Jones » comme de la « Guerre des mondes »… C’est souvent virtuose et habilement humain. Mais il n’est pas rare non plus que ce soit moralisateur et hagiographique au point de devenir indigeste. Or, là, avec ce « Pentagon Papers », pour moi, on navigue clairement dans une sorte d’entre deux. Oui, il y a quand même dans ce film une véritable maitrise du cadre et de la suggestion visuelle, ce qui lui permet de mettre un certain élan et une certaine énergie dans ce théâtre pourtant très figé. Oui aussi, il y a également une capacité du maître à exposer et à mettre en valeur des points intéressants du sujet qu’il traite. Oui enfin, il y a tout de même un casting 5 étoiles qui est là pour servir cette entreprise et qui impacte clairement l’œuvre dans le bon sens. Alors du coup, oui effectivement, « Pentagon Papers » en devient un spectacle regardable et appréciable. Difficile de cracher là-dessus. Mais bon… Au bout du compte, que nous a-t-on servi malgré tout ? On a un film qui est un tunnel continu de bla-bla. Les scènes ne sont pas là pour donner de la chair aux personnages mais pour leur donner du sens. Chacun est là au service des idées que Spielberg entend diffuser. Ils sont tous des faire-valoir scénaristiques au service d’une grande pièce à laquelle Spielberg veut donner des allures solennelles. Et le problème, c’est qu’avec Spielberg, tout ce qui est solennel devient toujours plus ou moins biblique. Il y aura des Justes qui porteront la bonne parole et des oiseaux de mauvaise augure qui seront là pour égarer le troupeau. Les Justes seront justes en tout, tandis que les corbeaux seront noirs du bec jusqu’au bout des plumes. A la fin les Bons seront récompensés, vénérés et adorés tandis que les Mauvais seront oubliés dans les détails de l’Histoire. Ainsi Nixon est-il une silhouette menaçante, de dos, sur fond d’ « Imperial March » (on est presque à deux doigts de Docteur Mad dans « Inspecteur Gadget »), tandis que la noble Kay sortira de la Cour suprême telle une figure matriarcale à la Golda Meir, observée et adulée par toutes ces femmes qui la perçoivent comme un modèle à reproduire pour mener à bien l’émancipation du sexe faible. Ce n’est pas forcément le message qui me dérange, mais plutôt la manière de l’asséner. C’est très sentencieux par le propos, mais ça l’est aussi totalement par la forme. Tous ces gens étant fortement respectables – et puisqu’on nous livre un grand moment d’Histoire qu’on entend sacraliser – « Pentagon Papers » s’embourbe du coup dans une vision lisse des gens, des choses et des périodes. On m’a d’ailleurs fait lire sur DVDClassik une remarque que j’ai trouvée très juste. C’est Demi-lune qui disait que la reconstitution que faisait Spielberg de tout cet univers n’en faisait pas « un lieu de vie pour les personnages, mais une espèce de musée cinématographique où sont javellisés les souvenirs des Hommes du Président, ombre tutélaire trop forte. » J’avoue qu’au fond, ça résume là très bien mon ressenti. Et même si ça ne me fera pas renier le relatif plaisir que j’ai pris face à ce film, cela traduit malgré tout bien les frustrations et les limites que ce « Pentagon Papers » m’a laissé. Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Ami-ami

Critique de Ami-ami

   1 - Très mauvais
Rolalah… Alors moi, si au départ je voulais aller voir ce film, c’était parce que j’étais tombé en salle sur le teaser où on voyait Jonathan Cohen et William Lebghil en train de discuter en soirée au sujet d’un profil Tinder. Il y avait un drôle de ton, à la fois cru, bébête et décalé. C’était court mais ça m’a fait marrer. Je me suis dit que si tout le film était dans cet état d’esprit ça pouvait éventuellement valoir le détour… Bon bah, le détour je l’ai fait et… bah… c’est triste en fait. Très triste même. Aussi bien en termes d’écriture que de mise en scène c’est d’une platitude assez navrante. L’intrigue se déroule linéairement. On pose les éléments les uns à la suite des autres. Chaque scène est là pour poser un élément et un seul. C’est très illustratif. Et tout ça au service d’un truc quand même incroyablement convenu hein ! Alors du coup, on pourrait se demander où ce film espérait poser sa plus-value. Bah en fait, ça n’a l’air de tenir qu’à de l’habillage. Ici on commence par une scène d’exposition où on va broder en parlant un peu grivoisement parce que c’est drôle. Là, on met un générique en dessin-animé parce que c’est drôle. Puis ensuite on va poser l’arlequin de service ici en la personne de Jonathan Cohen parce que c’est drôle. Et puis je vais te reparler à nouveau grivoisement, toujours, sans arrêt, toutes les trois minutes, parce que c’est super drôle. En gros, j’ai l’impression que le film a espéré se faire cool en se contentant de clairsemer un peu partout des gestes, des postures et de la gouaille, ne se sentant pas l’obligation de raconter rien de plus ni de moins que ce qu’on retrouve dans n’importe quel autre stéréotype de « bromance »… Le pire, c’est que ça ne parvient même pas à être sympathique. En gros j’ai vraiment l’impression qu’on a ici affaire à un film écrit par des mecs persuadés qu’ils sont cools parce qu’ils se la jouent, alors du coup tout le film est écrit de telle manière à mettre en avant des mecs qui passent leur temps à se la jouer. D’ailleurs ce film est clairement un film de mecs, pour ne pas dire un film de beaufs. Tous les personnages masculins se sentent irrésistibles et l’histoire leur montre bien qu’ils le sont ; tandis que les personnages féminins ne sont que des fantasmes masculins sur pattes, qui aiment tout ce qu’un beauf comme Victor Saint Macary attend qu’une meuf aime… Alors après, le gentil Victor n’est peut-être pas ce qu’il écrit ou ce qu’il filme – et ça je peux l’entendre – mais il n’empêche que son film traduit vraiment quelque-chose d’assez affligeant (et moi je trouve d’assez irritant) en terme de comédie et de cinéma. D’ailleurs, je me demande encore pourquoi je ne lui ai pas donné pas la note minimale à cet « Ami-ami ». C’est sûrement lié au fait que d’habitude, les films auxquels je mets « zéro » sont des films qui m’ont énervé ; que j’ai vécu comme une agression. Or, cet « Ami-ami », je ne l’ai pas vécu comme une agression. Je me suis juste endormi face à un film qui m’a laissé l’encéphalogramme plat. Rien n’a marché. C’était juste pour moi un produit usiné sans âme et sans talent. Là que j’écris ces lignes, cela fait seulement une heure que j’ai vu ce film et je le sens déjà s’effacer de ma mémoire. Je pense que déjà demain il n’en restera plus grand-chose et que d’ici quelques mois, je ne me souviendrai même plus l’avoir vu. Et bah tant mieux car au fond, si je devais qualifier ce film, c’est justement ainsi que je décrirais. Il est… oubliable. Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
In the Fade

Critique de In the Fade

   2 - Pas terrible
Fatih Akin, depuis « De l’autre côté » moi c’est un gars que j’ai toujours à l’œil. Je l’ai toujours à l’œil parce que ça me surprend à chaque fois que, malgré une forme qui ne me convient guère d’habitude, son cinéma peut parvenir à me toucher. Je viens tout juste d’évoquer « De l’autre côté » et ce n’est pas un hasard. Pour moi ce film c’est la quintessence de ce qu’Akin est capable de produire. C’est cru, voire presque un peu poisseux, mais au final il y a quand même une véritable force qui ressort de cette sécheresse là ; de cette réalisation à fleur de peau. Et si je vous dis tout cela avant de vous parler de « In The Fade », c’est parce que je pense que ce film a l’air d’être pensé plus ou moins dans la même veine. On prend des personnages lambdas plongés dans un monde bien banal, et puis un enchainement d’événements qui les dépasse les amènent à se bouffer dans la tronche une réalité du monde bien rude ; quelque-chose qui n’est qu’une réalité abstraite et qu’on ne connait qu’aux informations mais qui là devient une réalité qui s’ancre dans la chair des gens. D’une certaine manière, « In The Fade » n’échoue pas vraiment sur ce point là. Si le début m’a totalement laissé indifférent (mais bon, ça c’est comme chaque film d’Akin), je dois bien avouer qu’à partir du moment où l’élément perturbateur est posé, je me suis globalement laissé prendre. Pour moi, ça a marché quand le film savait être sobre et cru ; quand les éléments tombaient sèchement sans préliminaires ni emphase. La partie II est d’ailleurs pour moi la plus réussie parce que, aussi bien dans le fond que dans la forme, on est dans ce genre de démarche très froide et brutale. Seulement voilà, si au final je ne mets que deux étoiles à ce film, c’est parce que malheureusement il ne remplit pas entièrement cette promesse là et, surtout, je trouve qu’il se perd dans son dernier tiers. Parce que oui, j’avoue qu’en termes de sobriété, il y a quand même quelques moments qui auraient pu être évitables. Les scènes de pleurs et de désarrois, moi, je n’ai pas besoin qu’on m’en mette des tonnes pour que je sois en empathie avec le personnage. Du coup, quand un réalisateur s’attarde sur des moments de pathos, je ne peux m’empêcher de le percevoir comme une facilité qui peut vite m’énerver. Heureusement, ces excès sont ici modérés, mais ils sont là, et ils ont quelque peu nui à mon immersion. Mais bon, comme je le disais à l’instant, pour moi le vrai problème, ce fut surtout ce dernier tiers durant lequel on se rend compte qu’en fait… bah on ne pas vraiment nous dire ou nous révéler grand-chose de plus que ce qui a été montré lors de la partie II. Pour le coup, j’ai vraiment vécu ce dernier tiers comme une évidence qu’on a délayé pendant un temps bien trop long, si bien que j’ai accueilli la fin d’un « ouf de soulagement », ne ressentant rien par rapport à ce qui m’avait été montré et qu’avait anticipé depuis un petit bout de temps déjà… Alors du coup, quand est venu le moment de faire le bilan au sujet de ce film eh bah j’avoue que ça a été compliqué pour moi d’en tirer de bonnes choses. Certes, j’avais quelques bons moments en tête, mais d’un autre côté je tombais un peu des nus face à une histoire qui, au final, ne m’a que très peu dit de choses sur l’humain et m’a très peu requestionné. C’est bête, parce que pour le coup je trouve que c’était aussi là-dedans que se trouvait la force des films de Fatih Akin. Cette force, malheureusement, je ne l’ai pas retrouvé dans ce « Ijn The Fade », et ce n’est pas l’interprétation propre mais quelconque de Diane Kruger qui a pu changer quoi que ce soit à cette donne… Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance

Critique de 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance

   4 - Très bien
Certains iront peut-être voir ce « 3 Billboards » suite à la récente pluie de Golden Globes qu’il a reçu (et ils auront raison), mais moi, j’avoue que ce qui m’a tout de suite attiré dans les salles obscures pour voir ce film, c’est le nom de Martin McDonagh à la réalisation et à l’écriture. Alors certes, je n’avais pas du tout encaissé son dernier « 7 psychopaths », mais d’un autre côté j’ai tellement été saisi par la qualité et la singularité de son « Bon baisers de Bruges » que désormais je ne veux plus rien rater de ce que fait ce gars-là. Et pour le coup, concernant ce « 3 Billboards », les simples cinq premières minutes suffisent pour parler en faveur du film. Alors c’est vrai que je n’ai pas forcément été saisi par la réalisation ni la thématique présentée. D’ailleurs, à bien prendre tous les choix formels opérés – et notamment celui de la musique – on pourrait même dire qu’on a affaire là à quelque-chose de plutôt académique dans son genre. (Faut-il y voir une volonté de chercher des statuettes ? Mystère…) Et pourtant, malgré ça, ce qui m’a assez rapidement sauté aux yeux, c’est l’incroyable efficacité de cette mise en scène. A dire vrai, tout tient au fait que l’écriture et le montage soient tous les deux très incisifs. On commence tout de suite sur les panneaux. Paf ! Immédiatement dans la foulée on voit dans l’attitude de Frances McDormand qu’une décision est en train de se prendre et que cette décision implique quelque-chose qui la brasse profondément. Et à peine la chose est-elle déjà posée qu’on est déjà dans le bureau du propriétaire des panneaux à poser ce qu’il va se passer, tout en alimentant le mystère autour de cette femme. Et à peine ces cinq minutes se sont écoulées que déjà on est arrivé à une sorte de résolution sous forme de climax, avec les panneaux installés, pendant qu’en même temps on continue de poser des personnages ainsi que du background à l’intrigue. C’est rapide, prenant, efficace. Certes, ce n’est pas révolutionnaire, mais ça marche du tonnerre pour moi. Et à dire vrai, à bien tout prendre, toute l’efficacité peut se résumer à ça. Tout repose sur une vraie maitrise de l’ellipse, du shortcut régulier et de la densification permanente du background. Le film ne réinvente jamais rien, mais il ne se repose jamais non plus sur ses lauriers. On nous invite en permanence à réévaluer les personnages qu’on nous présente ; on nous amène du coup aussi à réévaluer systématiquement la pertinence des actions et réactions de chacun ; si bien qu’au final le film tire aussi une vraie force à ne juger personne et à ne nous faire tenir pour aucun des partis. D’ailleurs le film parvient à plusieurs reprises à tenir des moments assez forts, et souvent avec des personnages qui pourtant s’opposent la plupart du temps (Spoiler : Mon moment favori restant quand même la lecture de la lettre de Bill : ça joue de la corde sensible mais tout en restant sobre. Moi j’adore.) Et comme en plus l’intrigue se plait à nous surprendre de plus en plus dans l’audace et le rythme de ses péripéties, eh bah moi ça m’a très rapidement hameçonné bien sévèrement. Parce que bon, pour ceux qui ont vu le film, il ne faut quand même pas oublier que Spoiler : Bill Willoughby meurt à la moitié du film alors qu’on pouvait s’attendre à voir la situation s’étaler sur toute l’intrigue, donc « woh ! » Ne pas oublier non plus que juste derrière Dixon se décide à bazarder Red par sa fenêtre, donc double « woh » ! Et que tout ça enchaîne avec l’arrivée du nouveau Chef de la police et la lettre de Bill qui vont amener à chambouler la position du personnage de Dixon… Mais vraiment triple « woh » ! Griller aussi vite ses cartouches et recharger juste derrière, moi j’appelle ça de l’écriture qui ne se fout pas de nous ! …Et à dire vrai, si je devais conclure sur quelque-chose concernant ce « 3 Billboards », je m’attarderais sûrement sur cette description là : « 3 Billboards » c’est du cinéma qui ne se fout pas de nous. Ce n’est certes pas une proposition si originale que cela en termes de cinéma, mais c’est exécuté avec talent, avec une écriture efficace, et un casting démentiel qui ne peut que faciliter le travail de tout créateur. (Juste pour le plaisir de les citer : Frances « Fargo » McDormand ; Woody « Tueurs Nés » Harrelson ; Sam « Moon » Rockwell ; Peter « GOT » Dinklage ; Zeljko « Damages » Inavek ; Clarke « The Wire » Peters ; Caleb « Antiviral » Jones… Rololoh ! Mais quel bataillon d’artistes quand même !) En bref, pour moi « 3 Billboards » ne surprendra pas par la forme, mais il saura percuter par sa remarquable exécution. Donc, franchement, faites-vous plaisir et allez voir cette leçon de maître. Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Downsizing

Critique de Downsizing

   4 - Très bien
Je ne connaissais pas grand-chose sur ce film. Je savais juste que c’était un film d’Alexander Payne (« Ah cool ! »), qu’il y avait Matt Damon dedans (« Ola… Ah ça moins cool. ») et que dans ce film, ce bon vieux Matt finissait tout petit. (…………Hein ?) Bah ouais : personnellement moi je n’en savais pas plus, donc forcément, dit comme ça, ce « Downsizing » il me faisait davantage l’effet d’un remake de « Chéri j’ai rétréci les gosses » plutôt que celui d’un film vraiment attirant pour son originalité. Eh bah pour le coup je me suis quand même bien planté ! Parce que ouais, dès l’intro, ce film a su rapidement me mettre dans sa poche... (Hé ! Hé ! Dans sa poche ! Vous avez compris ? Non parce que le film il parle de… OK, j’arrête.) Franchement, en même pas cinq minutes, le film parvient à utiliser ce concept de rétrécissement d’humains pour faire ce que font les meilleurs films de science-fiction, c’est-à-dire nous obliger à penser un monde totalement nouveau en fonction du postulat original qui nous est présenté. Alors quand c’est aussi efficacement fait, et qu’en plus c’est amené par Rolf Laasgârd, d’« After The Wedding », c’est peu dire qu’on me brosse dans le sens du poil. Et à partir de cette introduction là pleine de promesses, le film m’a ensuite ouvert la voie à une sensation étrange mais finalement pas si désagréable que ça avec le recul. D’un côté j’avais l’excitation et le plaisir de découvrir une vraie richesse dans la manière de traiter le sujet, aussi bien dans le visuel que dans le propos. Mais de l’autre je ressentais aussi régulièrement un certain inconfort à ne pas vraiment comprendre et savoir ce qu’Alexander Payne entendait vraiment faire de tout ça. D’ailleurs – je vous l’avoue – si on m’avait demandé en plein pendant le film ce que j’était en train d’en penser, je pense que j’aurais été incapable de répondre. Pour être même véritablement honnête, c’est presque sur le dernier quart d’heure du film que j’ai vraiment commencé à me sentir à l’aise avec la démarche d’Alexander Payne et que j’ai commencé du coup à aussi prendre mon pied… Alors, je me doute bien qu’en vous disant cela, je dois en refroidir quelques-uns et – surtout – je dois susciter quelques questions. Mais pourquoi aller aussi haut dans la notation si le plaisir n’était pas au rendez-vous sur la quasi-totalité de la projection ? Eh bah parce que tout d’abord, l’absence de plaisir n’a pas été synonyme d’ennui ni de souffrance. A chaque fois, l’incroyable richesse visuelle du film et surtout sa créativité et son audace scénaristique faisaient qu’à défaut de plaisir, j’avais au moins l’intrigue et la curiosité. Et puis la deuxième raison c’est aussi et surtout que – maintenant que j’ai passé le cap de l’interrogation – je pense que je pourrais clairement revoir ce film et l’apprécier totalement différemment. Une fois qu’on saisit la dimension totalement dérisoire du film, et qu’on comprend que le sujet n’est finalement pas la mauvaise gestion des ressources ou bien encore notre incapacité à mettre en place une société de prospérité pour tous, alors forcément la démarche du film apparait tout de suite beaucoup plus clairement et le plaisir n’en est que meilleur. (Spoiler : Parce que oui, moi je ne peux m’empêcher de voir dans ce film un propos qui consiste à dire que ce qui mine notre civilisation c’est avant tout notre hallucinante tendance à nous laisser guider par des rêves et des projets totalement hurluberluesques – ce qui nous amène à chercher et adopter des solutions qui relèvent totalement du non-sens et de la stupidité – alors qu’il suffit simplement d’avoir un regard lucide sur les choses pour comprendre que les meilleures solutions sont souvent juste les plus simples, les plus logiques et les plus basiques.) Alors oui, il est déstabilisant ce film je trouve, mais pour moi, en tout cas, ce fut de la bonne déstabilisation. J’avoue qu’il y a des moments que j’ai trouvé longs (le moment chez Dusan par exemple). J’avoue aussi qu’il y a des moments où je ne voyais pas trop où le film voulait nous conduire (comme le moment… Bah comme chez Dusan quoi.) Mais d’un autre côté, c’était un peu le but, et il y avait suffisamment d’autres choses qui sont venues rattraper cette sensation pour qu’au final je n’en souffre pas. D’ailleurs, en fin de compte, si je devais trouver le principal défaut de ce film ce serait sûrement… Bah Matt Damon je pense. Je suis désolé mais ce mec je trouve vraiment qu’il ne correspond vraiment pas au rôle. Il ne correspond pas au niveau de l’âge, du physique, du jeu… Pour moi, il aurait tellement mieux valu trouver un gars plus dans la trentaine, sympa mais parfois à ses dépends. Un Alden Ehrenreich par exemple aurait pu très bien faire l’affaire. Ou bien quitte à vouloir prendre un quinqua bien installé mais qui colle davantage à la dimension absurde de l’œuvre, tu pouvais prendre alors un Will Ferrell. Là, Matt Damon, c’est trop lisse. C’est trop creux. Ce n’est pas assez subtil pour gérer les ambigüités du rôle… Bref, c’est dommage, parce qu’au final, c’est clairement ça qui fait que malgré toute l’inventivité et la pertinence de ce film, je ne pourrais jamais aller au-delà de « 4 étoiles ». Mais bon, après, « 4 étoiles », ce n’est pas non plus si mal. Non ? ...Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Le Grand jeu

Critique de Le Grand jeu

   3 - Pas mal
Difficile d’ignorer l’aura presque mystique dont bénéficie aujourd’hui Aaron Sorkin dans le monde de l’écriture sérielle et maintenant cinématographique… Et pourtant, moi je vous avoue que le travail de ce mec, il m’a toujours fait ni chaud ni froid. C’est sa légende naissante qui m’a fait voir « A la Maison blanche » et au final j’ai trouvé ça vraiment pas top. J’ai ensuite découvert après coup qu’il avait été à l’écriture de films tels que « Social Network », « La guerre selon Charlie Wilson » ou bien encore « Steve Jobs » : autant de films sur lesquels je ne me suis jamais retourné sur l’écriture… Alors voilà maintenant que Monsieur passe à la réalisation… Soit… Eh bah… Bah pareil au final… « Le grand jeu » c’est vraiment pas le genre de film sur lequel je me retourne. Alors après, je ne vais pas vous la faire à l’envers non plus : j’ai quand même trouvé ça efficace. C’est vrai que ça se veut assez énergique. Ce qui tombe comme information est assez dense. On cherche très vite à donner de l’épaisseur au personnage et à son parcours. On utilise avec rigueur tous les codes du genre sollicité ; ici le classique « Rise and fall »… En cela je ne vais pas renier la maitrise du gars : ça marche. Je ne me suis pas ennuyé. Mais au final, quand m’est venu le moment d’écrire à son sujet (c’est-à-dire maintenant quoi…) bah rien de spécifique m’est pourtant venu. Et le pire c’est que c’est finalement cela qui, pour moi, résume peut-être le mieux ce film : il n’a rien de spécifique… La blague a d’ailleurs voulu que le premier souvenir qui me soit venu au moment de repenser à ce film ce fut cette envie de pisser qui m’avait pris à la moitié du film et la réflexion qui en a découlé. Je me souviens m’être alors dit : « Bon, le film roule tellement sur un rail que je pense qu’il y a moyen de partir pisser lors d’un temps mort et de revenir sans rien vraiment rater… » Et je me souviens que, pourtant, au final je me suis retenu tout le film parce que je n’ai trouvé aucun temps mort pour partir me soulager. A chaque fois, chaque scène savait dire et faire ce qu’il fallait pour se justifier comme un temps fort de l’intrigue. Et je trouve qu’en cela ça dit quand même quelque-chose d’une force de ce film. Mais bon, d’un autre côté, le simple fait que je puisse m’autoriser à sortir – même momentanément – d’une séance, pour moi ça dit aussi quelque-chose par rapport au faible niveau d’immersion dans lequel m’avait plongé ce « Grand jeu ». Parce que c’est vrai qu’en fin de compte, cette histoire, je m’en suis un peu foutu tellement elle ne me parlait pas plus que ça. C’est vrai aussi que tout ce que le film cherche à dire à travers cette histoire là, je m’en suis aussi un peu foutu. Et puis surtout, c’est vrai enfin que rien dans la mise en scène ne m’a conduit à considérer autre chose dans ce film que l’écriture. (Bon, si, il y a aussi la belle plastique de Jessica Chastain… Mais bon, c’est pas vraiment un argument cinématographique ça je pense. Non ?) D’ailleurs, à bien y réfléchir, c’est d’ailleurs un peu à ça que se résume le « style » Sorkin (s’il y en a un) dans ce « grand jeu ». Ça parle. Ça parle beaucoup. Et c’est clairement le flux de parole qui donne l’impulsion au reste de la forme.)Bon alors après, il y a sûrement un public pour ça, donc tant mieux pour eux. Je pense qu’effectivement, si moi j’ai su y trouver mon compte, ceux-là sauront sûrement y trouver davantage… Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
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