Si vous êtes fans de Rocky premier du nom avec Sylvester Stallone, cette idée reçue doit vous hérisser le poil. Il s'agit d'une croyance assez tenace à propos du classique réalisé par John G. Avildsen et qui persiste encore, 48 ans après la sortie du film.
Une idée reçue tenace
De nombreuses personnes croient encore que Rocky remporte le match contre Apollo Creed (Carl Weathers) à la fin du film alors qu'il concède la défaite par décision partagée. Après un combat acharné qui a duré 15 rounds, l'Etalon italien perd contre celui que l'on surnomme l'Astre du désastre.
Ce dernier, arrogant et provocateur, ne s'attendait pas du tout à ce que Rocky tienne la distance et résiste pendant 15 rounds sans abandonner. Même après avoir essuyé une pluie de coups violents et s'être retrouvé au tapis au 14ème round, le boxeur ne lâche pas l'affaire et retourne au combat.
Si Apollo a remporté le match, Rocky a largement gagné le coeur du public grâce à son abnégation et sa persévérance. Le héros en fera d'ailleurs son mantra tout au long de la saga : "C'est pas fini tant que y'a pas eu la cloche !", scandera-t-il à plusieurs reprises.
Par ailleurs, la boxe n'est qu'un prétexte dans cette oeuvre, car l'important est tout ce qui se passe autour et le combat intérieur de Rocky, qui a passé toute sa vie à se faire traiter de minable et se faire rabaisser.
Pour lui, l'important n'était pas de gagner contre Apollo, mais de gagner contre lui-même et ses démons, ses doutes et ses angoisses. C'est une des raisons du succès du film et qui en a fait une histoire intemporelle et universelle. On peut tous s'identifier à Rocky, qui passe son temps à se battre contre lui-même sans se chercher d'excuses.
Tenir la distance
Il le dit d'ailleurs à Adrian avant le match : "Si je tiens la distance, si la cloche sonne et que je suis toujours debout, alors je saurai pour la première fois de ma vie que je ne suis pas qu’un autre tocard du quartier !"
L'Etalon italien a bien conscience qu’il n'a que très peu de chances de l’emporter face à un colosse comme Apollo. Tout ce qu’il veut, c’est terminer le match sur ses deux pieds, aller au terme des 15 rounds contre Creed, chose que personne n’avait réussi à faire avant.
MGM
Pour Rocky, l'ultime combat était de tenir la distance sans abandonner, c'est comme ça qu'il a gagné le respect des gens et de son adversaire, Apollo, qui deviendra son meilleur ami. Cette philosophie de vie, il la transmettra à son fils, Robert, dans Rocky Balboa en 2006.
"Le soleil, les arcs en ciel, c'est pas le monde. Aussi grand et fort que tu sois, la vie te mettra à genoux et te laissera comme ça en permanence si tu la laisses faire. Toi, moi, n'importe qui, personne ne frappe aussi fort que la vie ! C'est pas d'être un bon cogneur qui compte. Ce qui compte, c'est de se faire cogner et d'aller quand même de l'avant. C'est comme ça qu'on gagne !"
Une défaite de vainqueur
Par ailleurs, la musique qui retentit à la fin du combat se nomme "Going The Distance", composée par Bill Conti, ce n'est pas anodin. Cette mélodie commence à s'accélérer au 14ème round, quand Rocky est à terre. C'est le moment le plus crucial de l'histoire. Va-t-il tenir la distance ou finir K.O. ?
"Going The Distance", pour le plaisir :
Même Mickey, son entraîneur, lui implore d'arrêter le massacre. Rocky, en sang, le visage tuméfié, refuse de jeter l'éponge et de capituler. Déterminé à dépasser ses limites, il souhaite à tout prix aller jusqu'au bout de son effort et gagner ce combat contre lui-même.
"Je m’en fous d’être battu ! J’ai tenu 15 rounds, pour moi c’est le principal !", criera Rocky à l'issue de son affrontement avec Creed. Il a ainsi prouvé sa valeur à ses détracteurs, mais surtout à lui-même, et nous aura donné à tous une leçon de courage.
Finalement, ce n'est pas si étonnant de constater que le public croit souvent que Balboa gagne le match. Les gens s'identifient au héros solitaire qui parvient à se dépasser, à vaincre contre soi plutôt que contre l'autre ; in fine, il s'agit de la plus grande des victoires.