Qu'il évoque la mise en scène de Steven Spielberg dans Les Dents de la mer, la virtuosité rythmique de Louis de Funès dans Oscar ou bien la trépidante partition de John Williams pour L'Attaque des Clones, écouter Alexandre Astier parler de cinéma est toujours un vrai plaisir.
Toujours prompt à évoquer ses films préférés et à les décortiquer pour en saisir l'essence artistique, le créateur de Kaamelott mentionne régulièrement un long métrage dont on ne vante que trop rarement les multiples qualités. Véritable joyau serti par le cinéaste britannique James Ivory au milieu des années 90, magistralement porté par Anthony Hopkins et Emma Thompson, il s'agit du drame historique Les Vestiges du jour.
"C'est vrai que c'est un de mes films préférés"
Nommé aux Oscars dans 8 catégories différentes sans recevoir la moindre statuette, noté 4 étoiles sur 5 par les spectateurs d'AlloCiné, ce merveilleux film injustement méconnu retrace la longue existence d'un majordome viscéralement voué au service d'une grande famille anglaise, et notamment ses sentiments ambigus pour l'intendante de la maison.
"Les Vestiges du jour, c'est vrai que c'est un de mes films préférés. Ça fait partie des films que je regarde beaucoup, j'en regarde toujours un bout un peu tous les ans, avec un rapport particulier avec la musique de Richard Robins", déclarait ainsi Alexandre Astier au micro de La Cinetek, évoquant ensuite en détail le travail du compositeur, trop méconnu à son goût.
Columbia Pictures
"Quelque chose de juste"
Il revenait alors sur l'une des séquences finales du film, où Anthony Hopkins partait rendre visite à Emma Thompson au volant d'une Daimler. Une scène que nous ne détaillerons pas davantage pour ceux qui n'auraient pas encore vu le film, mais qu'Astier prend néanmoins comme exemple pour décrire la pertinence de l'oeuvre :
"Je trouve que regarder cette séquence-là dans Les Vestiges du jour, c'est avoir le privilège de regarder quelque chose de juste, quelque chose qui a été bien vu, bien senti, qui fonctionne et qui est un amalgame entre musique, réalisateur, acteur, décor, voiture, lumière et propos, qui pour moi est un petit bijou."
Une question de goût
Etayant longuement son point de vue sur le film de James Ivory, Astier termine en suggérant que la grande qualité des Vestiges du jour réside en réalité dans le goût de son cinéaste :
"Je me demande finalement si tout ça n'est pas une question de goût. Je ne sais pas si la dernière chose qui reste, quand on enlève tout ce qu'il y a dans nos métiers, n'est pas le goût", explique-t-il.
"[Dans] Les Vestiges du jour, il y a une pudeur et un refus d'aller vers ce qui serait censé me flatter en tant que spectateur. Il n'y a pas de marketing là-dedans, il y a une confiance. [James Ivory] me fait confiance pour assister à ce qu'il a mis en place parce qu'il le trouvait beau lui-même. Je veux des gens qui me demandent d'aller vers ce qu'ils trouvent beau eux, je ne veux pas des gens qui me fabriquent ce qu'ils pensent que je vais trouver beau moi, c'est toute la différence entre le marketing et l'activité artistique."
Avez-vous déjà vu Les Vestiges du jour de James Ivory ? Si oui, êtes-vous d'accord avec Alexandre Astier ?
(Re)découvrez la bande-annonce du film...