C'était le 15 juin 2005, il y a tout pile 20 ans. Le studio Warner avait chargé le réalisateur Christopher Nolan de signer le retour d'un héros iconique dont il avait les droits cinématographiques, absent du grand écran depuis 1997 : Batman.
De septembre à décembre 2003, on apprenait que Christian Bale incarnerait le Chevalier noir, Michael Caine Alfred, Cillian Murphy "un méchant" et Katie Holmes un rôle secret. Morgan Freeman, Ken Watanabe, Liam Neeson et Gary Oldman complètent bientôt la distribution de ce qui s'annonce comme un film décisif.
Why so sérieux ?
A l'époque, Batman Begins est une tentative de revenir à un portrait plus sombre de cet univers que ce qu'en avait fait Joel Schumacher avec Batman Forever et Batman & Robin après en avoir repris les rênes à Tim Burton après Batman, le défi. Et Nolan ne va pas prendre l'expression "plus sombre" à la légère.
Dans Batman Begins, tout le monde est très sérieux, les problèmes causés par les super-vilains ne sont pas pris à la légère, et le traumatisme de Bruce Wayne comme son entraînement drastique sont montrés sans pincettes. L'Epouvantail incarné par Cillian Murphy ne possède pas les attributs habituels du personnage, mais simplement un masque en toile de jute sur le visage et le Ra's Al Ghul de Liam Neeson ne porte pas sa cape emblématique et, comme l'assassin qu'il est censé être, porte des vêtements noirs.
Une énorme prise de risques
Warner Bros.
Nolan prend d'autres risques : il fait aussi le choix de recruter des acteurs connus mais évite les immenses stars, dépeint un Gotham City où il semble toujours faire nuit et explore le thème central de Batman - mais jusque-là ignoré au cinéma - le rendu de la justice sans basculer dans la vengeance et la colère. Enfin, il essaye de rendre l'univers de Batman vraisemblable, s'éloignant du gothique "burtonien" et des fantaisies "schumachiennes" afin de tenter d'intégrer cet univers dans une ville et une atmosphère réaliste. Afin que l'on y croit davantage.
Batman Begins est donc un film exigeant pour ce qui n'est vu par le studio que comme un blockbuster de l'été destiné à faire des sous avec la franchise Batman. On doit cette exigence à Christopher Nolan et à son scénariste David S. Goyer, qui l'assistera durant toute la trilogie du Chevalier noir, qui se poursuivra avec The Dark Knight (2008) et The Dark Knight Rises (2012).
A l'époque, le pari n'était pas gagné, mais le film a tout de même rapporté 373,44 millions de dollars dans le monde, soit, s'il sortait en 2025, 611,49 millions. Pour un budget de 150 millions de dollars, le film a été rentabilisé, conduisant à la mise en route d'une suite, cette fois avec des méchants plus vendeurs comme le Joker et Double-Face, pour un film entré dans l'Histoire du cinéma.