"Sans intérêt", "archiprévisible", "malin"... Il y a 27 ans, que pensaient les critiques de Souviens-toi l'été dernier ?
Thomas Desroches
Thomas Desroches
-Journaliste
Les yeux rivés sur l’écran et la tête dans les magazines, Thomas Desroches se nourrit de films en tout genre dès son plus jeune âge. Il aime le cinéma transgressif, queer, horrifique et les documentaires engagés.

Alors qu'un nouveau film "Souviens-toi... l'été dernier" sort au cinéma ce mercredi 16 juillet, que pensaient les critiques professionnelles de l'original sorti il y a 27 ans ? Petit retour en arrière.

Flashback. Nous sommes le 28 janvier 1998 et Souviens-toi... l'été dernier de Jim Gillespie sort dans les salles françaises. Le film est attendu puisqu'il est le premier "petit frère" de Scream, fer de lance des neo-slashers. Surtout, il vient de rencontrer un beau carton aux États-Unis. Un succès qui sera également réjouissant dans l'Hexagone avec plus de 1,2 million d'entrées enregistrées.

Souviens-toi... l'été dernier
Souviens-toi... l'été dernier
Sortie : 28 janvier 1998 | 1h 40min
De Jim Gillespie
Avec Jennifer Love Hewitt, Sarah Michelle Gellar, Ryan Phillippe
Spectateurs
2,3
Disponible sur HBO MAX

Vingt-sept ans plus, les franchises horrifiques des années quatre-vingt-dix reviennent sur les écrans à coups de "requel" - un film mi-suite mi-reboot. Souviens-toi... l'été dernier est sur le point d'être ressuscité - ce mercredi 16 juillet -, l'occasion de se replonger dans les critiques presse du tout premier film. Et attention, c'est saignant.

Si Scream avait récolté les louanges de la critique professionnelle, Souviens-toi... l'été dernier était moins chanceux, souffrant sans grande surprise de sa comparaison avec le film de Wes Craven. Le journaliste Didier Péron de Libération écrivait notamment : "Souviens-toi l'été... dernier fait figure de démarquage faiblard et d'épisode intercalaire d'un opportunisme absolu".

Un accueil sans pitié en France

"Le scénario a été écrit en dix minutes sur un emballage de pizza", poursuivait le critique qui regrette "un film archiprévisible, souvent ridicule où le serial killer, tout droit sorti d'une pub pour sardines en boîte, porte un ciré et des bottes de pêche !"

Si Le Parisien tempère et jugeait le film "humble et efficace pour le genre", Le Monde en rajoute une couche, interrogeant notamment la morale des personnages. "La façon dont le scénario dédouane de toute responsabilité les bien antipathiques héros laisse le spectateur sur une impression déplaisante", signait Jean-François Rauger dans le quotidien.

Columbia Pictures

Les Inrockuptibles n'étaient sont pas fans non plus. "Privé de la moindre idée un peu originale, ce film est le prototype du produit industriel sans intérêt qui essaie de surfer sur un succès précédent, lançait Frédéric Bonnaud. Souviens-toi… est une caricature de « shocker », si peu inventif qu’il en devient désuet ­ malgré les outrances d’une mise en scène à effets et une bande-son à la limite du supportable."

La critique plus tendre aux Etats-Unis

Outre-Atlantique, l'accueil est, une nouvelle fois, pas aussi glorieux que celui de Scream mais la presse est plus indulgente. On peut citer, par exemple, la critique du prestigieux New York Times :

"Souviens-toi... l'été dernier respecte les règles du genre : l'histoire de fantômes qui préfigure le feu de camp, les relations sexuelles adolescentes qui mènent au meurtre, le tueur effrayant, les douches humides et les bassins à crabes à profusion, les corps qui surgissent, les références à d'autres films et séries télévisées, et une fin qui ouvre la voie à autant de suites que le public peut avaler".

Le Los Angeles Times, lui, estimait que le film était "fun, malin et assez effrayant", tout comme le magazine Empire qui parlait de Souviens-toi... l'été dernier en ces termes : "un bon compagnon de Scream", "un apéritif qui prouve que l'horreur est un genre bien vivant et en forme".

Et aujourd'hui ?

Aujourd'hui, le monde de l'horreur a bien changé. Entre les reboots, les suites, les remakes et autres, le premier Souviens-toi... l'été dernier pourrait presque passer pour un modèle d'originalité. Malgré son mauvais accueil critique, le thriller a gagné un statut de film culte auprès du public, particulièrement aidé par son succès en salle. Il est également l'un des premiers choix de films d'horreur pour les jeunes cinéphiles avides de sensations fortes.

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