"Tu enfermes littéralement ton film dans une case" : cette fameuse séquence avec Michael Madsen dans Reservoir Dogs a bien failli ne jamais apparaître
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Dans Reservoir Dogs, Michael Madsen incarne Mr Blonde, qui se livre à une épouvantable séance de torture. Dans un podcast remontant à juin 2021, Quentin Tarantino racontait que cette très fameuse scène a bien failli passer à la trappe...

Bien triste nouvelle que la disparition de l'acteur Michael Madsen, emporté par une crise cardiaque à l'âge de 67 ans. Figurant au rang des acteurs fétiches de Tarantino, il avait tourné dans Reservoir Dogs, Kill Bill, Les Huit salopards et même Once Upon a Time in Hollywood. Le grand public, lui, a su l'apprécier dès son apparition sous les traits du sadique Mr Blonde dans le tout premier long de Q.T.

Une géniale improvisation

"Ça t'as plu autant que ça m'a plu ? Hé qu'est-ce qui se passe ? Tu m'reçois ?" Dans le film, Michael Madsen torture sauvagement Marvin le policier, ficelé sur une chaise, en lui mutilant une oreille avec un rasoir à main.

Si cette fameuse scène était bien prévue dans le script de Tarantino, l'acteur-réalisateur n'avait en revanche donné aucune consigne après l'accomplissement de son horrible besogne, oreille en main. De là la géniale improvisation de Madsen, à la fois dans ses répliques et sa gestuelle.

Séquence souvenir...

Figurez-vous que cette scène choc a bien failli passer à la trappe. Dans un podcast diffusé en juin 2021, The Joe Rogan Experience, remis en lumière par le site OutstandingScreenplays, Tarantino rappelle à ce sujet son opposition face à Harvey Weinstein, à la tête de Miramax à l'époque, qui distribuait ce qui était justement le premier film de Q.T.

Weinstein, qui était surnommé "Harvey aux doigts de ciseaux" en raison de sa propension à couper voire charcuter les films, voulait retirer cette scène de torture. "Son raisonnement était le suivant :

"Ecoute Quentin, c'est un film que tout le monde peut regarder. Mais avec cette scène de torture, tu vas t'aliéner les femmes, elles ne voudront pas voir ça. Donc tu enfermes littéralement ton film dans une case. Mais sans cette scène, n'importe qui peut voir ce film et en profiter" raconte le cinéaste.

Qui ajoute : "et [rejetant la demande de Weinstein], c'est à ce moment que je me suis révélé, parce qu'Harvey avait surtout l'habitude de gagner ce type d'argumentaire. Il avait derrière lui tout un groupe de Yes men qui opinaient tout le temps en sa faveur.

Harvey a compris que ça ne se ferait pas comme il le voulait. Il a répondu : "ok on va laisser la scène, mais je veux que tu te souviennes que c'est à Miramax que tu le dois".

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet