lhomme-grenouille    

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Coco

Critique de Coco

   5 - Chef d'oeuvre
En 2013, après le rachat tout frais de Pixar par Disney et les sorties concomitantes du douteux « Rebelle » et la triste exploitation de la licence « Planes », j’avais écrit un article acerbe contre le studio à la lampe, annonçant même sa mort artistique… Bon bah voilà qu’en 2017, deux ans après « Vice-versa », Pixar sort ce « Coco » ; le film qui démontre à quel point j’étais totalement à côté de la plaque. Moi, au sortir de ce film, je n’ai qu’une seule chose à dire : « chapeau ». Chapeau parce qu’au lieu de s’être laissé polluer par l’esprit réac de chez Disney, Pixar a au contraire su persévérer dans son audace formelle et discursive, tout en emportant la petite souris Mickey dans son sillage. Et pour le coup, ce « Coco » en est quand juste l’incroyable et lumineuse illustration. A une époque où on a tendance à tout lisser / édulcorer / simplifier sous prétexte qu’il ne faut pas brusquer / choquer / bousculer pour plaire au plus large public ; ce « Coco » prend ici le parti opposé en se posant la question dans l’autre sens. Qu’est-ce qui n’a pas encore été exploré ou raconté ? Qu’est-ce qui n’a pas encore déjà été dit dans une logique de spectacle pour toute la famille ? Quel univers visuel n’a pas encore été inventé ? Cette démarche là, c’est une démarche qui manque trop au cinéma d’aujourd’hui. Cette démarche là – et n’en déplaise Jean-Michel Frodon – ça s’appelle une démarche d’artiste. Oui, les petits gars de chez Pixar sont des artistes, et pour moi toute cette série de prises de risque et de contrepieds par rapport aux attentes face à ce genre de spectacle le démontrent bien. Oser parler de la mort : première audace. Oser le faire au travers d’une culture qui n’est pas dominante au regard des critères américains en vigueur : deuxième audace. Oser en profiter pour questionner cette institution intouchable qu’est la famille : troisième audace. Et tout ça pour creuser des sujets comme le deuil, l’oubli ou bien encore la transmission… Ça, déjà, c’est avoir des « cojones »… Mais encore faut-il avoir le talent de ficeler toutes ces prises de risques en un film qui sache à la fois conquérir sans diviser et émouvoir sans sombrer dans la facilité. Et là, franchement, je dois avouer mon admiration inconditionnelle aux équipes qui ont été ici dirigées par Lee Unkrich et Adrian Molina. TOUT marche. Et ça marche parce que le fond et la forme sont incroyablement cohérents. L’opposition jeunes / vieux ; famille / individus ; tradition / émancipation ; sagesse / passion est ici posée et incarnée dès les premières minutes au travers de cette idée très judicieuse qu’est l’utilisation de la fête des morts comme cadre de cette histoire. Alors certes, ce début nous annonce quelque-chose de très classique comme schéma de résolution, mais au moins ça a le mérite de poser très rapidement et très clairement les choses, sans perdre de temps comme avait pu le faire à ses dépends « Cars 3 ». Et si le classicisme aurait pu être un souci, ici ce n’est pas le cas car, très rapidement, « Coco » dépose une flopée de nouvelles idées, couche par couche, au point de nous emmener progressivement vers quelque-chose d’assez unique en son genre. D’ailleurs – franchement – si vous pouvez aller voir ce film sans rien en savoir comme ce fut mon cas, vous risquez de vous régaler tant ce film est riche en surprise et n’arrête jamais d’enrichir les choses qu’il traite. La créativité se retrouve partout. Chaque plan est l’occasion de trouvailles visuelles, de références culturelles, de détails raffinés et succulents. Et si d’ailleurs le film s’était contenté simplement de faire ça, je l’aurais déjà trouvé génial, mais en plus de ça, il a fallu que le duo Unkrich / Molina ait poussé leur exigence jusqu’au fait d’apporter de nombreux retournements de situation qui, loin d’être superflus, savent apporter sans cesse une dimension de plus en plus subtile à notre compréhension de l’intrigue. Ainsi faisant – forcément – ce « Coco » débouche sur un final qui n’a rien à envier à celui de « Vice-versa » : touchant, sincère et humble. Que ce film sache d’ailleurs réinvestir les questions de la famille et de la tradition sans passer par la case ultra-réac, ça apporte aussi une véritable fraicheur et ça comble un manque ; incontestablement. Et dire qu’avant d’aller le voir ce « Coco » je trainais les pieds ! Et tout ça parce que la seule chose que j’en avais vu, c’était un simple encart « publicitaire » d’Allociné qui montrait l’image d’un gamin jouant de la guitare avec le titre : « Coco : un pas de plus vers la diversité des personnages. » Fort heureusement, « Coco » n’est pas ce film cochant des cases qu’Allociné semblait vouloir nous vendre. Et si c’est l’idée que vous vous en faites, alors apprenez que non – justement – « Coco » c’est tout l’inverse. Il est un film audacieux et créatif qui va là où personne n’ose aller aujourd’hui, mais tout en maintenant un niveau d’exigence formelle absolument irréprochable. Moi qui désespérais depuis le début de cette année d’avoir un film qui sache m’émouvoir, me transcender et me bousculer en profondeur, et bah en tout cas me voilà maintenant servi. Donc merci Pixar. Mille fois merci. Et encore une fois : « bravo ». Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Battle of the Sexes

Critique de Battle of the Sexes

   1 - Très mauvais
Aïe aïe aïe… Ces derniers temps j’aimais bien ce qu’il faisait ce duo Jonathan Dayton / Valerie Faris (« Little Miss Sunshine », « Elle s’appelle Ruby »), mais là, j’avoue que je suis passé totalement à côté… C’était même tellement violent que ce fut une question que je me suis régulièrement posée durant la projection. « Mais pourquoi je ne suis pas dedans là ? C’est quoi qui bloque ? » Parce que bon, difficile de reprocher au duo Dayton / Faris de faire des fautes de goût. On a affaire ici à un casting de choix, à une histoire assez insolite et tout cela au service d’une question sociétale d’actualité... Etrange, ça devrait marcher… Sauf que non, en fait, quand j’y réfléchis bien, le cinéma, ça ne marche pas comme ça. Il ne suffit pas d’additionner des trucs sympas pour que ça donne un ensemble cool. L’ensemble ne deviendra cool que s’il y a cet élément-clef qui fera que l’amalgame va se constituer et fonctionner. Et ce n’est pas évident de définir quel est cet élément-clef, mais pour moi c’est évident que « Battle of the sexes » ne l’a pas du tout. Quand j’ai vu ce film, je n’ai pas vu l’histoire incroyable de Billy Jean King. J’ai vu Emma Stone portant une perruque et des lunettes en train de jouer Billy Jean. J’ai vu le duo Dayton / Faris filmer le tout avec la photo et le classicisme des années 70, et j’ai vu chacun lire péniblement les lignes d’un scénario qui était là pour nous expliquer scolairement à quel point c’est pas cool et pas juste que les femmes soient moins payées que les hommes ; à quel point les arguments justifiant ces inégalités sont fallacieux ; et surtout à quel point Billy Jean était une héroïne pour son époque… Ah oui et puis ce n’est pas tout ! C’était aussi super cool que Billy Jean elle soit aussi lesbienne et qu’elle ait finie par l’assumer ! Rah ça ! Qu’elle héroïne en avance sur son temps ! Au regard des combats d’aujourd’hui, il semblait effectivement indispensable de faire un film sur elle pour rappeler à quel point les acquis d’aujourd’hui et/ou de demain, on les doit grâce à ce genre de personnages et de combats ! …Alors moi, je ne demande qu’à être convaincu. A dire vrai je l’étais déjà avant de voir le film. Pourtant ce film m’a gonflé comme jamais parce que, malheureusement, je pense qu’il ne se réduit qu’à ça. C’est un propos et une cause à défendre qu’on s’est simplement contenté de mettre en image sans avoir su trouver le petit ingrédient qui allait permettre à cette intrigue de vraiment prendre vie. Parce que si on prend les deux précédents films du duo, « Little Miss Sunshine » et « Elle s’appelle Ruby », il y avait certes un propos dans les deux films ; l’un sur le rejet du conformisme au modèle américain, l’autre sur les attentes portées sur une relation amoureuse. Mais si ces deux propos ont fonctionné sur moi, c’est surtout parce qu’il avait su prendre vie au travers d’un artifice qui me permettait de cheminer dedans. « Little Miss Sunshine » nous avait embarqué dans un mini-van peuplé de personnages excentriques que j’étais amené à découvrir et – indirectement – à juger. Face à ce film, j’étais dans un processus dynamique. Et le fait que chaque personnage oscillait en permanence entre le pathétisme et une authenticité touchante, cela rendait notre jugement difficile. On était sans cesse en train de reconsidérer la chose. Bref, on était en train de VIVRE à l’intérieur de cet univers. Et même chose pour « Elle s’appelle Ruby » au fond ! En nous plaçant dans la peau de l’écrivain qui a la possibilité de réécrire sa relation amoureuse et – mieux encore – de choisir les caractéristiques de sa partenaire, il nous pose face à une question qui nous interpelle forcément tous : « nous, que chercherions nous à faire en pareille situation ? » Dans cette situation aussi, nous sommes également actifs. Nous prenons PART dans l’intrigue. Ici, dans cette « Battle of the sexes », il n’y a aucun artifice qui nous permet de questionner ou de vivre quoi que ce soit. Bah oui, Billy Jean a l’air d’être une fille chouette : à aucun moment j’ai envie de discuter sa position. Bah oui, elle est légitime dans son combat. Bah ouais, elle est légitime dans son orientation sexuelle… Si bien que tout le film se déroule sans qu’il nous offre la possibilité de nous impliquer dedans. Il n’est plus une expérience sensorielle ou intellectuelle, il est juste du discours… ET quand on me cale près de deux heures d’un discours sans aspérité, auquel je n’ai rien à redire, eh bah moi je m’ennuie grave. C’est tout le problème selon moi à faire des films-plaidoyers comme celui-ci : comme on ne veut surtout pas donner des arguments aux détracteurs de ceux qui s’opposeraient à la cause qu’on entend défendre, alors on a tendance à faire un film univoque, sans relief, sans marge laissée au spectateur pour qu’il questionne, juge, ressente… Pour moi, ce film, il reproduit une erreur classique et répandue ; une erreur qui le rend à mes yeux totalement insignifiant et inintéressant au possible. Dommage… Venant de Jonathan Dayton et de Valerie Faris, je m’attendais à bien mieux… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Thelma

Critique de Thelma

   3 - Pas mal
A bien y réfléchir, je ne lui trouve rien d’extraordinaire à ce « Thelma ». Et pourtant, de manière assez étonnante, je ne peux m’empêcher de l’apprécier… Bon après, il faut bien reconnaitre que l’ami Joachim Trier sait faire ce qu’il faut pour nous intriguer dès le départ. Cette introduction : mais « miam-miam » quoi… Quel régal ! C’est beau, et surtout ça intrigue. Dommage qu’après une telle entrée en matière, l’intrigue mette autant de temps à se développer. Parce que bon, entre les pouvoirs surnaturels du personnage principal qu’on nous fait deviner d’un côté et de l’autre la tension sexuelle refoulée qu’on nous amorce, on est quand même en terrain très connu, si bien que le temps m’a paru vraiment bien long lors de toute la première demi-heure. Mais bon, comme je le disais plus haut, même si la démarche est classique et connue, je trouve malgré tout que l’habilité de la mise en scène rattrape le tout. Pour le coup, je trouve que dans ce film – oui – il y a une vraie tension sexuelle qui se transmet au spectateur. Moi en tout cas, concernant la scène de l’opéra d’Oslo, je peux vous dire que j’étais bien en phase avec l’héroïne ! C’est que Trier, à défaut de réinventer les choses, a au moins le mérite de savoir faire preuve d’élégance, de retenue et de maîtrise du rythme. Chaque moment d’exploration du plaisir est orchestré de telle manière à ce que les sensations ressenties et exprimées par l’actrice principale soient au cœur de la scène, aussi bien dans le domaine du visuel que dans celui du sonore. Trier sait aussi habilement faire monter lentement les moments sulfureux, sachant user parfois d’images très suggestives mais sans jamais tomber dans une sorte d’insistance vulgaire. Et à dire vrai, tout le reste du film est finalement à l’image de ces scènes de tensions sexuelles là. Car au fond, ce film est un fait un film sur la tension sexuelle refoulée ; sur un personnage en plein affirmation de son moi mais qui se retrouve castrée par le cadre parental. Le parallèle entre la sexualité / l’affirmation de soi / la pulsion et les pouvoirs surnaturels n’est pas nouvelle en soi, mais là encore c’est la maitrise du traitement qui fait que ça passe. Au final le film dure près de deux heures, et je ne me suis jamais ennuyé. Je trouve que la dynamique de l’intrigue, bien que lente et prévisible, sait se développer sans véritable arrêt. Et le final parvient à aboutir sur un équilibrage assez sympa entre une vision assez flippante d’un côté et revigorante de l’autre qu’on peut se faire d’un personnage central enfin sorti de sa chrysalide et qui va enfin pouvoir pleinement pouvoir sa propre individualité. Bah moi, franchement, ça me va. Ce « Thelma » ce n’est pas la révolution, mais c’est un spectacle sympa et bien mené… Et moi ça me va… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Justice League

Critique de Justice League

   0.5 - Nul
Je vais vous faire un aveu tout de suite histoire de ne pas vous la faire à l’envers concernant mon avis sur ce « Justice League » : je n’avais aucune envie d’aller le voir ce film ! Qu’il s’agisse de « Marvel Cinematic Universe » ou de « DCEU », je n’ai jamais su trouver mon compte dans ces produits essentiellement formatés pour faire du fan-service jusqu’à plus soif… Alors oui, j’aurais pu passer mon chemin et laisser aux afficionados le plaisir de retrouver leurs héros adorés. C’était d’ailleurs le plan initial ! …Mais une fois de plus, je me suis laissé prendre dans un traquenard. C’est tout le problème à être trop conciliant : on ne veut pas imposer aux autres un choix risqué, donc on mise sur le consensus ; sur ce qui sera le plus à même de plaire au plus grand nombre. Après tout, un film de super-héros avec plein d’effets visuels, c’est le genre de fresque qui détend, qui en met plein les mirettes et qui ne prend pas la tête, non ? …Bah non justement. Moi ça ne me détend pas. Ça m’énerve même. J’avoue d’ailleurs que je reste toujours éberlué par tous ceux qui se retrouvent dans ce genre de spectacle. Alors après, attention : ce n’est pas le fait de savoir se contenter d’un petit spectacle fun et divertissant avec les super-héros de notre enfance que je remets en cause. Oh que non ! Ce que je remets en cause c’est cette forme indigeste dont on semble ici se satisfaire. Les effets-spéciaux sont hideux, les situations exposées ridicules et l’intrigue autant famélique que resucée. Non mais franchement les fans hardcore : vous n’en avez pas marre de vous ramasser UNE FOIS DE PLUS une intrigue à base de cube magique extra-terrestre ? Non parce que bon, après « Transformers » et « Avengers » ça pourrait faire un peu beaucoup non ? D’ailleurs le schéma à base de gros méchant lambda en mode Loki/Ultron/Doomsday qui n’est là que pour justifier une mise en action des héros, ça ne vous gonfle pas à force non plus ? Je ne sais pas moi : avec la trilogie « Batman » de Nolan, le « Watchmen » du même Snyder ou bien encore les « X-Men » de Bryan Singer ou de Matthew Vaughn, on a quand même eu l’occasion de démontrer qu’on pouvait exprimer les talents de héros autrement qu'en les forçant à nous sauver d’un super-méchant juste là pour asservir / détruire / exploiter la Terre ! On peut lutter contre des injustices sociales, intervenir dans des conflits éthiques ou bien tout simplement cheminer le long d’un parcours initiatique personnel ! Bon bref, on peut se risquer à parler de quelque-chose quand même là ! Idem, on pourrait aussi attendre qu’on construise quelque peu les personnages ; ou du moins qu’on aille au-delà de ces multiples dialogues balourds qui s’efforcent de faire de l’exposition avec autant de finesse qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine ! Non mais franchement ! Un tel niveau d’aseptisation et de non-création ç’en devient presque épique ! Parce que là, du coup, à vouloir absolument éviter tout ce qui pourrait être clivant / réflexif / singulier / créatif, on se retrouve au final qu’avec un gros tas de références comics et quelques bouts de ficelles bien grossiers pour relier le tout. Et autant dire qu’il va falloir y adhérer tout de suite parce que le film ne fera aucun effort pour suspendre notre incrédulité ! Ainsi doit-on accepter sans rechigner la présence de libellules aliens, d’Amazones en jupettes, d’hommes-torpilles, de l’Atlantide, de cyborgs avec pleins de loupiottes hideuses qui luisent de partout, de lassos qui font dire la vérité, de boîtes magiques extra-terrestres, de téléportations à usage aléatoire et de résurrections réalisées en mode « ta-gueule-c’est-magique » ! S’il était sorti dix ans plus tôt, un tel film se serait retrouvé directement estampé du qualificatif de navet et cela sans même discuter. C’est moche, c’est stupide, c’est ridicule : tous les ingrédients de la bouse cinématographique sont cochés. Mais bon, visiblement quand il s’agit du « MCU » ou « DCEU » ça passe crème. Bah oui, tu comprends, après tout c’est conforme aux codes fixés par ces univers, donc c’est forcément acceptable ! …Moi ce genre de raisonnement, je trouve ça dingue. Et qu’en plus ça marche, ç’en devient juste ahurissant. J’ai presque envie de dire que, sociologiquement, ça mériterait carrément une étude. Finalement qu’importe la grammaire qu’on s’est tous forgés à force d’interactions entre des centaines de milliers de films et de milliards de spectateurs. Maintenant tout fonctionne en vase clos. Il suffit juste de prendre un code quel qu’il soit, de le répéter de multiples fois à l’identique, et ça devient un code en soi qu’on accepte non par parce que ça permet de développer chez nous notre exploration du sens, de la sensation et de l’expérience mais juste parce qu’on nous y a habitué… Alors soit, après tout pourquoi pas. Moi je ne veux bousculer personne dans son petit confort et ses habitudes. Si un royaume de CGI dégueulasses, de dialogues vides et d’intrigues lénifiantes vous suffit, alors continuez à remplir les salles de ces produits d’usine là : c’est le plus sûr moyen de garantir la continuité de la production. Mais bon, au-delà de ça, j’espère juste qu’un jour resurgiront malgré tout des films de super-héros où on pourra à nouveau sentir, se projeter et réfléchir, comme c’était le cas au temps de Sam Raimi, Chris Nolan ou bien encore du Bryan Singer de ses débuts. Parce que bon, moi aussi j’aime bien les films de super-héros. Il n’y a pas de raison pour que seuls les mangeurs de pop-corn culturel soient satisfaits. D’autres comme moi existent aussi. Et avec du cinéma un poil plus exigeant, moi aussi je pourrais enfin m’y retrouver. Mieux encore, je pense même que les mangeurs de pop-corn sauront aussi s’y retrouver avec moi… Mais bon, après, tout ça, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
A Beautiful Day

Critique de A Beautiful Day

   4 - Très bien
Le hasard a voulu que je tombe sur la critique de « Dex et le cinéma » juste avant de me mettre à mon clavier. Et voilà que j’entends que ce film est une « escroquerie », qu’il a été vendu comme un thriller à la « Old Boy » alors qu’en fait il n’est rien de tout ça... Moi qui cherchais une amorce pour ma critique, la voilà toute trouvée. Ce n’est pas que je sois d’accord avec l’ami Dex sur le fait que ce film soit une escroquerie – loin de là – mais disons qu’au moins ça me permet de revenir sur ce qui a failli me faire passer à côté de lui : sa promotion. Alors moi, je n’avais pas vu les bandes-annonces qui visiblement le vendaient comme un « Old Boy ». Non, moi j’avais juste vu les affiches qui le vendaient comme le nouveau « Taxi Driver ». Et franchement, messieurs les annonceurs, sachez que me concernant, c’est là le meilleur moyen pour me faire fuir une séance. Qu’on me vende un film comme étant une copie ou un « héritier de », moi ça ne me donne pas envie du tout. Pitié, vendez les films pour ce qu’ils sont, parce que si c’était ce que vous aviez fait depuis le départ pour ce « A Beautiful Day », je serai sûrement allé le voir plus tôt et avec plus d’enthousiasme. Et bien vous en aurait pris pour le coup ! Parce que je l’ai aimé ce film ! Et je ne me serai pas privé de le promouvoir au sein de mon petit cercle assez rapidement. Parce que oui – sachez-le – je vous le conseille ce « A Beautiful Day ». Non pas parce qu’il est un « Old Boy » ou un « Taxi Driver », mais juste parce qu’il est « A Beautiful Day ». Et c’est marrant parce qu’au premier abord, il n’a pas l’air si original que cela ce film. Au contraire même, il s’ancre clairement dans des codes que nous connaissons tous, utilisant même parfois des ficelles pas mal connues et usées (Spoiler : la traque d’un réseau criminel ; l’individu pris dans la spirale d’une affaire impliquant des puissants ; l’épreuve qui fait écho aux démons intérieurs du personnage principal, etc…). Mais malgré tout cela, je ne peux m’empêcher de faire trois constats. Le premier – celui qui fut le plus immédiat – c’est que ce film reste malgré tout très bien ficelé. La réalisation est vraiment malicieuse, réfléchie et inventive. Moi mes sens ont été très régulièrement sollicités. Plus d’une fois j’ai été agréablement surpris par la manière dont Lynne Ramsey traitait ses scènes. Rien que pour cela – déjà – moi je dis « banco ». Le second constat, c’est qu’au-delà d’une maitrise classique de codes déjà connus, il y a quand-même aussi de vrais moments singuliers ; une grâce personnelle vraiment propre à ce film. Certes, le rythme peut surprendre au départ, surtout au début quand on passe d’une scène d’introduction très nerveuse et dynamique à une phase suivante qui s’oriente davantage vers la contemplation d’un quotidien morne. Alors oui, ça génère une rupture de rythme – voire presque une rupture de genre – mais c’est aussi dans ce genre de rupture là que Lynne Ramsey va générer un regard ambigu sur Joe, son héros, nous faisant ainsi douter de la vraie nature qui l’anime. Or, selon moi, cette ambigüité est indispensable pour donner de la force à ces quelques moments forts qui font office de révélateur du passé du héros. Parmi les trois scènes très efficaces que je retiendrais :Spoiler : il y aurait d’abord et surtout l’immersion de la mère fraichement décédée de Joe. Celle-ci est d’abord intrigante, puis délicate et esthétiquement sublime, pour finir par une vraie lourdeur bien émouvante, sachant s’attarder sur le moment de retour à la voiture. Aussi, je retiendrais également l’explication malicieuse du passif militaire du personnage – finalement assez rapide et très efficace en terme de ressenti – et puis enfin il y aurait aussi ce montage alterné durant lequel nous est expliqué les maltraitances subies par Joe lors de son enfance. Alors certes, au fond tout est assez classique et déjà vu, mais par contre je trouve que la manière dont les choses sont montrées, suggérées et agencées dans l’intrigue sont très efficaces. Et puis reste donc un dernier constat – qui m’est venu après une bonne nuit de sommeil – c’est qu’au final ce film dispose d’un propos finalement plus subtil et personnel qu’il n’y parait. Encore une fois, ce n’est pas ce qui est dit qui est si original que ça. C’est plutôt dans la manière de nous partager le ressenti de la chose que le film se démarque. Cette détresse ; ce mal-être : cette souffrance intérieure du personnage, elle est quand même judicieusement traduite en fin de compte. Elle l’est à la fois dans l’ambigüité que le film parvient à entretenir tout du long. Elle l’est aussi dans l’ordre et la façon de révéler les facettes de ce personnage. Et surtout, elle l’est par ces moments où la réalisation s’attarde vraiment sur les phases de détresse du personnage (surtout à la fin.) Au final, ce « A Beautiful Day » est – je trouve – une très belle expérience sensorielle – certes classique, mais qui est à la fois efficace et personnelle. En somme, c’est là un vrai bon moment de cinéma comme je les aime… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Epouse-moi mon pote

Critique de Epouse-moi mon pote

   2 - Pas terrible
En ces temps obscurs que connait actuellement (et depuis de très longues décennies) la comédie en France, j’avoue que l’ami Philippe Lacheau fait partie de ces quelques gars que j’aime bien suivre parce que, à défaut de les trouver brillants, au moins je les trouve bosseurs et sympathiques. Du coup – forcément – quand le pote de l’ami Fifi se risque à son tour à l’écriture et à la réalisation, je ne peux m’empêcher de tenter ma chance… Et au final, je me dois bien de le reconnaître, sur ce coup-là, je ne sais pas trop comment me positionner par rapport à cette comédie là… D’un côté, j’ai envie de reconnaître à Tarek Boudali une certaine audace. En cette période très tendue où une fatwa peut être lancée dès qu’on se risque en dehors des sentiers balisés par les ayatollahs de la morale et autres « Social Justice Warriors » du net, il est vrai qu’oser se risquer à faire ce genre d’humour sur ce genre de sujet, c’est quand même très culotté. D’ailleurs cet « Epouse-moi mon pote » n’y a pas échappé : les Inrocks (encore eux), le Monde ou bien encore l’Obs y sont sous allés (avec plus ou moins de virulence) pour condamner un humour taxé d’homophobie, de sexisme et de misogynie. Et c’est vrai qu’il est maladroit le Tarek, et c’est sûrement cela qui le dessert le plus. Sa maladresse, déjà, elle est cinématographique. Le sujet est mal amené et – surtout – avec les mauvais codes. Le film commence sur le ton du film convenu et convenable, pétri de bonnes intentions, jouant sur le registre de ces comédies romantiques guimauves qui respectent à la lettre les conventions morales attendues. Quand tu veux te risquer sur un terrain moralement miné, déjà la moindre des choses, c’est de préparer ton spectateur comme il faut. Or là, pour moi, ce n’est clairement pas le cas. S’il avait affiché dès le départ de l’irrévérence et une vraie liberté de ton – un peu à la manière d’un duo Trey Parker / Matt Stone, d’un Sacha Byron Coen ou bien d’un Mickael Youn – déjà cet « Epouse-moi mon pote » aurait su mieux nous conditionner à l’humour qu’il entendait prodiguer… D’ailleurs, autre problème : au-delà du ton, c’est aussi le thème qui aussi très mal amené. Quand le titre débarque « Epouse-moi mon pote », la question du mariage gay n’a toujours pas été abordée dans l’intrigue – tout comme le « pote » d’ailleurs ! – si bien que pour celui qui rentre dans la salle sans rien savoir de l’histoire, c’est juste l’égarement total. Au final, il faut attendre à peu près vingt minutes pour que le sujet tombe enfin sur la table, de manière un peu brutale et pas très logique, si bien que ça n’augure rien de bon pour le reste. Le pire, c’est que l’ami Boudali est aussi assez maladroit dans sa manière d’aborder les choses. Avant même de se prendre les pieds dans la question de l’homosexualité, il dérape déjà pas mal dans sa manière de considérer les femmes rondes, envoyant malgré lui des signaux contradictoires. Spoiler : D’un côté il insiste sur le fait que ce n’est pas un problème pour son héros que son amour de fac soit grosse (alors que bon, s’il voulait vraiment montrer que ce n’était pas un souci, il suffisait juste… de ne rien dire. Comme quoi…) Mais d’un autre côté, Boudali se sent quand même obligé de la faire maigrir afin qu’elle corresponde davantage aux canons de beauté du moment. Du coup, le film en vient à nous faire nous poser une question qu’on ne se posait même pas : « c’était vraiment un souci pour l’efficacité d’une intrigue amoureuse que la fille soit ronde ? » D’ailleurs, moi je trouve que le film serait bien plus attaquable sur cette question que sur la question de l’homosexualité au final. Parce que bon, quand on prend l’intrigue en son ensemble, où est l’homophobie ? On a à faire à deux personnages qui doivent se faire passer pour homosexuels mais sans savoir comment faire. Alors que font-ils ? Ils reproduisent les stéréotypes qu’ils se font de l’homosexualité. Le film valide-t-il ainsi les stéréotypes faits sur l’homophobie ? Non. Il valide juste le fait que deux zigotos ONT des préjugés sur les homosexuels. D’ailleurs le parcours de l’intrigue insiste bien là-dessus. Le personnage de Lisa reprochera même aux deux héros de reproduire ainsi de tels clichés. Ce n’était pas comme si par la suite le film la déjugeait ou bien qu’il s’abstenait de présenter des contre-exemples d’homos tout ce qu’il y a de plus normal. Par exemple, le couple d’amies d’école d’architecte en début de film ne rentre pas dans cette logique stéréotypée. Le couple masculin final (Spoiler : formé par Fred et Daoud), dans sa manière de se tenir et de s’exprimer ne l’est pas non plus ! De même, les personnages archétypaux ne sont pas exclusifs aux homos dans ce film : que ce soit l’inspecteur, les gamins de la classe de ZEP ou bien encore la petite vieille nymphomane, tous sont des clichés ambulants alors qu’ils ne sont pas homos ! La vraie question qu’on devrait se poser face à ce film ce devrait plutôt être : peut-on caricaturer les homos (et en rire) comme on pourrait le faire pour n’importe qui d’autre ? Parce qu’à bien lire toute la polémique qui existe autour de ce film, j’ai vraiment l’impression que la vraie question, en fait, elle est là. On a le droit de se poiler sur les caricatures offertes par « Le diner de cons », « Bienvenue chez les Ch’tis » ou autres « OSS 117 », mais par contre, on ne pourrait pas le faire dès que ça toucherait des personnes plus susceptibles d’être victimes des discriminations ? Alors déjà, d’une part, ayons au moins l’honnêteté de constater que la désignation des personnes discriminées est à géométrie variable (moi par exemple qui suis un Picard aux origines bien rurales et vivant aujourd’hui dans le Nord, je peux témoigner), mais que surtout c’est la base même de la moquerie que de nous mettre dans une zone d’inconfort. Si on se devait de s’interdire toutes les blagues qui pourraient blesser ou offenser quelqu’un, alors les seules blagues qui survivraient seraient les blagues Carambar et les simples prouts. Alors du coup : oui, forcément, l’humour ne fait pas consensus. Et oui, j’entends que l’humour de cet « Epouse-moi mon pote » ne convienne pas à tous. Seulement dire cela, c’est dire autre chose que « ce film est homophobe. » Quand je vois les deux héros se ridiculiser à reproduire l’image caricaturale qu’ils se font des homos, moi ça me fait marrer. Ce n’est pas l’homosexualité qui me fait rire parce que je la trouve ridicule, ce sont ces gars qui me font rire parce qu’ils sont ridicules dans leur manière de singer l’homosexualité ! De même, Spoiler : quand je vois Daoud peiner à concilier l’expression de son homosexualité et celle de sa figure viriliste de caïd des cités, ça aussi ça me fait rire aussi. Mais là non plus ce n’est pas l’homosexualité qui est la source de la raillerie. C’est bien davantage la figure viriliste de caïd qui, pour le coup, révèle toutes ses limites ! Alors oui, Daoud est homo et c’est une caricature ! De même que Fred va se découvrir homo après avoir joué à la folle de manière caricaturale ! Oui ils sont tous deux des caricatures alors qu’ils sont homos ! Et alors ? Est-ce que le film les méprise ? Est-ce que le film les essentialise ? Est-ce que le film les maintient dans cette vision caricaturale des choses ? Non. Trois fois non. C’est en cela que, pour moi, il me semble que le procès en homophobie de ce film ne tient pas la route. Alors certes, cela fait un bon pavé que je viens de vous rédiger là pour vous exposer mon point de vue sur cette question sensible qui est pourtant plus de nature sociétale et politique que cinématographique, pourtant j’ai du mal à voir comment j’aurais pu exposer mon impression sur ce film sans passer par cette case-là. Car si on doit juger une comédie à l’efficacité de son humour, cette efficacité ne peut être alors établie qu’au regard de ce qui nous fait rire ou pas, et donc de ce qu’on accepte ou non comme type d’humour. Or, on n’est pas tous les mêmes spectateurs sur ce sujet là. Si vous êtes trop sensible sur ces questions, cela me parait effectivement évident que ce film n’est pas fait pour vous. Si par contre vous êtes assez à l’aise avec le scabreux, je pense qu’il est possible d’y trouver quand même quelques petites choses sympas dans ce film ; d’autant plus sympas qu’elles surfent sur un sujet qu’on ose rarement aborder. Parce que malgré les erreurs formelles évoquées plus haut (et qui malheureusement parasitent le film tout du long), il y a quand même dans la deuxième moitié un jeu assez habile où Tarik Boudali sait flirter avec la ligne du politiquement correct, soit pour désamorcer des situations homophobes (Spoiler : je pense notamment à la plupart des scènes qui concernent l’inspecteur Dussart, à Fred qui repousse Daoud… mais parce qu’il est marié, ou bien encore au quiproquo entre la mère du héros et Dussart), soit pour oser pointer du doigt les formes d’homophobies qui existent bels et bien dans notre société, sans forcément les stigmatiser (Spoiler : …notamment dans la religion ou bien encore dans les cités. Même chose pour le fameux « c’est pas grave » prononcé par des gens qui sont malgré forts adorables.) En fait, ce que j’aime bien dans ce film (et les raisons pour lesquelles les Inrocks ne l’aiment pas) c’est qu’il n’est pas là pour nous faire la morale. Il n’est pas là pour nous planter un monde fantasmé où tout le monde accepte l’homosexualité et où ceux qui ne l’acceptent pas ne sont que des méchants pas beaux que rien ne sauve. Non, on se contente juste de regarder la société telle qu’elle est, et de s’en moquer aussi bien pour ses travers que pour ses gentilles âneries. Alors oui, après ça ne retire rien à ma note globale et à ce qu’elle dit de mon appréciation de ce film. Oui, globalement c’est mal gaulé et c’est maladroit. Mais bon, il y aussi une belle tentative dans ce film là. Pas une belle tentative de cinéma, mais au moins une belle tentative de comédie. Donc rien que pour cela, sans vendre pour autant du rêve, j’ai quand même envie d’au moins nettoyer le paillasson de cet « Epouse-moi mon pote » qui, à mon sens, ne mérite pas l’opprobre inquisitoriale qu’il s’est mangé dans la face… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Au revoir là-haut

Critique de Au revoir là-haut

   4 - Très bien
Je ne connais rien du bouquin original mais je peux vous dire que je m’y connais un peu en Dupontel. Or, pour moi, ce mec là, aujourd’hui, c’est clairement l’un des rares auteurs dont le cinéma français peut être fier. On aime ou on n’aime pas : au moins ce gars fait des choix formels forts, il a un sens de la narration et du rythme, et surtout il n’a pas peur d’aller chercher l’émotion. Alors OK, c’est vrai que ça ne marche pas tout le temps, comme c’est le cas pour cet « Au revoir là-haut ». Perso, je ne suis pas très fan du début dans les tranchées : la photo tire bien trop sur l’orange, la présentation du personnage de Pradelle est à la limite du grotesque, et les scènes de combat singent plus souvent les plus grands qu’elles ne posent vraiment une patte singulière. Mais qu’importe au fond, car plus le film avance, et plus on se rend compte que ce n’est pas cela le sujet. Un peu dans le sillage du récent (et vraiment sympa) « Cessez-le-feu » d’Emmanuel Courcol, Dupontel s’intéresse ici (en même temps c’est le roman qui l’y invite sûrement) à « l’après » de la Grande guerre. Et c’est là pour moi que la magie du prince Albert fonctionne à plein. Ce gars, on sent qu’il a une sensibilité à fleur de peau. Sa manière de capter les regards, de générer un instant touchant, ou bien encore de réenchanter les situations les plus tragiques : voilà bien sa grande force. Ce gars ne se complait pas dans la misère, il ne joue jamais de la facilité. Il part toujours à la recherche du bon point d’équilibre entre l’émotion brute et la retenue subtile qui permet d’obtenir quelque-chose de subtil, complexe, mais direct. Alors certes, tout n’est pas parfait. J(azi déjà parlé de la photo au début, je pourrais aussi parler de la musique de Christophe Julien qui alterne entre le bon et le moins bon (…heureusement le meilleur est pour la fin.) Mais à côté de cela, que de choix justes ! Le casting pour commencer, et notamment Nahuel Perez Bisquayat qui nous sort un truc vraiment puissant tant son personnage est complexe à faire vivre et à faire évoluer ! Parfois il ne dispose que d’une gestuelle, que d’un regard, et pourtant ça perfore à chaque fois dans le mille. Alors c’est vrai, le jeu de masques dont il dispose et la mise en scène de Dupontel sont clairement à son service, mais quand même ! Et que dire du reste ! Pour ce film, Dupontel m’a sorti toutes les trombines du cinéma hexagonal que j’adore en ce moment ! Laurent Laffite, une fois de plus, fait le taf comme il le faut. Niels Arestrup irradie encore une fois de sa classe et de sa remarquable subtilité pour transmettre les émotions. Même Mélanie Thierry m’a tiré quelques sourires émus tant le peu qu’elle avait à faire était juste et fort, c’est dire ! Et que dire de la prestation toute en efficacité de la petite Héloïse Balster ? Que dire de la présence fugace et jouissive de mon Michel Vuillermoz adoré ! Ne manquait plus que Pinon et le Belge Bouli Lanners pour que je sois aux anges ! Je pourrais encore tellement m’étendre sur ce sujet ou bien sur tant d’autres ! Par exemple, au-delà du casting je pourrais évoquer tous les choix forts judicieux opérés par Dupontel pour retranscrire cette période intermédiaire entre fin de guerre et début des années folles. Que ce soit au travers des décors, des détails glissés ça et là, ou bien encore tout simplement au travers de certaines scènes (…comme celle mémorable de fête dans l’hôtel), Dupontel mélange toujours astucieusement mélancolie et désir de retrouver la joie ; cynisme total et recherche désespérée d’un retour vers une certaine forme d’innocence… Au fond, ce qui semble finalement le plus brider ce film, c’est son intrigue originale. Même si je n’ai pas lu l’ouvrage de Pierre Lemaître, et que je ne peux donc pas juger des contraintes posées et des libertés prises, je trouve quand même qu’on sent une certaine inertie dans le développement de l’intrigue, chose qui est fort peu coutumière du le cinéma de Dupontel. C’est bête, mais plus d’une fois je me suis dit : « Je ne comprends pas pourquoi Dupontel a préféré raconter la chose ainsi. » Et à chaque fois, ma réaction a toujours été la même : « Ah oui, c’est peut-être le roman original qui l’y oblige… » Alors oui c’est frustrant, mais qu’on ne s’y trompe pas non plus. Même un peu plus rigide que d’habitude, un film de Dupontel reste un film de Dupontel. Et même, je trouve qu’en fin de compte, ça ne fait pas de mal non plus de voir un auteur sortir de sa zone de confort pour se risquer à faire du neuf. Là, au vu du résultat final, j’avoue que ce serait difficile pour moi de lui donner tort. En fin de compte, je l’adore ce film, et en cette période de vaches maigres, ce n’est clairement pas moi qui vais minimiser ses forces et ses mérites… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Logan Lucky

Critique de Logan Lucky

   3 - Pas mal
Tiens revoilà Soderbergh… Et si Soderbergh, pour moi, il y a quinze à trente ans, c’était souvent synonyme de « Mmmmh Miam Miam », ces dix grosses dernières années, Soderbergh c’est plutôt devenu synonyme de « Rololoh pitié… » Mais bon, comme quoi les pauses font du bien parce qu’après nous avoir pondu plusieurs films par année, l’ami Stephen revient après une petite pause de trois ans et un « Logan Lucky » au fond simple, sans prétention et sympatouille. Alors certes, son début en mode « film indé au cœur de l’Amérique redneck » avait pourtant de quoi me faire peur. Beaucoup de verbiages et d’images pour ne rien dire, enfilant la plupart du temps des clichés sans efforts… Seulement voilà, une fois qu’il a enfin posé tous ses personnages et qu’il lance enfin son intrigue de braquage (au bout d’une demi-heure tout de même !), ce « Logan Lucky » commence enfin à installer une atmosphère plutôt sympa, assez posée et sans prétention. Pas de révolution dans la manière de mener les choses, juste de l’amusement à dérouler les codes et les caricatures gentiment… A la fin, toutes les briques s’emboitent parfaitement, et tout cela se résout de manière assez maligne, découlant sur un regard plutôt tendre à l’égard de toute cette troupe. Bah c’est bête, mais finalement c’est encore comme ça que je le préfère mon Steven Soderbergh. Simple mais un brin guignolard et moqueur. Sans prétention mais efficace et joueur. Bref, pas de révolution en somme, mais un spectacle agréable quand même dans l’ensemble, et ça, moi, je ne crache pas dessus… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
The Square

Critique de The Square

   3 - Pas mal
Eh bah… Une palme cannoise qui ne me laisse pas indifférent, ça remonte à loin ma parole ! Ça remonte à… 2003 et « Elephant » de Gus Van Sant tout de même ! Alors après, ne nous mentons pas non plus : j’avoue qu’au final, ce « The Square » combine à la fois ce que j’aime voir au cinéma d’un côté et tout ce qui m’horripile dans la mécanique politico-idéologico-morale que des festivals comme Cannes finissent par imposer aux auteurs de l’autre… Et en gros, si au final je mets une note plutôt tiède (enfin, un bon tiède hein : 3/5 pour moi c’est quand même chouette), c’est parce qu’à bien tout prendre, j’ai eu durant ce film une vraie alternance de saunas revigorants et de douches bien froides. Côté saunas, je louerai d’abord la beauté plastique de ce film. C’est propre et léché. C’est élégant. Idem pour la narration. Le film sait vaciller habilement entre absurdité d’un côté et humour noir de l’autre. Tout cela est notamment permis par d’astucieuses associations d’éléments qui s’opposent, d’humour par le hors-champ, ou bien encore tout simplement par l’effeuillage progressif du vernis bourgeois dont chaque personnage se recouvre. Tout ça se développe le long d’une histoire qui a le mérite d’explorer pas mal de situations et d’éléments d’intrigue en même temps. En somme, on a donc à faire là à une forme riche, à une démarche intelligente, et tout cela au service d’un film qui a indéniablement une identité qui lui est propre… Seulement, au milieu de tout ça, il y a aussi toutes ces douches froides. La longueur d’abord. Même si les situations sont nombreuses, on a quand même droit à un film qui est bien plus dans une logique de regard sur une situation plutôt que de regard sur une dynamique, ce qui fait que tenir presque trois heures sur ça, ça fait quand même un peu beaucoup. Surtout qu’au fond, le propos n’est pas non plus si diversifié que ça. En gros, tout tourne essentiellement autour de Spoiler : bourgeois qui ne cessent de réfléchir sur comment rendre les gens sensibles à la misère du monde alors qu’eux-mêmes n’y sont pas sensibles. Tenir autant de temps avec si peu en guise de fond, forcément ça peut nous conduire à percevoir certaines scènes – bien que convenables – assez superficielles sur le temps long. Et enfin, dernière douche, c’est justement ce propos. Bon, en soi, il ne me dérange pas plus que ça, même si ça fait encore une fois cinéma de bourgeois par des bourgeois pour des bourgeois (…ce qui, dans le contexte cinématographique français actuel m’agace toujours un peu). Non, ce qui m’agace au fond, c’est le martelage. Une fois ça va, mais là le propos est illustré à satiété, jusqu’à ce qu’on arrive carrément à un long monologue du personnage principal qui récite carrément la morale de l’histoire. Plus que superflu, c’est juste lourd. Et dans un film de trois heures qui aime souvent jouer d’un rythme posé, le lourd, c’est juste vraiment pas une bonne idée… Mais enfin bon, comme je le disais donc, je trouve que l’un dans l’autre ce film vaut le détour. Au final il est malin et a clairement sa patte. Ce sont là deux qualités suffisamment rares dans le cinéma d’aujourd’hui pour être grossièrement boudées… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Zombillénium

Critique de Zombillénium

   2 - Pas terrible
Déjà pour la B.D., j’avais eu du mal à comprendre l’engouement de ce « Zombillénium »… C’est bête, mais ce concept de parc d’attractions composé de vrais monstres, je n’en voyais déjà juste pas l’intérêt. Si encore cet univers avait été l’occasion de basculer dans une forme totalement « no limit » d’absurde et de n’importe quoi, ça aurait pu s’expliquer. Mais là non, c’était d’un plat et d’un convenu… Du coup, quand j’ai vu sortir ce film – et que j’ai constaté qu’à nouveau pas mal de gens s’enthousiasmaient autour de lui – ça m’a pas mal interpelé et j’ai voulu voir… Bilan : eh baaaaaah… Je ne vois toujours pas l’intérêt en fait… Le pire, c’est que dans le cadre de ce film, je trouve qu’on sent qu’il y a pas mal de pistes qui sont intéressantes et qui auraient pu mérité d’être creusées, comme par exemple le fait de faire un parallèle entre le bassin minier du Nord et la situation singulière du parc. Tout s’y retrouve un peu : le paysage miné par l’industrie et la brique brune ; des mutations imposées aux populations par l’extérieur ; les stigmates des questions sociales omniprésentes où la segmentation entre cultures ouvrières et bourgeoises ont encore la vie dure… Bref, il y avait un terreau intéressant là-dedans. Et le pire c’est qu’on sent que les auteurs se sont vraiment efforcés de faire monter la mayonnaise à grands coups de détails savoureux et de morceaux musicaux bien rythmés, mais au final ça ne change rien au constat de base que je tire de cet univers « Zombillénium » ; un constat qui pourrait se résumer en une phrase : « Mais en fait c’est quoi l’intérêt de raconter l’histoire d’un parc d’attractions avec de vrais monstres ? » Parce que là encore – une fois de plus – d’un concept bien barré on aboutit à un film, un univers et une intrigue qui ne sont pas barrés du tout. Et pour le coup, ce décalage il fait mal. Il fait même d’autant plus mal qu’on sent que pas mal d’aspects de la B.D. originale ont été beaucoup lissés pour convenir à un public plus large. Spoiler : Ainsi, exit le personnage principal qui meurt en braquant le troquet du coin. A la place, on a une drôle d’histoire d’inspecteur du travail qui en a trop vu et qui se retrouve enrôlé de force par le directeur du parc (…paye d’ailleurs le renversement de valeurs morales que ça engendre.) Exit aussi les discussions politiques et syndicales entre les personnages au profit de quelques blagues assez édulcorées en mode « un syndicat ça sert à rien à part faire grève » (Là encore, paye ton renversement de valeurs morales ! Xavier Bertrand a eu un droit de regard sur le scénario ou quoi ?) Exit également la Gretchen gothique blasée originale, rabatteuse un peu louche au positionnement social subi. A la place on se retrouve avec un émo un peu fleur bleue qui transgresse avec l’originale… Or, le problème, c’est qu’en ayant émoussé une bonne partie de cette dimension sociale là, pas mal de choix du film tombent un peu à plat, comme par exemple cette reprise de « Au Nord c’était les corons » au moment où le directeur du parc descend aux enfers comme un ouvrier descendrait à la mine. Spoiler : Si encore le personnage du directeur avait su être présenté comme un vampire aux vielles allures d’ouvrier italien qui ne se donne une image de patron bourgeois que devant le public (à l’image de ce qui se passe dans la B.D.), là ça aurait pu passer. On aurait compris la logique du petit gars du terroir qui se fait déloger par des actionnaires étrangers et que vis-à-vis duquel les ouvriers du coin se seraient alors sentis solidaires. Mais là, sans ces précisions là, la scène parait totalement incohérente et risible à souhait, tant à ce moment là du film, la dimension sociale du film a été laissée de côté. Au final, à ne vouloir travailler les choses qu’en périphérie et à ne choyer que les enrobages, ce film se retrouve du coup avec un abominable cœur vide, ce qui m’a empêcher tout du long de m’intéresser pour lui. Et pour le coup, c’est un beau gâchis, surtout quand on voit que certaines scènes se révèlent parfois assez chiadées visuellement (je pense notamment au concert chez les vampires) ou bien quand on s’attarde sur ce final assez nerveux qui avait vraiment pas mal de souffle en termes de rythme et d’envie. Bref, encore une fois, comme face à la B.D., je resterai face à ce film avec autant de questions et d’incompréhensions. Autant d’énergie et d’envie déployé dans un projet aussi bancal, j’avoue que ça me scie un peu… Après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
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