ATTENTION - L'article ci-dessous contient de légers spoilers sur "Superman", dans la mesure où il revient sur le contenu de l'une de ses scènes. Veuillez donc passer votre chemin si vous n'avez pas encore vu le film de James Gunn, en salles depuis le 9 juillet.
Lorsque les premières images du Superman réalisée par James Gunn ont été révélées, en décembre 2024, beaucoup ont pensé que le réalisateur avait trouvé une astuce pour justifier que personne ne reconnaisse le héros lorsqu'il est en Clark Kent : lui offrir une autre coupe de cheveux, plus frisée et désordonnée, en plus des traditionnelles lunettes de vue.
Mais cette question de double personnalité ne se pose jamais vraiment à l'écran, sauf pour parler d'éthique journalistique quand est mis sur la table le fait que Clark est le seul à pouvoir réaliser des interviews de Superman (donc de lui-même), jusqu'à ce qu'il accepte de répondre à Lois dans la meilleure scène du film, celle qui concentre son propos sur l'importance et la pertinence du super-héros dans le monde actuel (le sien comme le nôtre).
Le long métrage apporte quand même une explication, au détour d'un dialogue presqu'anodin, lorsque Guy Gardner (Nathan Fillion), membre des Green Lanterns et du Justice Gang, révèle que le héros porte des lunettes hypnotisantes, qui empêchent les gens de son entourage de constater que Superman et Clark Kent ont le même visage. Et c'est peut-être pour cette raison qu'il ne les porte lorsqu'il est seul avec Lois.
"Ça a globalement été oublié, mais cela vient des comic books"
Si elle permet de répondre à une question que beaucoup de fans pouvaient se poser depuis des années, et d'éviter des accusations d'incohérence (ou "plot hole") auxquelles certains sont parfois capables de réduire une oeuvre sur les réseaux sociaux, cette justification n'a cependant pas été inventée par James Gunn, également scénariste du film : "C'est dans le canon des comic books", raconte-t-il à ComicBook. "Ça a globalement été oublié, mais cela vient des comic books."
"Je discutais avec l'auteur Tom King, et je lui disais que je n'arrivais toujours pas à me réconcilier avec la question des lunettes, qui m'avaient toujours dérangées enfant car ma suspension d'incrédulité n'était pas assez forte pour que je puisse croire à cela. Ce sont deux personnes très différentes même si je pense que, parmi tous les acteurs qui ont tenu le rôle, David Corenswet est celui dont le Clark se différencie le plus de Superman, plus encore que chez Christopher Reeve. Et [Tom King] m'a dit que les comic books avaient une explication à cela, que cela faisait partie du canon qu'elles hypnotisent les gens."
Pas depuis la naissance du super-héros, dont les premières aventures remontent à 1938. Il faudra en effet attendre l'âge d'argent des comic books, entre 1956 et 1960, pour voir l'explication apparaître dans une histoire, lorsqu'il est dit que les verres de ses lunettes, créés en utilisant la matière des hublots de la navette qui l'a conduit sur Terre, ont la capacité de déformer son apparence aux yeux des autres gens. Il ne manque plus, dans le film de James Gunn, qu'un plan subjectif qui nous montre quelle tête Clark a pour les autres personnages.