lhomme-grenouille    

Membre depuis 4699 jours | Dernière activité : 15/10/2017

  • 935 notes & favoris
  • 882 critiques
  • 63 suivis
  • 784 abonnés
Suivre son activité
Toutes ses critiques
  • Ses critiques de films
  • Ses critiques de séries
  • Ses critiques Vidéo
  •    
  •    
  •    
  •    
Kingsman : Le Cercle d'or

Critique de Kingsman : Le Cercle d'or

   4 - Très bien
Ah mais que ça fait du bien ! J’avoue que j’avais un peu peur de voir cette suite de « Kingsman » tant je ne voyais pas ce qu’une suite pouvait rajouter à ce que le premier opus avait déjà dit et montré. Et à dire vrai, force est de constater, au regard de ce que nous propose ce « Cercle d’or », qu’effectivement Matthew Vaughn ne comptait pas rajouter grand-chose à son propos social du premier film de la franchise. Non, là clairement, cette suite focalise essentiellement sur la parodie jamesbondienne et l’action à tout va au profit d’un réel propos corrosif. Mais moi, au vu de la qualité du spectacle proposé, je ne peux qu’acquiescer. En termes d’inventivité et de maitrise du genre, c’est juste énorme. La seule scène d’introduction suffit à reprendre les bases de ce qui faisait la force du premier opus et de poser les bases nouvelles sur lesquelles entend reposer cette suite. Alors oui, ça en fait beaucoup, ça se plait à user des clichés d’un James Bond pour mieux jouer en dérision, mais franchement moi je trouve que ça marche. Ça marche déjà parce que le rythme et les codes du film d’action de ce film sont maitrisés comme jamais. Au-delà de la pétarade, « Kingsman 2 » n’oublie pas que l’action se prépare et s’annonce. On nous fait le tour des lieux et on nous familiarise avec les outils à disposition, avec les possibilités offertes par chaque lieu et chaque personnage avant de vraiment lancer la machine. On ne triche pas sur ce plan là, et ça je trouve ça suffisamment rare pour être énoncé. Pour le coup la chose sait se faire de manière limpide sans jamais se trahir sur ses intentions. Du coup, une fois de telles conditions réunies, un maître plasticien ne peut que se régaler pour orchestrer ses ballets délirants et jouissifs. Et quand bien même l’action est pour moi le vrai cœur de ce film, je trouve que malgré tout Matthew Vaughn n’a pas délaissé pour autant l’aspect narratif. Certes, j’annonçais que par cette suite, « Kingsman » n’avait pas grand-chose à dire en termes de lecture sociale, mais malgré tout il n’empêche qu’au travers de sa parodie de James Bond, cette suite parvient malgré tout à reprendre ce créneau du premier opus qui consiste à faire une peinture acerbe et absurde du monde dans lequel on vit. Certes, la portée de la caricature ici faite est moindre, mais elle est malgré tout suffisante pour marcher. D’autant plus suffisante qu’elle est parfois jouissive de régression (notamment au travers de son pastiche « cow-boy » des agents de Statesman) mais aussi savoureuse de clairvoyance (notamment dans sa lecture apportée de l’évolution des rapports entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis). En gros, j’ai l’impression que pour prolonger l’univers « Kingsman », Matthew Vaughn a fait le même choix que son ainé Robert Rodriguez quinze ans plus tôt avec « Desperado » : au lieu de reprendre l’état d’esprit du premier opus et essayer d’en reproduire l’équilibre dans le second, le choix adopté a été celui de la démesure et du trip totalement assumé afin d’apporter une dynamique à cet univers et le compléter. Eh bah moi, à partir du moment où la démesure n’a pas été synonyme de manque de rigueur, je m’y suis retrouvé complètement. A mon sens cette suite parvient à enrichir l’univers « Kingsman » mais sans le travestir. Alors après, certes, ce qu’on gagne en termes d’esprit déluré, on l’a perdu en termes d’esprit corrosif (d’où ma note légèrement inférieure à celle attribuée à « Kingsman 1 »), mais comme la qualité est encore au rendez-vous, je n’ai pas boudé mon plaisir et j’ai clairement pris mon pied jusqu’à la dernière minute de ce petit bijou de James Bond 2.0. Franchement, Matthew Vaughn, encore un grand merci pour savoir nous sortir des petites pépites bien fignolées comme celles-là ! Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Detroit

Critique de Detroit

   3 - Pas mal
Eh bah ça m’a plu ce « Detroit »… Pourtant le début m’avait laissé plus que sceptique. Parce que oui, par quoi commence ce film ? Il commence par un long carton d’introduction. Or ça, moi, c’est l’annonciateur de la pire des paresses. Quand tu décides de raconter par du texte ce que tu pourrais faire avec du cinéma, ça n’augure rien de bon. Et quand en plus j’ai constaté que ce carton n’avait que pour seul et unique but de me faire une longue leçon de morale visant à justifier dès le départ les actions des uns et à condamner les actions des autres, là j’ai commencé à avoir très peur. Par tous les dieux du septième art ! Katheryn Bigelow allait-elle donc tomber aussi bas ? Allait-elle simplement se contenter de zapper tout l’aspect discursif de son sujet pour simplement l’illustrer avec des images choc ? Franchement, au début j’y ai cru. Et si le rendu visuel des premières scènes d’émeutes se révèle très percutant, tournées caméra au poing en mode « reporter sur le front », le risque de voir le film s’enliser dans la démonstration et la dénonciation faciles était malgré tout bien palpable. Heureusement, Katheryn Bigelow n’est pas née de la dernière pluie, et pour le coup ça se sent assez rapidement dans la manière dont l’intrigue se met à évoluer. En bonne taulière du cinéma d’action américain, l’amie Katheryn joue très vite avec les modulations de rythme pour faire « respirer » son film. Parce que non, une bonne tension au cinéma n’est pas une tension qu’on tient tout du long. Une tension trop maintenue sur le temps long finit toujours par atteindre une phase de plateau ; moment où généralement le spectateur finit par décrocher. Dans le cas de « Detroit », les premières scènes d’émeutes sont vite contrebalancées par des scènes s’intéressant à des parcours individuels apaisés et déconnectés de l’émeute. Pour moi, c’est d’ailleurs là que j’ai commencé à rentrer dans le film. Cette bascule m’a permis de m’impliquer dans des individus et non dans une masse ; elle m’a permis de ressortir d’un discours social prémâché au profit d’enjeux plus personnels et nuancés, et surtout elle m’a permis de saisir différemment toute la violence de ces émeutes. Parce que oui, quand on passe d’une scène où un groupe d’amis à la voix d’or s’apprêtent à exaucer leur rêve en montant sur scène, et que soudainement les émeutes viennent percuter leur destin, en termes d’expérience sensorielle, il se passe quelque-chose. Car c’est aussi ça le talent de Katheryn Bigelow dans « Detroit » : elle sait très vite poser ses atmosphères ce qui donne du coup encore plus d’impact à ses ruptures et ses transitions. Pour le coup, les contrastes instaurés entre ces moments conviviaux et ces moments violents parviennent vraiment à générer cette respiration indispensable au bon fonctionnement du spectacle. Et là, franchement, malgré les 2h20 de spectacle, je trouve que tout cela coulisse à merveille. La tension est merveilleusement entretenue, tout cela au service d’un univers très prenant et très signifiant. Pour le coup, le matraquage discursif de l’introduction se révèle bien superflu au regard de ce que Dame Bigelow est capable de nous faire ressentir grâce à la maîtrise de ses codes formels. En l’occurrence, l’usage des codes du cinéma de guerre pour parler d’une émeute urbaine est très riche de sens. L’association des deux univers génère d’étranges sensations, comme cette impression d’assister à une ville prise d’assaut par une armée ennemie ou bien encore cette impression de voir une population subir les crimes de guerre menés par un occupant. Franchement, rien de mieux pour nous mettre à la place des noirs de Detroit ; pas besoin de carton manichéen pour cela. D’ailleurs, si je devais trouver quelques limites à ce film (parce que je lui en trouve), je les trouverais sûrement dans ces quelques réminiscences de l’esprit du carton d’introduction que l’on retrouve un peu partout le long de l’intrigue. Par exemple, le parti que prend le film de présenter dès l’intro les policiers zélés me paraissait clairement dispensable. Même si j’entends bien que dans les années 1960, des policiers de ce genre devaient être foison, leur présentation contribue clairement à construire l’intrigue de manière binaire et manichéenne entre d’un côté les gentils vraiment gentils et les méchants vraiment méchants. Même si le film nuance souvent cette position en révélant quelques mécaniques systémiques dans cette oppression étatique, se retrouver avec ces personnages vraiment caricaturaux – et cela dès le départ – nous enferme un peu dans un schéma de pensée et de perception de la situation qui est assez pauvre parce que justement binaire. Spoiler : Pour le coup, je trouve que ça aurait été tellement plus intéressant de ne commencer à dessiner la personnalité de ces policiers qu’au moment de la « prise d’otage » dans l’Algiers. D’une part, ça aurait permis de vivre l’assaut comme étant celui d’un ennemi invisible, non personnifié, et donc encore plus effrayant. Ensuite, la singularisation progressive des ennemis aurait pu ouvrir sur cet effroi qu’aurait pu susciter certaines personnalités ; effroi d’autant plus fort que ces gens se seraient révélés au fond que de simples flics assez ordinaires et au fond assez humain. L’autre avantage de choix, c’est qu’il aurait alors été une transition parfaite vers le troisième temps du film qu’est le procès. Pour le coup, dans de telles conditions, j’aurais trouvé le déroulement de l’intrigue absolument parfait. Mais bon, on ne refera pas le film hein… De toute façon, l’un dans l’autre, et malgré ces petites scories qui restreignent parfois notre analyse de l’événement, « Detroit » n’en reste pas moins un film que je trouve diablement efficace dans sa mise en scène et dans son cheminement. Et même si le final se révèle être assez conventionnel, je dois bien avouer qu’il a su conclure un spectacle qui m’a remué émotionnellement parlant, ce qui est pour moi le synonyme d’un pari remporté. Donc oui, « Detroit » est pour moi un film efficace et malin. Alors rien que pour cela : « merci Katheryn Bigelow »
LEGO Ninjago : Le Film

Critique de LEGO Ninjago : Le Film

   2 - Pas terrible
Arf ! Déception ! Car oui, on peut être déçu par un grand film publicitaire de près de deux heures ! Et non, je n’ai pas honte de l’avouer : même si leur objectif premier est avant tout de vendre des jouets, ces films estampés Lego, jusqu’à présent, moi je les avais adoré ! Après tout, qu’importe tant que le plaisir est là ! Moi tant que le contrat est gagnant-gagnant, je signe des deux mains ! Or « La grande aventure Lego » puis « Lego Batman » avaient su, selon moi, emporter la mise parce qu’ils avaient su réfléchir intelligemment à ce qu’ils vendaient. Vendre des Lego, ce n’est pas seulement vendre des petites briques, c’est offrir aux gens la possibilité de générer et combiner des mondes infinis pour peu qu’on soit créatif. Or, les deux précédents films de la franchise avaient su être créatifs… Le problème, là, c’est que c’est que ce « Ninjago », en terme de créativité, il est quand même clairement plus à la traine. Alors certes, formellement c’est toujours aussi propre, ça suinte de références cinématographiques à droite et à gauche, et surtout ça sait jouer malicieusement d’un petit humour de l’absurde lié à la nature desdits jouets… Mais derrière tout ça, avouons quand même que ça crie un peu famine… L’enrobage a beau être onctueux, si le cœur n’est pas à la hauteur, la pâtisserie va très vite écœurer (et décevoir). Et là, pour moi, c’est carrément le cas de ce « Ninjago ». Avec son intrigue plate qui anime un propos presque insignifiant, le film sombre dans la caricature sans être capable – comme ce fut le cas pour « La grande aventure Lego » - de proposer une vision en sous-texte de ce que c’est vraiment l’univers Lego. Or, le problème c’est qu’on ne peut pas dire vingt millions de trucs sur l’univers Lego. Et pour le coup, tout ce qu’il y avait d’intéressant à dire, « La grande aventure Lego » l’a déjà dit. Et si « Lego Batman » avait su jouer finement la chose en sortant de la simple lecture de l’univers Lego en proposant à la place une lecture de l’univers Batman à travers l’univers Lego, là, avec « Ninjago », rien de tout ça. A moins que, peut-être, il fallait voir dans ce film un amusement à questionner nos clichés sur l’Asie en mélangeant tout et n’importe quoi, que ce soit Chinois, Japonais ou autre chose ? Bah si c’était l’intention, déjà se serait éthiquement un brin délicat comme démarche, mais en je pense qu’on pourrait malgré tout reprocher au film d’avoir été très léger dans l’illustration du truc. Parce que, bon, l’essentiel du film, il se concentre surtout sur les aventures et les jeux de mots pourris qui tournent autour des personnages principaux. Alors certes, ce n’est pas forcément d’une autre saucée que l’humour de « La belle aventure Lego », mais là le problème, c’est que c’est un peu la troisième fois qu’on nous le ressert cet humour. Et franchement, l’effet répétition, il se pose aussi là. Alors quand en plus ça se greffe sur une intrigue qui n’a pas vraiment de cœur, eh bah ça fait vite pschitt… Le pire dans tout ça, c’est qu’au final, pour combler tout ce vide, le film sombre encore davantage dans le bougisme, l’énergie et la surenchère. Quand c’est au service d’un trip assez riche et original, ça passe encore. Là, à force de brasser de l’air, ça en devient presque insupportable. Et je vous le dit : ça me désole d’avoir à me montrer aussi acerbe à l’égard d’un film qui a été fait avec autant de minutie et de bons sentiments. Il est d’ailleurs arrivé que parfois je tire quand même mon petit sourire, preuve que tout n’est pas à jeter Spoiler : (le petit flash-back concernant la rencontre entre Gardamon et sa femme a été un moment sympa du film), mais globalement, j’ai juste trouvé le temps long, me lassant de constater que tout ce que je voyais n’allait nulle part et n’était là que pour faire du déversoir visuel. Le pire, c’est qu’à voir comment évolue la franchise, il y a de forts risques pour que les choses n’aillent pas en s’arrangeant. Tremblons donc alors ; tremblons… Tremblons de voir prochainement revenir sur nos écrans une nouvelle aventure Lego… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Blade Runner 2049

Critique de Blade Runner 2049

   2 - Pas terrible
Ah ça c’est sûr c’est beau… C’est très beau même… Mieux encore, tous les plans sont de véritables chefs d’œuvre de composition picturale. Rien n’est à jeter. Tous sont remarquablement sophistiqués. La photographie est sublime. Et quand je dis cela, je le dis sans ironie aucune : je le pense vraiment… Seulement voilà, tout ça au service de quoi ? …Tout ça mu par quoi ? …Rah c’est là que ce film devient désespérément triste. Pour le coup, Denis Villeneuve reste Denis Villeneuve. Déjà, après son « Premier contact » j’avais dit de lui qu’il savait être un excellent cinéaste d’atmosphère mais un piètre narrateur incapable de mener une dynamique ou un propos convenablement. Eh bien là, avec ce « Blade Runner 2049 », ça se vérifie tragiquement. Ce film a un don incroyable pour fuir tout esprit de dynamique. Il pose plein d’éléments qui, séparément, sont jolis à regarder, allant même parfois jusqu’à générer du sens. Seulement voilà, mis les uns à la suite des autres, ils peinent à entrer en résonnance entre eux pour qu’enfin se dégage de tout ça une dynamique d’ensemble. Ainsi les scènes défilent-elles vite comme les pages d’un porte-folio sans rien pour venir les animer. Alors certes, on pourra picorer à droite et à gauche. Ici il y aura un beau plan d’une campagne totalement artificialisée. Là-bas il y aura une belle illustration du principe d’humain augmenté, questionnant ainsi visuellement l’emplacement de la frontière avec la machine. Et enfin, encore à un autre endroit, on pourra voir un répliquant qui se questionne sur son rapport au réel, notamment en entretenant une relation amoureuse avec un programme informatique spécialement conçu pour ça… Mais bon, picorer quelques éléments fragmentés, sur 2h40 de film, c’est quand même bien peu au fond ! L’avantage du temps long, c’est qu’il permet de développer les choses, pas simplement de les accumuler. Là, rien n’est développé. Dommage parce que ce n’était pas comme si ce n’était pas possible. Par exemple il aurait été intéressant de voir comment la relation entre K et son intelligence artificielle évolue dans le temps, pour questionner notamment son rapport au réel, son rapport au physique… Mais non, on va rester sur une lecture très superficielle de la chose, et surtout absolument pas évolutive. A part à un moment où la question du corps physique est posée, le rapport entre les deux personnages reste stable. Autre champ de possibilités : le film pose dès le départ du film la manière dont les Répliquants sont perçus par la faune humaine. Il aurait été possible de questionner du coup la frontière entre l’humain et l’artéfact en faisant évoluer cette posture. Mais non. A dire vrai la question est à peine traitée et se réduit finalement à la relation entre K et sa chef « Madame » ; relation qui n’évoluera pas significativement tout le long du film. On aurait pu aussi être en droit d’attendre que les personnages de Wallace et de Luv apportent aussi leur lot d’exploration en termes de questionnements, sensations, perceptions… Mais là encore non. Les personnages et les lieux propres à l’entreprise Wallace reviennent à plusieurs reprises, mais à chaque fois pour illustrer une même situation et un même discours, pour peu qu’on sache percevoir un discours dans les digressions aléatoires lancées par ce philosophe synthétique… En somme, on saura trouver pas mal de parcelles d’intrigues à l’état inerte dans ce film, mais jamais vraiment de fil de vie qui va permettre de mettre tout ça en branle. Alors certes, il y a bien cette histoire de Spoiler : bébé de répliquant qui peut être perçu comme le fameux fil central de l’intrigue. Mais pour le coup, ce fil est tellement tenu que des fois on ne voit plus. Il faut quand même attendre 1h40 pour que cet arc narratif déclenche chez le personnage principal un questionnement sur sa nature d’individu ! (Spoiler : Parce que oui j’ai vérifié. Entre le moment où K découvre le coffre avec le corps et le moment où cette découverte l’amène à se questionner sur sa nature, il a fallu 1h40. Véridique. Tout le reste n’est qu’étapes superflues d’enquête, le tout prétexte à d’interminables scènes d’exposition de personnages qui n’en finissent pas.) Alors après j’en entends déjà qui vont tout de suite venir à la rescousse de Denis Villeneuve sur ce point, vantant notamment ce choix courageux d’un tempo lent sur un film à gros budget. Alors certes, autant sur ce plan là ce n’est pas moi qui vais leur donner tort, autant par contre il ne faudra pas compter sur moi pour défendre cet usage là du tempo lent ! Un tempo lent a du sens quand celui-ci sert ta démarche. Là, en quoi ces 2h40 se justifient-elles ? A la fin du film, elles n’ont pas servies à grand-chose. Rien n’a bougé. Rien n’a vraiment été dit. Et surtout rien n’a été questionné. Et c’est là que, moi, j’en veux à Villeneuve. Ces 2h40 elles ne sont justifiées que par une chose : caser tous les plans qui ont été imaginés pour illustrer cet univers là. Là encore, Villeneuve pense son atmosphère seulement au termes de décors, de visuels, de musiques, et éventuellement de moments illustratifs, mais jamais en termes d’histoire humaine, de singularité de vie, de questionnements… Et je comprends pourquoi il fait ça. Il suffit de voir ses derniers films pour le comprendre. Soit Villeneuve ne sait que produire de la caricature conventionnelle en termes de personnages et d’intrigues, comme ce fut le cas dans « Prisoners » ou « Sicario », soit il se risque à produire quelque-chose de plus singulier mais dans ce cas là il s’emmêle totalement les pinceaux dans sa narration et sa cohérence, comme ce fut le cas pour son dernier « Arrival ». Là, pour ce « Blade Runner 2049 », Villeneuve a donc décidé d’opter pour la fuite du problème. Pas d’histoire, pas de problème. Moins on en dit, moins on se plante. Alors d’une certaine manière, c’est presque le choix le plus malin qu’il pouvait prendre parce qu’effectivement rien ne choque dans ce film (…à part peut-être Harrison Ford à qui l’âge n’a pas fait que des cadeaux, notamment sur son jeu d’acteur), mais d’un autre côté, le contre-coup de ce choix que le film en devient aussi incroyablement creux et superficiel. En gros, à faire un bilan des trois arcs narratifs, tous ne se résument au final qu’à peau de chagrin. L’arc principal est sûrement celui qui, en fin de compte, révèle le plus à lui tout seul toutes les limites de ce film. Il suffit juste de mettre en regard l’amorce et la conclusion de cet arc pour comprendre l’ampleur de la vacuité du truc. Spoiler : Au début, en trouvant le corps, on comprend qu’un répliquant a été capable de donner naissance à un bébé, lequel menace l’équilibre de ce monde. A la fin, bah on a juste trouvé le bébé et… c’est tout. Certes, au passage, un groupe de répliquants en a profité pour rappeler à quel point cela aller changer le monde (au cas où si on avait dormi lors de la première heure et qu’on avait pas saisi la seule information – d’ailleurs vague – de cet arc narratif.), mais en somme, il s’est passé quoi dans cet arc ? Bah rien… « Alors si, me diront certains, à un moment K s’est questionné sur sa nature de répliquant / humain quand il s’est dit que cela pouvait être lui le fameux bébé. » Oui c’est vrai… Au bout d’une heure et quarante minutes, je le rappelle. Et puis pour quelles conséquences franchement ? A part lui faire pousser un cri de rage puis lui faire perdre une partie de Kamoulox, qu’est-ce que ça change à son comportement ? Rien. Même chose pour l’arc Wallace / Luv. Spoiler : Au départ on nous dit : « Luv a un prénom, c’est qu’elle doit être particulière. » Or que découvre-t-on à la fin ? Bah rien. En fait on ne sait pas ce qui fait d’elle un répliquant particulier. D’ailleurs, dans son comportement, elle n’a rien de particulier. Ou plutôt si, en gros on nous montre que sa particularité c’est de se sentir particulière justement parce qu’on lui avait fait comprendre qu’elle l’était. Alors je ne redis pas : c’est intéressant (et je dis ça sans ironie aucune), mais encore une fois : 2h40 pour juste aboutir à ça et rien de plus ? En fin de compte, l’arc narratif le plus intéressant était peut-être celui qui liait K à Joi. C’est peut-être même d’ailleurs le seul arc qui parvient vraiment à se singulariser du « Blade Runner » original, puisque là se pose la question d’un amour « immatériel » pour l’autre. Du coup, quel blase de constater en fin de compte que non seulement Villeneuve traite clairement cet arc en périphérie de l’intrigue, mais qu’en plus il se limite à un simple ersatz de « Her. » Pour le coup, quiconque a déjà vu le film de Spike Jonze ne peut que pleurer de misère en voyant à quel point ce traitement de la question est ici pauvre et totalement superficiel. Et qu’au final ce soient ces mots là, « pauvre » et « superficiel » qui me viennent le plus régulièrement à l’esprit pour parler de ce « Blade Runner 2049 » moi je trouve ça plus que blasant ; je trouve ça désespérant. Et c’est d’autant plus triste qu’au milieu de toute cette mélasse sans âme, on peut parfois tomber sur quelques micro-moments qui sont de véritables bijoux de forme et de fond. Moi je pense notamment à trois scènes :Spoiler : la première étant la naissance d’un répliquant sorti d’un emballage sous-vide – très signifiante et esthétiquement sublime (dommage pour le coup que le propos qui suive soit un enchainement de banalités sans véritable finalité discursive…) ; la seconde est cette errance du personnage de K au milieu de statues féminines géantes des ruines de Las Vegas, comme autant de vestiges d’une période de jouissance mais aussi d’excès ; la troisième enfin est cette bagarre dans ce cabaret animé parfois d’hologrammes d’icônes pop révolues apparaissant succinctement comme autant de fantômes d’une humanité déchue. Trois scènes, trois claques. Vraiment… Mais bon, loin de me réconforter, le fait de savoir que quelques perles soient noyées au milieu de cet univers minéral sans âme, moi ça renforce davantage mon désarroi que ça ne l’atténue. Ralalah… Mais quelle tragédie que cette période mes amis ! Aujourd’hui, le grand spectacle doit donc se réduire soit à un déluge numérisé qui raconte n’importe quoi, soit à des claques d’esthètes comme celle-ci mais qui au final ne racontent rien. Le cinéma à grand spectacle est donc à ce point privé de pensée, de regard, de propos, de discours ?… Ah mais c’est triste. Blasant. Pire, c’est quand même très inquiétant… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Le Sens de la fête

Critique de Le Sens de la fête

   3 - Pas mal
La bande-annonce ne faisait pas rêver mais bon… Quand j’ai vu au générique les noms d’Eric Toledano et d’Olivier Nakache, je me suis dit que je pouvais quand même bien prendre le risque. Parce que bon, c’est vrai que même si on sortait du naufrage humanitaire qu’était « Samba », avant cette horreur là on avait quand même eu droit au superbe « Intouchables ». Or, pour moi, des Français qui font l’effort du rythme et de la mise en scène, ça ne se crache pas aussi facilement dessus. Et franchement, je suis content d’être allé le voir ce « Sens de la fête ». Alors c’est vrai qu’il n’y a pas de quoi crier au chef d’œuvre. D’ailleurs, au début du film, j’avoue que j’étais assez moyennement convaincu. Ce n’était pas ignoble, mais ce n’était pas ultra sexy non plus. Pour le coup, le parti pris formel était assez basique, sans grand génie, et l’écriture était assez attendue, usant souvent de gags téléphonés et de personnages à la posture assez caricaturales (le timide, le guignol, le neuneu, la vénère, le gars qui roule des mécaniques, etc...) En somme, rien de génial donc… Mais bon, ça passe quand même car, malgré tout ça, on sent l’envie du duo Toledano / Nakache de ne pas trop s’attarder sur les choses. Il a des choses à dérouler. Ça enchaîne vite. Il y a un tempo qui est fixé assez rapidement et surtout assez clairement. D’ailleurs le film a l’intelligence de nous plonger dedans tout de suite avec un « in medias res » aussi malin que le flash-forward « d’Intouchables ». Bref, ça tenait à pas grand-chose mais ça tenait tant bien que mal. A défaut d’être un film génial qui allait foutre la gaité dans mon cœur, au moins ce « Sens de la fête » parvenait à me détendre et savait au moins ne pas me prendre le chou. Et pour le coup, même si le reste de film n’a pas trop su faire évoluer mon sentiment à son sujet, malgré tout il a su dérouler sa mécanique de manière rusée, sachant tirer parti de tout ce qui pouvait être perçu comme un défaut. Parce que oui, avoir des personnages caricaturaux ça peut être un problème, mais ça présente aussi l’avantage d’être intégré par le spectateur très rapidement. Or, ça, le film sait jouer avec ça. Au final, ça ne pose même pas de problème car tous les seconds rôles sont finalement au service du seul et véritable personnage qu’est Bacri, encore une fois impeccable. L’autre grosse force de la démarche de ce « Sens de la fête », c’est qu’au fond, au-delà des caricatures, le duo Toledano / Nakache reste assez nuancé dans le traitement de cette étrange faune. Il n’y a pas vraiment de mépris de classe comme c’est souvent le cas dans le cinéma français. Chacun est moqué quelque soit sa position, et toujours d’une manière qui ne l’empêche pas à la fin d’être au final plutôt sympathique. C’est ce qui fait qu’au final, j’accepte volontiers l’absurde, la superficialité et le conventionnalisme de ce spectacle. Et comme tout cela est remarquablement rythmé (pourtant le film dure près de deux heures tout de même), et que tout cela se déroule dans une belle logique de dynamique à la fois individuelle et globale, moi je trouve que ça passe comme du petit lait. Alors certes, je ne vais pas vous vendre du rêve non plus. Je ne vais pas vous dire que j’ai été bouleversé par ce film ou bien qu’il que je considère qu’il réinvente la comédie française. Non. Rien de tout ça. Mais malgré tout, je trouve que ce film sait se constituer une qualité – toute simple – c’est celle d’être un film… sympa. Alors oui, pour certains, un film « juste sympa » ce n’est pas ce qui les fera grimper au rideau – je le conçois – mais pour moi c’est déjà une très belle qualité. Parvenir, dans le cinéma français, à faire un spectacle qui ne soit ni prétentieux, méprisant ou poussif, c’est déjà pas si mal. Franchement, moi, ça m’a détendu. Je suis ressorti de là le sourire aux lèvres en me disant que ça m’avait fait du bien de voir un film « sympa. » Moi, après tout, rien que pour ça, j’accepte de signer des deux mains. Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Happy End

Critique de Happy End

   0.5 - Nul
Désolé… Franchement, pour tous ceux qui me lisent régulièrement, je suis vraiment désolé… Troisième purge que je me bouffe en une semaine. Je vous jure que je ne fais pas exprès. Je ne suis pas en train de virer maso. C’était juste une sortie avec un pote et il a choisi le film… Il n’avais pas vu « Amour » ; il ne savait pas ce qui l’attendait le pauvre… Ainsi donc ai-je donc subi cette nouvelle œuvre signée Michael Haneke et, faute de plaisir, au moins en ai-je tiré un enseignement. On a coutume de dire en sciences que c’est au regard des répétitions qu’on peut juger de la pertinence d’un modèle théorique. Eh bien là, en enchaînant cet « Happy End » à la suite de son précédent « Amour », j’ai désormais suffisamment d’éléments en main pour confirmer aujourd’hui ce que je soupçonnais déjà hier. Ce que j’ai donc appris en voyant ce film, c’est à quel point Michael Haneke est devenu une caricature outrancière d’un type de cinéma qui est lui-même outrancier… Deux minutes de plan fixe à filmer une gamine ranger ses affaires, fermer la fenêtre et dire « ça y est je suis prête ». Une minute d’un autre plan fixe à regarder des gens commander des Cornetto’s à la plage. Trente secondes d’images immobiles à écouter un gars aller pisser et tirer la chasse d’eau en hors-champ. Trente autres secondes à regarder la soubrette fermer la porte au milieu d’un repas où tout le monde attend bien trois secondes entre chaque prise de parole… Ce temps, il sert à quoi ? Il apporte quoi ? Parce que c’est vraiment tout le concept du film : trois-quarts du temps utilisé dans ce film se résume à cet usage là : faire durer ces choses qu’on coupe pourtant traditionnellement au montage… Pourquoi le faire donc ? le fait-il parce que ça génère un espace sensoriel particulier ? Bien sûr que non. C’est fait justement parce que ça ne se fait pas. C’est fait parce que ça désincarne et ça aseptise tout. C’est fait parce que ça rend le film aride. Masochisme ? Non. Elitisme… Elitisme, parce que oui, pour ceux qui ne seraient pas (encore) convaincus que la culture sert parfois d’outil de ségrégation sociale pour la « classe dominante », je vous conseille fortement d’aller voir « Happy End » afin de parfaire vos convictions. (…Et oui, désolé : j’ai osé parler de « classe dominante » : ça doit être une réaction à mon récent visionnage du « Jeune Karl Marx »… Mea culpa !) L’aridité : le meilleur moyen pour faire fuir le bas peuple des salles. L’aridité, c’est l’outil ultime pour assurer l’entre-soi social. En cela, la seule bande-annonce a su à elle toute seule fournir son lot de garanties. Phrases vides de sens, tons inexpressifs, plans fixes apathiques : un must du genre. D’ailleurs, à bien chercher un propos dans ce film, il pourrait être celui-ci : le bas-peuple, au fond, c’est méprisable. La vitesse, le rythme, le montage, la musique : tout cela ce sont des artifices qui ne sont bons que pour les jeunes Youtubeurs qui n’ont rien à dire si ce n’est parler d’eux-mêmes de manière superficielle. La vitesse c’est le m’as-tu-vu. Internet ce sont les échanges grossiers où on ne sait plus faire de poésie… Alors qu’en face, il y a le vrai monde. En face il y a l’élite. Cette élite qui sait prendre le temps ; cette élite qui vit dans l’exposition longue ; cette élite qui traduit son raffinement par son articulation lente des mots, par ses silences de trois secondes entre chaque phrase… Le « chic so chic », c’est de savoir rester bourgeois – même à Calais – et de jouir de son confort et de ses laquais arabes comme au bon vieux temps de la noblesse d’Empire et des colonies. Parce que oui, avec « Happy End », on en est à ce niveau de caricature là. C’est tellement grossier et insistant que ç’en est juste… affligeant. Et dire que lors de la promo de ce film, Haneke a osé dire : « je laisse les clichés aux autres… » Mais pauvre garçon… Dire cela, c’est vraiment voir la paille dans l’œil des voisins et ne pas voir le séquoia qu’on a dans le sien. Parce qu’en termes de clichés de cinéma bobo-parisiano-élitiste, là on atteint des sommets. Pousser à ce point le curseur de l’aridité, persuadé qu’ainsi on se raccrochera au sommet de la culture d’élite, non seulement ça touche à l’absurde, mais en plus ça témoigne d’un mépris hallucinant pour les gens, pour le cinéma, et même pour la culture en général… Mais bon, le pire dans tout cela, c’est que je ne dis même pas ça sur un ton agacé ou colérique. Non, je suis juste consterné de constater jusqu’à quel niveau de médiocrité est tombé cet auteur qui – pourtant jadis – avait su réaliser « Benny’s Video ». C’est triste franchement, même si au fond j’avoue que ça ne m’en tirerait même pas une larme de crocodile… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Demain et tous les autres jours

Critique de Demain et tous les autres jours

   2 - Pas terrible
Bon… Peut-être que ceux qui sont habitués à me lire verront dans ces deux molles étoiles un nouveau témoignage de mon indifférence / exaspération / mépris à l’égard du cinéma français… Pourtant non. Cette fois-ci, ce sont deux étoiles de tristesse. Vraiment… Tristesse, pourquoi ? Bah parce que ça me blase que, pour une fois que je tombe sur un film français qui n’est ni hautain, conformiste, moraliste et hideux formellement, malgré tout ça ne passe pas… Et franchement ça me blase parce qu’il ne s’en fallait vraiment de pas grand-chose pour que ça passe me concernant. Il aurait juste fallu qu’il y ait… du contenu. Bah ouais, parce que sinon tout le reste ça va, franchement ! Déjà, l’histoire de base, moi, je la trouve malicieuse. Une relation d’amour entre une mère folle et sa fille, je trouve ça assez original, et la traiter du point de vue un peu rêveur de la gamine, je considère personnellement que ça dédramatise totalement ce postulat de départ qui aurait pu facilement virer dans le pathos bien lourd. Pour le coup, l’apport de cette chouette qui parle va dans le bon sens et enrichit clairement la démarche. C’est qu’en plus, rien de tout cela ne m’est paru prétentieux ou méprisant. Encore une fois, je ne peux que louer la posture de Noémie Lvovsky dans ses créations : ça se veux toujours simple, sincère, touchant… Il n’y a pas cette condescendance habituelle des films français qui veulent enrober leur souffrance dans un standing de haut-bourgeois. D’ailleurs, ça se ressent dans la forme. Sans être vraiment inventives, la composition des cadres, la photographie ou bien encore le son, sont très propres. C’est sobre et efficace. Et puis enfin, je ne pourrais pas non plus passer sous silence le très bon casting du film. Parmi les belles prestations, il y a déjà celle de Noémie Lvovsky ; celle de Mathieu Amalric aussi (et il y avait bien longtemps que Mathieu Amalric ne m’avait pas plu dans un film, donc merci !); mais surtout, il y a cette interprétation solaire de la petite Luce Rodriguez. Cette gamine rayonne comme jamais. Elle pétille et elle est juste dans son jeu à chaque fois. Ralalah ! Rien que pour elle, j’étais d’ailleurs prêt à m’enflammer pour ce film… Seulement voilà – comme je le disais plus haut – ces seuls éléments ne suffisent pas pour moi à faire un film plaisant. Et là, pour le coup, c’est donc l’enlisement qui a ruiné les efforts de ce film sur le long terme. Clairement… Ce film, il ne bouge pas. Il ressasse sans cesse les mêmes situations sans réelle progression, laissant au passage de côté tous les éléments qui pouvaient donner sa pate à cette intrigue. La chouette parlante est par exemple très peu exploitée en fin de compte : elle arrive assez tard ; interagit finalement très peu avec l’intrigue ; et s’efface très vite se transformant rapidement en un simple élément décoratif. D’ailleurs, je m’étonne qu’au final, cette dimension liée à l’imaginaire de la jeune Mathilde soit à ce point marginalisé. (Spoiler : Pourquoi le passage lié au squelette Oscar ne bénéficie-t-il pas d’un traitement similaire à celui de la chouette ? Pourquoi un regard extérieur cette fois-ci alors qu’avec la chouette on nous faisait vivre le dialogue intérieur de la petite ? Mystère…) Au final, quand on arrive au bout de l’heure et demie de film, on se rend quand même compte qu’il n’y a eu finalement pas grand-chose de raconté là-dedans : pas beaucoup de phases différenciées ; pas beaucoup d’étapes dans l’évolution de la relation mère-fille ; juste une intro et une conclusion à bien y regarder… Et c’est là pour moi que ce film est triste. Parce qu’on pourrait se poser la question du « pourquoi ce choix ? » Or moi je pense que la réponse est assez désolante d’une certaine manière. Je ne pense pas que Noémie Lvovsky ait vraiment fait eu le choix. J’ai plutôt l’impression qu’elle a subi ses propres limites. Parce que oui, ce n’est pas dans la culture du cinéma français que de gérer des univers fantasmagoriques. Ce n’est pas non plus dans la culture du cinéma français que de penser un univers ou une histoire en termes de densité. Du coup, bah quand on est une réalisatrice française et qu’on s’attaque à ce genre de démarche, eh bah on n’est pas très à l’aise avec. Pour moi ce n’est pas un hasard si au final la chouette se révèle plus être un détail de l’intrigue plutôt qu’un élément central. Si c’est ainsi fait, c’est tout simplement parce que Noémie Lvovsky ne savait pas comment développer ça tout en restant fidèle à son propos et son atmosphère ! Très rapidement, elle est retournée vers ce qu’elle savait faire ; vers ce qui lui était familier… Elle est retournée vers ce qui fait que le cinéma français est si… français. Et c’est dommage donc. Parce qu’au final, quand je regarde la bande-annonce du film, je trouve que c’est un meilleur film que le long-métrage en lui-même. Après tout, tout est déjà là, ne manque que le final. Donc oui, je suis triste. Parce que dans une autre culture cinématographique, elle aurait certainement pu s’épanouir autrement cette chère Noémie Lvovsky… Après, quand je dis ça, je ne fais qu'exprimer mon point de vue. Il a aussi ses limites. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Le Jeune Karl Marx

Critique de Le Jeune Karl Marx

   0.5 - Nul
Pfff… Je ne sais pas quoi dire… Moi ce genre de films là, ça me sidère… Tu fais un film sur Karl Marx et tu décides de faire l’impasse sur sa philosophie… Ça, je ne COMPRENDS pas. Le pire c’est que ce n’est pas comme si le film s’était interdit de parler politique parce qu’il voulait éviter le blablatage. Non, même pas. Ce film, c’est du blablatage de long en large. Quand bien même il aurait su retranscrire avec intelligence la pensée marxiste ou bien même – à défaut – brosser la structuration des mouvements ouvriers j’aurais déjà trouvé que c’était un gros problème. Parce que pour moi, un biopic doit savoir aller au-delà de la simple resucée de page Wikipedia. A un moment donné, l’art oblige à incarner des personnages et une époque. Ça doit passer par des artifices scénaristiques. Ça doit passer par de la chair, de l’émotion, des enjeux… Là, on a juste à faire à un premier quart d’heure qui essaye de se débattre comme il peut avec une introduction imagée puis à une relation amoureuse assez plate entre Karl et Jenny (avec en guise de cerise sur la gâteau la traditionnelle scène de coït qui tombe à plat car elle n’est absolument pas l’aboutissement d’une tension sexuelle traduite précédemment à l’écran. Le fail classique quoi…) Et puis après ce premier quart d’heure là, les efforts disparaissent. On rentre très rapidement dans le schéma plan-plan : Karl rencontre ses potes philosophes pour philosopher OU Karl est avec sa famille, confronté à la nécessité de l’entretenir. Autant dire que c’est vraiment l’application la plus basique et la plus poussive du biopic qui soit… Mais bon, comme je le disais plus haut, le pire n’est pas là. Le pire c’est qu’en plus de tout ça, le marxisme est finalement le grand absent du film. C’est même totalement dingue de constater comment ce film avance tout en excluant très rapidement les ouvriers et les idées de ses centres d’intérêts. A la place, on se retrouve avec une seule lecture évènementielle de sa vie, dépourvue de toute chair et de toute idée, un peu comme une adaptation pourrie du « Seigneur des Anneaux » qui n’a pas compris que l’intérêt du bouquin se trouvait dans la description de l’univers et non dans le récit superficiel des étapes du parcours… Ainsi voit-on dans ce film un Proudhon et un Marx jouter souvent ensemble mais sans vraiment rentrer dans les détails. Au bout d’un moment, on se retrouve carrément avec les deux gars qui se fightent par bouquins interposés, les fameux « Philosophie de la misère » contre la « Misère de la philosophie » ; mais à aucun moment le film ne nous prend la peine de nous expliquer le contenu des deux ouvrages. On a juste droit à la place à une femme qui expose aux gens que Proudhon a écrit le premier et que Marx l’a désossé avec le second. Comment ? Avec quel résultat final ? Bah ça on n’en saura jamais rien. Le film fuit tellement son sujet qu’à la fin, quand j’ai entendu pour la première fois le mot « communisme », je me suis carrément surpris à me dire « Ah mais oui c’est vrai qu’on me parle du Marx qui est à l’origine du marxisme ! » Et là, j’en suis venu à me demander qu’est-ce qui a pu passer à l’esprit de Raoul Peck quand il s’est lancé dans ce film… Parce que bon, qu’on ne sache pas retranscrire un débat d’idées en situations concrètes et incarnées, ça encore je peux le comprendre. Effectivement ça nécessite un talent et une créativité que tout le monde n’a pas forcément. Mais par contre, vouloir faire un film politiquement correct et absolument pas subversif en choisissant comme sujet Karl Marx, là, moi, je ne comprends plus du tout la finalité de la démarche. Là on n’est plus dans l’absence de talent, on est carrément dans la stupidité pure et dure. Non mais oh quoi ! Marx sans politique ? Mais c’est comme vouloir faire une adaptation de « Fifty shades of Grey » au cinéma qui soit seulement interdite aux moins de 12 ans ! (Euh.. Ah oui c'est vrai...) Alors OK, au moins ça sait poser une caméra sur un trépied, ça sait faire jouer ses comédiens pas trop gauchement et ça fait une photographie pas trop hideuse. Mais après ? Quand l’idée de base est déjà moisie dès le départ, plus rien ne peut la sauver. Du coup, vous l’aurez compris, moi des films comme ça, je les range sans scrupule aucun aux côtés des gros nanars qui, non seulement n’apportent rien, mais qui en plus font plus de mal qu’autre chose. Parce que bon, réduire Marx à cette espèce de peinture bobo sans fond ni âme, c’est un peu comme faire fabriquer des T-shirts Che Guevara dans des usines de fringues au Viet-Nam : plus qu’un contresens, ç’en devient une hérésie… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Mon Garçon

Critique de Mon Garçon

   0.5 - Nul
Tourné en six jours seulement, avec un acteur principal qui découvre le script en allant : voilà donc les informations qu’on nous a livré pour vendre ce « Mon garçon » de Christian Carion… « Chouette » j’ai eu envie de dire dans un premier temps. C’est culotté, c’est inhabituel, c’est intrigant. Mais la vraie réaction qu’il aurait fallu que j’ai à l’écoute de ces informations ça aurait dû être « Et alors ? Qu’est-ce que ça change ? » Parce qu’après tout, quand je me déplace au cinéma, c’est surtout dans l’espoir de tomber sur une expérience de visionnage ; pas une expérience de tournage. A dire vrai, le tournage, à la base, on s’en fout un peu. Ce n’est que si certaines scènes nous saisissent pendant le visionnage qu’après on peut être intrigué par le tournage. Et pour le coup j’aurais dû trouver ça intrigant que Carion communique de cette manière sur son nouveau film. Pas de mise en avant des particularités de son histoire, de son atmosphère ou bien encore de ses expérimentations formelles. Non, à la place de ça : il nous parle des particularités de son tournage… Et à bien y réfléchir – avec le recul – je dois bien reconnaître c’est plutôt malin (fourbe mais malin), parce qu’à la base, moi, je n’avais effectivement pas trop envie de le voir ce film avant de connaître cette anecdote. L’affiche, le pitch, l’auteur : rien ne me donnait envie de le voir ce « Mon garçon ». Ça avait l’air tellement plat et convenu… Du coup, cette info, elle a clairement su jouer un rôle de teasing me concernant. Mieux, elle a même cherché à jouer un rôle d’excuse anticipée. C’était un peu comme si on m’avait dit avant le visionnage : « Bon tu sais, dans un souci d’authenticité, ce film, on l’a un peu fait à l’arrache. Donc bon, va falloir le prendre aussi en compte… » Oui, c’était malin je l’avoue. Mais c’est loupé. C’est loupé parce que moi j’ai tendance à ne juger un film qu’au résultat final. Or, au final, moi, on m’a servi une intrigue ultra bateau d’un père cherchant son fils kidnappé. On m’a servi des ressorts scénaristiques ultra-grossiers. On m’a servi un jeu d’acteur lamentable (Guillaume Canet, Xavier de Benoist et Mohamed Brikat rivalisent tous les trois en fausses notes : c’est hallucinant). On m’a servi des cadres et une image vraiment dégueulasses. On m’a servi des péripéties de plus en plus caricaturales, incohérentes et téléphonées. Et tout ça se finissant dans un festival d’absurdités et d’erreurs techniques grossières… Alors bon, je dois réagir comment moi face à ça ? Je suis sensé dire : « le résultat est vraiment lamentable en termes de cinéma mais bon, au vu des contraintes fixées : franchement chapeau » ? Woh ! Non mais t’es sérieux Christian là ? Moi je ne demande pas à ce que les réalisateurs se refilent des contraintes ! Quel est mon gain moi là-dedans ! S’il t’avait fallu deux mois de tournage de plus afin d’avoir une image de meilleure qualité, des dialogues moins transparents et répétitifs, et surtout afin d’éviter des faux raccords épiques, mais moi j’aurais adoré que tu les prennes tes deux mois ! Pour moi le prix de la place est le même au final ! Non mais oh Christian ! La dernière fois qu’on a vu un film oublier d’expliquer les vraies raisons de sa péripétie principale c’était « Divergente 2 » en 2015 ! La dernière fois qu’on a vu un film passer du jour à la nuit en moins de dix minutes intradiégétiques c’était dans le « Conan » de 2011 ! Non mais moi, je serais toi Christian, je me cacherais en constatant que, techniquement et scénaristiquement parlant, je range mon film à côté de ces deux étrons là ! Non mais c’est quoi franchement cette excuse à la con qui consiste à dire « je n’ai pas fait mon film rigoureusement mais bon c’est parce que j’avais envie de battre un record de rapidité lol ! » Ça n’a pas de sens ! Fournir un film de ce niveau là, sincèrement je trouve que c’est franchement une honte. C’est une honte parce que c’est du mépris. C’est du mépris à l’égard des arts et les techniques du cinéma. C’est du mépris à l’égard d’autres films plus rigoureux qui ne trouveront pas de salles parce que ce truc là leur aura pris la place. Et surtout, c’est du mépris à l’égard des spectateurs qui ont pris la peine de se déplacer pour voir ça… Alors certes, il y en a peut-être qui savent se satisfaire d’un film comme celui-ci qu’on dirait écrit et filmé par un gamin de seize ans qui s’est fait recalé d’une option audiovisuelle de lycée, mais moi je reste convaincu que ces mêmes spectateurs bien conciliants n’auraient sûrement pas craché contre davantage de rigueur, de savoir-faire, et surtout d’originalité. Pour eux, au pire ça n’aurait rien changé, mais pour des gens comme moi, au moins, on ne m’aurait pas gâché une heure et demie de mon précieux temps. Franchement ce film, c’est un vrai scandale… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Ça

Critique de Ça

   3 - Pas mal
Le roman de Stephen King ? Pas lu. Le téléfilm en deux parties de 1990 ? Pas vu. Mon niveau de motivation pour aller voir ce film ? Zéro… Seulement voilà, surpris par la hype qui s’est mis à monter autour de ce film, j’ai fini par me dire que cela valait peut-être la peine de me faire mon propre avis. Ainsi, c’est peut-être dans les meilleures conditions que je suis allé voir cette mouture 2017 : pas d’attente, pas de vision préconçue de l’œuvre, pas de sanctuaire à profaner… Et donc, j’avoue qu’au final, moi aussi j’en suis ressorti satisfait. Pourtant, je dois bien reconnaitre que le sentiment que j’ai eu face à ce « Ça » m’a un certain temps intrigué. Le film ne m’a pas effrayé (ce qui est un comble pour un film d’épouvante), il ne m’a pas surpris non plus, pire il n’a pas vraiment imprimé quoi que ce soit de spécifique dans mon esprit. Seulement voilà, je pense que ce n’est pas cela qui fait la force de « Ça ». Et aussi paradoxale cette affirmation pourra paraître, je pense que ce serait une grossière erreur que d’aller voir ce film dans l’espoir d’avoir peur ou de se voir révéler une œuvre singulière. Parce qu’au fond, « Ça » n’est pas vraiment un film d’épouvante. A bien y faire attention, c’est bien davantage un film d’atmosphère. Moins que l’œuvre de Stephen King ou le personnage éponyme de l’œuvre, le vrai sujet de ce film, pour moi, c’est le cinéma des années 1980. Certes il y a bien les BMX, fringues improbables et autres mulets, mais il y a aussi et surtout cette grammaire assez caractéristique de cette époque et que l’on retrouve ici. Pas de jumpscares à gogo, de musiques criardes ou de shakycams : tout repose sur les physiques et les maquillages, les lumières et les ombres, ainsi que sur une logique d’introduction progressive et par étape de la menace dont il est question. Or, si on ne prend pas ce « Ça » comme un film qui cherche absolument le frisson mais plutôt comme un film qui cherche à poser une atmosphère, eh bien il faut quand même bien lui reconnaître que son dispositif est cohérent, soigné et – si on y est sensible – efficace. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié qu’Andy Muschietti fasse le choix de scènes propres et lisibles au profit de scènes nerveuses et sensationnalistes. Les moments qui m’ont d’ailleurs le plus marqué sont les moments qui se sont révélés les plus iconiques : Spoiler : l’enfant sans tête qui marche sans direction précise dans la bibliothèque, ces corps flottant autour du cirque de Ça ; ou bien encore ce plan assez incroyable où la caméra suit les mouvements de bras du clown tandis que la tête en son centre reste immobile de manière très perturbante. Alors certes, tout ça se fait au désavantage d’une véritable ambiance malsaine et suffocante. Mais après tout pourquoi pas ? Pourquoi un film d’épouvante se devrait-il forcément de chercher à pousser au plus loin les limites de la peur ? Le « Ça » de 1990 n’avait pas la réputation d’être un film très flippant non plus. Vouloir faire un film assez confortable sur ce point là, pour moi n’est pas si incohérent ni improductif que cela. Voir un film qui se contente juste de mettre en place une atmosphère d’épouvante sans forcément rentrer dans une mécanique de flip intégral, ça peut avoir son intérêt aussi. Moi en tout cas je m’y retrouve entièrement. Après, malgré tout ça, je ne vais pas non plus vous mentir : « Ça » n’a pas grand-chose de plus à proposer que ce postulat que je viens d’énoncer. Dans l’ensemble, ça reste du grand classique sans véritable surprise ni patte singulière. A vouloir trop reconstituer un film des années 1980, « Ça » réinvestit des codes que tous les habitués du genre connaissent forcément. Et ce n’est pas sur le domaine du propos ou des personnages que le film a cherché à se démarquer. Bref, « Ça » ne surprendra pas, loin de là. Cependant, un peu dans la lignée de la récente série « Stranger Things », je reconnais à ce film un pouvoir certain à mettre en place une atmosphère qui a de quoi séduire et dont beaucoup pourraient se contenter. Moi en tout cas, je m’en suis contenté. Bien que modéré, mon plaisir a été réel face à ce film. Et je trouve qu’en ces temps de tristesse cinématographique, ce n’est déjà pas si mal que « ça »… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Précédente Suivante
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
  • ...
  • 291